‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 67 sur 171 · partie. dons |le « Daily Consular Reports » du · texte numérisé non relu

partie. dons |le « Daily Consular Reports » du

N» 72 — Jlin 1907

28 juillet lOÛo l'intérêt persistant qui se manifeste pour l'extension de la culture du sisal dans les dites îles. Il arrive des quanlittis de lettres au consulat de personnes désireuses d'engager des capitaux dans cette culture, fort rémunératrice, et dernièrement, le représentant d'un groupe anglais est venu faire une enquête sur place dans le même but.

Actuellement, il existe, lisons-nous, aux îles Caïcos, dépendance des Turks, une compagnie travaillant principalement avec des capitaux américains et qui, depuis plusieurs années, y exploite 1.100 acres de sisal en plein rapport, la totalité de la marchandise étant vendue aux Etats-Unis.

Une autre compagnie, à capitaux anglais, a pris la suite d'une entreprise antérieure, tombée en faillite il y a trois ans, et devait commencer à exporter, toujours vers les Etats-Unis, dès 1903. Enfin, le gouvernement dispose encore de plusieurs milliers d'hectares de terre, convenant au sisal et qu'il otlre, ainsi dire, pour rien : il n'en demande que 10 cents américains de fermage annuel par acre.

Etant donnée une plantation en âge d'être exploitée, la cueillette, la défibration, etc., et le transport jusqu'à New-York, reviennent à moins de .3 cents par livre anglaise de fibre, dit le consul.

L'exportation des Mangues.

Importjince du point de maturité.

Décomposition rapide des fruits.

Emballage et transport.

Lettre de M. E. Leclerc.

Mon opinion sur les mangues est telle que tout le bien que vous en pourrez dire ne sera jamais exagéré; elles sont le fruit le plus agréable et le plus universellement estimé aux colonies.

Les espèces en sont très nombreuses et donnent des fruits de goûts très variés comme d'aspects très ditTércnts. Que la chair en soit pâle, dorée, ou sanglante, elles sont à mon avis toujours bonnes, si l'on

observe pour la cueillette des soins particuliers. Le manguier vit en Nouvelle-Calédonie aussi bien dans des terrains caillouteux, voire même dans le schiste friable qui compose beaucoup des terrains des coteaux.

C'est donc à mon avis un arbre robuste et qui serait une ressource intéressante pour tous les colons si l'on trouvait un procédé d'expédition tant soit peu pratique. '

IMalhcureusement ce fruit porte en luimême des vices qui en rendent le transport bien difficile, sinon impossible.

La mangue ne supporte pas la médiocrité, elle est ou excellente ou détestable.

Cueillie en parfait état de maturité et consommée presque immédiatement, c'est, je le répète, le paradis des gourmets. Malheureusement dans cet état elle est fragile, le moindre coup, la moindre pression la flétrissent et peuvent amener sa décomposition rapide. Des essais que j'ai faits moimême il lésulte qu'avec beaucoup de soins dans l'emballage, en employant des caisses cloisonnées avec l'écorce sèche du bananier (écorce qui est très souple), et en remplissant les vides avec ces parches de café qui remplacent avantageusement la sciure de bois, on peut arriver à leur faire subir un transport de quelques jours sans ou presque sans déchet.

Mais, cueillie trop tôt, ainsi qu'on le fait pour les ananas, les bananes, et en général tous les fruits tropicaux qui viennent en Europe, la mangue ne mûrit pas; sa peau se flétrit, elle devient molle et détestable au goût. Je ne serais pas, dans ces conditions, sans crainte des accidents, car elle sécrète alors un suc laiteux qui est très corrosif. Beaucoup de personnes ont ainsi expié leur gourmandise par des bobos aux lèvres, des boutons qui sont très longs à guérir, donnant l'apparence d'une brûlure en état de suppuration.

II serait certes intéressant de provoquer l'importation en France d'un fruit excellent, et je serais tout le premier à me féliciter d'un nouveau débouché ouvert à une culture essentiellement intéressante; mais, me basant sur des expériences précédem-

JOURNAL DAGRICrLTl'HE TROPICALE

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monl faites sur ce que j'ai vu et tenté nioiiiirme/je suis obligt^ d'être très sceptique à l'éganl d'une nouvelle tentative de ce genre.

Le Français demande qu'on lui fournisse de très bons fruits, et c'est à cette seule condition qu'on peut espérer une consommation intéressante. Tout ce qui sera cxpoi'té avec un voyage supérieur à cinq ou dix jours ne donnera que des fruits pas mi^nie médiocres. Les pays où la culture du manguier donne de bons résultats sont trop éloignés pour un tel voyage. Je crois donc qu'il faut renoncer, tout au moins jusqu'à nouvel ordre, à voir la mangue sur le marché parisien. '

Je vous prie d'agréer, monsieur, mes salutations empressées.

E. Leclerc.

Nouméa, janvier 1907.

Rendements et innocuité des différents modes de saignée de I Hevea.

Comparaison de la saignée eu spirale,

avec la demi-spirale

et les procédés plus anciens.

D'après M. IlEitnFJVi' Wnicirr.

Au cours de la discussion si intéressante qui a suivi sa conférence sur l'IIevea. déjfi citée, d'après le (( Trop. Agricullurist » de juillet 1906, dans notre n" (iS, M. Ueudert AViuiiin a fait une déclaration de haute importance sur le rcndemeul comparé des saignées « en spirale » (procédé Northway et HowMAN, décrit et figuré dans le n" Gl du " J. d'A. T. )i) et des procédés anciens, moins hardis :

C'est la spirale complète qui fournit le plus de caoutchouc dans un temps donné (six mois, par exemple), mais ce système de saignée est, de tous ceux employés, celui qui produit le moins de caoutcliouc par unité d'écorce excisée; autrement dit, c'est, selon toutes probabilités, la saignée en spirale qui fatigue le plus l'arbre, pour un rendement donné.

La demi -spirale jiroduit relativement

peu, en un temps donné; mais accuse le maximum par unité d'écorce excisée; et fatiguerait dune le moins l'arbre, pour une quantité donnée de caoutchouc.

De fous les systèmes, c'est avec la spirale complète que la reconstitution de l'écorce se fait le plus uniformément: c'est ce système qui en gâte le moins l'aspect extérieur, mais M. Wruuit estime que le fait a peu d'importance pratique et ne suffirait pas pour justifier l'adoption du système en question, à l'exclusion de tout autre.

11 apparaît, en définitive, (ju'à Ceyian los gérants pressés de distribuer des dividendes, auront recours, de préférence, à la saignée en spirale: tandis que le service agronomique, soucieux de l'avenir, opine pour la demi-spirale. Dans la |)éninsule malaise, à eu juger par certaines réllexion-^ de M. RiDLEY dans 1' « Agricultural IJullelin » de Singapour, l'une et l'autre sont très contestées, aujourd'hui que l'engouement de la première heure est passé, et on en revient à la denii-arèfe de poisson.

Culture du Cactus inerme en Tunisie comme fourrage et pour le fruit.

D'après M. L. Noël.

Les renseignements culluraux suivants sont extraits d'un article de M. L. Noël paiu dans le « Réveil Agricole » de Marseille, du 27 mars 1904; nous les publions comme contribution iudiriH'te à reiuiiu''li' engagée depuis longtemps dans le " J. d'A. T. » (voir 1902 pp. tliU, 220, 231; I90i pp. 72; 190:;, pp. 77. 128, 20;i, 313, 346 . iNous avons encore une série d'articles sur la même question. — M. Noël envisage exclusivomenl la Tunisie:

(< Le cactus inerme est doué d'une grande résistance à la sécheresse ; néanmoins, en 1897, la plupart des plantations de Kairouan (Tunisie) furent ilélruites à la suite d'un été exceptionnellement sec.

« Pour le bouturage, on choisit une ra-

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quelte-mùre portant 2 raquetles-rejclons à sa base; c'est sur la raquelte-mère que poussent les racines. Il faut, avant de planter, laisser les boutures exposées au soleil pendant une vingtaine de jours ; la raquette n'est bonneà bouturer que lorsque sa surface est llélrie. Les Arabes opèrent alors de la façon suivante: ils tracent à la cbarrue des sillons espacés de 2",;i0 à 3 mètres; à 1 mètre d'écartement, ils font des trous qu'ils garnissent de fumier et dans lesquels ils plantent les boutures.

« Avec ce système, dix hommes peuvent planter 1 hectare par jour. On emploie, pour cette surface, o.OOO kg de fumier.

« Les plantations sont protégées contre l'avidité du bétail par une haie de cactus épineux; il est même bon de placer au début une haie sèche de jujubier sauvage.

« Les seuls soins d'entretien se réduisent à un buttage la pi'emière et la seconde année. Le cactus est en pleine production la cinquième année ; on récolte de préférence tous les deux ans seulement. — Dès que les pieds se dégarnissent et affaiblissent leur production, on les recèpe successivement. La récolte annuelle d'un hectare est de 25.000 à 30.000 kg.

« Ijcs Italiens se livrent beaucoup, deliuis quelques années, à l'exploitation du cactus pour le fruit ; ils arrivent, par un procédé spécial, à faire fructifier les plantes en hiver et à récolter de 12.000 à IS.OOO kg. à l'hectare. »

Farine de banane.

Nos abonnés nous demandent souvent des renseignements sur la possibilité d'écouler en Europe de la farine de banane. Nous avons à plusieurs reprises parlé de la fabrication et des débouchés de cette denrée. Notre enquête à ce sujet reste ouverte, mais il semble bien que Ion ne soit encore arrivé à rien de pratique et la farine de banane risque fort, comme le sucre de banane et les bananes sèches, de rester du domaine de l'utopie.

A plusieurs reprises, dans les exposi-

tions d'hygiène anglaise, nous avons vu des aliments préparés à base de farine de banane, mais il ne paraît pas qu'aucun de ces produits soit entré dans la consommation courante.

Plusieurs personnes s'occupent à Ceylan de la question et elles paraissent assez découragées.

On se rappelle que, d'après M. Leucuer, 10 régimes de lu à 20 kg. chacun pouvaient produire 50 kg. de farine. D'après les expériences du directeur du Jardin botanique de Saharanpur qui s'est servi du séchoir américain Ryder, 250 kg. de fruits sont nécessaires pour produire 50 kg. de farine. M. Stouter a obtenu des résultats analogues à Ceylan ainsi que M. B.villaed, dans ses essais en Guinée française.

Une des raisons probables de ces différences de rendements est que M. Leucher s'est servi de grosses bananes dont 3 suffisent pour faire 1 livre, tandis qu'il faut 10 bananes des variétés les plus courantes de Ceylan pour faire le même poids.

L' « Impérial Institute » s'occupe depuis longtemps de trouver des débouchés à la farine de banane et, dans une lettre du 24 novembre 1905, le professeur Dlnstan écrit au « Ceylon Tropical Agriculturist » que, d'après les déclarations d'un spécialiste, les importations en Angleterre ne dépassent pas 50 tonnes par an. Des courtiers lui ont déclaré qu'il ne pouvait y avoir de marché réel pour la farine de banane que si celle-ci pouvait entrer en concurrence avec les farines ordinaires et que l'on ne pourrait essayer d'en organiser la vente que s'il y avait des arrivages réguliers d'environ 50 tonnes par mois; le prix varierait entre 140 et 200 francs la tonne c.i.f. Londres, suivant qualités.

Bien que cet avis de 1' « Impérial Institute » remonte à près de deux ans, il semble bien que la question n'a fait aucun progrès, en Europe tout au moins.

Un grand fabricant d'aliments pour enfants (ne serait-ce pas M. Nestlé?) a proposé au « Ceylon Tropical Agriculturist » de se porter acheteur pour 'JO à 95 francs

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Jl'IN litO"

la tonne, soit moins de 10 centimes par kg. !

Un industriel des West Indies écrit ([u il n'y a, à vrai dire, pas de marché pour les produits à base de farine de hanane. Une maison de Londres lui ayant oll'ert de se porter acheteur :\ fiT'i francs par tonne, il lui a proposé de lui en fournira ce prix, mais l'oiTre resta sans réponse. Ce même industriel déclare en avoir envoyé des tonnes sur diiïérentes places, uuiis en vain : il semble que l'on désire que cetti' farine puisse lutter au point de vue des prix avec celle du blé ou du riz.

Un autre négociant de Londres est d'avis que la production actuelle est presque suflisante pour satisfaire à la demande. Il y a deux ans, il a reçu des petites offres d'achat à iO francs les 30 kg., mais les planteurs n'y répondirent que d'une façon très irrégulière et il a abandonné cet article. Des planteurs l'ont avisé dernièrement qu'ils pouvaient produire régulièrement de la farine, mais il estime (jue le marché est trop limité pour qu'il vaille la peine de s'en occuper.

Il paraîtrait qu'eu Amérifjue, il n'en est pas de même, mais nous continuons à n'avoir aucun renseignement sur la question: étant donné le taux élevé des droits de douane placés à l'entrée des marchandises aux Etats-Unis, il semble bien que cela n'intéresse pas la généralité des planteurs.

Si nous prenons comme rendement à l'hectare les chillres généralement admis à la Jamaïque, soit 70 régimes pesant en moyenne do kg., nous avons pour 10.000 kg. de fruits frais, environ 1.200 à l.riOO kg. de farine, ce qui, à 200 francs la tonne, donnerait un revenu brut d'environ 300 francs l'hectare, perspective qui ne serait tolérable que si les bananiers produisaient des fruits avec la même facilite que la mauvaise herbe. C'est là une asser-

tion contre laquelle il n'est |>lus nécessaire que nous nous élevions.

Voici en tous cas, à titre d'indicalinn, quatre adresses de marchands de |)roduits à base de farine de banane que nous relevons dans le « West India CnMunittce Circular » :

M. Pattinson et Son, Anerly S. E. Londres ;

W. A. Jom;s et Co, .\orlh John Street Liver[)ool;

Ji)s. Ai'Pi.Kitv et SonsLimiled, Liverpool;

Jas. Pau. Il' and Co, 4, Fenclmicli Huildings, Londres E. C.

Cacao et Coprah contre Caoutchouc.

D'après une information recueilli(> parle « Modem Mexico » i novembre 1 906 1, d'assez nombreux planteurs mexicains songent à substituer aux plantations de caoutchouc, des cacaoyères et des plantations de cocotier, dont les produits trouvent des débouchés avantageux au Mexique et aux Etats-Unis. Un certain nombre de propriétés primitivement destinées à être plantées en caoutchouc auraient même été détournées de cette destination pour recevoir des cacaoyers ou des cocotiers.

Ce fait est intéressant à signaler à un moment où la production du caoutchouc et sa culture augmentent sans cesse, et oîi on prévoit ([ue la consummalion croissante est de nature à absorber une (|uantité beaucoup plus importante encore que celle actuellement produite. Il est juste de dire aussi que, pour le cocotier au moins, la hausse des produits constitue une raison très plausible pour se retourner vers lui. La récolte, la préparation du cacao et du coprah sont en outre moins délicates et moins onéreuses que celles du caoutchouc.

Paris. — L. Mabetuhux, impiimcur, 1, rue Cosî^etto.

Le Gérant : H. IIUBAC.

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