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.IULIi.NAL DAOUICULTURE TROPICALE N" 73
JlILLlT 1(107
Ainsi donc, l'examen de ce lableau nous montro qu'il est suffisant, pour apprécier la valeur comparée de chaque arbre i'i caoukiionc, d'en noter les rendements pendant certaines périodes seulement.
Rappelons encore qu'il vaut mieux ne pas employer, pour consliluer une plantation, les graines d'arbres trop jeunes, ni récoller les scnKMifcs provenant des Ilevcas sur lesquels la maturation a eu lieu de bonne heure.
Pratique de la sélection. — Les lleveas sont numérolés dans chaque parcelle, chaque numéro correspondant à une colonne spéciale sur un cahier qui sera constamment tenu à jour. Sur des feuilles volantes, chacune correspondant aux arbres que peut traiter chaque ouvrier indigène, seront inscrits les numéros des Ilcveas, et à côté seront portés, sur le terrain, leurs productions journalières. Chaque feuille pourra ainsi servir à noter les résultats de 10 saignées consécutives que l'on totalisera dans une colonne spéciale. Les rendements de 10 traitements ainsi obtenus seront inscrits sur le cahier de sélection avec les inilications ijuc l'on jugera à propos d'y faire figurer.
Une première série de 10 mensurations de latex seront faites d'une façon périodique, par exemple toutes les .semaines. Puis, à l'époque du rendement maximum (ici, d'octobre à janvier;, une deuxième feuille portant régulièrement les quantités de latex fourni, quotidiennement, pendant 10 jours consécutifs, sera ouverte. Knfin, une troisième série de 10 saignées nous permettra de nous rendre compte, par intervalles, des produits successifs jusqu'à la fin de la récolte.
Notons ici (jue cette pratique aura l'énorme avantage de nous permettre la surveillance régulière des ouvriers employés aux saignées. Si en eCfel, quelque jour, un fait nous parait anormal, il nous faudra, dès le lendemain, aller voir ce qui a pu se produire.
D'année en année, nous pouvons ainsi suivre nos lleveas. Plus longues auront été les observations, plus elles auront de valeur.
Les mensurations de latex pourront se faire de la i'açon suivante :
Dans une éprouvette de 300 centimètres cubes graduée en centimètres cubes, on versera le contenu des godets. On lira chaque fois le volume occupé par le latex qui, retranché du chiffre lu précédemment, donnera le rendement journalier de chaque arbre. j
Il faut de trente cinq à (juarante minutes ])onr noter le latex fourni chaque matin par 100 Hevcas. Ainsi, trois séries de 10 mensurations de latex sur toutes les parcelles seront amplement suffisantes pour nous permettre d'ellecluer une sélection parfaite, car nous ne choisirons comme porte-graines que les arbi-es qui, chaque fois, se seront montrés supérieurs à la moyenne. De cette façon, nous pourrons établir par comparaison \ lots dilïérents :
1° Heveas à rendements très élevés. — Les graines qui en proviendront seront soignées d'une façon toute ])articulière : elles seront placées dans les meilleures parcelles de la concession et seront surveillées au point de vue de la sélection future.
-2," //eveiis à rendements au-dessus df lu moyenne. — Les semences de ce lot seront utilement employées pour établir le fond des plantations.
;j" IJeveas à rendements au-dessous de la moyenne. — Leurs graines ne devront pas être utilisées.
4° Heveas à rendements misérables. — Si plusieurs années consécutives, les quantités de latex fournies par ces arbres demeurent insignifiantes, ils devront être détruits et remplacés par d'autres.
Les lleveas appartenant aux lots 1 cl -1 recevront des marques spéciales permettant de les reconnaître à tout n)oment. Par exemple, on clouera une planchette sur les sujets du lot 1, et on enlouiora d'un rotin les arbres appartenant au lot 2. Il n'y aura ainsi aucune confusion possible pour les indigènes employés à la cueillette des graines.
.Maturation. — Les semences seront cueillies bien mûres sur les sujets que nous aurons ainsi pris soin de sélectionner, c'est-à-dire lorsque la coque du fruit commencera à prendre une teinte liruno.
La récolte durera donc assez longtemps ri sera, de ce fait, successive, comme du reste la tloraison qui, sur chaque arbre a lieu pendant un mois environ. Le système qui consiste à cueillir tout ;\ la fois, lorsque l'on voit un grand nombre de graines milres sur les arbres, est complètement à rejeter, car on a de cette façon des semences trop avancées, d'autres à point, et enfin une forte proportion incomplètement formée. Il faut donc, de toute nécessiti-, faire passer, tous les huit jours environ, un indigène dans la plantation pour récolter les fruits au
Juillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
fur et à mesure de leur matuiùté. Il sera muni d'une éclielleen bambou très légère, et d'un crochet fixé au bout d'une canne de 2 à 3 mètres, ce qui lui permettra de faire tomber facilement les fruits qu'il aura choisis.
Triage. — Lîne dernière opération, le triage, achèvera enlin le travail de sélection liien compris. Parmi les graines récoltées, un certain nombre sont vides: d'auti-es sont mal formées et n'ont |ias de pouvoir germinatif; quelquesunes, légèrement atrophiées, peuvent bien germer, mais ne nourrissent qu'insutlisamment le jeune pied d'IIevea; enlin, un Ijon nombre, bien venues, lourdes parce qu'elles sont bien pleines de réserves nutritives, pourront donner naissance à des plantules vigoureuses. Ces dernières seules doivent être conservées.
Il est facile de concevoir que le poids des graines nous renseignera à ce sujet d'une façon très complète. C'est du reste cette méthode, employée pour le triage de bon nombre de semences diverses, que nous pouvons appliquer à l'Hevea.
L'opération pourra se faire à la main, un peu d'habitude permettant de ne choisir que les graines de belle apparence ayant une bonne densité. Mais le mieux est certainement d'employer une balance assez sensible, un Irébuchet par exemple, pour nous permettre de ne conserver que les semences d'un poids égal ou supérieur à .5 grammes. Ce travail pourra se faire très rapidement et complétera le choix judicieux des graines dont nous allons nous servir pour établir nos plantations.
Sélection future. — Sept ou huit ans après celte première sélection, les Heveas provenant du lot I, seront étudiés à leur tour. Il est plus que probable que nous pourrons constater alors une amélioration de l'espèce, quoiqu'il soit certain que nous puissions encore constater des diU'érences très sensibles. Nous ne devrons alors prélever les semences que sur ceux d'entre eux qui se seront montrés supérieurs à la moyenne pour effectuer le fond des plantations futures. Un lot spécial d'arbres à très grands rendements sera encore choisi et les semences qui en proviendront seront de nouveau placées dans les conditions les meilleures en vue de la sélection future, et ainsi de suite, sans jamais nous lasser dans celle voie.
Suivant la situation dans laquelle se trouvera le planteur, il arrivera à créer, de celte façon, des variétés d'Heveas à grands rende-
ments qui se seront peu à peu adaptés aux milieux spéciaux dans lesquels ils devront vivre.
f'.eci nous amène à conseiller aux futurs planteurs d'Heveas de toujours choisir leurs semences sur les peuplement? voisins les plus fliirissants et dont les conditions culturales se rapprochent le plus de celles dans lesquelles ils se trouvent.
Et peu à peu, au fur et à mesure que la culture des Ileve is s'étundi'a vers le Nord, l'aire géographique du gommier du Para s'élargira progressivement, suivant en cela les lois du transformisme et de l'adaplalion.
Conclusions. — Tel est le système que nous croyons devoir être employé pour arrivera lixer en Indo-Chine une race d'Heveas acclimatés.
Nous ne devons pas perdre de vue, en effet, que si la culture des arbres à caoutchouc nous donne ici (sur la concession de M. le D'' Yersin à Suoi-Giao, province de Nha-Trang,Annam} les plus belles espérances:
-Moyenne des arbres de neuf ans, 1 kg de caoulchouc commercial sec;
Moyenne des arbres de sept ans, OkgCOlJ do caoutchouc commercial sec:
nous sommes cependant en Indo- Chine sur la limite actuelle de la végétation de l'Hevea. Il convient donc, si nous voulons nous lancer dans cette culture, de le faire dans les conditions qui. pcientili([uenient, doivent nous donner les meilleurs résultats.
X'oublions pas que les Heveas devant rester eu terre peut-être pendant plus d'un siècle, nous ne saurions trop prendre de précautions dans le choix des sujets qui doivent constituer nos peuplements.
Je dois mettre ici les planteurs en garde contre l'emballement (jui consiste à vouloii', malgré tout, faire nombre et planter beaucoup trop à la fois; ceux d'entre eux qui agiront ainsi pourraient bien nerécolter quedes désappointements, car les plantations énormes qui se créent en Malaisie et à Ceyian feront, je crois, d'ici peu, baisser la valeur que le caoutchouc atteint aujourd'hui sur les marchés.
Alors il se trouvera que seules les personnes qui auront conduit leur plantation d'une façon raisonnée retireront la juste rémunération de leur travail. G. VEHXEr,
Diiilômê de l'Ecole nationale d"aL,n'iculturo de Grignon, Gl'iniiste à rinslilut Pasteur ' de Nha-Trang (Anuani).
Suoi-Giao, le 2S avril 1907.
.1111 llNAI. D'AGRlCULTrill' TKUl'lCAI.
Juillet lilOT
Le développement de la Culture du Sisal
L'extension de la culture dans le monde. — lluwaï et l'Australie; les brochures de MM. A.-J. Hoyii
et T. H. Wells. — L'élut actuel de la question et les problèmes à résoudre :
botanique des A^'aves, époque de la floraison et dur«'e de la plante.
Défibraliou ù l'usine et sur le champ.
Par M. r. Main.
INoslecteuis onliniieniaiHnicr qac, depuis quelques mois, les |)ublications relatives à la culluri' des i)lantes à fibres se font de plus en plus nouibieuses. Dans la jiresse mondiale, les articles se mulliplienl, engageant les colons à se tourner vers la culture d'une plante aussi peu exigeante et aussi productive, ou traitant telle ou telle parlicularilT', culturale et botanique; de nombreuses brocbures en tontes langues résument l'élul de la (]uestiou, niellent en garde les colons contre une cxploitalion trop rapide ou tio|) intense, iiidi(|uenl les i>spèces à j)Iantei'. INous avons nous-mèm*^ tenu nos lecteurs au courant des tentatives faites dans certaines régions oîi la culture de l'Agave se pi'ésente sous un aspect 1res dilîérenl des caractéristiques classiques. (Cf. d. d'A. T. » n"69, p. 7i.).
!*]st-ce à dire (|ue la question a l'ait d(> grands progrès et (ju'onris(jue moi us aujourd'hui à entrepreudre de cultiver l'agave? l'as absolument, et si celle culture oll're peut-ôlre moins d'aléas qu'une autre, la plupari des points délicats sont encore à élucider.
Nous avons rapidement analysé dans le n° 70 une brochure publiée en 19(Mi par le bureau de l'Agricullnre de Manille (tj 13.38, pages bleues). L'auteur. !\1. 11. T. Ehwaiuis. s'étendait sur les conditions d'adaptation de la plante aux exigences locales des Pliiiippines, et prenait comme point de dépari le Yucatan, en s'altachanl toutefois plulùl aux défauts qu'il avait pu yconslaler (ju'aux perfectionnements aujourd'hui classiques qui font de cette région le principal producLeur de libres d'agaves du inonde entier.
C'est aujonrd'hui au Queensland que nous
avons à enregistrer l'apparition presque simultanée de di'ux nouvelles brochures : l'une : T/ir Sisa/ Fibrr linliislnj lit Qm-mslaiiil, émane du Deparlmenl of Agriculture and Stock de Brisbane, quia chargé M . .\ . -.1 . ]{ovi) de mellre la chose au point; l'autre : Sisal Culture, a Report on ils possihUities for Qiieenslan'l. est l'œuvre d'un planteur de Farnbro(Childersi, M. T. -II. Wells, qui a rédigé une douzaine de pages pour ses compalriotes avec uni' compétence toute parliculière.
Nou-^ n'avons pas l'iiilenlion tl'analyser complèlemeni ces deux brochures ni de les opposer l'une à l'autre : nous désirons seulement les parcourir pour voir ce qu'elles olfrent de nouveau à latlenlion des planleurs, avant de résumer les quehjues points sur les(|uels nous désireiions voir se porter mainlenani l'allenliiui des spécialisles, et en ilehors de l'élude desipiels Imil travail ne sera guère qu'une répélilirm.
La brochure du Uépartemenl de l'Agriculture semble mettre les planteurs en garde contre un trop grand travail du su! : bien enlendu, un amenblissement trop soigné pou ri'a a mener une augmentai ion du xolume foliacé avec dimiinitinu du |iourcenlage de libres, mais il ne faut pas oulilier (|ue ce li'avail est souvent nécessaire en terrains imperméables, pour éviter la stagnation de l'humidité fatale à l'agave. Ensuite, il nous parait un peu exagéré de comparer cette cuilure avec celle de l'oranger ou de la canne à sucre, la cuilure d'abnrd. la mani- [lulation des produits cnsuiti'. n'ayant rien d'o[)posable. Nous savons ensuite ce qu'il faut penser des sols pauvres pour l'établissement des plantations. De ce <|u'on peut y
Jlillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
faire prospérer l'ogave, il ne faut pas conclure qu'il faut n'y consacrer que les terrains pauvres à l'exclusion de ton s les au très; cetle assertion est d'ailleurs vigoureusement combatlue par.M. ^^'EI.Ls, qui rappelle que diverses [)ersonnalités ont fait bon marché de cette fable. Il se borne quant à lui à émettre cette opinion fort juste que si l'on a de très bons terrains il vaut mieux les réserver à d'autres cultures qui s'accommoderaient mal d'un sol médiocre. Quant à l'âge de la plantation, il nous parait aventuré de conseiller la mise en place k de plants de 0'",30 de hauteur, ceux de 0",.50 à G"', 75 de hauteur étant plus longs à reprendre ». En ce qui nous concerne, nous considérons que 0"',30 représente un maximum à ne pas dépasseï-; nous doutons de la reprise régulièie et certaine de plantes ayant déjà 0"',7o de hauteur, c'est à-dire deux ans dans bien des régions.
L'espacement des plants sur la ligne et des lignes entre elles est donné avec raison comme lié à la fertilité du terrain : c'est une corrélation à laquelle nous voyons rarement donner assez d'importance en pareil cas; mais si les allées sont conseillées de distance en dislance, il n'est pas question de leur principale raison d'être, la lutte contre le feu; il est vrai que cette éventualité sera ■ peut-être moins à craindre au Queensland qu'au Mexique.
La récolte et la défibration donnent lieu à quelques chilfres intéressants, mais les auteurs expriment à leur sujet des idées contestables. C'est ainsi qu'à propos du nombre de feuilles récoltées par jour et par ouvrier, M. Wr:i.i,s nous parait être très audessus delà vérité lorsqu'il parle de 2..JÛ0; avec 1.200, M. Bovd se rapproche du chiffre adopté par l'Afro-American Co, de Voi (Afrique Orientale), qui est peut-être de toutes les exploitations nouvelles celle oi!i les données économiques ont été le plus sérieusement étudiées. Pour le séchage, nous voyons exprimer cette idée que, même après lavage, la libre est encore verdàtre et que la décoloration nécessite un séjour de deux jours à l'ombre, avant exposition au
soleil. Nous croyons que sur ce point les auteurs sont en contradiction formelle avec la plupart des planteurs du Mexique, ([ui sèchent directement au soleil et obtiennent une libre parfaitement blanche; sans aller aussi loin, notre correspondant M. Fasio, dans son usine d'IIussein-Dey, a toujours fait sécher directement au soleil, sans aucun préjudice pour la blancheur de ses libres. Enlin nous avons pu nous-mème dans de nombreux essais faits avec diverses espèces d'agaves, nous convaincre qu'un simple rin(;age à l'eau douce élimine complètement la chlorophylle adhérente aux libres au sortir de la machine et que celles-ci peuvent être mises immédiatement au séchage. Nous avons de nombreux échantillons obtenus de cette façon : aucun ne présente de teinte verdàtre; nous ne l'avons oliservée que sur des libres de sansevières obti'iuies de feuilles ayant déjà deux mois et demi de cueillette : là la teinte a persisté et résiste à tous les lavages.
Nous aimerions enlin avoir la conlirmation de l'opinion de M. Wells au point de vue de l'eau de mer, qui vaudrait l'eau douce pour le lavage des fibres. (]e problème est fort important pour certains pays qui n'ont pas d'eau douce à discrétion, et où l'incertitude du fait est un obstacle au développement de cette culture. Il n'est pas douteux que l'effet immédiat soit le même, mais rien ne dit que la solidité de la fibre ne soit altérée, et sa conservation compromise.
Nous ne suivrons pas plus longtemps Mil. Wells et Bovd dans leurs brochures : les considérations économiques qu'ils énoncent sont d'ordre local et affectent uniquement le continent australien; nous nous bornerons à féliciter M. Wells de l'esprit dans lequel son travail a été conçu, et nous recommanderons la lecture de sa préface à tous ceux qui veulent entreprendre une culture, quelle qu'elle soit, en payschauds. Il y a là une douzaine de lignes qui valent à elles seules le prix élevé de l'opuscule et que tous — les colons français en particulier — auront intérêt à méditer
.loi ll.NAL l».\(.lil(;ri.TLI{i; THOPICALK N" 73 — .Int.i.ix lîtOT
lîevenanl à notre point lie ili-pait cl après avoir niar(|ué les qiiol(|ui>.s piorres ajoutées à l'i'Jilice des connaissances acluelios sur l'agave par ces deux récenles publications, nous nous (ictnanilerons à nouveau où en est actueil(Mnent la ([iie>lion. A vrai dire, il reste i)eu de problèmes eu jeu, mais ils sont d'une très grande iuiportance.
lin premier limi se place ie côté botanii|iie. Depuis la mort du D' ^^'Klt^u, qui était sans contredit lo spécialiste le plus éminent pour ces plantes, personne ou à peu près ne s'est adouné plus particulièrement à la détermination artiue des espèces et vai'iélés, détermination rendue encore plus dillicile pai- la disséminalion extrême de celte l'amille, el accentuée encore par la confusion (|ui résulte du nouibre considérable de nom< \ ulgaires locaux qui b' [)lus souvent devraient èlre Iraduils |iar >• plante à libres » que par tout aulrc nom. .Nous dirons même qu'à cùlt' de l'identilicalion hoianique pure qui peut rester du domaine d'un petit nombre, on constate dans un certain monde des confusions inexcusables.
M. AN'ei.i.s ne donne-t-il pas l'.i. sisa/fiiia comme synonyme de aitirricaii'i, variété de VA. rigi(/a'! In peu plus loin, Alors et Agave sont donnés comme synonymes d'un seul et môme genre. — Nous souliailons que cette longue étuile ienle nu joui' un botaniste : nous en connaissons de fort bien préparés pour cette tàclie : M. |{ivn.ui:, M. lIvrTi:i-iaii.i.K, M. Dicuiict, M. Itoi.AM)- GossKi.iN, poui- ne ciler (jue ceux i|ui nous viennent à l'esprit, auraient là une belle occasion d'occupi'r leurs loisirs... s'ils en ont jamais. Nous venons d'aulre part de recevoir de Calcul la un volume de VAgriciiUural Lcdgrr, la publication bien connue: ce volume, intitulé : Noies on Ar/aee ami Fmcrœain India, est avant bml un Iravail bolani(jue : il est suivi d'un long index di^ noms vulgaires qui sera des plus inléressanls à examiner de près. Au moment où nous écrivons ces lignes nous n'avons eu le temps que d'y jeter un rapide coup d'iuil.
mais nous non-- |)romettons d'\ rrxcinriMi détail.
Au point de vue de la culture on est généralement fixé sur les pratiques à a'l(q)ler : les questions de planlalion, espacement, soins culturaux, terrains, sont bien déterminées et ne laisseraient guère de marge à de savantes recherches, si les Allemands n'av lient ouvert la porte à un nuM\(Mu tb.inip d investigations en i^xposanl les conditions toutes |)arlii-ulières de V(''gétalion dans l'Afrique Orientale. (Cf. « .1. A. T. », n° (59, p. 75). Les éludes de physiologie végétale peuvent se donner libre cours sur ce sujet.
Moins importante au point de vue cultural jiratique, el cela en raison de la facilité de repi-oiluction de l'agave, mais intéressante au point de A'ue absolu, est la duri'e cle la vie de la plante el l'iMlluence de la lloiai^on sur cette dnré(\ Un sait (|u il y a ([uelques années (1893), les jardins de Kew avaient ouvert une enquête sur l'âge d'apparition de la li.impe et l'inlluence de son amputation sur la mort des feuilles. Les résultats oblenns furent à peu près nuls, les observations consignées jiar les correspondants élant insuffisantes td (|iiidquelois contradictoires.
A côté de ces recherches ijui relèvent du l)olanisle et du planteur, se place un inoblème plus important ])eut-êtrc encore el qui est plutôt du ressort de l'ingénieur et de l'économiste; nous voulons parler de la délibration. Non pas que nous voulions revenir sur les machines employées, il y en a qui travaillent parfaitement, bien (|n (dles siiieni de genres très dilTi'rents, mais nous voulons jiarler des condilions économiques de bMir eniplui. Il y a. en clfet, en présence, de grosses machines et de petites qui, à notre avis, ne se font pas concurrence, mais l'emploi de chacune ayant ses avantages et ses inconvénients, il im|>orle souvent de prendre une décisi(3n, el dans ce cas laquelle?
Nous n"enlri'|)rendi'ons pas d'y r('|i"ndie. L'agave, de (juidque espèce (ju'elle soit, est une marchandise encombrante par rapport
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au peu de matière utile qu'elle contient (2 à 4 "/ocn poids). Le transport de toute la feuille à l'usine représente donc le transport d'un poids mort considérable, et, pour l'éviter, les constructeurs de petites machines conseillent l'envoi au milieu du champ exploité de leurs appareils qui travaillent en chantiers et laissant sur le champ toute la pulpe inutile pour ne ramener au magasin que des libres, produit de grande valeur sous un poids restreint. En réalité, cette solution n'est pas sans défauts et certaines personnes ont proposé une solution mixte : dans la relation de son voyage dans l'Afrique Orientale Anglaise, M. R. Sorge en exposait un exemple en détail (Cf. « J. d'A. T. » n° 6-5, p. 323) : broyage des feuilles sur place, transport de feuilles allégées du poids de leur eau et dune partie de leur pulpe. Malheureusement ce procédé, séduisant sur le papier, applicable peut-être dans certaines régions, ne l'est pas partout, et nous connaissons un planteur qui, amené à ce procédé par suite de l'éloignement des plantations, a dû y renoncer presque complètement, les l'euilies à demi desséchées ne reprenant pas même par un trem-
page prolongé, l'élasticité nécessaire à une bonne détibration. La question des peul)lements naturels dépend aussi entièrement de la solution qu'on pourra apporter au problème ci-dessus : et on sait ce que l'attrait de la chose « toute poussée » a déjà coûté à ceux qui s'y sont fait prendre. Actuellement l'usine centrale classique au Yucatan, où des Decauville sillonnent les plantations, tend à être adoptée de plus en plus; mais les partisans des machines réduites n'ont pas encore abandonné la partie : nous pouvons donc considérer encore le problème comme entier^
En lésunié, les données scienlifiques sur la culture et l'exploitation de l'agave ont fait peu de progrès depuis quelques années; seules des données conuues et admises se sont précisées et on a fait justice do quelques erreurs comme celles des terrains pauvres. Mais les grandes questions à résoudre il y a dix ans ne le sont pas encore; celles que nous venons de signaler sont les principales, et l'industrie des libres devra savoir gré à ceux qui consacreront leurs ellorts à les solutionner.
F. Main,
Ingénieur- agronome.
Sur quelques Exportations
de nos Colonies d'Afrique en
Situation dconomique des Colonies franraises pendant l'année 190a. — Ministère des Colonies. Oflice colonial. In-S", 4i4 pp. Pri.x : 3 fr. oO.
(Notice bibliographique )
Séncgal, Haut-Srnpffnl, Niger. — Le commerce à l'exportation présente sur celui de 1904 une diminution de 3 millions 3S6.538 fr. occasionnée uniquement par le peu de rendement de la récolte d'arachides de 1904, laquelle, a laissé beaucoup à désirer tant sous le rapport de la quantité que sous celui de la qualité. A ce premier point de vue les chilfres ci-dessous sont assez significatifs.
Arachides de Rufisque et du Cayor
S6. 126.712 kg. contre 73.027.938 kg. en 1904 avec un décroissement de valeur de 3.024.199 fr.
Arachides de la Petite-Côte 33 .306 899 kg. contre 39.301.672 kg. avec un décroissement de valeur de 3.399.217 fr.
Quelques petits excédents sur les arachides de Galam, de la Casamance et autres ne compensent que dans une mesure insignifiante ces diminutions. La production en elle-même pouvait encore pa-
JOURNAL DAClilcri.TlIU-: TUOPICALK N" 73 — Juillet 19ii7
raître satisfaisante si ili's cirfcjnslami's climatf'i'ifjucs mallii'mi'usi's n'étaient venues en altérer la (juaiité. Les pluies tombées pendant la piemière quinzaine de décembre 1904 ont mouillé la graine en cécos. Celle-ci a fermenté. Des triages ont été ctTectués, et tandis qu'une liaussc aurait dû se produire comme conséquence de In faiblesse du cliillVe de la récolte, l'avarie de la graine a entrnhu' le commerce à abaisser les prix primitivement oirerts à l'indigène; mais ce dernier, favorisé par un sursis accordé par l'Administration pour payer ses impositions et par les engagements contractés entre les iraitanls et les armateurs et usiniers, a |)u attendre et faire dans la suite des livraisons à des prix plus rémunérateurs; de sorte que les ofTres fixées après la pluie, d'abord à 8 ou !) fr., ont atteint vers In lin delà Iraile 17 et 18 fr.
Il n'est pas encore possible (['('Nalner les résultats de la campagne 1905-06.
Tout permet d'inférer qu'au moins dans la qualité elle concurrencera avantag(uisement les produits similaires d'auhes |)ays et les sésames de l'Inde.
La récolte du iiiil a été très abondante en 190î). Une maison du elief-lieu a fait sur JJordeaux un envoi de 7tG I. destiné à renouveler des essais de fabrication d'alcool. De là l'excédent de 68.2aS fr. Il est à souhailer que celle tentative soit couronnée de succès; elle ouvrirait à la colonie une souice de nouveaux déboucbés.
Il convient d'ajouter (jue celle expc-dition a été provoquée par le bon marché du mil qui s'est vendu dans le fleuve o IV. les 100 kg. au plus.
Les gommes dans leur ensemble accusent, quoique avec une diminution de 97.961 fr. sur celles de Galam el du Cayor, une petite plus-value de Ii8..'i29 fr. el de 240.216 kg. Il serait cependant téméraire de conclure à un relèvemenl de la \cnle de ce produit avili sur les marchés d'Europe. Ses cours locaux de 0 fr. 3î) et de 0 fr. 40 ne se sont pas améliorés et son
extracliiiu, malgré l'augnu'nl.ilion signab'e. est de moins en moins rémunératrice.
Il n'en est houieusemenl pas de môme du caoutiliouc, dont les expéditions totales atteignent le chilTre de 1.017.311 kg. valant 4.700.010 fr. avec une augmentation de 15.496 kg. et de 697.745 fr. Encouragé de toutes parts, l'aborigène s'adonne toujours davantage à sa production; guidé il.ins ses travaux, il ajqioi-te sans cesse plus de soins dans l'incision méthodique des lianes et la coagulalion du latex.
Aussi les résultats ont répoinlu à ses elTorls pour le plus grand bien de la réputation d'un article conslituanl liiin; des bases principales de la prospi'rité du Sénégal, du Ilaut-Sénégal et Miger.
La France s'est attribué une bonne |)art dans les excédenis signalés en faveur du caoutebouc. Le relevé ci-dessous conlirnic cette assertion.
Quantité Valeur