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190f. l.OM) —
On estime que la production de la saisou lî)0(i-l!ll(7 déi>asseia I2.ll(lll balb-s de 101) livres soit ■2.2Wi tonnes.
Si l'on esl encore loin des résultats annoncés dans les premiers discours, ceux (jui ont été cditenus n'en sont pas moins très remarquables, si l'on songe à la manière dont se pose la question cotonnière en .Afrique occidentale, et l'activité déployée esl digne des plus grands éloges.
L'Association a heureusement pu dépenser sans compter, jiour ainsi dire, depuis 1901 . idii'- de >ix niilliuns de francs. N'avaient été ses ressources considérables, les sommes gaspillées dans des pays où un examen tant soit peu sérieux des conditions de l'agricullure aurait montré qu(^ loutitentative était iinitile, ;iur.iieul pu ton! faire avorter.
\\\ fdud, lin uKiinentque l'Association a pu continuer ses travaux, la seule chose que l'on pouvait ùtre lenlé de lui reprocher jusqu'ici, c'est de ne s'être pas suflisamnienl préoccupée de déterminer la nature du développement ([ue pouvait prendre cette exploitation du colon en .\frique occidentale.
Sans doute, ell(> peut soutenir que le meilleur moyen de montrer (jue l'Afrique occidenlale peut fuurnii'du coton, c'est de
N° 74 — Août 1907
s'y en procurer des quantités de plus en plus grandes, comme elle Ta fait à Lagos, mais cela ne résoud pas toutes les questions.
Dans son dernier rapport, l'Association reconnaît ([ue le coton de Lagos laisse beaucoup à désirer au point de vue de la qualité et que, s'il est de bonne longueui', de plus d'un pouce, et excessivement solide, ses libres sont rudes et grossières et trop colorées. Il faut les améliorer.
Ce qu'il y a de grave, c'est qu'elle a fait dans ce but une tentative dans laquelle elle a dépensé beaucoup d'argent et qu'il s'en est fallu du peu que cela fasse échouer tous ses olTorts à Lagos.
En 1904, voyant qu'elle avait quelque peine à se procurer les quantités de colon qu'elle avait promises à ses membres en l'.HJ2, elle pensa qu'elle pourrait y arriver en créant do grandes plantations.
Partant de ce principe, elle obtint à Ibadan une concession de o.OOO acres (2.000 hectares), qui furent défrichés en ne respectant que les palmiers à huile. Des graines américaines furent ensemencées, elles ne donnèrent que de piètres résultats, et on n'en conclut pas moins qu'il n'y avait plus qu'à distribuer des graines analogues pour obtenir les plus belles récoltes. Les indigènes lieureusement ne se laissèrent pas convaincre. La lî. C. G. A. mieux conseillée s'inspira des travaux préliminaires consciencieux de l'Association Cotonnière Coloniale Française et du Kolonial Wirthschaftliches Komitee, changea une partie de son personnel qui avait une compétence insuffisante, et eut le courage de tout re-
prendre depuis le commencement. Elle se borna à pratiquer une sélection dans les graines qui provenaient de ses ginneries, et ne rendit aux indigènes que les meilleures. Elle fit un nouvel effort financier, augmenta comme nous l'avons montré ses moyens d'achat et de décortication, et la production ne subit point cet arrêt que l'on avait pu redouter un moment.
11 n'en demeure pas moins qu'il reste à améliorer la qualité du colon cultivé à Lagos et, surtout, à rechercher les moyens qui peuvent augmenter la faculté de production des indigènes.
Ce que l'Europe désire, ce n'est pas quelques milliers de tonnes. La B. C. G. A. a fini par comprendre que ce n'était pas en quatre ou cinq ans qu'elle pourrait alimenter le Lancashire, et ses membres apprécient, à jusle titre, les résultats auxquels elle est arrivée à Lagos. Elle commettrait cependant une erreur aussi grave que la première si elle s'attardait longtemps à l'espérance que des procédés commerciaux suffiront à lui faite atteindre le but qu'elle recherche.
Les questions ([ui restent à résoudre sont en elTet encore des plus complexes. Nous les examinerons rapidement dans un prochain article, en même temps que nous résumerons les conclusions auxquelles ont permis d'arriver les expériences que la 15. C. G. A. vient d'entreprendre, cette fois de la manière la plus scientifique, dans les stations d'essais qu'elle a créérs sur les rives dn Bas-Niger.
ElIILE Baii.laud.
Les Insectes et l'Agriculture aux îles Hawaii
Etude scieutilique des parasites des insectes nuisibles. — Leur propagation. — Diflusion des parasites
des plantes nuisibles.
Par M. Paul Marchai..
Les îles Hawaii présentent un sol et un ou subtropicales. Au début de la colonisaclimat des plus favorables pour la culture tion américaine, elles ne possédaient guère d'un grand nombre de plantes tropicales comme plantes de quelque importance
JOURNAL DAGRICUMntK TUOPICALK
N= 7i — AoiT l!t(n
dconomiquo (\uc 1p Taro et le Cocotior; mais peu à peu une énorme quantité de végétaux utiles, provenant de toutes les parties du monde, ont été acclimatés dans celle riche contrée et, avec eux aussi, ont été malheureusement importés un grand nombre d'ennemis nalurels, au premier rang desquels ligurent des Cochenilles et des Pucerons appartenant à des espèces aussi nombreuses que variées.
Aussi existe-t-il peu de pays oii la lutte contre les insectes nuisibles ait été organisée d'une façon aussi active qu'aux iles Hawaii.
En 1903, la Division d'Entomologie du State Board d'Agriculture et des Forêts fut entièrement réorganisée et M. Ko;niii.K, ayant sous ses ordres toute une phalange d'entomologistes et de praticiens, fut chargé de sa direction (1). En outre, en 1904, l'Association Hawaiienne des Planleurs de Cannes à sucre annexa une seclion entomologique à sa station expérimenlale. Toutes les méthodes employées aux États-Unis contre les ennemis des cultures sont appliquées aux iles Hawaii; mais il eu est une qui s'y trouve particulièrement en vogue, c'est celle qui consiste à combattre les Insectes nuisibles par leurs parasites naturels. H convient de dire d'ailleurs que la faveur dont jouit cette méthode auprès des Hawaiiens est entièrement jusliliéc. Car il n'est pas de pays où l'acclimatation d'espèces auxiliaires exotiques puisse être tentée avec plus de chances do succès que dans cet archipel. Presque toutes les cultures y sont en ellet d'origine étrangère : il y a, par suite, de grandes chances pour que les espèces nuisibles qui les ravagent soient également exotiques et pour que tous les parasites qui vivent à leurs dépens n'aient pas été simulianément importés.
("est pour rétablir Téquilibre naturel
(1) Aclucllement, In Division d'Entomologie est consUluéc lie la façon suivante :
Alex. Chaw, Superintendent et Inspecteur; A. Koe- BELE. Entomolopiste consultant; J. Kotinsky. Enloiuologiste assistant; G. A. Jukun. Assistant do l'Inspecteur; lî. M. Newell, Inspecteur entomologiste à Hilo.
rompu aux dépens de l'Agriculture, (juc le Service entomologique des iles Hawaii consacre une grande partie de son activité à importer des parasites et des prédateurs exotiques, et que des missions spéciales en Amérique, en Australie et aux iles Fidji ont été organisées par le Gouvernement du territoire pour se procurer ces utiles auxiliaires. Parmi les plus précieux sont les Coccinelles, en particulier le .Vol'iiis cardina/is, qui, aux îles Hawaii comme en Californie, a eu raison en peu de temps de VIcrrija Purchasi, l'un des plus redoutables fléaux des Orangers. Il importe encore de citer le Cn/ptoUetniis Monhoiizieri, d'origine australienne comme le précédent et apparlenaul également ;i la rinuille des Coccinelles; il s'est n;ilin alise avec la rapidité la plus grande et rend de remar- (juables services contre les Cochenilles blanches et contre le Pulvinaria psidii, l'un des plus sérieux ennemis du Caféier cl du Goyavier.
Les Insectes ont été employés aux iles Hawaii, non seuleniont |Hiur combattre leurs congénères, mais encore contre les [liantes nuisibles : Le Lanlana est un arbuste du Mexique qui a été accidentellement introduit aux îles Hawaii et qui y est devenu un fléau redoutable. Les naturalistes qui s'occupèrent de la question eurent alors l'idée de rechercher au Mexique les insectes vivant aux dépens du Lunhnm et de les introduire aux iles Hawaii. Le travail était considérable et exigeait une grande com|)éi(>nce de la pari de ceux qui l'entreprenaient. Il fallait, en effet, choisir parmi les ennemis du Lanlana, ne prendre que ceux qui étaient spécialisés sur cette plante cl éliminer avec le plus grand soin tous ceux (]ui étaient susceptibles d'attaquer des plantes utiles (1). 11 importait entre autre de veiller de la façon la plus attentive à ce que les parasites vivant aux dépens de l'insecte phy-
1) L'ne Coclienille. VOrthezia insignis. qui vit non seulement sur le Lanlana. mais peut encore s'attaquer à des plantes utiles, a été ainsi nialenconlreusement importée au.x iles Hawaii par une association de planteurs.