‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 29 sur 171 · SS · texte numérisé non relu

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Cette exportatioa est à peu près également répartie entre l'Europe et les Etats- Unis.

P. Le Cointe.

Paris, 17 j;invier 1907.

Une Plantation de Castilloa en Colombie

Notes sur la hacien.la > la E.speranza ■>. (!«■ MM. \ . DuG.\îiD et iils : Exigences du Castilloa. Sa végé. tatioii. — Culture. — Rendement : 200 gr. par an, à 9 ans, en 2 saignées. — Bons et mauvais laitiers, le moyen de les reconnaître.

Par ^1. II. Lalleîiand

MM. V. DuGAND ET FILS {Dugand é liijo), de Baranquilla (Colombie), nous transmettent une note bien intére.ssante de leur associé teclinique, M. II. Lallem.\nd, ayant trait à leur hacienda La Ksperanza, située prè.s Rio-Hacha, dans le départ, do Magdalena, à 2 lieues de la mer des Antilles. C'est une vaste plantation de cacao, combinée avec culture du Castilloa.

îsoii.s allons avoir, à bref délai, nous écrivent-ils, 100.000 arbres de Castilloa, et comme nous en possédons quelques milliers déjà saignables, et se couvrant de graines, il nous sera facile d'aller toujours augmentant nos semis, dans les immenses et riches terrains de réserve que comporte notre hacienda de cacao (( La Es])eranza >.

Nous avons multiplié les Castilloa de différentes manières, écrit de son côté M. LalleivuisTd : par graines, par plantes arrachées de la pépinière et par plantes transplantées avec leur motte de terre, comme on transplante le cacao.

Les deux premières manières sont jjIus économiques, il faut faire la ]ilantation sous bananiers et sous bois. La re])rise des plantes arrachées est lente et souvent défectueuse sans ombrage. Il est préférable de transplanter par un temps pluvieux, les jeunes sujets ne se ressentent pas alors du repiquage s'il est fait avec soin.

Des terrains fertiles d'alluvioii .sont absolument nécessaires. .

Le sous-bois doit être très édairci et on

laissera à peine quelques grands arbres espacés ; si ))()ssible. la broussaille sera brûlée.

Les plantations sous bois troj) ombragé donnent un mauvais résultat : les arbres, minces, sans -vigueur, font prévoir un rft\dement tardif.

La distance doit être de ."> à (1 mètres : les arbres robustes, bien développés, se gênent mutuellcnient a une distance moindre.

Nos arbres les plus âgés ont 9 ans et mesurent 1 m. 20 à 1 m. 40 de circonférence, à un mètre du sol.

Chaque arbre donne en moyenne 200 à 250 grammes de latex à chaque .saignée. 10 livres de latex donnent un peu ]ilus de 4 livres de caoutchouc sec. Nous pouvons faire deux saignées à l'année (1).

Les saisons pluvieuses sont deux ; la première en a\Til-mai, la seconde en septembreoctobre, se prolongeant jusqu'en novembre.

Nos arbres de 9 ans nous donnent des gi'aines deux fois l'année.

Après essais, nous en sommes revenus au simple coutelas pour les saignées. Nous avions fait faire une espèce de gouge, qui ou\Tait la plaie en triangle, le résultat a été négatif; car il semble ((u'au contact de l'air le latex s'épaissit ou bien les vaisseaux laticifères s'obstruent, toujours est-il que l'écoulenu'ut se l'ait nuil.

(Ij »!cla fait l'iiO çr. de citoiilclioiic par an ; gucic plus que des Ci-aras du munie liare. - X. n. i.. I\.

N» 68 — l'Év. 1907

Généralement, au coup du coutelas, le latex sort liquide, mais cela n'est qu'un jet et immédiatement après il ne se présente déjà sur la plaie que lentement, épais comme du lait caillé ; le « péon » doit le recueillir avec une spatule de bois.

Quelques jours après la saignée, on peut ramasser sur la cicatrice du caoutchouc sec ( scraps )

Jusciu'à présent nous avons laissé la coagulation se faire spontanément, mettant simplement le latex à sécher sur des petites claies tendues d'un fond de grosse étoiïe. Comme résultat nous obtenons un caoutchouc parfaitement sain, mais noir ; on le I trouve excellent à Xew-York et sur les marches d'EuroiJe. nous le vendons à 87 cents (environ 4 fr. -10) la livre anglaise de 453 grammes.

Nous nous jDroposons, du reste, d'améliorer notre préparation ; jusqu'ici nous n'avons donné que peu d'attention, la quantité récoltée étant encore assez fLil:)le,

Quelques arbres donnent plus que d'autres, sans qu'on pui se en donnei' la raison. (1)

(I) PliéiiomÙHe commun i toutes les espèce-i caoutciuHilifi'res N. D, L. n

mais nous n'avons pas trouvé un seul arbre ne donnant rien. Ce qu'il y a de curieux, c'est que le péon cpii me fit les dernières saignées reconnaît au coup de coutelas l'arbre qui rendra davantage ; je me propose de voir cela avec lui. Le son du coup est. suivant lui, distinct chez l'arbre riche en latex.

L^n jeune arbre de 6 ans que je fis saigner à mort, c'est-à-dire jeter bas et saigner sur tout le tronc, donna 500 grammes de caoutchouc parfaitement sec.

Nos arbres se dépouillent de leurs feuilles au moment de la fructification, mais se rhabillent très vite.

J'ai fait saigner un arbre à nouveau cpiinze jours après la première saignée, répétant les coups de coutelas à peu de distance des premiers : le latex vint de même qu'à la première saignée et l'arbre ne parut pas s'en ressentir. Je suis convaincu que dans une plantation d'arbres absolument formés, de 10 à 12 ans. les saignées pourront se faire, parfaitement, quatre fois l'an, avant et après les pluies.

H. Lallemand.

H La l-'sporanza », 16 décembre 190().

L'Extraction du Coir à Ceylan et au Malabar

D'après Hoyee

Dans une notice bibHographique (papier bleu), parue sous le § 1007, dans notre n" 53, nous a\'ons donné certains détails sur la mission d'étndes de M. HoYER qui devait diriger le Bureau de renseignements de Botanique industrielle et commerciale nouvellement créé au Jardin botanique de Buitenzorg. Ce jeune savant a résigné son poste après l'avoir occupé très peu de temps, comme nous l'a appris à son récent passage à Paris, le chef du service chimique de Bidtenzorg. M. Tkomp de Haa* ; mais il a fourni siu- sa mission un rapport succinct, cependant intéressant ; ce document est englobé (pp. 10-22) dans le gros '( Verslag, 190.5 m (publié en .1906), des services techniques du Département d'Agxiculture des Indes Néerlandaises, publication qui sendde devoir remplacer les rapports annuels du Jardin

botanique de Bmtenzorg qui paraissaient jusqu'ici ; ou sait que le Jardin et le Département, de création toute récente, n'en font qu'une, en quelque sorte, et sont dirigés tous deux par l'éminent M. Teeub.

Les renseignements qui suivent sont donc empruntés au dit (I Verslag » rédigé en Ibdlandais. Ils ne Sont pas aussi détaillé» que ceux fonrnis par yi. Peudhomme dans son excellent volunw (V. « J. d'A. T. », m^ 60, § 1179), cependant il sont personnels et inédits.

Pendant l'été de 1904. M. Hoyer a visité cinq des plus fortes cocoteraies de Ceylan, toutes pourvues de séchoirs à coprah. Quelques-unes possèdent aussi des machines

JOUUNAl. DAGHICUl.riUK TIK )1'1C.V 1.I-;

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pour l'oxlraotioii du coir. Mais, dans ocs plantations mêmes, on est loin d'utiliser pour la fibre la totalité des bourres de coco disponibles. M. IIoyer en conclut que l'industrie du coir est, probablement, bien moins rémunératrice qu'on ne le croit au dehors. JNI. Pkudhomme signale également que, dans certains cas, on trouve plus de bénéfice, à reylaii, à employer les envelop])es des cocos comme engrais (c'en est un excellent) que de les convertir en coir.

M. IIoyer s'est laissé dire que les enveloppes de cocos (husks) employées comme engrais telles que, ne doivent jamais être enfouies contre les troncts mêmes des palmiers, car cela provoque l'apparition d'abondantes racines adventives blanches el tendres qui attirent les infectes

P. 1.5, en décrivant ks différents procédé.s de cueillette des noix en usage à Ceylan, l'auteur rappelle incidemment que .dans le pays de Lampong (Sumatra) la cueillette des noix de coco est aite par des singes dressés ; nous nous imaginions jusque-là que c'était une It'gende. Nous avons tenu à relever l'indication à la<|uclh' l'estampille de Huitenzorg donne du poids

La bourre de coco (coir) sert à faire deux catégories de fibres : P la « bristle fibre ». avec la « mattress fibre « comme produit secondaire ; ou bien 2° le « yarn ». iMM. Va- QuiN et ScHWEiTZER sc sont expliqués longuement là-dessus dans l'une dr h'urs ])remières chroniques, dans le « .). d'A. T. n.

La u bristle fibre » est une spc'cialite de Geylan ; dans les différentes exploitations on l'obtient par des procédés à ])eu lu'ès identiques

On commence par faire macérer les husks sous l'eau, pendant 0 jours, dans des l'éservoirs en bois ou en fer ; ])our que ces tlerniers puissent en recevoir une ]>lus grande quantité, les husks sont au préalable aplatis entre des cylindres caimelés. Cet écrasement favor se, du reste la pénétration de l'eau et accélère le rouissage en conséquence,

MM. CiRTBB, Round & Co.. qui fabri(iuent dé la fibre de coco à Londres mênu> (avec

les enveloppes Nndes qu ils se procurent sur la place ?) ont trouvé le moyen de réduire encore sensiblement la durée du roui.ssage en faisant pa.sser dans les rouis.soirs un courant de vapeur.

Lorsque le rouissage est fini, on toril les husks pour en exprimer l'eau et on les pré- .sente, encore luunid* s, au i)eigne tpii consiste en un cylindre tournant, garni de pointes. Ce peigne en retire la « mattress fibre» qui tombe à terre, et il reste la " bristle fibre «. Après avoir traité ainsi une moitié de l'enveloppe fibreuse de la noix, l'ouvi'ier la reprend à l'envers et présente au peigne, dans les mêmes conditions, l'autre moitié ; de sorte i|u'il ne lui reste dans la main, à la fin, que de la « bristle fibre " relativement propre ; il n'y a plus qu'à la sécher el à la repeigner à nouveau pour la débarrasser des brins trop courts.

La « mattress fibre passe », d'autre part, dans une « tossing up machine » et est ensuite séchée à son tour

Dans l'une des usines de défil)ration visitées i)ar lui à Ceylan, M. IIoyer a vu soufier la « bristle fibre » (pour la blanchir .'). Il en a noté aussi qui était teinte en noir ; probablement, d t-il, pour l'écouler comme « kitool ». Ce dernier nom ne saurait être donné loyalement qu'à une fibre, de ])almier également, mais d'origine botanique absohnnent différente ; il en a été question dans le n" 17 du «^ J. d'A. T. ■ (voir la lettre «le M. \N'iLLis, directeur des jardins l)otaniques de Ceylan).

On relire en moyenne, à Ceylan. Ki.iiiiii husks, 45 à 50 cwt. (à 50 kg. environ) de c( mattress fibre » et 9 à 13 cwt. de « bristle fibre ». Cette dernière sert principalement à faire des brosses, balais,etc. D'après un grand fabricant hollandais cité par M. IIoyer. elle ne doit pas mesurer moins de 20 centimètres de long.

La « mattress fibre « sert de icnibonrrage et pour la corderie.

La préparation du <i yarn » ou lil de coco destiné plus .spécialement à la corderie, est pratiquée à Ceylan dans le district de Galle, mais elle est surtout localisée sur la côte de

'Év. 190 :

JULHNAl. U'AGKICULTUItiL riiOlMCAl.E

Malabar, dans l'Iude. C'est là que l'on produit la fibre de coco la plus belle du monde.

La population est rompue à ce travail et y a acquis une très grande habileté.

M. HoYER, (lui a visité la région, signale en premier lieu ({Ue seules les enveloppes des noix cueillies pendant la saison sèche sont converties en yarn. C'est que le coprah, produit principal, y est obtenu surtout par séchage au soleil et les noix rentrées ])eu- ■dant la saison des pluies sont emmagasinées en attendant que le soleil reprenne le dessus ; et alors, pendant ce long magasinage, les enveloppes s'abîment et ne sont plus bonnes qu'à être brûlées, les cendres servant ensuite d'engrais.

L'extraction de la fibre d'après la méthode de la côte de Malabar exige de l'eau de mer.

Les husks sont entassées dans des fosses profondes de 1 mètre à 1 m. 50 dont le fond a été garni de sable. L^ne autre couche de sable recouvre la fosse une fois remplie. Ces rouissoirs sont creusés sur la plage en choisissant des endroits qui soient sous Teau pendant le flux ; pendant le reflux, au contraire, les fosses se ressuient comiDlètement. Pour garnir le fond et recouvrir le rouissoir. on n'emploie que du sable de mer ; le sable de rivière est, il fa.ut croire, trop gros ; il risquerait aussi de salir la fibre par les particules de limon dont il est généralement imprégné,

Ce rouissage particulier dure une année, l'eau de mer l'empêche de tourner en putréfaction ijendant cjue la bourre de coco se

désagrège lentement. S'il y a très forte demande de marchandise, le rouissage est interrompu plus lot, quelcjnefois même déjà au bout de (i mois ; mais on obtient alors une filire moins appréciée

La fosse une fois vidée, les husks sont tordues à la main pour en expi'inu'r l'eau ; on les dépouille ensuite de la pellicule externe et des femmes battent la fibre avec un bâton cylindrique en bois dur .sur une planche de même nature. On élimine ainsi cette sorte de substance subéreuse qui remplit les interstices de l'enveloppe fibreuse du coco et que les horticulteurs anglais a^ipelleut « coir refuse » ; ce déchet est bien connu aussi en Europe des marchands de graiues. en particulier.

Il ne reste plus cpi'à sécher la fibre et à la convertir en fil (yarn), par double torsion (« dubbel draads », dit le texte hollandais) ; ce travail est fait à la main, par des femmes et des enfants.

M. HoTEB s'est laissé dire, au Malabar, que 500 à 600 husks fournissent 45 à 50 livres anglaises de yarn.

La population de la côte fait aussi, à l'occasion, des cordes avec l'envelojjpe de la noix jeune et alors, sans rouissage préalable. La fibre ainsi obtenue, cotée sur le marché anglais sous le nom de " unsoaked » (non macérée), se reconnaît facilement à la couleur, à l'odeur, et à sa résistance moindre; elle se paye moins cher, en consécjuence.

A différentes reprises, l'on a essayé, à la côte de Malabar, de substituer à la torsion manuelle des machines de corderie. mais sans jamais y réussir.

Association des Anciens Élèves de l'École nationale supérieure d'Agriculture coloniale

Présidenl : M. José (^oukf.t SiPfje social : Jardin Colonial. NOGENT=SUR-MARNE (Seine)

L'Associjili'jii peut fournir aux l^huikHirs, tics Inu-éiileiirs anciens élèves des Ecoles Xationales d'A^îi-icullure er d'Horliçullure. de l'in.slitul au;mn(iniii[ue. de l'Kcole (Coloniale, des grands l'istituts cliiuni|iu's. Ii<-cni-iés-és-sciences cl (Idck'ursde l'Unixci-sité de Paris, diplômés en même temps de l'Ecole supérieure d' Agriculture coloniale.

.un UNAI. IfAGRICULTU

IliOPICALK

No 68 — I''É\ . 1907

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