L. Delignon
Paris, 18 janvier 1907.
Végétation de TAgave rigida dans le Nord de l'Afrique Orientale Allemande
l'ne culture paradoxale : Sisals à l'ombre de cocoti*r.s, en terrain niart^cageu.x .\lluie végétative et qualités industrielles. Longévité. Hendement, etc. — Variétés. — Nord et Sud.
13'après L. Kindt.
Le « Tropenpflanzer » a publié récemment une étude intéressante M. L. Kindt, sur la culture des agaves dans l'Afrique Orientale Allemande; les conditions de végétation de ces plantes sont très dillérentes dans cette région de ce qu'elles sont ailleurs, et les observations de l'auteur prennent d'autant plus d'importance que l'exploitation dos agaves constitue bien la
principale entreprise européenne dans la partie littorale de la colonie. Il en a déjà été question à diflérentes leprises dans le « J. d'A. T. » entre autres dans le n° .39; mais jamais encore nous n'avons eu sous les yeux de document aussi complet que la note de JL Kindt. INous allons en citer les indications les plus curieuses :
Tout le monde connaît l'aptitude remar-
Mars 1907
quable Ju sisal à vivre ot à prospérer dans des terrains secs et pierreux, à tel point que jamais personne n'aurait songé à cultiver ces plantes en i;i-and dans des terrains humides, ou même simplement frais. C'esL pourtant ce qui a lieu dans les régions visitées par l'auteur en 1905.
Partout dans cette contrée le Fourcrotja ijiyaiUea (aloès de Maurice) était autrefois seulcultivé; ilest aujourd'hui pialiqiiement abandonné: son faible rendement en liiires, la difliculté que présente la délibration mécanique de ses feuilles, lui ont fait de plus en plus préférer le sisal Agave rigida, var. sisalana, inerme, que L. Kindt, avec M. R. llirvDORF, appelle agave verle, par opposition à l'agave blanche, nom qu'il applique kV Agave rigida xav.e/oiiga/a, épineuse, désignée dans sa patrie sous le nom delienequenet deSacci. Il affirme que celle distinction par couleur s'impose à quiconque a vu une fois ces deux variétés.
Dans le sud de la colonie, les conditions de sol et de climat se rapprochent de celles des pays d'origine de l'Agave rigida et elle y prospère admirablement. Le nord de la colonie au contraire est humide, bas, marécageux même en certains endroits; le terrain eslfréquemment inondé, et s'imprègne même d'eau salée à chaque marée. Le cocotier y vit partout, mais n'y prospère pas. Les racines sont souvent asphyxiées par l'eau et les arbres ne vivent pas vieux; de plus, les noix n'ariivent pas à maturité et tombent sur le sol, recouvert d'un épais feutrage d'herbes de toutes sortes. Cesl sous le couvert des cocotiers et dans cette terre marécageuse que le sisal vit et produit. 11 y devient même plus grand que dansles terres sèchesduSud, et son exploitation est rémunératrice.
Est-ce à dire que le sisal, contrairement à ce que nous savons jusqu'ici, est une plante s'accommodant d'ombrage et convenant aussi bien aux terrains humides qu'aux terrain secs? Non, et les planteurs allemands de l'Est-Africain eux-mêmes sont bien convaincus du contraire puisqu'ils augpientent graduellement l'étendue des plan-
talions sans ombrage et en terrains secs; mais il n'en est pas moins vrai que dans ces sols marécageux, le sisal a subi une sorte d'acclimatation, qui se traduit par des phénomènes extérieurs très nets : Les feuilles sont plus longues qu'en terrains secs, mais elles sont minces, ontuneconsistance moins ferme et se laissent facilement plier: elles sont d un vert plus foncé, et on ne trouve pas à la surface cet enduit cireux (pruino) qui les recouvre dans les plantations caillouteuses. De plus, l'accoutumance à l'ombre et à l'humidité est si complète que la plante souffre d'un changement dans ses habitudes. Si par suite de la chute d'un cocotier, quelques plantes viennent à manquer d'omlire, le développement des feuilles subit un arrêt, et celles-ci n'acquièrent que les deux tiers de leur longueur normale; de même une période de sécheresse dessèche les feuilles, leur donne une pointe épineuse énorme, ce qui se traduit par une diminution de rendement en fibres; il semble que l'action directe du soleil diminue la vigueur de la feuille, qui cède sous son propre poids et se fend dans le sens de la longueur.
Les plantations rapportent au bout de 3 ans '/j, quelquefois 2 ans '/^ (1); mais la hampe llorale apparaît rapidement aussi, ce qui entraîne comme on sait la mort de la plante. M. Kindt s'est livré à ce sujet à diverses observations; on sait que la longévité des agaves et sa prolongation par le relard de l'apparition de la hampe florale ont fait l'objet de nombreuses discussions. Rappelons qu'une enquête sérieuse a été menée en 1893 par les Jardins botaniques de Kew, à l'effet de connaître l'opinion des diverses personnalités compétentes; les résultats de cette enquête ont été publiés dans le Bulletin double n° 82/83 des Jardins de Kew (octobre, novembre 1893).
L'opinion recueillie par M. Kindt à la plantation de Kitunda était que l'ablation
11) L'auteur du mémoire dit ailleurs que dans les terrains secs du Sud, l'agave est bonne à couper à 2 ans et demi, cela nous semble bien tôt, et de plus il y a là une espèce de contradiction avec la précocité qu'il invoque pour les agaves de terrains marécageux. — F. .M.
JUUH.NM. irvGRlCLLTLUE ÏKUlMCALK
ÎS» GO — Mahs lîKH
(!<■ la hampe lloraloà son apparition i>ouvail prolonger d'un an la vie di» la plante, période pendant liKiiiclle elle conlinuait à donner des feuilles utilisables. Mais les essais laits pour eonlrôler cette opinion ont été complftenicut négatifs, les plantes amputées mourant assitôt, tandis que celles ([ui avaient j^ardéleur iumipe vivaient encore 6 à 8 mois. Ce fait est intéressant à noter, mais il ne peut i;uère être généralisé en raison des condi liens spéciales de végétation des plantes avant servi à ces essais.
Enfin, comme dernière particularité du sisal en terrains humides, signalons qu'il y donne moins de rejets qu'en terrain sec. La fibre est-elle plus ou moins abondante que dans ces derniers? Les essais faits ii ce sujet ne sont pas concluants et laissent voir des différences sensibles avec les années; il semblerait seulement que la fibre des feuilles récoltées à l'ombre et pendant la saison des pluies soit moins résistante que celle tirée des plantes ayant poussé au soleil.
Des cultures intercalaires ont été tentées à Kitunda entre les rangs des sisals; le ricin et le colon ont été principalement essayés, puis abandonnés presque aussitôt : le coton n'a jamais prospéré, peut-être parce que l'agave était lr(q) exigeante comme nourriture pour ne pas lui nuire; dans tous les cas le sisal est considéré dans la région comme assez rémunérateur pour qu'on lui consacre tous ses soins, sans chercher une autre source de bénéfices.
L'abondance des rejets permet de ne pas aliaelier une grande importance à la durée individuelle des plantes; il suffit de prévoir le remplacement des sujets arrivés au terme de leur existence, et pour cela, le mieux est de planter un rejet au centre de chaque carré
ou rectangle formé par quatre agaves consécutives. Cette planlation doit avoir lieu pendant la saison de> pluies (|ui suit la première coupe de leuilb's : la plantation se liduvi-, ainsi com[)lèlement reiiouvcdée lois(|ue les premicii'-; piaules ont île i-inq à six ans.
L'agave blanche ou llcniqncn .1. riiiiila var. floinjala , égali'incnl cullivée dans l'Afrique (Irientale Mi. •mande, a l'avantage de donner un pouiceutage de fibres plus élevé, atteignant 4 %. Sa fibre est 1res vantée, mais il faudrait que se-, ijualités fussent confirmées par l'oblenlioii de prix plus élevés sur le luaiché. L'agave blanche émet moins de rejets (jue l'agave verte, et semble lleiiiir plus lardivemenl.
La quantité d'agaves à piauler |ioMr nue exploitation ri'munératriee parait devoir être comprise entre 300.000 et 1 million. Avec moins de 300.000 plants, on ne peut alimenter suffisamment les machines à défibrer, pour les faire produire avec bénéfice. Au delà de I million, la main-d'œuvre n'est pas assez abondante dans la colonie pour que toute la récolte puisse être ap- |)orléeà l'usine en temps utib". et une partie se perd; on n'arrive pas non plus à, désherber convenablement. Le chill're d'un million de plants semble donc è'.re le maximum pour une exploitation normale dans l'Est-Africain Allemand.
Nous reviendrons ultérieurement sur la question de la défibralion mécanique à Kitunda. car elle donne lieu à des observations d'une cerlainc importance.
F. M.Mx,
inséiiieui'-agronoiuc.
N° 69 — Mars lOO"
Cultures nouvelles et Recherches agronomiques aux liawaï, en 1905
l-a Société pour la culture du Céara. — Les prétendus rendements à ;j ans
Bananes de rebut et déchels d'ananas, leur utilisation pour la distillerie. — L'enlumologie
agricole aux H.iwaï. La collection des cacaoyers types. — " Banane du Bré^i^', " B. de Li Jamaïque'
" B. de Chine". — Les (^itrus, objet d'impoi talion ! — Les Litchis secs sui- le mardi'- de
Washington. — Maladies de la banane et du bananier. — Caféiers néinatodés
Le tabac. — L'azote dans les sols.
Notice bibliographique.
Smith (Jared Cj.) : Report on agriculliiral invcstigalioiis in Ilawaï. IWj, in-8°, (56 pp., 4 pi. Publié comme Bull. 170 de l'Oftice of Experiment Slalions, par les soins du Département fédéral il'Agriculture. Washington, avril l'.iOô.
Rapport scioiilirique de la Station agronomique de Honolulu (Station de l'Etat) sur l'exercice 190S; partie par M. S.mitii, le directeur, partie par les chefs des services : chimiste, entomologiste, horticulteur. Ce dernier, M. HiuGiiNs, a reçu en partage un domaine plutôt vaste, puisqu'il est cliargé à la fois des cultures spéciales telles que café, cacao et bananes, et des maladies cryptogamiques des végétaux.
L'ensemble du rapport est, comme tous les ans, d'un haut intérêt. Notons quelquesuns des principaux sujets traités, en glissant sur ceux déjà développés dans plusieurs lirocliur(>s monographiques analysées ces niiijs derniers ou à analyser prochainement dans le texic du « 3. d'A. T. », ou dans son supplément bibliographique.
Le FicH.s elastica est jugé inléressanl pour les districts de Hilo, Puna, Olaa, Nahiku et similaires; mais en fait de caoutchouc, c'est surtout le Céara, iniroduit en 1893, «|ui rencontre les pi'éférences des auteurs du rapport. Le plus fort des arbres de la Stalion, planté près de la route deTanlalus, a iO pieds de haut et 10 pouces de diamètre. Une Compagnie s'est constituée qui a déjà mis en terre 100.000 graines de celte espèce et entend amener le total à SOO.OOO ai'bres en deux ans. Le rapport laisse espérer aux colons un premier ren-
dement « modéré » à l'âge de trois ans et des revenus considérables à cinq ans; nous en concluons que ces Messieurs de la Stalion ne se sont pas donné la peine de saigner leurs arbres tant soit peu sérieusement.
Si des particuliers se lancent sur la foi de pareilles affirmations et y perdent leur argent, ils seraient en droit de s'en prendre à la Station agronomique. Nous avons accumulé nous-mêmes, depuis quelques années, dans le « J. d'A. T. », de nombreux témoignages prouvant que le Céara peut devenir, dans des conditions favorables, et intelligemment saigné, une ciillure lémunératrice; mais nous ne pouvons laisser passer, sans faire toutes nos rései-ves, des promesses de rendement à trois ans, lorsqu'aucune expérience n'est citée à l'appui.
9 pp. de M. SnoKEv, résumant ses recherches sur l'azolc dans les sols hawaïens, trop spéciales pour être caractérisées davantage ici.
Celte année AL Shorey se proposait d'étudier le rendement en alcool des bananes inférieures (petits régimes) restant pour compte aux exportateurs et des déchets de l'industrie des conserves d'ananas :
peaux, axes (cœurs), etc.; ces derniers constituent iO ° odu poids des fruits. Voilà une recherche dont les résultats seront bien intéressants pour tout le monde, quoique ni l'un ni l'autre des deux sujets ne soit absolument neuf.
Tous ceux qui suivent un peu les publications d'entomologie agricole tropicale savent que cette branche est fortement or-
JOUK.N-iVL D'AGRICULTIHK TROI'ICAI.I'
M.m;s irinl
ganisée nnx llawaï, on n'en l'pinuvi' [las moins iiMc admiiulion mèléo d'envie lor>(nroii lil, p. 'M) du rapport. (|u"il y existe acluelicnieiil trois orgiinisalioiis entomologiques distinctes, ayant eliiiciinc son pcrsonml.
he Déparleineiit d'I'^nlonioloyie de la Station agronomiqne, créé en 1902 (M. van DiMC, chef de service); la Division d'Knlomologie du Hoard of Agriculture, créi^e en •tOO.'i (elx'f M. A. CuAW, trois spécialistes dont M. IvoEiiELE, une célébrité); enfin, la Division d'iuitomologie de la Station de l'Association des Planteurs, créée en l!)Oi (chef, M. I'eiikins, et quatre spécialistes, dont M.M. Cii.wv et KoKHKr.i: qui constituent ainsi un lien entre les deux organisations). Il no semble pas qu'on puisse citer au monde une autre colonie disposant d'un pareil luxe. Il serait instructif de relever un jour ce (juc l'entomologie agricole a coûté aux Hawaï et ce qu'elle a économisé de pertes à la colonie; le bilan serait, à n'en pas douler, une démonstration triomphale de l'utilité de la science.
Parmi les sujets que M. van Dink traite dans son rappoit, relevons : une liste des plantes mellil'ères, des expériences de sériciculliu'c, une liste raisonnée d'insectes nuisibles, classés par plantes attaquées (suite de celle de 190 i, 4 pp); enfin, un essai de Bibliographie entomologique des Ilawaï, relevé précieux dont 3 pp. de Systématique et Généralités et i pp. d'Entomologie agricole et forestière.
Du rapport de M. llir.(.iNs, nous apprenons que la Station a enlrepiis depuis 1904 la constitution, à llilo, d'une collection de cacaoyers qu'elle veut aussi complète que possil)le. l'n certain nombre de variétés ont été fournies par M. E. \V. (Iurr, de ïutuila, Samoa; le Département fédéral se charge de procurer les autres.
« (lomme le cacao a besoin d'ombre, et que les jeunes pieds poussent mieux sous les bananiers, la Direction en a pris prétexte poui- faire à la fois, de la succursale de llilo, un champ d'essais sur la banaue. Cette dernière est, du reste, largement
cultivée déjà, dans la localité et aux environs, pour l'exportation à San-Francisco.
Des expériences ont été entre|)iises sur la mulli(ilicalion, la culture, la lumurc. mais iiK une encore n'est achevée.
.On va également l'-tudiei' les moyens de faire parvenir à San-Francisco dans des conditions commerciales, la banane, dite du Hrésil, que M. Hi(;gins croit identique au " pisang radjah ■■ ou au " p. medgi » de .lava; voilà une ex|)érienci' que les étrangers suivront avec intérêt. Cette banane est, lisiins-nous, la ]ilus savoureuse, la plus piulumée et la plus jolie des ilasvaï; en môme temps réfractaire, senible-lil, ft certaines maladies; malheureusement les bananes mûres se détachent bien facilement du régime; c'est poun|uoi les exportateurs ne veulent pas s'en occuper et s'en tiennent au bananier nain de Cavendish, dit aussi de Chine, la variété classique des bananeraies commerciales.
C'était, jusqu'à ces dernières années, la seule que nous recevions en lùirope. Aujoiud'hui, les Anglais consomment en même temps beaucoup de bananes plus grossières de la Jamaïque. Mais c'est surtout aux Etats-lnis ([ue cette variété, qui est aussi celle de niuelields (Nicaragua), domine; on s'explique donc que la Station s'applique à la propager à litre d'essai et de comparaison, malgré son infériorité reconnue. C'est là encore une expérience dont le résultat intéressera bien des lecteurs étrangers.
La banane a déjà fait l'objet d'ini Uulletin spécial de la Station. (|iu' nous avons analysé en son temps.
Nous nous imaginions que les Hawa'i exportaient des oranges et autres Cilrus. Il se trouve (p. 61 i (|u'ils en importent, pour fiO.OOOS paran. In IJulletin spécial (n°9)a été juiblié sur cette classe d'arbres; nous l'analyserons prochainement.
P. t'>3, nous apj)renons avec qucbiin» stu-prise que les litchis secs sont de |)lus en plus i'ecli(>rcliés sur le marché noi'd-américain; nous n'avons jamais pu coin prendre l'intérêt (|ue ce fruit peut oll'i-ir dans col
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état, un bon pruneau est infiniment supérieur. Quoiqu'il en soit, les litchis secs de Chine se vendent à Washington 50 cents (2 fr. 60) la boite de I quart américain, et la production, très limitée, des llawaï trouve preneur également à des prix élevés. La Slation encourage en conséquence la culture de cet arbre.
Parmi les aulros arbres fruitiers auxquels elle attache un intérêt parliculier, notons la mangue, longuement traitée dans un Bulletin spécial (voir « J. d'A. T. », n° 64), le mangoustan, le spondias dulcis (nom local : wi, ou aussi pomme de Tahili).
Il ne nous reste plus que quelques mots à dire des maladies des végétaux. Le Glae-
osporium musarium « ripe rot », ou « anthracnose d , détériore quantité de bananes exportées, ainsi que le « scab », déjà signalé par JN. A. Cobb au New-South Wales, mais dont la détermination reste à faire; l'un et l'autre de ces parasites semblent pouvoir être aisément combattus. Il n'en est pas de même de l'auguillule des racines (nématode), que nos lecteurs connaissent bien; elle a été constatée à Hilo. Un nématode infeste également le cfifé à Kona. Le chapitre qui traite de ces diU'érentes maladies n'est pas long, 1 p. i/2 seulement.
Signalons simplement, sans insister, les 7 pp. consacrées au tabac; on espère en faire une grande culture industrielle.
Sur quelques Fibres à Papier des Philippines
Les déchets d'abaca et la papeterie américaine. — Statistiques. — Expériences sur l'ulilisalion de déchets de délibration de l'atiaca pour pâtes à papier. — Principes fertilisants de ces déctiets et de la sève. — Bananiers comestiljles : supt'riorité industrielle des « plantains Graminées herbacées : Gogon et Talàbib. — Sansevière. — Déchets de défibration du Maguey.
Fibres diverses.
D'après les expériences de M. G. F. Richmoxu.
KicHMOXD (Georges F.) : Philippine fihers... forpaper making. Gr. 8°. 30 pp., 6 pi. i microphotographies), 2 échantillons de papiers. In « Philippine Journal of Science », juin 1906.
Première série d'études techniques de fibres à papier disponibles aux Philippines, mais inemployées actuellement ; travail exécuté au Laboratoire de Chimie du service scientifique officiel (Bureau of Science), analyse de M. Mariako Vivencio, déterminations botaniques de M. Eljier D. Merrill.
D'après le recensement décennal (Census) de 1900 (statistiques de 1899), la papeterie américaine emploierait annuellement dans les 100.000 tonnes de déchets d'abaca « Manilla Stock » payés en moyenne $ 25 la tonne. Ce sont de vieux sacs et fils, de vieilles cordes et ficelles de moissonneuse- Heuse, etc. ; en fait donc, comme l'auteur le fait observer avec raison, aulantde fibres
d'abaca que de jute. Mais alors, pourquoi pas aussi des fibres d'agaves? Les vieilles cordes en sisal, ne se négocient probablement pas séparément et ne sont certainement pas distinguées dans les statistiques du Recensement décennal! M. Richmond les a, peut-être, simplement oubliées.
Quoi qu'il en soit, la papeterie utilise et apprécie les déchets d'abaca, mais n'en consomme encore que ceux provenant d'objets manufacturés. M. Richmoxd voudrait lui faire employer aussi ceux provenant de l'extraction même de la fibre marchande et qui aujourd'hui restent sur place, déchets encombrants et ennuyeux, sans débouché aucun.
Des essais dans cette direction furent tentés dès 1887, l'auteur ne dit pas ce qui les a empêchés d'aboutir. Ses recherches personnelles sur la matière — recherches de laboratoire — occupent une dizaine de
l(Ml;\AI. h \(,llli.l l.ri Kl'! Tl;(illi M.t:
N" fi!) — .M\iis l'.iOT
pages. D 'iipri'S sps cssiii-^ di- di-librulion, ropi'ralion à la niiiiii l'IltMindii la pratique haliiluelIciiH'nt, lai>s('rail à peu près autant de libre inuUlisi'c, dans les décliels, qu'on en obtient do marchande. LerapporI devient encore liiiii jdiis avaiilajieux ])our le papetier avec l'emploi de icrlainc délibreusc mécanique que laulcnr a pu l'aire l'oiictionncrà titre d'ixpi'rieiice, mais dont il ne donne seulement que le nom; dans ce cas, il y eut, p(jur cent du poids sec tolal des stipes (taux troncs) d'abaca, 0,tS2l "/o de fibre marchande de 4,54 "Z» de déchets fibreux bons pour la papelerie.
P. 4'i-G, analyse inslniclivc des déchets en <|uestion, au point de vue de l'appauvrissement du sid (|ue pourrait causer b'ur enlèvement mélliodique. L'auteur en conclut que ce serait peu de chose; les principes fertilisant- sont, an contraire, abondants dans la sève de l'abaca qui constitue liés 90 Vodw poids vert des stipes. Celte sève, à son tour, contient 2,(52 ",„ de matières '.solides dont pi-es(]iie le tiers (30,oG "/o) tle potasse; ce qni l'ait pres(]ue 1 7o ''u poids du lii|nide.Onjugerade l'importance de ce chilIVe en se rapjielant que des cendres de bois de bonne qualité n'en contiennentque cinq fois davantage.
Nous renonçons à apprécier les données techniques copieuses accumulées par ' .\1. HicMMOM), le sujet dépasse notre compétence ; l'échantillon de papier joint au travail est crème ; celui fait avec de la fibre <le cogon, qui l'accompagne, tire plutôt sur Fe vert.
Le cogon (hnpcrata exaltala, Buonu). — L'auteur l'étudit» longuement, ainsi qu'une auliegraminée, le lalàhib, Saccharum sponlaiiciim et la fibre de bananiers comestibles: liaiianes-figues [Mx^a sa/jienliim) et plantains (.1/. /yrtrar//,s7'a(«j; d'après Moiuusqu'il cite (Jamaïque, 1884), ces derniers fourniraient une fibre plus blanche, ])lus fine, plus comparable ii celle de l'abaca.
A retenir cette réflexion, p. 4o4 : que la faiblesse relative des filaments des bananiers comestibles comparés à l'abaca , défaut essentiel lorsqu'il s'agit de corderie, devient,
au coniraii-e. un avantagi^ pour la papeterie, par siiilr (le 1,1 plus graiule l'acililé de dissociation en libres élémentaires.
Quelques lignes seulement sur le .^a/iscvicria ;^//A////rrt, bowslring hempdes.Xnglolndicn^, larj^emenl répandu à travers l'archipel, lullivé par endi'oils. !/auleur dit avoir trouve- une jurande facilil(' à délilirer celle |ilante il l:i niiieliiiie. — il ne dit pas la(|uelle, nous U' |ui.a\on> déjà reproebé plus liant. (Jnelle (ju'elle soit, le l'ail est à retenir, car ;;énéralement les diMilireuses mécaniques agrippent mal ces l'cuilles relativement minces et plates. La stiuclure de la libre esl ciuu|)arée par M. Hk umond à celle du niaguey. dont il no)is reste à parler à présent.
Cet a;;ave. donl nous avons eu ;i nous occuperàdifVérentes reprises dans le » .luurnal d'Agriculture» Tropicale », — sa fibre y est, du reste, régulièrement coli-e par MM. Va- QUiN et ScnwEiTZER, — apparaît celle Ibis avec un nom botanique ; Ayave Ctinlulu, que nous ne croyons pas lui avoir vu encore ; la garantie de I\l. Mi.iiiiu.i,, botaniste très renseigné, lui donne de l'importance. La plante est cultivée, toujours d.iv.inta|.;e.
dit M. lllCH.MOM).
Le maguey — que M. Uir.uAio.ND a tort, si c'est de VA. Cantula, d'appeler encore sisal, car ce nom est réservé à l'espèce mexicaine Agave riçjida, et en particulier à sa variété sisalaiia — vient tout de suite ajU'ès l'abaca comme valeur d'exportation, parmi les libres des Philippines.
Pendant que nous en sommes aux déterminations, nous aimerions bien savoir ce qu'est exactement YAgavr Korot/i^ îles Antilles, donl des analyses chimiques (des libres) sont citées par M. Ricumcnd à lilre de comparaison, p. i.'i.'). d'après Cuoss. C'est encore un nom que nous ne croyons pas avoir rencontré souvent.
^1. HicuMOMj ne s'occupe j)as dé la fibre marchande qvie l'on exlraitdu maguey, mais seulement des déchets de sa di'dibration (effectuée à l'aide d'une machine dont, encore, il ne dit pas le nom"). Comme ceux du sisal ou du Fuiircroija (chanvre de Maurice),
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les déchois de magiiey, très caustiques, sont iibondanis et fort désagréables, bien des producteurs de libre se sont demande si on ne pourrait pas en tirer parti autrement <]u'à titre d'engrais (comparer Boname, « Journal d'Agricullure Tropicale »,n° 33); en dernier lieu, des éludes en ce sens ont été entreprises dans l'Est- Africain Allemand, entre autres. L'utilisation pour la papeterie, préconisée par M. Riciimonm, est donc de nature à intéresser vivement les producteurs de fibres similaires de Ions pays. Ils consulteront avec fruit les expériences faites par l'auteur en vue de réduire le volume et le poids des déchets en question pour en faciliter le transport depuis les lieux de culture.
Ou peut y arriver fort bien, d'après lui, par la cuisson sous pression (6 à 7 atmosphères) avec de la chaux vive, ou même par une cuisson très prolongée sans pression en employant de la soude caustique. Avec l'outillage nécessaire, on obtiendrait une pulpe brutefpàteà papier, « half stuif >■) très utilisable pour la fabrication de papiers d'emballage bruns; n'étant pas de la partie, nous n'entreprendrons pas de résumer les liuUelins d'expériences reproduits pp. 455
et 4."6, mais les spécialistes sauront en tirer prolit.
Dans la dernière page de son travail, M. UicuMOND présente, en un lableau synoptique, des mensurations de fibres élémentaires de quelques textiles philippins relevées par M. E. B. Coi'Elaxd; ni>us y notons, outre ceux déjà cités dans cet article, deux bambous {B. Blumeana et B. Lumampao), la paille de riz et la filtre du palmioi- liuri {Coryphauinbraculifcra). Dans un deux ii 'me lableau, spécial à « quelques lilires, paiiui les plus importantes, employées dans les industries textiles de la papeterie » et emprunté aux Eludes sttr /es Fibres végétales textiles de Yétillari', nous notons, à côté du lin, du chanvre, du jute, de l'alfa et du sparte d'Espagne {Lygeuin Sprirtum), le Ijowslring hemp, le Broussonelia, b; Corypha déjà nommé (« talipot ■■ du commerce) et le coir.
Le mémoire se termine sur la promesse d'étudier, dans une prochaine pui)lication, d'autres fibres à papier des IMulippines ainsi que les conditions d'approvisionnement avec lesquelles il y aurait à compler dans l'archipel.
Friandises au sucre de canne et aux amandes.
I^e « cliancaca ".
Tel est, d'après le « Pflanzer » d'Amani, le nom d'une friandise très connue au Pérou; la consommation en est importante, et les sucreries industrielles ne dédaignent pas de s en occuper.
On fond du sucre roux el on le coule en tablettes; dans la masse encore chaude, on parsème des amandes, noix, arachides, morceaux de noix de coco, etc.. On fabrique ainsi des bonbons très estimés.
Nous avons mangé, il y a vingt ans, aux Antilles, des friandises analogues ; l'une d'elles, notamment, connue sous le nom de Juuji, est d'une délicatesse appréciable. — M. C.
Concours pour un dépulpeur de « Coffea robusta ».
Dans sa séance du 20 avril 1906, le Syndicat des Planteurs de café, etc.,deMalang, a institué une récompense de 1.500 florins, à donner, par voie de concours, au meilleur dépulpeur approprié pour le travail du Coffea robusta.
On sait les résultats admirables que cette même organisai ion a obtenus par ses différents prix accordés aux dépulpeurs à C. liberica. Les dépulpeurs ordinaires, construits en vue du classique C. arabica, se prêtent mal à la manipulation de ces cafés nouveaux.
.lOrUNAL D'AGRICULTL'UI- TROPIC.ALH
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