Labroy
L'Exposition coloniale de 1907 à Nogent=sur=Marne
Aperçu général. — AgrandisseniRiit du Jardin colonial. — Les pavillons de l'Indo-Chine, de l'Afrique
occidentale, de Madagascar. — Produits et collections. — Un village laotien.
Le génie rural à l'Exposition. — Les attractions.
Par M. F. Main.
L'Exposition coloniale qui va fermer ses portes la semaine prochaine est la troisième qui ait eu lieu dans le cadre du Jardin colonial. En 1905, un timide essai d'une huitaine de jours avait été fait, et le succès qu'il avait rencontré avait engagé les organisateurs à faire une exposition plus sérieuse qui, en juillet 1905, avait reçu pendant un mois de nombreux visiteurs.
On pouvait craindre cette année que l'Exposition de JNogent succédant à celle de Marseille à peine fermée, la durée de quatre mois, et le transfert à Nogent d'une partie des produits ayant déjà figuré à Marseille, ne fussent un obstacle sérieux à la réussite de celte nouvelle tentative. Il n'en a rien été, car les deux expositions ne visant pas exactement le même public, on a pu prendre les précautions nécessaires pour attirer les visiteurs qu'on avait en vue, et pour prévenir toute supposition d'une rivalité qui n'existait pas en fait; nous avons en vue, pour ce dernier point, certain étiquetage des produits, sur lequel nous reviendrons plus loin.
Une visite trop rapide, faute des loisirs suffisants, ne nous permet pas de nous étendre, comme nous l'aurions désiré, sur les détails de cette exposition. Nous nous bornerons à en retracer les grandes lignes, notant au passage les points les plus marquants, et nous efforçant d'éviter une énumération toujours aride.
Ceux de nos lecteurs qui ont visité l'Exposition de 4903 savent dans quel cadre l'Exposition est installée. Bornons-nous à indiquer qu'à cette occasion l'étendue du Jardin colonial a été très augmentée, un peu plus que doublée, autant qu'on peut l'estimer sur un terrain couvert de plantations, d'arbres et de pavillons. L'aspect général est très attrayant, surtout dans les chaudes journées de l'été, les nombreux arbres du bois sur lequel ont été pris les agrandissements ayant été respectés et couvrant des allées ombreuses, bordées autant que possible d'arbustes tropicaux.
Un des premiers pavillons qui s'offrent aux regards, et l'un des plus importants,
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est celui ili' lliiilo-CliijH'. Kclilir- d'une manifTp diiiable, il est ilesliné à abriter |)ar la Miile une partie des cûlleclions du Jardin ndonial. Nous y trouvons, disséniini'i's dans les vitrines, une assez grande t|uanlilé de photographies, relatives princi|)aienii'nt à la culture du ri/, au génie; rural indigène, et aux essais des ciiamps de Ong-Iem. Les notices publiées par la Direction de l'Agriculture, des Forùts et du (".ommcrce. que nos lecteurs connaissent bien, y lignrent égaleniont et témoignent de l'activité des recherches dans notre belle colonie. Nous avons retrouvé dans ce pavillon beaucoup de produits ayant liguré à Marseille, mais la présentation en était dillérentc. Nous avons signalé ici même, en rendant compte de l'Exposition di> 190G, l'esprit scieiilili([ue élevé qui avait présidé à la confection des étiquettes, iiiii étaient pour les spécialistes une précieuse monographie de cluu|ue objet et une source uniijue de renseignements. L'éliiiuetage que nous avons retrouvé celte année s'en inspire beaucoup, mais l'aridité obligée du renseignement scieulilique en a été bannie et elles ont revêtu un caractère de vulgarisation bien |)iopre à intéresser la classe de visiteurs qui a parcouru le Jardin colonial. C'est ainsi que dans une vitrine centrale, consacrc'C au riz sous toutes ses l'ormes, les étiquettes fournissaient des données générales sur le riz, sa composition moyenne, les principaux types au point do vue alimentaire, et constitiuiient un ens(>uible de renseignements généraux suflisammenl précis poiii' intéresser les non initiés, sans les rebuter par leur complication. Citons, à titre d'exemple, une pancarte indiquant (jne les huit grandes rizeries de Cholon peuvent traiter ensemble 1 million de tonnes de paddy par an, que les plus fortes peuvent haiter i.GOO t. par \ iiigt-qualre heures, id que le prix moyen du riz (en 190o) a été de S fr. les 100 Ug., au cours moyen de 2 fr. 43 la $. Dans celle vitrine du riz, iiguraient lieux échantillons de vermicelle de riz dont un, fait avec de VOri/za
giiuiiiosa, pr'''sente un aspect partirnlicr bien caractéristique.
M. Verdier, à llung-Uoa, exjxjsuil |ilusieurs mèches de liiu'cs d'ananas; le |u'oduit est assez |ieu réjiandu pour qu'on s'y ariète. Les libres sont longues, assez irrégulières, mais en général très fines. Toutefois leur préparation laissait un peu à désirer, et, si elles étaient très blanches, elles n'étaient pas bien parallèles, quelques libres collées ensemble, et tout porte à croire que b' déchet au peignage serait assez ini|iorlani. Si les ('cliantillons n'ont pas été obtenu;- à la main, il serait intéressant de savoir de quelle machine M. Verdier se sert. Nous avons autrefois défibré des feuilles d'Ananas, et avons éprouvé de sérieuses difiicultés; il est juste d'ajouter que l'espèce influe beaucoup : sur ce point également noiis aimerions être renseigné.
Le jute occupait toute une vitiine, avec (les échaulilloiis de tiges, de lanières et de libres; les échantillons paraissaii'iil braux, mais on ne peut guère les estimer ainsi à vuedo-il, la ténacité étant le principal mode d'appréciation. Quelques photographies, scènes ilc muissage et d'écorçage accompagnaient les libres {Corchoni.'i capsii/aris jiour la plupart). A côté, ([uelques échanlillons de kapok, (loni lidis avec la dispo- >iliou que présentent la libre et les graines dans la gousse, celle-ci ayant été à moitié ouverte. Cela montre bien quelle faible adhérence a la fibre et démontre (jue le battage est le seul mode d'égrenage possible, à l'exclusion de tout autre employé pour le colon.
De r.Vuuam nous avons admiré de beaux tissus de soie; en particulier M. Deli(;non nous eu montrait deux sortes : des toiles de soie, légères et fines, et des crêpes, plus lourds, mais souples et agréables à l'o-il ; il est regrettable ([u'ils soient un peu ternes; nous retrouverons d'ailleurs yi. Dei.ignon avec une importante ex|)osilion dans la grande galerie.
Le caoutchouc avait malheurousemeut été relégué au premier, sur une galerie étroite qu'on ne visitait guère. 11 est vrai
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que l'ensemble des blocs présentés n'oiïrait i-ieniie parliculièrenKmt remarquable, mais il eût été ])on (jiie ce prodiiil, à l'ordre du jour actuellement, lii;uràt parmi ceux que nous pouvons importer de nos possessions d'ExIrème-Orient. Enlin, sur celte même galerie élait installée une intéressante exposition de pèches maritimes, avec des pliotograpliies de pêcheurs, d'engins de pèche, et des types de poissons el coquillages.
Tjes collections de l'Afrique Occidenlale française étaient installées dans les anciens bâtiments du Jardin, ceux qui, en 1903, abritaient la presque totalité des produits exposés, qui aujourd'hui s'y trouveraient bien à l'étroit. Les exportations de l'Afrique Occidentale sont bien moins variées actuellement que celles de l'indo-ljhine; nous avons retrouvé là les mils, sorghos et riz, les noix et l'huile de palme, le coton, l'arachide, le karité, le caoutchouc, le tout ne présentant rien de bien nouveau. INous avons d'autre part remarqué quelques boules de « gutta de Karité » que nous aurions aimé pouvoir examiner de près; on sait que la question est très controversée, et que certains savants nient l'existence de toute trace de vraie gutta dans le karité. Les échantillons en question semblaient être de couleur rosée, mais ils étaient enveloppés d'une sorte de papier ou de parchemin semi -transparent qui ne permettait pas d'en juger bien exactement.
L'Exposition du Congo avait été transportée avec le pavillon qui l'abritait à Marseille. Toutefois le contenu avait subi quelques modifications. Le cacao, dont nous avions regretté l'absence presque complète l'an dernier, occupait une place importante, et le caoutchouc était représenté entre autres par un carnet d'échantillons très minces, feuilles ou crêpes, très homogènes comme couleur et comme épaisseur et rappelant tout à fait l'aspect des crêpes préparées autrefois à Brazzaville par les procédés Reinard. La chasse de la grosse bête avait donné quelques dents, crânes et os de dimensions respectables, et le Commissaire général, M. Dybowski,
avait eu l'heureuse idée de réunir dans une vitrine spiTiale, une série d'autographes émanant des personnalités qui se sont occupées de cet immense pays, ou qui y ont trouvé la mort : MM. de Brazza, de Béuagle, le prince d'Arenueisg, etc. En face figurait la collection particulière d'objets de toutes sortes de M. Dyé, enseigne de vaisseau, de la Mission Marchand, avec plusieurs photographies de cette mission, entre autres l'arrivée du glorieux petit '• Faidherbe » remorquant les chalands dans les eaux du Bahr-el-Chazal.
Pour la première fois peut-être depuis qu'il est (juestion d'Expositions coloniales, le pavillon de la Guyane n'était pas exclusivement consacré à l'exploitation de l'or; il y avait bien au centre de la salle un modèle de drague à godets, et sur les murs des photographies de placers, mais les bois et autres produits végétaux y tenaient une place honorable.. Quelques billes de bois, des collections d'écorces représentaient les forêts : le cocotier avait donné une série de cordelettes de coir dont plusieurs types pourraient sans difficulté rivaliser avec les filés du Malabar, ce que la plupart de nos importateurs français ignorent certainement. Des cordages tressés avec les fibres du Lecythia yrandlflora et du Mauritia flcxuosa donnaient une idée de l'utilisation possible des textiles de la colonie. Les cordes de Lecythis, do 18 à 20 millimètres de fliamèlre n'avaient rien de remarquable, mais une grosse aussiôre de ^laurilia ne le cédait guère aux types sortant des corderies françaises. Enfin nous avons remarqué une quantité de noix de palmier Aouara [As(rocar>/um inilgare) .
Nous dirons peu de chose du pavillon de Madagascar. Nous connaissons la plupart des collections exposées, en grande partie récoltées par M. Prudhomjie, qui les avait déjà disposées avec art en 190S. Méthodiquement rangées, elles nous ont fait oublier la fâcheuse impression que nous avait causée l'an dernier le désordre dans lequel s'étalaient à Marseille les produits de la grande île, contrastant avec le soin qui
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avait présiik- partout ailleurs au classement. Nousavuiis constaté avec plaisir qu'on continuait à donner aux dentelles une place prépondérante. 11 est heureux (ju'on pousse au développement de cette industrie éminemment française, surtout au moment où la métropole fait tous ses efforts pour la l'aire revivre. Kn outre, des commerçants installés dans le Jardin offraient des dentelles et des chapeaux, deux produits de Madagascar qui ont rapidement acquis droit de cité dans notre pays.
Une grande maison chinoise en Lois sculpté, dominant un petit lac, était annexée à rindo-Chine, qui y exposait principalement des nieuhles et des laques.
Avant de quitter les jardins, mentionnons le village laotien dans les cases duquel des Annamites se livraient à diverses industries de leur pays : ce village, très pittoresque comme arrangement, contenait une série d'instruments aratoires, sur lesquels nous reviendrons dans un prochain article que nous avons l'intention de consacrer au génie rural.
Dans une grande galeiie couverte avaient pris place quelques objets d'importation et beaucoup d'objets d'exportation, dont nous regrettons toujours la présence dans une exposition coloniale faite en France, car bien peu ont une relation directe avec les colonies. Nous passerons donc sous silence les fourrures (?!), les meubles, etc., pour ne citer que les stands de quelques importateurs de bois des îles (Racuikt, à l'aris, Hollande fils, à Paris, Pieuhaix et lils, à l'aris), celui de MM. Lixas frères à Paris, qui montraient, à côté du corozo brut, divers échantillons de boutons Unis, lires de cette noix, et la vitrine de .M. Dllignon.
L"s soies que nous avons signalées dans le ]iavillon de llndo-Chine s'y reliouvaient, mieux présentées et accompagnées de |diotographies donnant une idée de l'importance des usines de l'exposant en Annam.
La Société du « Caoulciiouc par le Latex » (procédés L. Mouisse) exposait un certain nombre d'échantillons de sa production, dont nous aurons probablement l'occasion de reparler. Enfin l'automobile occupait une place pré'pondérante que nous nous expliquons mal. Aous savons (ju'il en circule à .Madagascar et à Sa'igon. mais ce n'est pas encore un moyen de transport vraiment colonial et le développement actuel de ce commerce aux colonies est ]ilulôl factice. Surtout qu'il n'y avait ni omnibus, ni camions, ni aucun type de carosserie en rapport avec les exigences des pays chauds. Nous savons qu'il faut sacrifier au dieu du jour, mais nous aurions préféré voir l'Exposition rétrospective de l'Automobile place de la Concorde, où elle eût été mieux à sa place.
Les (1 atlrjiclions » nécessaires pour attirer le gr;iutl public ont rempli leurrùle pendant toute la durée de l'Exposition, et les « .Méharis du Sahara » et le « Travail des Eléphants de l'Inde » ont amené un grand nombre de personnes à connaître des richesses jusque-là ignorées. A ce titre, nous devons savoir gré aux organisateurs d'avoir ramené de Marseille, eu les augmentant de leurs propres collections, des richesses (pie la majorité du public parisien ignorait, et de les avoir mises à sa portée par un groupement à la fois allravanl ot instruclif.
F. Main,
Ingénieur ngronomo.
Procédé de tannage des Peaux en usage dans Tlnde
Par M. Pau. des Grottes.
Voici un procédé de tannage en usage presse devons le comniiini(]uer, trop Iicudans le pays et qui m'a paru si pratique, reux si je pouvais, par là, être utile à 1 pour les colonies surtout, que je m'em- quelques-uns de vos lecteurs.
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Le sujet embrasse deux parties : d'abord la matière première d'où l'on tire le tanin et ensuite le procédé de tannage proprement dit.
Un sjrand nombre d'essences tropicales sont aptes à fournir le tanin soit par l'écorce, soit par les fruits ou par les feuilles.
Ici, on fait usage de l'écorce de quelques acacias et principalement du Mimosa lîark {Acaciailealbata), dont l'écorce est très riche en tanin, et des fruits du Terminalia Catappa im.yrobolan).
Le Mimosa Bark n'est pas, du reste, une nouveauté pour les spécialistes, et 1' « Encyclopédie Britannique » nous apprend que l'Australie fait avec l'Angleterre un grand commerce de cette écorce qui contient de IS à 32 °/„ de tanin, ordinairement 28 %■ Les variétés les plus riches sont, d'après la même référence, A. harpophylla, A. mollissima, A. pycnantha, A. leucophylla et A . cijanophylla.
( »n pourrait ajouter à cette liste le chêne d'Australie, .4. melnnoxylon, mais l'écorce de ce dernier, moins riche, ne contient guère plus de 8 7o de tanin.
J'ai pu obtenir de V Acacia dealbata 15 7o Je tanin par la méthode densimétrique, mais j'avoue franchement, pour expliquer ce faible rendement, que l'expérience a pu manquer des conditions les plus indispensables à une opération rationnellement conduite.
En effet, la densité du liquide provenant de la décoction au 1/10 de l'écorce fut 1,000, laquelle, d'après les tables de Fre- SE.Nius, correspond à 1,?) %, soit à l'unité 13 V„.
Il faut tenir compte de ce que la richesse de l'écorce peut varier selon sa provenance (du tronc ou des branches), l'âge de l'arbre et le terrain même oîi il a crû.
Quoi qu'il en soit, les peaux à lanner se présentent sous trois états différents : salées, sèches ou fraîches.
Les peaux salées sont d'abord mises à tremper trois jours de suite dans l'eau claire (et même l'eau courante) et les peaux
sèches un jour, avant de passer par les opérations successives qu'ont à subir également les peaux fraîches.
L Bain de lait de chant, épilagc, raclage. — La série de ces opérations débute par un bain de huit jours dans un lait de chaux.
Il faut, pour obvier aux inconvénients du dépôt de la chaux, retirer tous les jours les peaux de leur bain et bien remuer le liquide pour y replacer ensuite les mêmes peaux.
Puis on épile ces peaux par raclage et on les met dans un nouveau bain semblable au premier qui peut servir encore à de nouvelles peaux.
Les opérations et la durée de ce second bain sont les mêmes que pour le premier.
Les peaux sont ensuite énergiquement raclées du côté chair, puis trempées durant trois jours dans l'eau claire (de préférence de l'eau courante) et piétinées chaque jour pour bien leur faire rendre toute la chaux contenue dans leurs pores (quand l'eau n'est pas courante on la renouvelle chaque jour).
IL Deux bains à F écorce d'acacia, second et troisième raclages. — Après avoir étendu les peaux à terre, le côté chair au-dessus, on y sème l'écorce d'acacia préalablement réduite en poudre grossière par le pilon, puis on replie les peaux avec les particules d'écorco et on les dispose dans un baquet, suivant l'ordre que voici : au fond du baquet une couche d'écorce sur laquelle on place la première peau repliée comme il est dit plus haut, puis une seconde couche d'écorce sur laquelle est placée la seconde peau, et ainsi de suite. Le tout est immergé dans l'eau. Pour cette première opération, on peut prendre l'écorce qui a déjà servi à un premier bain analogue, et pendant huit jours, on la recommence entièrement tous les jours.
On procède ensuite à un second raclage pour enlever les chairs adhérant encore aux peaux qui sont ensuite mises à tremper dans un second bain d'écorce préparé comme le premier, mais, cette fois, avec des écorces fraîches, et les opérations jour-
JOUliNAI, D'AGKICULTUKE TIIOPICALK N" 75 — Sei'TEMBKe 1907
nalières sont les mûmes encoio |ipiiil;iiil liuit jours.
Puis troisième et dernier raclage des chairs qui en enlève les dernières traces.
III. liaùi (lit iiii/robolan, svchage. — Il faut piler les fruits du myroliolan et les faire bouillir ou au moins Irempcr dans l'eau bouillante qu'on laisse refroidir ensuite.
Ou se sert du myrobolan coniiin' Av, l'écorce d'acacia; l'opération du liain est la môme et on y laisse trempei' les peaux pendant trois jours cette fois, après quoi on enlève avec soin toutes les mietics du myrobolan qui se trouvent sur les peaux, on lave celles-ci à l'eau claire, puis un les fait légèrement sécher.
IV. Dressage, raclage, hiiildge. — Les peaux appointées dans une pièce préparée ad hoc sont étendues sur une lable où on les racle avec un inshument îi lame de cuivre (le fer ou l'aciei- mis au conlacl du tanin noircirail les pcauxi.
L'opération, délicate ici, devient une question de savoir-faire; son but est
d'aplanir régulièrement les peaux el d'in faire dégorger tous les pores.
Les peaux perdent alors beaucoup de leur humidité et devienni-nt nndti's. C'est dans cet élal (|u un \f> rnduil d Iniili' i|U(dcon(|uei sur les deux laces, puis un les replie telles quelles et les cm|)ile pendant douze ou vingt-qualre heures. On les dresse de nouveau avec le même racloir. on les met encore ii sécher, et avant même qu'elles soient tout à fait sèches on passe une dernière fois le racloir en cuivre des deux côtés.
Ce procédé pratique dans l'Inde, avec quelques variantes suivant les lieux, donne d'assez bons résultats. Les cuirs lahriqués ainsi ne valent cerlainement pas nos bonnes peaux d'Europe, mais ils sont encore aptes à rendre de bons services et je n'en veux pour preuve que les chaussures du pays, celles jiorlées pai' les Européens, qui u'(Uil pa>; il'autre provenance.
Vwi. DES Gnorriîs.
Dindigul, 3 juin l'.U)7.
Destruction des Termites
et Protection contre leurs ravages
.\nalyse du rapport de M. C. B. Simpson : Notes on tlie Termites ol' tliR Traiisvaal aiul iiirlhods lo be used against them (»Transvaal Airricultural Journal», IV, July 1006).
Par M. P.At L .M.vuciiAL.
Les mélhodcs de destruction employées contre les Termites au Trausvaal reposent sur l'injection de gaz loxiques à l'intérieur des nids ou termitières. Une manière de procéder qui tend aetuellement à se répandre et qui donne des résultais supérieurs à ceux que l'on ohtenait antérieurement avec lo sulfure de carbone, consiste à faire usage d'un appareil spécial servant aussi b. la destruction des fourmis et connu sous le nom de « Universal Ant l)eslrui/rr. » Cette machine est formée de deux parties essentielles : un fourneau et une [)om[)e à
air; celle dernière est reliée au pnMuier par un tuyau et permet de faire |ias~cr un couraul d'air sur b^ combuslildc habituellement formé de charbon de bois ou de bouse de vache. Lorsque le fourneau est bien allumé, on répand directement sur le foyer une poudre formée do 1 partie de soufre et 9 [larties d'arsenic blanc intimement mélangées. Les gaz loxi(|Ui's sont chass(''s au uiommi de la pompe dans un tuyau (|ui se (eruiiue |>ar une lance en fer. Pour utiliser l'appareil, il suffit de faire pénétrer la lance dans la termitière que
IMo 75 Septembre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
Ion veut détruire et de faire manœuvrer la pompe pendant environ 5 minutes, en ayant soin de boucher tous les trous par où Ton voit la fumée s'échapper. Si la termitière est grande, il sera bon de répéter l'opération en deux places ditférentes. On obtiendra ainsi d"une façon certaine l'asphyxie de toute la colonie.
Pour protéger les constructions, on conseille de les édifier sur un sol préalablement recouvert de ciment, ou mieux encore d'une couche de cendres de charbon de 6 pouces d'épaisseur recouverte ellemême d'une sorte de mortier formé de sable et de goudron; celte assise doit dépasser de quelques pouces la construction qu'elle est destinée à soutenir. Les piliers soutenant les planches sont avantageusement isolés en recouvrant leurs extrémités supérieures de sortes de chapeaux en fer ayant la forme de champignons.
Les constructions formées de lattes de bois et d'argile sont protégées d'une façon efficace en se servant pour délayer l'ar-
gile d'une solution saturée de sulfate de cuivre.
La question des Termites a dans l'Afrique du Sud une importance capitale.
Aussi le Gouvernement du Transvaal a-t-il chargé M. Simpson de faire une étude approfondie des méthodes permettant de se mettre à l'abri de leurs déprédations. D'importantes expériences sont actuellement en voie d'être réalisées sur les traitements ayant pour but de pi'otéger les bois contre l'attaque des Termites, en les imprégnant de substances toxiques ou simplement protectrices telles (|ue arsénite de soude, sulfate de cuivre, bichlorure de mercure, extrait de fabac, goudron, acide phénique. Une autre série d'expériences est également en cours pour assurer la protection des arbres.
M. Simpson nous promet, sur ces intéressantes questions, un rapport circonstancié dont les conclusions ne pourront manquer d'avoir une portée pratique considérable. Paul ^Iarchal.
Le Caoutchouc dans la République de Panama
Considérations économiques sur la culture du Castilloa. — Pépinières, transplantation, croissance. Epoques de saignée. — Ilendement en latex et composition du latex.
Analyse bibliographique de l'ouvrage de M. Jil. F. Sanchez.
Dans notre n° 72 (§ 136, pages bleues), nous avons signalé à nos lecteurs l'opuscule de M. Jil. F. Sanchez, sur lequel nous nous promettions de revenir. Ce travail esteneffetune monographie complète de la culture du Castilloa, écrite par un praticien qui a dirigé des plantations dans l'isthme de Panama, et peut comme tel donner un avis autorisé sur plusieurs points controversés
Nous ne pouvons mieux faire que de donner un aperçu rapide des diverses questions traitées, en insistant sur ce qui offre actuellement le phis d'intérêt d'actualité, ou sur ce qui, dans la culture et l'exploitatron du Catilloa présente le plus dimportance.
M. Sanchez déclare nettement qu'il n'est Cas partisan du semis en pépinière ; la plante n'est en effet pas délicate, et n'exige pas les soins que réclament d'autres plantes, le café, par exemple, pour réussir. Toutefois, il ajoute que cette opinion n'est pas absolue, car s'il a eu l'occasion fréquente de voir des plantes repiquées de pépinières beaucoup moins belles au bout de deux ans que des plantes semées en place il a également constaté à Rio Limon que 10 % seulement des plants semés en place, avaient repris, d'oîi la nécessité dans tous les cas d'appuyer un semis en place par une bonne pépinière, afin de pouvoir remédier aux manques pouvant se produire.
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" T.". — Septembre 1907
La dislance à observer eniro les ai bres est estimée à 2", 50 dans les colonies françaises; M. Sanchez trouve ce chilFre nettement trop faible et penche pour 3 mùtres, admettant que cela peut entraîner une augmentation réelle dans la production du latex; il y a lieu pourtant de ne pas perdre de vue que les frais de culture, d'entretien, de clôture sont aug:mentés, ainsi que l'étendue nécessaire pour un nombre donné de jilanls.
La plantation dcit-elle ôtre ombrai;(''e ou non? M. Sancukz se prononce pour l'alTu-mative.
A l'appui de son dire, il insiste d'abord sur l'économie réalisée dans le déboisement lors([u'on laisse un certain nombre d'arbres debout ; de plus, et c'est là son argument le plus sérieux, le latex des arbres ayant poussé à l'ombre est plus liquide que celui des arbres élevés au soleil : il est plus facile à récolter dans n'importe quel genre de récipient, et la coagulation se fait mieux. D'un autre côté, la croissance est retardée, un arbre ombragé ayant 0"',(iO de hauteur au bout d'un an, tandis (|ue, dans les mômes conditions, un arbre non ombragé atteint 0"',90. 11 estime qu'en tout cas les considérations relatives à la qualité du latex doivent peser davantage vis-à-vis du planteur.
L'i't.iblisscnu'ul des pépinières n'exige pas de précautions spéciales; celles communes à ce genre de travail pour toutes plantes devront simplement être observées, pour la préparation du sol, les semis, les sarclages, etc.
Les graines devront être semées en lignes espaec'os de Û'",^.'), et à un écartement de ()'",20 sur la ligne. — La transplantation demande au contraire de grands soins et M. Sancih'.z trouve là un nouvel argument à l'appui de sa thèse pour le semis en place; il a vu perdre 00 "/o de plants dans une transplantation faite sans tout le soin désirable. Pourtant, il conseille de risquer l'opération lorsqu'on peut se procurer des plants d'un an par exemple, mais c'est alors le désir de gagner du temps, c'est-à-dire une raison
économi(iiir i|iii ilnil ^niilcr le plauli'ur, et niiii mil' iMi>-(iii ciillmab'.
L'auteur passe ensuite à la récolte du latex avec les nombreux problèmes que celte question soulève, et en premier lieu, à (juel âge un Caslilloa peut-il être saigné".' A huit ans, estime-l-il, âge auquel l'iirbre mesuie 1 mètre à 1°',20 de circonférence.
IJien que certains observateurs et praticiens réduisent à six ans la période d'attente, il ne le croit pas avantageux, et le cbilTre de litiit ans ibiil rire préféré, avec l'élasticité forcément réservée à la croissance ])lus ou moins rapide des individus envisagés, suivant la l'ertililé du sol, la situation des arbres, etc.
Le latex du t^astilloa est fluide, jaune pâle. A la coagulation, le caoutchouc monte à la surface des récipients. A la sortie de l'arbre, le latex a la composition suivante :
Kati li^fférement acide) S6,.'17
Caoutchouc 3I,"0
Matii-res albimiinoùlcs 1,90
Matirres azotées solublos 7,13
Matiùrcs insolubles 2,90
M. Jn.. Sanciiez a profité de son long séjour à la plantation Darié pour étudier la question des Caslilloas sans caoutchouc; rappelons en passant que le « J. d'A. T. » a longuement étudié cette question à plusieurs reprises. La conclusidU à laquelle il est arrivé est qu(> tous les arbres produisent (lu latex, mais que celui-ci présente des dill'érences bien nettes suivant les individus. Certains arbres donnent un écoulement lihn^ et régulier de gouttes laiteuses, dont la coagulation est lente, tandis que d'autres laissent exsuder par les incisions un li(|uide é'pais dont la coagulation commence prestjue à la sortie de l'arbre; les indigènes attribuent ce fait à ce que l'arbre est très riche en latex et qu'il suflit de le saigner uq peu plus pour que l'écoulement devienne plus facile. Les jeunes arbres donnent relativement plus de latex que les arbres plus âgés, mais lorsqu'ils ont moins de quatre ans, il semble que le latex soit aussi trop jeune, pour
N° 75 — Septembre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
ainsi dire; il ne donne qu'un caoulchoiic se coagulant mal et restant poisseux. Dans les arbres jeunes, ce sont les saignées de la base qui donnent le meilleur caoutchouc, celles des branches ou de la partie supérieure du tronc donnant encore pendant quelque temps du caoutchouc poisseux.
Dans aucun cas, M. Sancuez n'a rencontré d'arbres ne donnant pas de caoutchouc.
Au sujet du nombre de saignées possibles et de la quantité produite annuellement par arbre, les opinions varient beaucoup. On considère souvent comme normal do faire une saignée tous les deux mois, chaque saignée donnant 6 livres, soit 36 livres par an ou 16 kg. L'opinion opposée consiste à saigner une fois par an seulement, toujours à raison de 6 livres, ce chiffre devenant alors le produit annuel.
La pratique a montré à l'observateur que les meilleurs résultats étaient obtenus par une saignée tous les six mois, mais il néglige de nous indiquer s'il obtient une quantité plus grande que les 6 livres cidessus mentionnées. Le latex obtenu contient en moyenne 56 " j ^ d'eau qu'il faut d'abord laisser évaporer; il y a ici une certaine confusion, l'auteur n'exprimant pas clairement s'il s'agit du latex ou du caoutchouc, ce qui permet de supposer que le latex est dilué dans son volume de matières aqueuses dont il y a lieu de le séparer avant de pratiquer la coagulation proprement dite; un peu plus de précision aurait été nécessaire dans cette partie de l'ouvrage.
A Panama, un homme peut saigner vingt à vingt-cinq arbres par jour, à condition que la saignée soit faite rationnellement et avec soin. Les époques les plus favorables sont avril et novembre, tandis qu'au Mexique et au Brésil, on considère mai et octobre comme plus favorables:
tous les systèmes, y compris la spirale sont
employés, mais ne semblent pas avoir fait l'objet d'expériences comparatives. La coagulation se fait au moyen d'une solution de carbonate de soude, au contact de laquelle on agite de temps à autre le latex dans un tonneau. Au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, on lave le caoutchouc pour le blanchir et le débarrasser des impuretés. Les indigènes mélangent le latex avec une solution savonneuse, et malaxent le caoutchouc jusqu'à obtention d'un bloc consistant; comme partout, ils ^ profitent de cette opération pour y incorporer diverses suljstances étrangères.
(Jn peut avoir, à Panama, des grainos au prix de 23 cents la livie, et on compte sur mille graines à la livre.
L'auteur termine en énumérant les nombreux avantages de la culture du caoutchouc, qui donne un protiuit de haute valeur sous un faible volume, ce qui diminue proportionnellement les frais de transport, — dont les frais sont minimes dès que l'arbre a atteint sa troisième année, — qui semble jusqu'ici exempt des maladies qui sévissent sur les autres cultures, — et dont enfin la préparation des produits est moins coûteuse que celle de n'importe quel autre produit. Sur ce dernier point, nous ferons quelques réserves, en raison de l'extension prise dans ces dernières années par la préparation mécanique du caoutchouc; rappelons-nous qu'à l'Exposition de Ceylan l'importance des machines avait nécessité la création d'une section spéciale, et que du train dont vont les choses il sera bientôt nécessaire de monter de petites usines dans les ptantations de quelque importance.
Nous regrettons que les photographies qui ornent ce petit ouvrage ne soient pas mieux venues au tirage, cela diminue sensiblement l'intérêt qu'elles pouvaient présenter.
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JOURNAL DAfiRICULTURE TROPICALE N° 7:; — Septembre 1907