‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 86 sur 171 · CAMPEMENTS COMP LETS - MEUBLES COLONIAUX · texte numérisé non relu

CAMPEMENTS COMP LETS - MEUBLES COLONIAUX

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Huitième Année

31 Août 1907

Le camphre de synthèse

Principe de la synthèse. — Procédés en exploitation. — Camplire ù 5 francs le kilog?. Substitution de la naphtaline an camphre dans l'indu-trie du celluloïd. — Conclusion en faveur

du camphre naturel.

Par M. V. Cavla.

La question du camphre intéresse à l'iieure actuelle an plus haut point les planteurs et les industriels. Nous avons déjà en roccasion d'attirer l'attention de nos lecteurs sur les progrès du camphre artificiel. Aussi sommes-nous heureux de pouvoir publier aujourd'hui une mise au point de la question, due à notre collaborateur JI. Cayla, attaché au Laboratoire colonial du Muséum, ipii a bien voulu dépouiller les dossiers du « J. d'A. T. » et les compléter par une minuiieusè enquête personnelle sur la fabrication du camphre de synthèse. M. Cayla consacrera deux autres articles à l'examen du camphre naturel et de l'huile de camphre.

L'élévation du prix du camphre nattu'd depuis quelques années a provoqué Je multiples recherches pour l'obtention d'un produit qui permette aux industries européennes et américaines, surtout à l'industrie du celluloïd, de ne plus dépendre de la production japonaise, monopolisée et d'ailleurs insuffisante. Les résultats obtenus dans cette voie intéressent au plus haut point les producteurs de camphre naturel, puisque l'avenir de leur exploitation serait irrémédiablement compromis parla fabrication de camphre de synthèse. Quels sont les résultats auxquels on est aujourd'hui parvenu?

11 y a déjà longtemps que l'on sait faire, en laboratoire, du camphre de synthèse.

Le premier, Bertuelot en oxydant le bornéol obtint du camphre. Il suffit de traiter ce corps par l'acide nitrique. Le bornéol ou camphre de Bornéo est un alcool de la môme série chimique que le camphre ordinaire; les indigènes de Bor-

néo l'extraient d'une Diplérocarpée , le Dri/obanaljips aromatica Gum'Iii.

Lue svnthèse plus complète fut opérée il y a environ vingt ans par Bouciiardat et Laffoxt : en parlant de l'essence de t(''rébenlliine française, extraite du Piiiwi mai'il'una, ils obtinrent par l'action de l'acide benzoïque un isomère du bornéol qu'ils oxydèrent en camphre. Ils eurent aussi du camphre par l'action de l'acide acétique. En 1888, LiFPONT arriva au mènn^ résultat en opérant sur l'essence de térébenthine américaine, extraite du Piiius aiisfralis.

Le camphre obtenu par ces savants peut remplacer dans ses applications le camphre naturel dont il a toutes les propriétés chimiques. Les divers états isomériques du bornéol qui donnent autant d'isomères du camphre ne difl'èrent entre eux que par leur action sur la lumière polarisée.

Depuis ces découvertes les recherches industrielles paraissent avoir été assez nombreuses. Des entreprises ont été fondées pour tirer parti de certains résultats de ces recherches, pour exploiter industriellement la fabrication ilu camphre de synthèse.

Dans cet ordre d'idées, il faut signaler en première ligne une entreprise américaine, la « Portchester chemical (?.ompany » dont le brevet pris il y a quatre ans suit, dans ses grandes lignes, les principes établis par Laffomt. On fait agir à

■lOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

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lempéralure convenable l'acidi- «ixalique desséché sur Tessence de lérélii-ndiiiic anhydre. L'action qui nous intéresse a lieu sur le pinène de l'essence de térébenthine, térébentlthie ou auslralhic, suivant qu'il s'agit de l'essence française ou auK'ricaine. Le mélange est traité par la ciiaux; on distille pour séparer le bornéol, dissous dans les produits huileux de la n'-action et le camphre, ces deux corps se produisant. Par pression dans un filtrepresse on élimine du camphre l(uili' trace d'iiuile; puis dans des appareils spéciaux le bornéol est oxydé en camphre.

Le rendement était d'après M. Fred.

Coi.LiNs de 2.') à .10"/„ en poids de l'essence de térébenthine employée rH. L'opération durait ([uiiize heures. ICnfin on olilenail en outre divers produits : d'autres terpènes naturels, des huiles essentielles dont certaines d'odeur agréable. Une usine fut installée avec appareils spéciaux pour les diverses phases de la fabrication (2).

Cet aperçu sommaire du procédé montre qu'il s'agit bien aujourd'hui de fabriquer le camphre de même formule chimique que le camphre de Cimiamomum Camplwra C'il'H), et non ce que les chimisles appellent le camphre artificiel ({\\\ est un monoclilorhydrate de térébcnihène = ('."ir'ÎICI.

b autres brevets américains furent pris à peu près en môme temps que celui que nous venons de mentionner. On a aussi signalé le procédé allemand de M. K. Callemberg. l'iniin, tout récemment, on a beaucoup parlé d'un brevet français, qu'une société a entrepris d'exploiter.

Toutes réserves faites pour ce dernier procédé (on ne peut le juger qu'après avoir constaté ses résultats), les quelques indications qui précèdent permettent déjà de dire que la concurrence du camphre de synthèse n'est peut-être pas encore à redouter. Voilà plus de vingt ans qu'on

(1) Voir Fred. Collins; « Scientiûc American », 21 novembre 1903.

(2 Ces appareils sont décrits et figurés dans les documents classés au dossier spécial du « J. d'.\. T. «. où nous renvoyons le lecteur que cette question intéresserait directement.

sait faire cetti- synthèse, voilà jilus de quatre ans qu'une usine a l'dé outillée pour fabriquer du camphre, et le prix de celle matière a plus (jue triplé. C'est la preuve que le produit arliliciel n'a pas eu d'iulluence sur le marché.

Cela tient sans doute à ce (jue l'on n'est pas arrivé à rendre économiques les procédés dont la découverte est déjà ancienne. L'obtention du camphre synthétique. le prix de !a fabrication restant constant. dépfMid du prix de la matière première et de celui des sous-produits obtenus. Dans tous les procédés connus, la matière première est l'essence de térébenthine et les sous-produits utilisables ont des débouchés analogues. Or. l'essence de térébenthine vaut de I fr. à 1 fr. 'W le kg., ce qui permettrai!, paraît-il, ilnlilenir le camphre ii •") francs le kg. ]\lais comnu» nous l'avons vu le rendement maximum eu camphre est à peine un tieis en poids de lessencc utilisi'e. La protluction d'essence de térébenlhine pourra-t-elle suflire, sans augmentation de prix, à cet accroissement de consommation? C'est très douteux, et plus on voudra fabriquer de camphre, plus le prix de la inalière première augmentera. Quant aux sous-produits, les seuls intéressants sont des substances odorantes dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici. substances utilisées dans l'industrie des parfums. Leur valeur est à considérer, mais il n'en est consommé que des quantités restreintes.

De sorte que dans l'état actuel de la quesiion. plus on fabi'ique de cam])lire synthétique, plus d'une part on doit faire augmenter li \,i|eiir de la matière première et plus d'autri' part on doit avilir la valeur des sous-produits. La conséquence est qu'une industrie produisant normalement ne SI iiible pas pouvoir maintenir le prix de revient (jui avait été. fixé par des essais sur de petites masses de substance. Voilà les raisons poni- lesquelles beaucoup de chimistes considèrent que le camphre naturel a encore de beaux jours devant lui et que ce n'est pas encore

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le moment, comme d'aucuns l'ont dit, d'abattre les camphriers pour planter des pins producteurs d'essence de térébenthine. Une découverte autrement grave pour les producteurs de camplire naturel serait celle qui a été dernièrement signalée (1). On serait parvenu à remplacer le camphre par la naphtaline et par divers autres corps dans la fabrication du celluloïd. Le celluloïd à la naphtaline, en particulier, aurait les mêmes propriétés que le •celluloïd au camphre. Si cette découverte se confirme, elle serait de nature à porter au

camphre, tant synthétique que naturel, un préjudice énorme, la nopiilalinc ayant une marg(' assez considérable à franchir pour arriver à égaler les prix actuels du camphre.

En somme, réserves faites pour le procédé de la nouvelle société française, on peut dire que le camphre synthélique n'a pas encore fait ses preuves et que là où hier on trouvait intérêt à produire du camphre naturel cet intérêt subsiste aujourd'hui. V. Cayla,

Ingénieur agronome.

Conditions particulières

de la culture du Cocotier dans l'Inde

Par M. Paul des Grottes.

L'excellent article que M. Fauchère a consacré dans le n" 69 à la culture du Cocotier nous i'ournit l'occasion depuis longtemps désirée de revenir, dans le « J. d'A. T. », sur un préjugé au sujet du Cocotier, préjugé qui jusqu'ici paraissait définitivement acquis et dans lequel du resle M. Fauchère tombe lui-même dans le cours de son article.

11 pourrait être foi mule par les termes mêmes de l'auleur que nous citons pour plus de clarté :

« Il (le Cocotier) ne s'éloigne januiis de la mer et l'influence de celle-ci parait jouer un rôle considérable sur son développement.

« iNulle part, croyons-nous, il ne s'avance loin dans les teires. »

La zone maritime est-elle donc indispensable à une culture rémunératiice du Cocotier?

Voilà la question que nous tâcherons d'éclaircir dans cet article.

Nous commençons par reconnaître fort aisément que si elle n'est pas paitout indispensable à une culture avantageuse

(1) ■. Il-vue des Malière^ coloruntes », mai 1901.

de ce Palmier, comme la suite nous le prouvera, cette zone lui est inconlestablement la plus favorable.

Le Cocotier, en effet, aime tellement le voisinage de la mer, qu'il prospère même sur le sable aride de ses rivages, le jiied souvent baigné par les lames, et que les venls chargés d'embruns qui rabougrissent et dessèchent toute véiiélalion sur les bords de l'Océan ne lui causent aucun dommage bien sensible.

L'Inde réserve des surprises étonnantes à tous ceux qu'intéresse la science dans toute son étendue, et il n'est pas rare que les convictions assises y puissent trouver de flagrantes contradictions.

Voilà, justement, ce qui se passe au sujet de la question qui nous occupe, la culture du Cocotier dans l'Inde, et tandis que partout ailleurs il reste bien établi que ce Palmier ne saurait bien venir au delà de la zone maritime, ici il est dans toute sa productivité à des distances incroyables de la mer.

Mais, reconnaissons-le d'abord, il ne vient bien, dans ces conditions, que dans l'alluvion qu'a formée jadis ou qu'avoisine maintenant le cours des rivières.

JULK.NM. I).\(.lllCLl.TLItl'; iUui'ic.M.n:

N" 71 — AoiT lOO:

Aussi peut-on dire qii(> la ()lii|'arl des rivières de l'Inde sont pins ou moins bordées de ce l'iilmicr. Dons le disliiel de .Madura, parliculièrcmont. un en trouve le long lie loutes les rivières et à des distances considérables de la mer.

Du resle, l'Encyclopédie Drilanuique le reconnaissait elle-môme et nous apprend que le Cocotier prospère en nombre sur le bord de la mer et le long des rivières de celte contrée : " Groves of palmyra and Coco-nut palms ilourish along tlie seacoast and river banks. »

Les villes de ïrichinopoly sur le Cavery et Madura sur le Vaigay sont toutes deux peuplées de Cocotiers : Madura est cependant h 100 kilomètres et ïricliinopoly à j.io kilomètres à vol d'oiseau de la côte la plus rapprochée.

Le collège de Tricliinopoly, dirigé [lar des Jésuites français, possède des bosquets de Cocotiers dont les fruits sont remarquables |)ar leur excellence à tous égards.

A Péiiaconluin, situé aux pieds des « Palni-Llills » et à \IW kilomètres au moins de la côte la plus rapprochée, nous avons pu savourer |ilusieurs fois d'excellents cocos eui'illis sous nos yeux.

Enfin, dans une excursion sur les bords de la Karia, aux pieds des monts Cardamomes, l'auteur de ces lignes se trouvant dans un lieu d'une insalubrité notoire du fait du paludisme a pu, pendant huit jours, se [)asser d'eau ordinaire pour boire en faisant exclusivement usage de l'eau de coco, et, soit dit en passant, en faveur d'une boisson si hygiénicjue el qu'on ne saurait trop recommander, il attribue à cet usage d'ôtre resté parfaitement indemne de la lièvre malgré des imprudences qui auraient dû normalement la déterminer chez lui.

L'endroit est situé à plus de OO kilomètres en ligne droite de la mer et séparé de celle ci par l'épaisse et haute muraille des monts Cardamomes qui, cette fois, isole à tous égards les Cocotiers en (juestion de l'intluence maritime.

L'altitude de tous ces lieux n'atteint pas

300 mètres au-dessus de la mer et, il faut le reconnaître aussi, le Cocotier n'y vient bien que dans la zone d'ail uvion formée par les livières.

A Tricliinopoly, par exemple, la ligne de déliniitaliou de la culture du Cocotier est comme tirée au cordeau par ra|)port l'i l'alluviqn qui s'étend sur les deux rives du Cavery. En deçà de celle ligne et en côté de la rivière des Cocotiers superbes, au delà une végétation rabougrie et misérable. Faut-il faire entrer ici en ligne de compte, pour éclairer la question, les origines et la constitution géologique de ces lieux?

Il est constant qu'aux âges préhistoriques de la période crétacée, la mer occupait Trichinopoly et le pays environnant dans un grand rayon, comme en font foi les dépôts calcaires d Oriur, les ammonites d'Aryalur et les .nombreux gisements de coquillages fossiles d'origine exclusivement marine, tels que cyprea, murex, etc, qui font la richesse des musées (le l'Inde.

.V Trichinoiiuly, comme à Madura et ailleurs, la roche du sous-sol est un gneiss continu qui altleure parfois la surface ilu sol lequel est foiiné par la latérite.

Partout la nappe d'eau du sous-sol s'étend à une profondeur qui varie suivant les lieux, et l'on n remarqué que la végétalion des Cocotiers (jui croissent dans ce milieu est en raison directe de la proximité de cette najqie d'eau.

Au collège de ïrichinopoly où la nappe n'(>st qu'à 1 mètri^ de prolondeur les Cocotiers sont les plus beaux elles plus productifs de la région.

L'eau du sous-sol est généralement salée, au salpêti'e surtout, avec présence de sel ordinaire, mais pas en telle (|uantité cependant qu'on ne puisse la boire.

Ces indications pourront-elles ouvrir la voie à de plus avisés que nous pour faire rentrer la question dans la Ihèse générale.' Nous le souhaitons.

(Juoi qu'il en soit le lait é lait assez remar- ([uable pour mériter d'être mentionné ici.

Août 1907

Mais que penser de ce qui nous vient en la mer et au delà du 23° de latitude nord.

dernier renseignement de source sérieuse La chose, comme on le voit, parait si

et d'après lequel on rencontre encore le extraordinaire qu'elle demande, pour èlre

Cocotier le long des rives du Gange jusqu'à confirmée ici, de plus amples informations.

Bénarès et même au delà et plus au nord"? I'.vli- des Guottes.

Bénarès est à plus de 300 kilomèlres de DindiguH, 3 jniu 1907.

Les Travaux de la " British Cotton Growing Association "

dans l'Afrique occidentale

Par M. Emile Baillaud.

Notre collaborateur, M. Emile B.41ll.\ud a profilé de soQ dernier si^jour en Afrique occidentale, où i' étudiait particulièrement l'organisation des colonies anglaises, pour se livrer à un examen approfondi de l'œuvre de la B. C. G. Association, qui développait une activité intehse au moment où tous les pays européens tournaient leurs regards vers l'Afrique, pour échapper au péril possible de l'Amérique, seul producteur de coton. L'histoire de ces elTorts est un enseignement qu'il est bon de mettre sous les yeux de ceux qui ne peuvent afîecter aune entreprise coloniale les mêmes capitaux que les industriels anglais étaient prêts à y sacrifier. Dans la note que nous publions ci-dessous, M. E. Baillaud a extrait de la brochure (1) dans laquelle il a résumé les conclusions économiques de sa mission les points qui pouvaient intéresser nos lecteurs au point de vue dont nous parlons. Il les a complétés par les renseignements que donnent les derniers rapports de la B. C. G. A. — N. D. L. R.

Après avoir rappelé comment les commerçants et les industriels de Liverpool et de Manchester avaient espéré de très bonne foi, lorsqu'ils fondèrent la British Cotton Growing Association, qu'ils pourraient, après cinq ans d'elîorts préparatoires, alimenter le Lancashire avecle coton provenant de rOuestafricain, notre collaborateur entre dans le détail de ces efforts.

Après quelques essais en Gambie, l'Association s'aperçut que la culture des arachides rapportait aux indigènes plus que celle du coton, et on renonça aux achats dans ce pays; à Sieira-Leone. après avoir

ili Emile B.^illaud : « La Situation économique dans l'Afrique occidentale ». Challamel, Paris, 1907.

installé une ginnerie pouvant traiter 6.000 balles par an, elle constata, comme il n'était pas difficile de le supposer, étant donné le climat, que les quantités qu'on pouvait acheter aux indigènes n'avaient aucun rapport avec cette capacité, et elle vient de décider d'arrêter ses opérations dans cette colonie ; à la Gold Coast, elle s'est surtout bornée jusqu'ici à seconder l'impulsion scientifique du gouvernement.

C'est à Lagos que les clTorts furent réellement efficaces.

Il est vrai de dire que l'on avait tiré de ce pays des quantités assez notables de colon dans les années où le prix de ce textile le faisait rechercher de tous côtés. C'est ainsi qu'en 1869 il en fut exporté une quantité que nous ne connaissons pas, mais dont la valeur est évaluée dans les statistiques officielles à 923.945 francs. Celle production fut très irrégulière. En 1872, elle était tombée à 406.223 francs; en 1872, elle était revenue à 1.290.430 fr., mais })our diminuer peu à peu jusqu'à 310.393 francs en 1877. Eu 1880, elle avait complètement cessé. En 1885, elle était de 129.665 kg estimés 144.900 francs. Elle se maintint ainsi entre 100 et 200 tonnes jusque vers 1882. Elle disparut en 1896 jusqu'au moment oîi commença la campagne menée par laB. C. G. A.

Celle-ci installa résolument dès le début des usines à vapeur de dccorticalion à Abeokuta et à Ibadan. De la sorte, le coton

1\ — AoiT 1!I07

iip|ioil(' par les indig^aes put être immi'-iliatement évacué et ceux-ci purent voir qu'il y avait bien une reprise de l'ancien commerce. Le colon était autrefois d<'Cortiqué à la main pai' le^; noirs ou à l'aide de petits gins plaiM's dans quelques-unes des l'acloreries. Le progrès accompli était considérable.

Le prix fixé pour les achats i'ul d'un penny la livre de coton non décortiqué. On jugea (|ue ce prix serait suffisamment rémunérateur pour les indigènes, mais il arriva tout d'abord (|ue les producteurs ne toucliêreiit pas intégralement celle somme. D'une manière générale, ils se refusèrent en elfet à apporter leur colon aux ginneries ou aux stations d'essai de l'Association. Ils se bornèrent à se rendre aux petits marchés ([u'ilsavaien 11 habitude de fréquenter. Dan s les maisons de commerce européennes les traitants noirs orgaiiisèi-enl tout un service d'iiilerniédiaircs. cl l'un jioiivait se drniander, au piiiiletups litO.ï, si les indigènes n'allaient |ias ab;uid(innei- cette culture peu rémunéralive, iors(|ui' le dislingué it'sident d'ibadan, le capitaine Iù.gek eut le dévouement de se rendr(> dans tous les villages de son district, muni d'une balance, de façon à nionlrcr aux noirs ce qu'i'lail une livre et quelle était la quantité de coton dont ils obiieudraicnt un penny s'ils se rendaient auprès des acheteurs de l'Association. La campagne a repi-is de ce fait tout son essor.

Le gouvernement déciila de piolonger le chemin de fer jusqu'à lUorin. et il est certain qu'il sera ensuite poussé jusqu'au Niger. Une série de routes vont être construites pour II' desservir, de Lalupon Station à Ikire, d'Olja Station à Ofa Igbo, d'Ulupuno Slalion à Ciliangan et de celle môme station à Iwo.

Une roule d'ihadan à Oyo, la capitale du "Voruba, vient tl'èlre terminée et le gouvernement essaie d'y organiser un service de transport par automobiles.

L'.\s=ociation a créé de nouveaux centres de décoilication cl disposera des moyens suivants :

nallr-s

Ginnery Churchill, h .\bcolcula, quatre gins h alimcntali<in pneiimntique et presse hydraulique, capacité 4.800

• '■innery Marlborough, Ibadan, cinq gins à alimentation pneumatique et presse hydraulique, capacité C.OOO

Eruwa Road, trois gins, capacilt"' 2.000

Iwo, Iroia gins, capacité 2.000

Oyo, tro s gins, capacité 2.000

Mcko, décorlication à main, capacili' ÎOO

n.ooo

Tous ces elTorls ont porté' leurs fruits. Lrs quantités de coton dé'coi'licjin'- l'xportées du Lagos ont été ju<qii'i(i les suivantes :

1!IÛ2 f, tonnes.

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