‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 91 sur 171 · A. HT · texte numérisé non relu

A. HT

Prix payés pour les bananes au Surinam et à la Jamaïque.

L" « Argosy ■' do Demcrara aniioiuf (lu'un conlrat a été passé entre le gouvernemonl de la Guyane hollandaise et l'Uniled Fruit Company pour régler le mode d'achat el de transport dos bananes.

l'ar co contrat, les planteurs de la Colonie s'engagent à planter 2.470 acres en liananiers el de porter cotte étendue dans l'espace de trois ans au moins à 7.410 acres (environ 3.600 hectares). La Compagnie s'engage de son côté à expédier un sloamer par 20.000 régimes produits. Au déinil le service aura lieu tous les quinze jours: Idisque la quantité de fruits auguioulora le-, bateaux toucheront tous les huit jours.

Pendant les mois compris entre mars et décembre, les régimes de 9 mains sci-ont payés 35 cents, et ceux do 8 mains 23 cents. Pondant le reste de l'année les prix seront ramenés à 20 et 13 cenls; au bout de deux ans ces prix seront légèrement rabaissés.

L'United Fruit Company a passé avec les jthinteurs de la Jamaïque des contrats analogues aux termes desquels ces planteurs doivent lui l'ournir des régimes do bananes pour les prix suivants par cent régimes :

Janvier £ 6; février £ 7. 10 s; mars £ 10; avril et mai £ 12. 10 s; juin e il. 10 s; juillet £ 7. 10 s; août £ îi. 10 s; octobre et novembre £ 6. os; décembre £ •;. 10 s.

Ces prix s'entendent pour des régimes avant 9 mains au plus. Un régime de 8 [uains compte pour 3/4 de régime, de 7 mains pour 1/2, de 6 mains pour t/4.

Les bananes se sont vendues du reste pendant ces deux dernières années beaucoup moins cher, et il est peu probable que les contrats soient renouvelés sur les bases que nous avons indiquées.

En somme, les prix payés par l'Uniled l'ruit Company ne dépassent guère 1 fr. oO pour les beaux régimes. Le temps est loin où les planteurs pouvaient en retirer 4 à l) francs.

D'après un planteur cité par 1" « Argosy »,

b' nomiu'e de bananiers plantés dans un acre à la Jamaïque serait on moyenne de 300. Dans les bonnes terres la moyenne (le la récolte est de 270 régimes par an, dont environ 160 sont de 9 mains et audessus, 70 de 8 mains el 4(t île 7 mains.

Pavage en caoutchouc.

(Exlrail du volume sur l'Exposition de Caoutchouc àCeyhin. I.e calcul Ae M. CARUDTHKns.)

D'après M. J.-IL Caurctuf.rs, directeur de l'Agriculture des Federated Malay States, l'idée d'utiliser, pour le pavage des rues, dos blocs de caoutchouc ou d'agglomérés à base de caoutchouc, ne serait pas nouvelle. Le premier essai remonte îi 1881 ; à cette époque, la voûte de la gare d'Fuston, ti Londres, fut pavée en blocs de 5 centimètres d'épaisseur qui. relevés en 1902. ne montrèrent qu'une usure de 1o millimètres aux endroits les plus usés. Mien eiitemiu, il ne s'agit pas de caoutchouc pur, mais d'un aggloméré qui, en l'espèce, ne contient guère que 10 "/„ de caoutchouc pur.

D'après les estimation- laites, ce pavage revient sensiblement trois fois plus cher que le pavage en bois, mais alors que celui-ci dure en moyenne quatre ans, le pavage en caoutchouc on dure vingt ; on voit donc qu'en lin do oompto, il est beaucoup nioilleui' luarclu'.

M. CAUianiiKus oslimo que les producteurs devraient taire dos démarches pour obtenir cjuc des essais soient faits dans les grandes villes, en raison de l'extension énorme que donnerait à la culture dos arbres à caoutchouc co nouveau débouché. En elïot, une estinialinii !rè< apjiroximativo indiiiue que la rolecliou dos rues do Londres en pavés couti'uant Uf/ode caoutchouc pur seulcmoiil. ni'.ossiterait presque une quantité de caoulcliiuic oorrespondanl à la consommation nioudi^ile acluello d'une année. — F. M.

— Aon- 1907

Procédés d'utilisation des déjections animales dans les pays chauds

Tous ceux qui Diit pruliqué l'agiiculture sous les tropiques savent combien la fabrication du fumier de ferme est entourée de difficultés dans ces pays; difficultés de conserver les animaux à l'étable, de les y alimenter, de se procurer une bonne litière et de conserver ensuite le fumier obtenu à grand'peine, notamment à cause des termites. Dans certaines régions, le problème paraît presque insoluble pour de grandes exploitations.

Il est donc intéressant de noter deux procédés qu'indique M. P. V. Subbiah.

directeur de l'Ecole d'Agriculture deCawnpore, aux Indes anglaises (1).

Le premier, le « Box System », consiste à n'enlever le fumier de l'étable que très rarement. On creuse le sol ù une profondeur d'environ 1 mètre et l'on tapisse les parois avec de l'argile. Une légère litière d'berbe de brousse est placée sur le sol tous les matins lorsque les animaux sont sortis pour le travail ou le pâturage. Les parties de litières qui ont été humectées d'urine sont mélangées au reste, et une couche d'herbe propre pesant environ 2 ou 3 kg. par paire de bœufs est répandue sur la surface. On agit ainsi pendant six à huit mois et, lorsque la fosse est pleine, elle est remplie d'un fumier en excellent état.

Ce système, quelquefois usité dans certains pays d'Europe, est employé depuis vingt-deux ans à la ferme-école de Saidapot (Madras), ainsi qu'à celle de Cawnpore, et le bétail n'en a ressenti aucune gêne.

Un procédé différent peut être usité lorsqu'on n'a pas du tout de litière à sa disposition.

On dame le sol de la case qui abrite le bétail, de manière à rendre ce sol uni et compact. On lui donne une légère pente et dans le bas on établit une rigole qui aboutit à un réservoir à purin. Tous

(1) " Dillerent System of liousing cattle and conserving manure ». Allahabad, 1901, 8 pages, 3 d.

les matins, le gardien enlève la bouse, racle la partie humide du sol et répand à la place de la terre sèche, à la dose d'environ 3 kg. par paire de bœufs. L'urine qui se trouve dans le réservoir et la terre que l'on a ainsi recueillie sont mélangés dans une fosse avec ou sans la bouse.

Pendant la saison des pluies, il est nécessaire d'avoir une provision de terre sèche.

Cette méthode a été employée pendant quatre ans à la station d'essai de Cawnpore avec un plein succès, et le D'' Lether a trouvé que la terre qui no contenait primitivementque 0,0.31 d'azote, en contenait, après avoir ainsi été humectée d'urine et sans avoir été mêlée à la bouse de vache, 0,39.^.

On peut récolter sous une case abritant une paire de bœufs de labour environ 2.000 à 2.500 kg. de terre représentant environ de 4 à S kg. d'azote.

Cette façon de préparer le terreau a le grand avantage de ne pas attirer les termites sur les terrains ensemencés.

L'Automobilisme et rAgriculture.

Notre confrère « Le Poids lourd », revue mensuelle d'automobilisme industriel, a publié dans son numéro de mars 1907 une longue étude de M. P. Souvestre sur les applications de l'automobilisme à l'agriculture. Le sujet est d'actualité. Nombre de nos lecteurs nous ont déjà entretenus de cette question, et dans bien des régions où la main-d'œuvre fait défaut, plus encore aux colonies qu'en Europe, l'automobile est appelée à régner dans un délai assez rapproché. Sans parler des transports automobiles (il en existe au Congo), l'agriculture proprement dite peut trouver dans le moteur un auxiliaire précieux pour les travaux des champs. Notre confrère s'attache particulièrement à ceux-ci et décrit à peu près toutes les machines dignes d'être mentionnées. A vrai dire, car nous avons vu fonctionner une grande partie de ces machines, aucune n'a donné de résultats vrai-

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