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SEPTEMBRE

Le caoutchouc de Quayule

État présent de l'exploitalion du Guayule au Mexique. — Caractères végétatifs de la plante. Parthenium argeiUattmi et P. incamtm. — liendemeut eu caoutcliouc. — Sociétés d'exploitation.

Procédés d'extraction. — Chifîres de production et d'exportation. LIBRAR'

Valeur commerciale du Guayule. — Culture. . NEW YOl-

BOTANIC.

Par M. 0. Labroy. qardejn

Le (( .1. d'Â. T. » a publié en son temps (n° 54, décembre 1903) le résumé d'un mémoire du D' R. Endlich (1) sur le nouveau caoutchouc mexicain extrait du Parthenium argenlatutn. Le Guayule, qui n'élait alors qu'un produit peu important et médiocrement apprécié des indusli'iels, s'est inscrit, depuis, pour un chillre assez élevé sur les marchés de New- York et de Ilamliourg, oîi il est maintenant coté comme un caoutchouc à peu près moyen, au même titre que ceux d'autres provenances.

Un dossier assez complet réuni sur la question va nous permetire de présenter aux lecteurs du Journal les progrès réalisés par l'industrie récemment implantée dans les Etats septentrionaux du Mexique. Au nombre des documents les plus intéressants parus sur la question, il convient de signaler l'article du ÏV Endlicii, contenu dans le « Tropenpflanzer » de juillet 1907; cet article, accompagné de 4 figures de la plante dans ses stations naturelles, fait suite à l'enquête entreprise par l'auteur en 1903.

Nous préciserons d'abord quelques caract5res végétatifs du Guayule ayant un rapport direct avec son exploitation et sa cultîiture.

O} La plante afl'ecte spécialement les pentes j>au pied des collines et des montagnes ainsi

que les plateaux à une altitude comprise entre 901) et 2.000 mètres. Son développe ment, variable avec l'âge et le milieu, est en moyenne de GO centimètres de hauteur. Le plus l'ort exemplaire rencontré par ^1. E.NDLicH dans la, Sierra de Hamirez (Coahuila) mesurait 1°,3G de hauteur, 21) centimètres de circonférence de tige à 23 centimètres au-dessus du sol et pesait 6 kg. 300 à la récolle.

Le Guayule est d'un développement peu rapide si l'on considère que les plantes îictuellement exploitées sont âgées de dix à trente ans. !\L Ad. ilAiix, directeur de la « Compania Exploladora de Gaucho mexicauo », fournit sur ce point quelques détails intéressants (1). « La première année, la plante n'atteint guère que IS centimètres de hauteur, avec une lige très grêle; elle donne cependant des fleurs et des graines à partir de cette époque, mais ne pourra être exploitée avantageusement que dans sa huitième année. Le Guayule ne luontre pas trace de caoutchouc avant sa troisième année, et son rendement reste encore faible jusqu'à la huitième année. »

b'aulre part (2), JL P. Olsson-Seffer, le distingué directeur do la Station botanique et du laboratoire de Zacualpa (Mexique), a observé que les plantes de trois ou quatre

(1) Il TropenpDanzer «, mai 190j.

(1) <i Bulletin of Miscell. Informalion Kew ■., n» 7, tOOJ.

(2) Il .^gricultural Bulletin of the Straits », janvier

JOURNAL DAGRICULTL'RE TROPICALE N" 75 — Septembre 1907

ans s'élevaient à 50 cenlimètres, tandis que celles lie six ans mesuraient 73 centimètres et pesaient en niDvenne 4 livres.

1 1 n'est donc pas excessif do fixer en I ic liait et dix ans l'âge des Guayules en état d'être exploités avantageusement, ('etlc limite, déterminée par M. Marx et acceptée par M. Endlich, est d'ailleurs corroborée par l'examen anatomique de tiges sultisantes pour l'exploitation, anxquelles le Jardin Botanique de Horlin a attriimé dix années d'existence.

T.,a floraison a lieu normalement on septembre-octobre, toutefois les pluies et 1 altitude peuvent modifier considérablement cette époque. 11 est à noter que, malgré la lenteur de sa croissance, le Guayule fleurit et fructifie après un an de semis ; les graines, produites en grande abondance, ne parviennent pas toujours fi maturité normale, eu paiticulier dans les localités froides.

Les peuplements de Guayule, dont liuiportance inconteslable paraît à peu près établie, ne constituent cependant pas les réserves inépuisables indiquées par certains prospecteurs.

Dans son récent article du « Tropenpflauzer », M. Enulicm maintient ses premiers chiffres, reproduits exactement dans notre n° 54 (1) et confirmés entre temps, sauf quelques vai'ialions, par M. I*. Olsson- Sekfkr, m. Henly Pearson (2), ainsi que par les statistiques dressées après la répartition des terrains guayulifères. 11 évalue l'aire géograpliique principale de la plante à 75.000 hectares partagés surtout entre le

(1) M. Enduch reproche au ■ J. il'A. T. ■■ différentes erreurs de chiffres contre lesquelles nous devons protester. Notre rédacteur lui aurait fait dire que l'étendue couverte en Guayule s'élevait à 75. (100 kilométros carrés et aurait basé ses calculs de production sur une superlicic do 70 à 811 milli(in.s d'hootares, alors que sa propre estimation de "5.000 kilomètres carrés se rapportait à. l'aire géographique centrale du r,iiayule, dont 1/10 seulement considoré c-oumie e.vpluitable à raison dn t/:i tonne à l'hectare. Il suffira k M. KNr>Li<,ii de se reporter ù la page 3(iS de noire n" .11 pour >o convaincre que le chiffre de 75.000 kilomèlres carres est donné comme équivalent à l'aire péographi(|ue et que celui de 7.'i(l. 000 hectares, c'est-à-dire le 1 10, correspond approximativement à la quantité e.xploilahle qui, à raison de 1/2 totme ù l'hectare, représente une réserve totale d'environ ,'i75.000 tonnes. (N. n. l. H.)

[i\ !• El l-'inancicro Mexicano », 15 août 1906.

nord des Etats de Zacalecas et de San Luis l'otozi, l'est du Durango et particulièrement le sud de Coahuila. On eu trouve l'galenient des quantités jdus faillies dans les Etals de Nueva Léon et Cliihualiua ainsi qu'au Nouveau-Mexique, dans l-Vrizona et le Texas, qui ne sont pas compris dans la sphère prmcipale. A propos des GuayulesduTexas,M.OTToIv(]:HLERM), président de la « National Rubber Company », dont le siège est à. San .Antonio .Texas] et le centre d'exploitation àTorréon(Mexique), aurait émis l'opinion (jue les plantes, moins riches qu'au Mexique, seraient cependant encore d'un traitement avantageux avec des frais de transport très réduits et de l'eau en abondance. Plus n'-cemment (2), il a été question d'une (compagnie constituée sous les auspices de M. Woodhlff, de New-York, pour l'exploitation du Guavule dans l'ouest du Texas; elle installerait son usine à Del Hio. La limite sud de la plante semble établie par le tropique du Cancer, ce qui détruirait le fondé d'une information du « Ileraldo Agricola », représentant le Guayule comme abondant dans tous les cantons de ri']lalde Vei'a Cruz (sicl).

Le Guayule est loin d'occuper régulièrement le centre géograpbi(iiie (|iii lui a été assigné; il est très frt'ijuent d'observer, à côté de peuplements importants, de petits groupes et des pieds isolés, à des distances considérables. M. Olsson-Seffer dit ([u'il n'est pas rare de parcoui-ir plusieurs milles en région giuiyuiifere sans renconirer un seul exemplaire de la [liante.

Une autre cause d'erreur dans les évaluations a pu naître de la confusion aisée entre le Guayule véritable [Parlhenhim ary«/a^?»«) et une espèce affine, connue sous le nom do « Maiiola », qui est en réalité le Pciiihcniinn iitcnnmn II. B. et K. Ce dernier, dont la valeur caouchoulifère est mille ou à [leu près (.']), abonde dans les mêmes stations que le (iiuiyule. Les ou-

(1) «The India lluliber World ... l"- avril 1906.

(2) .. Moxicin Herald », 1907.

3 1 °/o de caoutchouc d'après le a Bulletin de la Société belge d'Etudes coloniales ", mai 1907.

N° 75 — Septembre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

vriers chargés de !a récolte distinguent le Guayule du Mariola au port des arbustes : le Guayule s'élève sur une courte lige avant de se ramiiier tandis que le Mariola est nettement acaule, ses branches prenant naissance surlasouche. D'autres diiFérences sont indiquées par le D'' Stapf, dans les diagnoses qu'il a établies d'après échantillons préparés par M. Marx; elles se résument ainsi :

Parlhenium argentatiim : Feuilles et jeunes pousses tomenteuses, gris argenté; tige courte; branches courtes, à écorce lisse; feuilles lancéolées, de 2 à 5 cenlimèlres de long et 3 à 13 millimètres de large, aiguës, entières ou à 1-.'] lobes aigus ; pétiole effilé.

Parlhenium incanum : Feuilles et jeunes pousses tomenteuses, blanchâtres ou grisâtres; arbuste très ramifié dès la base, de 30 à 60 centimètres de haut; branches allongées, à écorce rugueuse, se crevassant longitudinaiement; feuilles oblongues ou obovales, petites, de 23 millimètres de long, et 2 millimètres de large, profondément pennatilobées; pétiole très court.

On conçoit maintenant la difficulté d'évaluer, même approximativement, les réserves naturelles de Guayule si on tient compte des différentes considérations susceptibles de modifier les rendements.

M. Endlich s'arrête à 373.000 tonnes en s'appuyant sur une production moyenne de 300 à 800 kg. à l'hectare ; d'autres experts, englobant dans leurs calculs les districts de moindre importance, arrivent à 400.000 et 500.000 tonnes, tandis que M. IIenly Pearson, rédacteur à 1' « India Rubber World » (1), n'évalue la production qu'à 300.000 tonnes, dont 20.000 à 30.000 déjà exploitées.

La richesse des plantes en caoutchouc varie naturellement avec l'âge des tiges et leur degré de dessiccation. Au début, les usines travaillaient les plantes fraîchement récoltées, tandis qu'aujourd hui la nécessité d'avoir un stock suffisant pour assurer

la marche régulière de l'usine, oblige l'industriel à traiter les matériaux plus ou moins secs et ayant subi, de ce fait, une perte de poids pouvant aller jusqu'à 40 °/„. C'est ainsi qu'on a constaté à l'usine de Jiniulco, des écarts de rendement en caoutchouc pouvant aller de 7 à 12 °/„ (1). Il faut observer toutefois qu'une dessiccation trop prolongée entraîne une perte sensible dans la quantité et la qualité du produit, par suite de loxydalion de la gomme. Le rendement moyen d'une plante adulte peut être fixé à 10 °/„ de caoutchouc ; c'est le taux fourni par Endlich et Marx. M. PearsoN établit la moyenne entre 8 et H "/oi tandis que M. Max Muller, chargé d'affaires de la Grande-Bretagne au Mexique, dans un rapport reçu à Kew (2) en janvier de celte année, élève cette richesse à 18 °/o en ajoutant que l'infériorité de rendement obtenu jusqu'ici tient à l'imperfection des procédés d'extraction. Ce rapport parle en même temps de Guayule existant aux Philippines et rapporte la plante à une sorte de Cactus, ce qui laisse supposer que l'auteur n'a pas contrôlé tous ses renseignements.

Avant la fin de 1903, les récoltes de Guayule étaient achetées sur place par les Allemands, entre autres par M. 0. Katterfeld (3), qui en expédia plusieurs milliers de tonnes en Allemagne, à des prix très avantageux. Cette industrie très prospère fut arrêtée par une mesure du gouvernement mexicain, en date du 1" septembre 1903, établissant sur le Guayule un droit d'exportation de 13 pesos (37 fr. 30) par tonne. L'application de ce droit prohibitif eut pour conséquence immédiate le développement de l'industrie locale peu llorissante auparavant ; de nombreuses usines s'édifièrent pour exploiter les terrains concédés par l'État pour des durées de quinze à vingt ans ou acquis aux particuliers à des prix relativement fort élevés. On vit se constituer de puissantes sociétés d'exploi-

(1) « El Financiero mexicano », 15 avril 1907.

(1) " Tropeupflanzer », loc. cit.

(2) « Bulletin of. Mise. Inf. », n» 1, 1907.

(3) <( The Mexican Investor », 23 mars 1907.

JOURiNAL DAGRICL'LTLIIE THOPICALE N" 75 — Septembhe 1907

lalioii qui ne dissimiilèrenl pus li'ur intention irt''lal)lir un contrôle sérieux sur la nouvelle source de caoulchouc. M. Kn- Di.icii nous apprend qu'il existe actuellement dans le nord du Mexique dix jurandes sociétés propriétaires de quinze usines en travail et de plusieurs autres en construction.

l'armi ces sociétés d'exploitation, les principales sont : la " Couliiicntal lUiljber Company », possédant plusieurs usines à Torréon, Ocampo, Gomez Palacio et La Grunidora; la « Compania explotadora de Cauclio mexicana » travaillant ii Jimulco et Sallilio; la « Compania explotadora coahuilcnse », installée à Darras et environs où elle aura sous peu cinq usines en activité. La «■ Continental Hubher C(imj)any » conslitue sans doute la plus colossale organisation réalisée en vue de l'exploitation du caoutchouc; elle est patronnée par plusieurs grands capitalistes de New- York, entre autres par MM. J. Rockefelleu, GicdENHEiM et le sénateur Ai.onicn de la (( Standard Oil Company », Bauucu, Ryan, Thomas, etc., pour ne citer que des noms très connus dans le monde financier. Fondée en janvier 190G, au capital de :-{U millions de dollars, cette vaste entreprise a son siège administratif à New-York et son centre d'exploitation à Torréon, avec M. W . Stavton pour vice-président et M. T. UvsiCKE pour directeur-gérant. La « Continental Ruhljer Company » aurait dépensé plus de 22 millions de francs eu achats de terrains, d'usines, de brevets, ainsi qu'en conslruclions; son usine principale, h Torréon, aurait une force motrice de l .8UU IIP et une installation suffisante pour traiter journellement 100 tonnes de matières premières (1). L'approvisionnement des usines préoccupe déjà M. W. Sta\ion qui éprouve delà difficulté à alimenter l'usine d'Ocampo ; il est dans l'obligation d'amener sur place, h dos d'une, parcharges de 2UU livres, le Guavule récolté à 105 milles de dislance,

ce qui augmente considérablement le prix de revient.

Les intérêts allemands sont aussi largement représentés dans l'extraction du nouveau caoutchouc ; plusieurs banques, parmi lesquelles la Dresdner Bank, la maison IvHLi'i-, d'Lssen (1), auraient engagé d'importants capitaux dans dilVérentes sociétés d'exploitation.

Les piocétiés d'extraction du (iuayulo dilïï'rent.au moins dans leurs détails, d'une société à l'autre ; M. Em)1.i(.ii n'a pas compté moins de 1 i2 brevets pris en ces dernières années par les inventeurs. On a substitué les alcalins au sulfure de carbone dans l'emploi des procédés chimiques qui, tout en étant plus coûteux que ' les procédés exclusivement mécaniques, fournissent en général un proiluit supérieur. Le prix de revient d'une toime de caoutchouc préparé à la soude caustique s'élève à 120 pesos (300 francs) (2). Suivant M. Ad. Maux, le meilleur procédé est celui qui a été inauguré dans l'usine de la <■ C'" Anglo-Mexicana » ; il se ramène en principe à une macération de la matière première et à l'extraction du caoutchouc par l'action de la vapeur dans une solution alcaline.

Les procédés mécaniques actuellement employés ne paraissent pas encore rejoindre à tous \es desiderata; ils ont sur les |irécédents l'avantage d'être beaucoup plus éc()nomi(|ues mais ne donnent, en revanche, qu'un caoutchouc de valeur inférieure (3 marks 20 pour le produit mécanique des usines delà (i Continental Itiibber Company » contre o marks .'JO pour le caoutchouc préparé par les procédés chimiques dans les usines de la « C" Coahuilcnse », d'après Endlicu). Le procédé mécanique de M. E. Delafond. a été acquis jiar la « Continental Rubber (Company >>, en même tem|)s que les actions de la « C'' explotadora de llule ■), pour la somme de 2.400.000 dollars or (3); il serait mainte-

(1) Des détails sur cette usine ainsi que plusieurs vues d'ensemble ont paru dans « The India Kubber Wcirld .., 1" juin m06.

(1) D'après le <■ Das Ilandels Muséum », de Vienne.

(2) n Tropenpllanzer ". juillet l'Ml.

(3) c. Le Courrier du Mexique », 21 janvier 1906.

No 73 Septembre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 2G3

nant adopté par la Compagnie, après avoir 1906. M. Ad. Marx (1) estime que la pro-

été combiné avec les procédés Garza, duction totale des usines atteindra prochai-

Lawrence et HuMCKE (1). On s'elTorce en nement 300 tonnes par mois et qu'elle

ce moment d'éliminer les fibres ligneuses pourra se soutenir ainsi pendant trois ou

et la plus grande partie de la résine que le quatre ans. D'autre part, M. Endlich affirme

caoutchouc de Guayule, préparé mécani- que la « (continental Hubber Company " est

quement, contient dans des proportions arrivée à produire 150 tonnes dans l'un des

pouvant aller jusqu'à 27 °/„; des résultats derniei's mois de 1906, ce qui paraît un

appréciables auraient déjà été obtenus. record, et que la « G^de Cauchomexicano »

Le prix des combustibles (la tonne de s'est engagée par contrats à fournir régu-

bois vaut 12 fr. .oO à Torréon) avait fait lièrement 80 tonnes par mois sans qu'il

songer à l'utilisation de la bagasse pour le soit spécifié si, en fait, cette production est

chauffage des moteurs, mais cette idée sera atteinte ou surpassée dans les usines de la

sans doute abandonnée, dit M. Exdlich, car Compagnie.

on a constaté qu'il en résulte une rapide La valeur commerciale du caoutchouc de

détérioration des chaudières. Pourra-t-on Guayule, fixée à 6 pence et 1 shilling la

davantage isoler la résine pour en faire un livre à l'arrivée des premiers envois en

sous-produit intéressant et tirer parti des 1902, s'est élevée graduellement à 2/-,

déchets ligneux pour la fabrication du 2/6 d. et 3/- jusqu'en août 1906, pour

papier? A signaler également que la ba- tomber à cette époque à 2.") cents la livre

gasse provenant du traitemeiit du Guayule à New-York et 3 marks le kg. à Hambourg

par la soude caustique contient encore une par suite des spéculations de la « Conti-

quantité appréciable de caoutchouc qui n'a nental Rubber Company ». Le cours du

pu être isolé. Guayule s'est relevé très rapidement et l'on

Les tiges de Guayule, sèches et livrées payait récemment 6o cents la livre à New-

en ballots à la fabrique, qui ne valaient York et jusqu'à .t marks 73 le kg. à Ham-

au début que 13 pesos (37 fr. 50) la tonne, bourg, qualité de choix. La « C'" Explota-

se vendent actuellement de 200 à 230 francs, dora Coahuilense » et la « Continental

Tja production du caoutchouc de Guayule Rubber Company <> offrent leur produit à

s'est accrue dans la proportion indiquée par 3 marks 20 et 3 marks 50 le kg. , tandis que

les chitTres suivants (exportation totale) : la » C'^ de Caucho mexicano » parait obtenir

^ ^ , . . „ „,„,,. des cours plus élevés. On a vendu en mai

En fin de janvier 1907 6.100.000 liv. ang. ' i, . n

2" semestre 1906 2.700.000 — dernier sur la place d Anvers 9 tonnes de

i^^^-'^evmi 700.000 -(2) Guayule à 5 francs le kg. (2). Ce produit,

T r. 11 .• 1 , o --i-i 1 iM-i . nous informent MM. Hecht, arrive en quan- Le " Bulletin de la bociete belge d Etudes .,, . , ^ , . -r • -

r, , ■ -, , ■ .r,A-,N j , ,-m tités importantes sur le marche français ou

Coloniales» (mai 1907 donne des chitires ., . , -, n , ^■cr -i i i

,.~., , ' il est très apprécie. 11 est difficile de donner

a peine dinerents : . . , . i' i

à ce sujet des statistiques exactes en 1 an- Année 1903-1906 1.100 tonnes, sence de renseignements officiels, toutefois

2'! semestre 1906 1.330 — , . • j r ■ <? i- o- i.^ i-„ ^.,;,to.i1-

Janvier 1907 330 - le prix varie de 4 a 6 tr. 2.j le kg. suivant

les qualités.

Les statistiques officielles confondent le Au point de vue industriel, le Guayule

caoutchouc de Guayule avec le caoutchouc est un caoutchouc de nature spéciale, molle

de Castilloa, de sorte qu'il estdifficiled'uti- et plus ou moins poisseuse par suite de la

User le chifïre de 1.671.321 pesos indiqué présence d'une proportion de résine souvent

comme représentant l'augmentation de élevée, de conservation difficile et de vul-

caoutchouc exporté du Mexique en 1903- canisation lente. Il est important de con-

(1) « Tropenpflanzer », loc. cil. (1) « Bull. oF Miscell. Information Keew », loc. cit.

(2) D'après Peakso-, « Tropenpflanzer », n» 7, 1907. (2) « Bull, delà Soc. belge d'Études Col. », loc. cit.

JOURNAL D'AGUICLLTUKI-: TROPICALK .N" T.i — SEi'TEMniti. 1007

naître sa miinipnlfilion, do Tôpurer avoc soin, (le le conveilir en fouilles minces et de l'employer aussitôt après séchage. Les qualités actuelles, débarrassées des 2 3 de la résine, constituent un produit très com- ])arable au caoutchouc de l'anama, avec lequel on pourrait le confondre {i ). M. Esch, expori de la « C" Coahuiienso », conseille aux manufacturiers l'adoption des '< W'ashhollander » pour ('li miner du Guayule les matières étrangères et prescrit les lavages successifs (2). Il ajoute que la vulcanisation nécessite l'emploi de la magnésie calcaire lourde, à raison de o %. En mélange avec des caoutchoucs d'antres provenances, le Guayule remplace le Régénéré et entre avantageusement dans l'industrie électrique, la fabrication des chaussures, des rouesetde tousaulres articles cpii n'(>xigent pas une grande élasticité du produit ['■]). 11 donne un beau brillant à i'ébonite, corrige les types trop secs et permet l'emploi de gommes peu Irailables comme la balata ( i). Ce qui précède permet de conclure (jue le Guayule est un ])roduit sérieux, bien établi sur le marché et dont la valeur augmentera encore avec le perfectionnement des procédés d'extraction. Mais on remarque également (jue les réserves sont en réalité beaucoup plus limitées qu'il n'a été indiqué au début, si l'on tient compte de leur dispoi'sion, de l'élévation croissante des frais de transport et des années d'attente avant l'exploitation. En admettant avec M. Marx que les usines puissent encore s'alimenter ainsi pendant trois ou quatre ans, on voit que l'avenir du Guayule n'est assuré qu'autant qu'il y aura possibilité de reconstituer les peuplements. C'est poser le problème culliiral dont il n'a été que fort peu question jusqu'ici. 11 n'est pas douteux que si celte culture pouvait être établie d'une fa(;on prolitable, elle assurerait une valeur importante aux parties stériles du nord du

(1) « The Inilia Uubber Worltl .., l" juin lOOfi. .Vriicle éditorial.

(2) « The India Uubber Journal •>, 13 août l'JoG.

ili) HenseignL'mont donné par M. 1'\)E.\, directeur de l'Ecole nationale d'Agriculture de Mexico.

[il <' liull. de la Soc. belge d'Études Col. », mai 19u7.

Mexique et des autres régions ])réseutant des conditions de sol et de climat analogues. M. Olsson Seffer considère la culture du Guavule illusoire dans les terrains secs, non irrigués; c'est aussi l'opinion émise dans une note du « Tropical life » (!%()). ïoul au plus, M. Seffer consent-il que les grantles Compagnies pourraient tenter quehnie chose pour conserver leurs peuplements, l'oui' M. Endi.icu , au contraire, l'avenir serait à la culture. 11 n'a encore été rien tenté de sérieux dans cette voie, mais la question semble cependant préoccuper le Ministère du Fomento. Une expérience faite par M. V. Hoffmann a montré qu'une transplantation suivie de binages et d'arrosages présentait 80 % de succès à la reprise, tandis que l'opération sans soins subséquents n'offrait que 25 7„. De son côté, M. Maux a tenté sans succès la culture du Guayule dans un sol pauvre en humus et en calcaire, à Mexico; dans une terre composée en parties égales de terreau et de calcaire du nord. b> plantes ont très bien végété.

Après deux ans de semis, plusieurs d'entre elles mesuraient 25 centimètres de haut et 13 millimètres de diamètre à la base. Au lieu d'arracher les Guayules comme on le fait ordinairement, certains conseillent de couper les tiges au-dessus de terre; les souches ne tardent pas à développer de nouvelles tiges exploitables après cinq ou six ans. Ce n'est pas l'avis de M. Endlicu, (jui <lonne l'arrachage comme préférable en ce sens qu'il ameublit sutlisammcnt le terrain pour assurer aux graines une germination plus rapide et aux jeunes plantes une croissance plus prompte. L'excellent iibservateur qu'est >L Maux spécilie, d'ailleurs, que la Compagnie dont il a la direction a entrepris la deuxième récolle sur des terrains exploités six ans plus lAl. mais qu'il s'agissait en ce cas, non de plantes âgées de six ans, mais de tiges reconnues trop faibles :\ la première récolte. Un règlenuMil interdit, en elïet, l'exploitation des liges av;mt moins di' trois ((uarls de pouce de diamètre à la base.

N» 73 — Septembre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Le semis apparaît donc comme le seul moyen propre h la reconstitution des terres à Guayiiles; ce n'est que par les recherches expérimentales et les essais méthodiques que l'on pourra indiquer s'il convient de semer sur place plutôt qu'en pépinière et déterminer tous les détails de la culture depuis la sélection et la récolte des graines jusqu'à la mise en exploitation. Il est bien évident que les plantes accélèrent leur d(''veloppement dans les milieux Irais, mais a-t-on étudié les effets de l'irrigation sur le rendement en caoutchouc et considéré l'opération au point de vue économique?

Dans cet important problème, il faut avant tout observer les deux facteurs principaux, le sol et le climat. Le Guayule, dit M. Endlich, demande im sol pourvu de 20 à 30 'Y„ d'élément calcaire; la présence d'une certaine proportion d'humus atténue l'évaporation et favorise beaucoup la végétation. Nous avons indiqué plus haut les conditions climatériques dont on devra se ra[)prociicr pour s'assurer foules cliances de réussite dans cette culture, qui intéressera sans doute d'autres régions plus ou moins stériles lorsqu'elle aura été reconnue

avantageuse.

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