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PARTIE connERcmLE

Le Marché du Caoutchouc

Par MM. Kkcht frèrks & C'^.

Para fin. — Pendant la première quinzaine du mois de janvier, le caoutchouc Para a continué à monter; on a payé jusqu'à onze francs pour caoutchouc vieux de deux ans, 10,70 pour Haut-Amazone livraison avrilmai et 10,25 pour Bas-Amazône même li= vraison.

Mais sous l'influence de forts arrivages au Para et à Manaos, les cours n'ont pas tardé à baisser, et au moment oii nous écrivons ces lignes, il y a vendeurs de Bas-Amazône à

10 francs pour disponible et 10,10 pour avril-mai ; de Haut-Amazone, disponible à

10. Ce dernier prix vient d'être accepté même pour livraison mars-avril.

Les autres sortes du Para ont subi le même mouvement de baisse. Le Sernamby de Manaos vaut 8,10, celui de Cameta 7,10 celui du Para, 6,95.

Les boules du Pérou, qu'on avait surpayées, sont offertes à 8,10. On vient de traiter des Slabs disponibles à 7,05 ; mais on en attend prochainement de grandes quantités, ce qui ne peut manquer de faire baisser le prix de cette sorte.

Les recettes au Para, au 23 janvier, sont de 1.750 t., alors que celles de janvier 1902 étaient de 3.852 t. Il est probable que les recettes totales de janvier ne dépasseront pas 3.000 t. et que le déficit de la récolte act-

i8 JOURNAL D'AGRÎCU

tuelle, par rapport à la précédente, sera de près de 2,000 t. Certains prétendent que ce déficit sera doublé d'ici à fin juin, d'autres même, qu'il arrivera au triple, soit 6.000 t. Mais des personnes moins intéressées à la hausse disent que tout le déficit actuel provient des événements survenus sur la rivière Acre, dans le conteste bolivo-brérilien, et que l'accroissement de la production dans les autres rivières compensera presque le déficit particulier de l'Acre, si bien que la récolte actuelle égalera, ou à peu près, celle de 1901-1903.

Les statistiques générales donnent pour les diverses sortes, à fin décembre 1902, comparé au 3i décembre 1901, les chiffres suivants, en tonnes :

1902 1901 Sortes du Para. — —

Stocks à Liverpoo! g3g i-473

» à New-York yS 476

» au Para 400 368

En route pour l'Europe 1.060 1.160

» » pour New-York... 870 i.i5o

» » d'Europe à N. -Y. . . 10 lo

Total du stock visible 3.352 4.636

Arrivages à Liverpool 909 1.378

» à New-York 1-297 i.o5o

Livraisons à Liverpool 1.186 965

» à New-York 1.400 i.ioo

Arrivages au Para en décembre 2.990 3.528 >> )) depuis

le i"juillet i2.25o i3.635

Expéditions du Para en Eu-

» » rope 1.3 10 1.738

Sortes d'Afrique.

Stocks à Liverpool 414 711

» à Londres 232 638

» à New-York 267 gSo

LTURE TROPICALE N« 19— Janv. 1903

Arrivages à Liverpool

» à Londres

» à New-York

Livraisons à Liverpool

» à Londres

» à New-York

Stocks de toutes sortes 4.255 6.915

Les sortes d'Afrique sont toujours rares, et ont donné lieu à peu d'affaires. On a pavé à Bordeaux environ 8,70, pour 3.5oo kg. Boules rouges et i.5oo kg. Niggers, pris ensemble. Le Benguella est tenu à 7,25 et le Loanda 6,75 ; les arrivages de la colonie portugaise augmentent lentement ; on croit que d'ici peu le rétablissement du calme, après les troubles récents, se fera sentir dans cette partie de l'Afrique.

Anvers. — Le 2 janvier on a vendu 3o tonnes Kassaï et Congo Français, avec une hausse moyenne de 20 centimes; le 16 janvier on a traité 16 t. de diverses prove-nances des colonies françaises d'Afrique, avec une hausse de dix centimes seulement, malgré l'élévation des taxes; les caoutchoucs du Congo belge sont en effet les seuls en faveur à Anvers, Enfin, le 23 janvier, on a vendu 10 t. Haut et Bas-Congo, avec une hausse d'environ i5 centimes.

Le 27 janvier, aura lieu une vente importante,qui comprendra 622 t. du Haut-Congo belge,

Hecht frères & C'^.

75, rue Saint-Lazare.

Paris, 26 janvier 1903,

Thés cl'AnnAm

Par M. C. A, Guigon.

Dans notre n" 7, nous avons publié une note dromes indiqués dans mon article du n° 7

de M. C. A. GuiGON faisant la critique des thés ■d'Annam, et dans notre n^ 10 une. réplique très complète de MAL Lombard & C'*^^, les principaux producteurs de l'article incriminé. Nous recevons aujourd'hui de M. Guigon les lignes que voici :

Je suis obligé de reconnaître que les prô-

ne sont plus en harmonie avec les résultats acquis à l'heure actuelle.

Ma réponse s'adresse particulièrement à la maison Lombarp^ & C'" de Tourane, laquelle a eu la bonne insoiration de discuter mes

Noip j^^^v. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

appréciations. Ces Messieurs me font en premiers étant double (au-moins) de celle que même temps l'honneur de m'adresser la Ton rencontre dans les autres, série complète des échantillons des thés ré- En outre, les sortes fines ne sont plus,

coltés dans leurs plantations et préparés comme je le constatais en novembre, parfudans leur usine, par des Chinois rompus à mées à la feuille de rose ; J'y ai rencontré le ce travail et que M. Lombard est allé chercher parfum souple et onctueux du Jasmin que Je

prônais à cette époque. C'est, en somme, le procédé chinois qui est actuellement employé en Annampourla préparation entière du thé Il ne nous sera plus difficile maintenant de tenir en échec, avec nos provenances coloniales, les mêmes produits venant de Chine ou d'ailleurs. Nous n'aurons plus, nous vendeurs, à faire ce travail considérable dont )e parlais — faire accepter à nos acheteurs une forme nouvelle de feuille — puisqu'actuellement elle n'offre plus de différence avec les autres.

Parmi les échantillons reçus, J'ai sous les

en Chine.

Le cadre de votre revue ne me permet pas d'entrer à fond dans une étude détaillée concernant chacune des sortes qui m'ont été adressées ; mais il est sûr que la fabrication personnelle de la Société Lombard a fait, depuis 1897 où pour la première fois elle a importé du thé d'Annam en France, des progrès à ce point rapides qu'on ne saurait mieux les assimiler et les comparer qu'à ceuxréalisésà Ceylan, durantla période d'incubation de la culture du thé dans cette colonie. En ce qui concerne le type à grosse

feuille, elle ne peut que nuire au prestige Y^ux un type supérieurement préparé, dé

futur des autres types supérieurement préparés. Elle est pour nous, en quelque sorte, dans la conception que nous nous en faisons, le prototype mauvais de la feuille annamite.

M. Lombard, comme tous ceux qui font un commerce régulier de thé, serait bien inspiré en abandonnant cette feuille à la consommation locale indigène. Débarrassés de la main-d'œuvre annamite dans la préparation, MM. Lombard & C''^ nous promettent des thés qui ne le céderont en rien à leurs aines de Chine : une feuille normale quant à l'aspect, et de bonne qualité, le tout obtenable à des prix aussi avantageux que ceux antérieurement pratiqués pour la grosse feuille. Ils commencent à nous faire des offres dans ces conditions.

Indépendamment de cette sorte courante, ainsi rectifiée, base des transactions les plus nombreuses, ces Messieurs m'ont adressé une série d'échantillons (produits de leur manufacture;, de qualité réellement supérieure.

J'ai tout d'abord constaté ceci : Tous ces thés d'Xnnam tiennent davantage au palais

nommé « Laylang » . Par son aspect extérieur, cette sorte ressemble a s'y méprendre aux excellents « Ning-chow » de Hankow : le titrage en théine est même plus élevé. La comparaison devient cependant défavorable à la tasse, lorsque l'infusion est seulement tiède ; la force est plus grande, mais l'arôme ne tient pas aussi longtemps que dans les sortes de Hankow. J'estime quand même les progrès assez rapides pour qu'on doive se réjouir de l'obtention de tels résultats dans un laps de temps aussi court.

Deux autres sortes, également dénommées « Laylang », m'ont grandement fait plaisir. La conformation de cette feuille a quelque analogie avec celle de Shanghaï (« Moyam Hyson », thé vert), mais avec cette différence que la feuille d'Annam est noire veloutée. L'arôme en est exquis.

J'aurais aussi à parler de deux échantillons de thés soi-disant verts, mais je préfère attendre, comme M. Lombard me le fait espérer sous peu, de nouvelles préparations dans ce sens: en attendant ces résultats plus probants, nous continuerons à nous adresser à Shanghaï pour cette sorte.

J'ajouterai un souhait concernant la

que les provenan:es chinoises, l'infusion a théine :

plusdecorps,uneforcebeaucoupplusgrande, Ce corps, d'après toutes les analyses, se

la quantité de théine contenu dans les trouve en plus grande quantité dans les thés

.lOUHNAL DWGRICULTUKE TROPICALE N" 19 — Janv. 1903

d'Annam que dans toutes les autres prove- ces de girofle par exemple ? Nous sommes nances; pourquoi le Gouvernement neconcé- tributaires de l'Allemagne pour nos achats derait-il pas au commerce la faculté d'extraire de caféine, alors que nous avons actuellecette théine (caféine] dans les conditions le- ment à notre disposition une matière pregales qu'iloctroie pour l'extraction des essen- mière aussi parfaite. C. A. Guigon.

Produits divers

Les cours du café brésilien continuent à accuserun état d'extrême dépression. Voici, en effet, les cotes au Havre, sur mai 190?, qui résultent des bulletins de MM. Georges Maze & C"\ comparées à celles des mois précédents, sur ce même terme :

27 sep.

r> déc.

10 |an.

Et ceci, en dépit des statistiques de MM. DuuRiNG & ZooN, accusant, pour la première fois depuis un an, une diminution de Tapprovisionnement mondial ; en effet, au 1^'' janvier, il se trouvait diminué de 9.o3o tonnes par rapport à ce qu'il était au i^'' décembre; il n'en restait pas moins au chiffre fantastique de 774.330 tonnes, soit i3.i63.6io sacs.

Le caié Libéria de Java, jugé par le commerce de Rotterdam.

Extrait du Rapport annuel 1901 delà Chambre de Commerce de Rotterdam (« De Indische Mercuur », 5 août 1902, p. 586) :

<( A part quelques exceptions, les prix du café Libéria de Java sont restés peu satisfaisants pendant l'année 1901. Ce produit continue à souffrir de sa mauvaise réputation due au goût défectueux qu'il avait eu trop souvent les années antérieures. Peu à peu, cependant, ce goût s'est notablement amélioré, et beaucoup de plantations sont môme arrivées à livrer un produit dont la saveur ne laisse plus rien à désirer. Dans ces cas, les lots offerts ont atteint des prix beaucoup plus élevés, parfois même franchement satisfaisants.

La plus grande partie des Libéria présentés sur le marché de Rotterdam, n'en demeurent pas moins une marchandise inférieure Cl s:nt claires avec !es Brésil.

Il ne faut cependant pas perdre courage. Que les planteurs de Java fassent tout leur possible pour améliorerle produit. De notre côté, nous ne cesserons pas de faire comprendre aux acheteurs hollandais qu'ils ont tort de dédaigner le café de Libéria, et nous nous flattons d'arriver à les convaincre. »

Comparer avec ce que nous en avons dit dans les n°^ i, 2, 3, 5, 6, 8, 10, 14. 16 et [7 du « J. d'A. T. ..

La production de cacao au Cameroun

(Rectification)

Notre abonné, M. H. J. Monteirode Mexdonça, quia de très gros intérêts à San-Thomé, nous écrivait fin novembre :

c( Dansvotrecahier d'octobre écoulé, n" 16, << article de M. Harold Hamel Smith, Le ca- « caoyer en /l/r/y'z/e, p. 3o8, première colonne, (( je lis : « Les Allemands espèrent que le Ca- " meroun exportera 1 0.000 sacs en 1906. » « Or,dansle « Bulletin delaSociétéd'Etudes (I Coloniales » de Bruxelles, de septembre, « n" g, p. 522, on parle d'une production de « 50.000 à 60.000 centners (quintaux de « 5okg.) en 1905. Pourriez-vous m'expli- " quer lequel des deux renseignements est .' le bon? »

Nous avions justement l'occasion d'écrire à l'homme compétent, M. le professeur Warburg de Berlin, directeur du >' Tropenprtanzer » et propriétaire lui-même au Cameroun ; voici ce qu'il nous répond :

" Dès cette année, l'exportation du Came- H roun aura atteint 10.000 sacs au bas mot. .( Mais je ne crois pas qu'on arrive à pro- .( duire plus de 3o;00o sacs en 1905 ; plutôt « même, moins. On se trouve fatalement en- « traîné dans le sens de son désir, lorsqu'on (( esccr.Tptc Ta- c:rr, »

No 19— Janv. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Sur la qualité des cacaos de San-Thomé et de quelques autres provenances.

Lettre de M. Harold Hamel Smith.

Un de vos lecteurs de San-Thomé me de- 'inande des explications au sujet de la phrase ■suivante de mon étude statistique Le cacaoyer en Afrique^ publiée dans le n° 16 du « J. d'A. T. » :

« Depuis un certain temps on a vu arriver •des lots de cacao de San-Thomé très améliorés. »

Je m'occupe de cacao à Londres depuis i883 ; en comparant ce que j'y ai vu à <:ette époque et ce qu'on y vend aujourd'hui, l'e ne puis que répéter: Les cacaos de San- Thomé, et aussi ceux de Grenade, ont beaucoup gagné comme aspect et préparation.

Par contre, les cacaos de Trinidad accusent ^aujourd'hui, en général, une fermentation plutôt moins parfaite que jadis; la raison ■est que les producteurs n'y trouvent pas iewv compte, à prolonger la fermentation.

A en juger par les lots offerts à Londres,

Haïti aurait fort besoin de s'occuper

• davantage de ses cacaos: les gens devraient

au moins les bien sécher et ne pas les laisser

moisir, H. Habold Smith.

Maté

îlelevédans un document allemand :

La production du maté ou « thé du Paraguay» devient de plus en plus considérable. Une seule société, « Industrial Paraguay », a fourni, en 1900, 3.463.593 kilos. La pro- •ductiontotalea etede6.348.242 kilos. Laplus grande partie est exportée vers l'Argentine. Les essais faits jusqu'à ce jour pour introduire le maté dans le commerce européen n'ont pas grandement réussi, car la imanière dont le produit est préparé dans son pays d'origine ne convient pas aux Européens; en effet, dans ce pays, le maté «est finement pulvérisé, infusé dans l'eau et aspiré par une pipette métallique. Cepen- ■ -dant, dans ces derniers temps on a importé à Hambourg, du maté de fabrication allemande qui peut être employé comme le thé de Chine, cl il est possible qae ce produit arrive à vaincre la prévention actuelle.

Le commerce de la banane aux Etats-Unis

De M. E. De Wildeman, dans la <c Belgique coloniale » du 20 juillet 1902 :

On ne se fait qu'une idée généralement imparfaite du mouvement commercial auquel donne lieu la banane. Les Yankee, très frugivores, en font une consommation considérable.

En 1892, l'importation aux Etats-Unis se chiffrait à 25.728.000 francs; en i8g3, elle atteignait 27.470.000 francs; en 1898 35.400.048 francs.

En 1880, la République de Costa-Rica envoyait aux Etats-Unis, à titre d'essai, un chargement de 400 régimes de bananes.

Quatre ans plus tard il y avait au Costa-Rica 35o plantations avec 600.000 plants et l'exportation était de 425.000 régimes. En 1898, les expéditions étaient portées à 2. 33 1.536; elles atteindront bientôt 3 millions de régimes.

La Jamaïque expédie chaque année plus de 4.000.000 de régimes, valant plus de I '/.j million de dollars.

Cuba, Porto-Rico, le Costa-Rica, la République dominicaine, le Nicaragua, la Colombie, le Honduras, les îles Hawaï et d'autres pays circonvoisins expédient annuellement aux Etats-Unis des millions de régimes.

Les principaux ports d'arrivée sont New- York, la Nouvelle-Orléans , Philadelphie, Boston, Baltimore, San Francisco, Mobile, Savannah .

Les variétés les plus appréciées sur les marchés américains sont : la variété Martinique ou Jamaïque à gros fruits jaunes, dite figue La Rose, la variété de Cuba qui a des fruits courts et moins gros, avec une écorce d'un rouge foncé, la variété de la Trinité dite banane Gros Michel. L'Amérique centrale fournit une variété très grosse, à peau rosàtre.

Ces données seront comparées utilement avec celles que nous avons publiées dans les n"^ 11, i5 et 16 du " J. d'A. T. ».

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 19 — Janv. 1903

Kapok.

Plantation de la Société du Sigui. — Statistique hollandaise.

Les personnes qui ont pris connaissance de notre article sur le kapok, dans le n" i5, liront avec intérêt un paragraphe du dernier rapport annuel de la Société des Plantations du Sigui (<( Sigi-Pflanzungsgesellschaft ») dont l'exploitation se trouve dans l'Est Afri-

« une bonne partie de l'encaisse : Le kapok " est, en effet, très léger; or, le commerce « exige que les balles soient simplement fi- « cellées mais non point comprimées à la « presse mécanique comme le coton,

« Il a été importé, ces temps-ci, plusieurs « lots de kapok, dont quelques-uns fort im- « portants, à Rotterdam et à Brome, en proie venance des territoires allemands de la

cain Allemand, et le siège social, à Essen « Nouvelle Guinée. «

(Allemagne); nous citons d'après le « Tro- Nous lisons, d'autre part, dans le Rapport

penpflanzer » d'octobre 1902 : annuel du consul général de Grande-Bre-

« La Société possède actuellement 1 17.000 tagne en Hollande.

arbres à kapok ; la première récolte aura lieu cette année.

« Le kapok est très recherché en ce moment pour le rembourrage des matelas, et se paie dans les 5o pfennigs le V2 kilo. Un arbre peut produire jusqu'à 5 kilos. Il est malheureux qu'on ait à dépenser en fret

« Pendant l'année 1901, la Hollande a '( reçu au total 48.000 balles de kapok, « presque tout étant entré par Amsterdam. " Les cours sont, actuellement, exprimés en « valeurs anglaises, 7 ^ j^- d. à 7 '■^/,. d. per Ib.^ « pour qualité supérieure; 5 ''/s <^'^7^l'.i<^' per « Ib., pour c[ualité bonne. »

JlCTUflLITES

Introductions du Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne.

Le Jardin Colonial vient de publier la liste des plantes qu'il met en distribution pendant l'année 1903, du mois d'avril au mois d'octobre.

Les plantes otîertes sont destinées aux Jardins d'Essai des colonies françaises, aux établissements d'enseignement colonial et aux écoles d'agriculture de la métropole ; aussi, à titre d'échange, aux services scientifiques des pays étrangers.

La liste émanant cette année du Jardin Colonial contient un grand nombre d'espèces et de variétés utiles.

Le Jardin Colonial attache, en effet, une grande importance à l'introduction dans les colonies françaises des nombreuses variétés connues d'une même espèce de plante.

Cette année sont mises en distribution 27 variétés de bananes provenant du Brésil, «-e la Réunion, de Java et du Cambodge. Les

orangers sont représentés par une douzaine de variétés, introduites d'Adélaïde (Australie) et du Brésil. Autant de sortes de canne à sucre complètent la série des espèces offertes par variétés.

Parmi les plantes rares ou intéressantes, nous citerons VArtabotrys odorathsima qui fournit le parfum connu sousle nom d'ylangylang (i) ; \e Richardsonia scabra dont les racines constituent l'Ipéca ondulé du Brésil, plante importée pour la première fois en Europe ; le Maté ou Thé du Paraguay, //ex Paraguay e7isis \ le Coumaroiina odorata dont la graine, connue sous le nom de fève Tonka,. sert à parfumer le tabac à priser-; le Cephoelis ipecacuanha qui produit le véritable ipéca du commerce.

Dans la série des caféiers, plusieurs espèces se montrent, paraît-il, pour la première fois en Europe, à l'état de plantes vivantes. Ce sont : le Coffea comoensis^ originaire de la région du Como au Congo français ; le

;i) Comparez « J. d'A. T. » 1902, pp. 33.8-339.

N" iq — Janv. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Coffea caiiritiana ; le Coffea Hiimblotiana dont la g^rainene renferme pas de caféine (i).

Le cours de Culture du Muséum

Nos lecteurs habitant Paris, nous sauront gré de leur signaler le cours de Cultures coloniales professé au Muséum (Jardin des Plantes), par M. le prof. Costantin, le successeur de Maxime Cornu. Les leçons, accessibles à tous, ont lieu le mercredi à une heure, dans l'amphithéâtre des anciennes galeries d'Anatomie comparée, et sont accompagnées de présentations d'échantillons, et de projections.

La première leçon a eu lieu le 17 décembre; la clôture aura lieu en avril.

Pour cette année scolaire, M. Costantin a choisi pour objets : i) Les plantes à caoutchouc ; 2) Les moisissures industrielles d'Extrême-Orient.

P. S. — Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la création au Muséum, pour le mois de mars, d'un enseignement colonial nouveau, destiné à remplacer les Leçons aux Voyageurs, reconnues insuffisantes, parce que trop brèves.

Préparation et conservation de la farine de manioc sur le Rio Béni.

Par M. Paul Cibot.

M. P. DES Grottes ayant signalé, dans le •n" 16, la difficulté qu'on éprouve, à la Martinique, à conserver en bon état la farine de manioc audelà d'un petit nombre de jours, M. Paul Cibot veut bien nous communiquer à son tour les souvenirs que lui a laissé ce produitalimentaire, d'un usage général dans le bassin de l'Amazone. Notre correspondant s'en est nourri lui-même et en a nourri une nombreuse équipe d'ouvriers, sur le Rio Béni (Bolivie), pendant près de six ans; il en a acheté, il en a aussi produit sur place. Il résulte de ce témoignage qu'avec certaines précautions la farine de manioc se conserve pendant plusieurs mois, non seulement en flacons — ce qu'atteste aussi M. DES Grottks — mais en simples sacs bien conditionnés,

La farine de manioc, consommée soit par les seringueros (récolteurs decaoutchouc) au

II) Un mémoire de M. Bertrand, de l'Institut Pasteur, sur l'intérêt qii'olîre cette espèce, a paru dans le « Bulletin du Jardin Colonial ».

cours de leur séjour dans les forêts, soit par les équipages des pirogues qui font les transports du caoutchouc et des marchandises est tirée de l'espèce dite manioc doux.

La plantation se fait en terrain léger, au commencement de la saison des pluies. On fait à la bêche de petits trous rectangulaires de o m. 20 de long sur o m. i5 de large et o m. i3 de profondeur, distants de i mètre.

Dans chaque trou on dispose, en long, deux tronçons de branche bien mûre (boutures) de o m. 3o de long et sur lesquels doivent exister au moins deux bourgeons; ils sont posés en sens contraire, l'une des extrémités de chaque bouture dépassant de quelques centimètres l'orifice du trou et l'autre touchant le fond de celui-ci; puis le trou est rempli de terre que l'on tasse légèrement.

Au bout de douze mois environ, on a des tubercules, plus ou moins développés, suivant la nature du terrain, et qui sont bons à arracher ; après un an, les tubercules deviennent fibreux et perdent le délicieux goût de châtaigne que la cuisson sous la cendre développe chez ceux qui sont mangés à temps.

Pour faire la farine, les tubercules sont d'abord épluchés, c'est-à-dire débarrassés d'une écorce très mince, de quelques millimètres d'épaisseur à peine et qui se détache assez facilement au couteau; puis, ils sont lavés à l'eau froide, pour enlever les parcelles de terre et les impuretés.

Ils sont passés ensuite sur des râpes de fer blanc, et la pulpe qui résulte de ce râpage, est mise à sécher sur des claies ou des toiles, sans lavage; on ne lave que lorsqu'il s'agit d'extraire l'amidon dont se servent les femmes pour empeser leurs jupons.

La farine séchée est passée au feu dans des « tiestos » (grands plats de terre cuite) où elle est bien grillée ; puis, refroidie, elle est mise dans des paniers fins ou des sacs de toile forte; et nous en avons conservé ainsi en bon état pendant plusieurs mois. Dans des dames-jeannes en verre nous en avons gardé plus de six mois, mais il faut, reconnaître qu'au bout de ce temps la farine prenait un goût amer et piquant.

Dans celle qui est conservée en sacs, mal

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N« 19 - Janv. ,90?

fermés, on trouve quelquefois, au bout de deux mois, de petits vers qui la détériorent promptement.

La farine de manioc est consommée le plus souvent trempée dans l'eau additionnée de sucre non raffiné; cette boisson, mélangée de farine, est à la fois rafraîchissante et nourrissante.

Après de longues marches sans eau à travers des pampas brûlées, nous avons pu boire presque sans arrêt plus de deux litres d'eau mélangée de farine et de sucre, sans être jamais incommodé.

P. CiBOT.

Tourteaux de pulpe d'Elaeis.

Extraits et communications de MM. Daniel, FoNssAGRivES et Le Testu.

M.Jkan Daniel, que nous avons eu déjà plusieurs fois l'occasion de citer (V. Annonce bibliographique n" 237 dans le « J. d'A. T. » d'octobre I 902, et p. 348 dans le « J. d'A. T. » de novembre 1902), donne à la p. I 2 de son mémoire Le Palmier à huile au Dahomey un curieux renseignement sur la pulpe épuisée du fruit de ce palmier; il estime que ce résidu pourrait s'exportera l'égal des tourteaux de graines oléagineuses :

« Au Lagos anglais » dit-il « la pulpe « est recueillie avec soin, séchée à l'air et « vendue aux commerçants européens qui en <( exportent de grandes quantités en Europe « où elle est traitée chimiquement pour en « extraire l'huile. Ce résidu se paie environ « 3 livres la tonne, soit jcentimes et demi le <( kilogramme. »

Il y revient dans ses conclusions (p.

« Il faut que dès à présentie commerce de '< la pulpe soit provoqué, ce qui ne com- " porte aucune modification dans la fabrica- « tion indigène, et que l'exportation puisse '< s'établir au Dahomey pour ce déchet qui " est vendu couramment sur les marchés de « Lagos » .

Cette indication de M. Daniel nous a fappé d'autant plus qu'on ne rencontre rien

de semblable dans la monographie agricole la plus récente du Palmier à huile, celle de Pi^puss, publiée il y à peine quelques mois, dans le « Tropenllanzer. »

Nous avons cherché à nous renseigner davantage sur la matière, et nous avons eula bonne fortune de trouver quelques données complémentaires auprès de M. Georges^ Le Testi-, jeune ingénieur agronome qut revient justement du Dahomey.

M. Le Tr.sTij nous dit qu'il a souvent rencontré sur les marchés du Dahomey des boules, de grosseur variable, faites avec les fibres de la pulpe épuiséedu Palmier à huile et que les noirs emploient comme combustible ou, plus exactement, comme allume- feu. Il nous signale d'autre part une référence bibliographique qui mérite d'être relevée. Ei> effet, on peut lire dans Fonssagrives, Notice sur le Dahomey, à l'occasion de r Exposition Universelle de iqoo, p. 354 (Nous citons textuellement, sans essayer de corriger les termes employés pour désigner les diverses parties du fruit) :

<( Pulpes. — Après avoir enlevé l'huiler « pour la soumettre à l'action de la chaleur, « on retire des premiers récipients la pulpe- « des amandes de palme que les indigènes « utilisent pour la cuisson de leurs aliments ;. « aussi est-il impossible de s'en procurer au « Dahomey. Sur la Côte d'Or anglaise, au (( contraire, on en expédie de grandes quan- .( tités en Europe où elles sont sou- (( misesà une action chimique qui leur fait « rendre de 3o à 35 % d'huile de pal- « me. »

Nous regrettons de ne pas posséder de correspondants réguliers au Lagos; mais ces^ pulpes desséchées (ÏElœis ne sauraient guère s'exporter qu'à destination de Liverpool, qui est le grand marché des coloniesanglaises de l'Afrique occidentale. Nous serions très obligés à nos amis dans ce port,, de vouloir bien nous communiquer des détails circonstanciés concernant le commerce de ce sous-produit.

'^To ^^ j,j,v. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Coquito de aceite.

Description du fruit. — Bibliographie, etc.

(Ti'oisième lettre de M. le D"" Lopez y Parra).

M. le D'' Lopez y Parra nous envoie de Mexico, à ladatedu 17 décembre, comme suite à l'enquête «ngagée dans les précédents n°'" de ce Journal (v. « J. d'A. T. », n" 14, ann. bibl. 2o5 ; n^ 16, p. 3i6; no 17, p. 343; n"^ 18, p 38o), une note des plus intéressantes, dont M. Alberto Pedrosoecu rexiréme amabilité d'établir à notre usage la tra- -duction française :

« Cher Monsieur, je vous envoie six fruits du palmier que nous connaissons ici sous le nom de Coquito de Aceite, littéralement < petit coco à huile ».

« En faisant une coupe transversale du i"ruit, vous pourrez voir qu'il est formé de quatre parties. L'enveloppe extérieure, que nous nommons « estopa », littéralement « étoupe »,ou K bourre », estformée d'un tissu •iibreux qui n'a aucune sorte d'emploi, pas ■seulement comme combustible, car l'estopa produit très peu de chaleur.

« La deuxième couche, qui peut avoir au plus un millimètre d'épaisseur, est formée d'une chair ou pulpe qui se dessèche très vite, en se confondant avec l'estopa. Lorsque le fruit est encore tendre, cette couche a la couleur de la chair du Mammea amei'icana '.(Jaune rougeàtre], et quelques personnes la mangent ; mais il faut pour cela que les ■oiseaux aient fait tomber le fruit avant maturité complète.

« La troisième partie constitue la coque proprement dite que nous nommons « hueso », c'est-à-dire « os ». En effet elle est aussi dure que l'os. Elle a sept à huit millimètres d'épaisseur. C'est deccttecouche que j'entends parler à la page 29 de ma brochure.Je ne vois pas biencomment elle pou r /rait contenir de l'huile.

« Enfin cette enveloppe osseuse abrite l'amande que nous appelons ■< Coquito de Aceite » et qui est la seule partie utilisée pour l'huile, dont elle contient jusqu'à 60 et (65 % .

« Les noix que je vous envoie, vous donneront une idée très exacte du fruit de ce palmier, tel qu'il se présente au moment de la chute à maturité parfaite.

<< Depuis que vous m'avez mis en garde contre l'identification du coquito avecTiT/a^w, je me suislivré à quelques recherches bibliographiques et j'ai trouvé dans une publication du Département d'Agriculture des Etats- Unis, Usefiil Plants of Mexico^ par Rose (Contributions from the U. S. National Herbarium, vol. V, n" 4) à la page 232, l'indication que voici :

« Attalca Cohune M art. Nom local. Cote quito.

<' Un palmier, connu dans le commerce •' sous le nom de coquito, pousse en abon- « dance dans la région de Manzanillo et « fournitde grandes quantités d'huile, expor- « tée par voie maritime, à destination des « villes du littoral. Cette huile sert à la sa- « vonnerie.

« Je n'ai pas eu en mains d'échantillons " authentiques suffisants pour déterminer « l'espèce avec certitude. C'est à titre provi- « soire que je range le palmier en question « sous le nom botanique à'Attalea Cohune.

« Comme je vous l'ai déjà fait savoir une « première fois, je me mets à votre entière « disposition pour tirer au clair cette affaire.

« Agréez, etc.,

D"" Rodrigo Lopez y Parra.

Deux des six noix de notre aimable correspondant de Mexico ont été transrnises par nous à Berlin, à M. Udo Dammer ; ce botaniste y a reconnu un /l//a/(?a, mais sans oser se prononcer quant à l'espèce; il désirerait recevoir un nombre plus grand de noix, afin de pouvoir bien juger de leur grosseur moyenne, ainsi que des maxima etminima; il aurait besoin également de quelques fruits recueillis intacts et ayant conservé, en particulier, leur pointe; de même, de feuilles et de fleurs.

La lettre de AL Tdo Dammep, que nous n'avons pas eu encore le temps de faire traduire, sera publiée dans notre prochain numéro. Nous avons tenu à exposer dès aujourd'hui ses rfe.y/û^eratci, et ne doutons point que M. le D'' Lopez y Parra ne veuille achever l'œuvre si bien commencée, en faisant recueillir des matériaux botaniques complets.

Il aura le grand mérite d'avoir tiré au clair un point embrouillé de botanique économique, et qui n'intéresse pas seulement le Mexique, mais encore divers pays de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud. Aune récente séance de la

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 19 ~ Janv. 1903

section agricole de la Société française de Colonisation, il a été rappelé que des noix d'Attalea avaient figuré, sous le même nom erroné d'Elœis, dans le pavillon du Guatemala à l'Exposition Universelle de 1900. Ils avaient ceci de particulier que les trois quarts étaient vides et percés d'un trou rond d'assez fort diamètre, porte de sortie de l'insecte ayant dévorél'amande. Cet insecte, un çoléoptère du genre Bruchus, a pu être recueilli, mais sa détermination n'a pas encore été publiée. M. Jules Poisson nous informe de son côté, que des noix identiques aux nôtres figuraient en 1900 au pavillon du Mexique, sous le nom d'Attalea Cohitne.

à la condition d'avoir plus de 25o francs par hectare, sans quoi inutile d'y songer.

Agréez, etc. Edmond Dazey.

Un nouveau décortiqueur pour arachides

(Deux lettres de M. Augusto Cardozo).

Le problème des décortiqueurs d'arachides, réclamés à cor et à cri par les planteurs et les exportateurs de l'Inde et du Mozambique, a été posé dans ce Journal dès son premier numéro ; en particulier, par M. Poulain et M. le colonel Paiva d'ÂNDRADA. M. Main l'a repris dans le no 10. Aujourd'hui, c'est M. Augusto Cardozo qui nous écrit du Mozambique :

« Un de nos amis d'ici vient d'inventer une machine à décortiquer l'arachide, qui me parait appelée à un grand avenir.

« .T'ai vu fonctionner le modèle très imparfait que l'on a pu construire ici, et j'ai trouvé le travail excellent : Le déchet n'est certainement pas de 3 p. 100, et les différentes grandeurs d'arachides sont décortiquées simultanément. Ce petit modèle fonctionnait très mal mécaniquement, mais le résultat était parfait et l'arachide sortait comme si elle avait été décortiquée à la main. »

Et 20 jours plus tard :

« Je prépare en ce moment une plantation d'arachides de 5o hectares, et comme il n'est pas possible de l'exporter en coques, vu le fret, il faut absolument que je me procure un tenter de ce bénéfice pour une culture indus- décortiqueur, La machine inventée par mon trielle, surtout en comparaison des bénéfices voisin, dont je vous ai parlé dans ma dernière de l'industrie. lettre, est une machine de précision, et on

La marche de la ramie semble devoir n'arrivera jamais à en construire une dans de prendre une impulsion intéressante; d'une bonnes conditions avec les moyens dont on part, une nouvelle machine produit du véri- dispose au Mozambique; je ne pourrai donc table China-grass en quantité suffisante pas compter sur elle pour ma récolte de mars comme rendement; d'autre part, Lille assure prochain. Il faudra me procurer l'une ou le débouché de la ramie sèche; si on peut l'autre des machines existantes, fussent-elles obtenir le séchage des tiges, c'est donc une moins parfaites. ». assurance certaine de débouchés.

D ICI deux mois, ) aurai une plantation d'environ 20 hectares, qui servirade preuve Défauts du caoutchouc d'Hevea de la authentique de cette culture en enlevant Station botanique de Penang.

toute erreur sur les rendements probléma- D'après C. Curtis.

tiques ; et après les expériences de séchase, , . • • - . j 1 1 ,.^» a^

, . ^ «-0 uv, o», xdgv., La note traduite ci-apres est de la plume de

de traitement en sec ou en vert, le colon sera jvi. C. Cubtis, superintendant des cultures fores-

fixé sur son rendement, et il plantera, mais tières du Service botanique de la colonie, et est

Ramie.

Lettre de M. E. Dazey.

M. Edmond Dazey nous écrit d'Alger à la date du 19 décembre 1902 :

Je vous prie de m'excuser d'avoir tant tardé à vous répondre, mais, fort occupé et malade, j'ai toujours remis ; je me décide enfin à vous écrire.

Je réclame contre la note finale que vous avez ajoutée à ma lettre du n" 16.

Je n'avais jamais compris autre chose que ce que tout le monde comprend : que 25o fr. s'entendent bien pour le net à l'hectare ; on ne pouvait songer à cette somme comme rendement brut, puisque les frais la dépassent et, pas un planteur ne saurait se con-

N" iq — Janv. iqo3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

datée de Penang, 24 septembre looi. M. Curtis est l'un des pionniers de la culture du caoutchouc dans la presqu'île de Malacca. C'est au « India Rubber World » qu'il écrit (numéro de décembre igoi) et c'est la Rédaction de ce périodique qui a ajouté le commentaire. Nousavons déjà eusouvent l'occasion de citer M. CuRTis dans le « J. d'A. T. » en particulier dans les n'^- 2 et 5 (août et novembre 1901). L'arbre même dont il s'agit, célèbre par ses hauts rendements, a été décrit en détail dans ces numéros.

Nous aurons d'ailleurs, probablement, à y revenir encore très prochainement; car il nous semble avoir aperçu, dans la presse locale de ces derniers mois, des cotes de caoutchouc d'Hevea, de même provenance, et qui se rapprochaient bien davantage de celles du Para d'origine; l'hypothèse du « L-R. -World )', sur la dégénérescence de l'espèce par la faute du climat, apparaîtrait en ce cas comme prématurée.

Nous allons faire des recherches pour retrouver le aocument en question. En attendant, on lira toujours avec intérêt la communication du directeur de la Station de Penang :

Un Hevea brasiliensis de Waterfall (Penang) a été saigné cinq fois dans Tespace d'un peu moins detrois ans; il a donné 1 2 livres '/^ de caoutchouc sec, marchand, en quatre fois; et 2 livres à la dernière saignée. L'arbre ne donne aucun signe d'épuisement. Il est âgé de 16 ans. Il est d'ailleurs dans un terrain sablonneux sec, qui ne lui convientpas; dans un sol approprié, tel que le possèdent la plupart des colons de la région, le même arbre aurait certainement atteint en huit ans les proportions que nouslui voyons aujourd'hui.

Commentaire du ( I.-R. -World » :

Le caoutchouc recueilli a été, après coagulation spontanée, exposé àlafumée de coquilles de noix de coco, puis laminé; dans les casoù le latex s'est trouvé mélangé d'eau de pluie, on a hâté lacoagulation par l'addition d'alun oud'alcool. Cen'est donc plus du tout le procédé de coagulation classique, par l'action directe de la fumée chaude de noix sur le latex frais, telle qu'elle se pratique au Brésil. Le caoutchouc de M. Curtis a été soigneusement étudié par les spécialistes ; il vaut 60 cents la livre, en supposantque le Para fin soit à 80 cents; il ressemble d'ailleurs plutôt au caoutchouc de Pernambuco qu'à celui de Para. Il est beaucoup plus mou que le Parafin et même que le Para inférieur (Ser-

namby), et ne leur est nullement comparable comme fibre. Il est, ensomme, défibre courte et ne saurait convenir à la fabrication des fils, des bandes élastiques, etc.

En solution, il s'altère rapidement et ne saurait donc entrer dans la composition des cimentsde haute qualité. Enfin, avecletemps il se ramollit, tandis que le caoutchouc de Para vrai durcit en s'oxydant. La cause de ces différences de propriétés réside probablement dans le mode de coagulation, qui ne vaut pas le procédé delà fumigation directe. Peut-être aussi y a-t-il altération de l'arbre lui-même, transportéedansun climatquin'est pas exactement celui de son pays d'origine. En résumé, la caoutchouc de Penang a de la valeur, il se vendra toujours bien ; mais il n'est pas l'égal du Para fin, ni même du Sernamby de l'Amazone.

Les chevaux au Concours agricole de Tananarive.

Extrait d'une lettre adressée au « Bulletin de Renseignements coloniaux » par son correspondant de Tananarive, à l'occasion du 4= Concours agricole, qui s'est tenu dans cette viUe du 16 au 18 mai 1902 :

L'exposition chevaline constituait la plus importante section de ce Concours. On ne comptait pas moins de trois cents Equidés, prouvant par l'élégance de leurs formes, la régularité de leurs aplombs et la force de leur charpente, que le problème de la transformation et de l'amélioration de la race locale était en partie résolu. Le système du métissage, consistant à développer les aptitudes et à fixer les caractères de la race par des croisements continus des étalons européens ou arabes avec des juments du pays, a produit les résultats qu'on en attendait et queTexhibition de cette année a pleinement confirmés. On peut dire que Madagascar est aujourd'hui doté d'une race chevaline adaptée à son climat, possédant les qualités des espèces importées, tout en présentant, selon les lois zoologiques connues, les qualités de résistance et de sobriété de leur souche d'origine qui en font des animaux de toute première qualité. C'est là un grand point acquis, tant pour l'industrie des transports que pour l'agriculture dans la Grande Ile.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 19 — Janv. , 90?

Lies essences de Citrus en Italie

D'après M. Wuntsch

Le " Bulletin des Sciences pharmaceutiques " d'août igo2 donne, à l'occasion d'une analyse bibliographique, des détailsfort précis sur les procédés de fabrication en usage en Italie; ils sont empruntésà un travail allemand, de M. ^^'uNTscH, qui a paru dans les six premiers numéros de 1902 de la >' Pharmaceutische Post » de Vienne et paraît très important. Nous allons tâcherde nous procurer l'original ; en attendant, il faut nous contenter de l'analyse, d'ailleurs très bien faite. Dans un de nos prochains numéros nous publierons, sur la fabrication des essences à l'aide de machines, une très intéressante lettre d'Amérique de M. Sheehan, qui attend son tour dans nos dossiers depuis plusieurs mois déjà. Depuis un certain temps, ce Journal se trouve beaucoup trop petit pour loger l'avalanche de matériaux qui nous arrivent de tous côtés.

Le siège de Torangeret du citronnier dans l'île de Sicile, se trouve dans les plaines le long de la côte ; la culture de la bergamote se fait dans la Calabre. L'exportation des essences de Messine était en 1899 de 627. i 14 kg, avec une valeur de 8.155.482 lires; de Reggio, 89.890 kg., avec une valeur de i.52S.i3o lires. L'essence de citron est obtenue du citronnier, Citj'iis Limonum Risso; l'essence de bergamote, du Citrus bergamia Risso ; l'essence de mandarines, du Citrus madurensis Loureiro ; l'essence d'oranges, du Citrus Aurantium YK\sso\ y essence d'oranges amères, du Citrus Bigaradia Risso.

Pour la production de l'essence, ne servent que des fruits non mûrs, chassés par le vent sirocco, ou des fruits endommagés; les beaux fruits sont encaissés pour l'exportation. Pour l'obtention de la plus grande quantité des essences de la Sicile et de la Calabre, on presse, en général, les écorces à la main . Pour les citrons et les oranges, on se sert ordinairement de la méthode à l'éponge ; c'esi-à-dire que l'ouvrier, après y avoir fait des incisions avec un couteau, presse l'écorce fortement sur une éponge. L'éponge, remplie d'essence, est vidée dans un vase en grès. Il est à noter que l'éponge doit être renouvelée après quelques jours, parce qu'elle perd bien vite la faculté de sucer l'essence.

Pour l'essence de bergamote, la méthodeà la machine est préférée. On a essayé d'employer cette méthode aussipour les citrons et. les oranges, mais on a dû y renoncer bientôt, parce que la machine ne convient que pour des fruits de même grandeur et complètement ronds. On a calculé que pour 60.000 livres siciliennes d'essence de bergam-Ote, il a fallu un travail de soixante-quinze jours avecdeuxcent dix-huit machines, dont chacune est maniée par deux personnes.

Depuis quelques années, surgissent des fabriques avec des machines à vapeur, dont la plus ancienne est celle de Sanderson, à Messine. Ces machines ne sont montrées que très rarement auxétrangers, leur construction est tenue secrète.

En moyenne, on compte, pour i kg. d'essence : 2.3oo citrons, 1.800 bergamotes^ 2.400 oranges, 5.400 mandarines.

L'essence aiiosi obtenue est mélangée de suc. Celui-ci, ainsi que les impuretés, se déposent. On filtre à plusieurs reprises, et l'essence est mise en vente dans de petits ballons en cuivre étamé.

Une troisième méthode pour obtenir l'essence, la distillation, est rarement usitée : l'essence, quoique plus claire, est moindre; elle a une odeur moins forte et moins suave^

L'ouvrier travaille, en général, seize heures par jour, pour gagner 2 fr. 5o. Il coupe ordinairement le fruit le matin, lave l'écorce et la laisse sécher jusqu'au soir. Il commence son véritable travail vers i heuredansla nuit.

Le citronnier, fleurissant pendant tome l'année, porte des fruits quatre fois par an> Pour l'essence, on se sert généralement des fruits d'hiver.

Culture et exploitation de la coca au Pérou.

M. Alberto Pedroso nous signale, dans les Rapports au Ministère de l'Agriculture du Pérou^ de MM. Vanderghem, Van Hoorde. Michel^ Marie et Declepq (ln-i2°, 212 pp.; en français;. éd. otT., Lima 1902) une page sur la coca, que nosabonnés liront avec intérêt, après ce que M. O. de: Santa-Cruz leur a dit de la même culture en Bolivie (v. " J. d'A. T. '., n" 17., p. 345). Ceitepage

No ,0— Janv. iqo3 journal D'AGRICULTURE TROPICALE

fait partie du chapitre intitulé « Lesvaliées du versant oriental des Andes >; :

En descendantla Quebrada, à la végétation des hauteurs rudes et froides succède, vers 2.3oo mètres, l'exubérance des tropiques. C'est vers cette altitude que la canne à sucre fait son apparition. C'est également là que commence l'aire si restreinte de la coca.

Cette plante possède en effet sa sphère d'habitation bien définie, en dehors de laquelle elle croit mal ou pas du tout. Ainsi, dans la vallée de l'Urubamba, il est bien connu que la coca atteint sa végétation la plus belle, et oii la richesse en cocaïne est à son maximum, entre Challay et Maranura.

La canne à sucre, dansces contrées, atteint une production remarquable. A côté de la culture et distillation de la canne, figurent la culture et le travail delà coca.

Cette plante curieuse demande une terre particulière, un sol assez pierreux, schisteux. Elle est semée en pépinière. La graine est très délicate et ne conserve que deux ou trois moisson pouvoir germinatif. Le jeune plant, trèsdélicat dans la pépinière, nécessite un abri, qui est constitué par de la paille de canne ou de maïs, supportée sur des perches. Au bout de quelques mois, il est transplanté dans un terrain bien ameubli, au fond de sillons dont la crête est déjà occupée par la yuca (manioc], qui constituera un abri en même temps qu'elle donnera un produit de plus. Le terrain, souvent envahi par les mauvaises herbes, demande un nettoyage minutieux. La durée d'une plantation de coca est très variable : elle varie, suivant les stations, de cinq à trente ans ; cependant, l'époque de richesse maximum en cocaïne oscille entre trois et huit ans. C'est, du reste, aussi la période de production maximum.

La première année de plantation, la coca ne produit rien, et l'on ne fait que la récolte de la plante-abri 'manioc .

Progressivement, la production augmente, pour atteindre son maximum, qui est de quatre récoltes de feuilles par an. Chaque récolte donne par topo (3.214 mètres carrés) 25 arr.obes (i arrobe = i i kilos) ; ce qui fait une production de 100 arrobes par an

et par topo; chiffre qui peut se maintenir pendant 7 et 8 ans.

La récolte est faite par des femmes, payées à raison de 20 centavos par joui. On estime que la coca est bonne à être cueillie quand, en pinçant le pédoncule de la feuille, il se casse aux deux tiers supérieurs.

La récolte est étendue sur une aire, constituée par de grosses pierres d'ardoise, pour être séchée à l'air libre.

Le séchage terminé, il ne reste plus qu'à presser les leuilles en ballots du poids de une arobe. Six ballots semblables constituent la charge d'une mule.

Fermentations rationnelles

Les Laboratoires Jacquemin. — Levures de bière pour pays chauds. — Levures pour mélasses non dénitrées.

G. Jacquemin : Travaux du Laboratoire de recherches scientifiques et industrielles de Mal^éville .

Cette brochure, de 48 pp., est destinée à faire connaître les travaux des Laboratoires Jacquemin, consacrés à l'étude des fermentations rationnelles.

Les principes de ces fermentations y sont tout d'abord espacés, surtout au point de vue de leur mise en œuvre pratique. Leur application à la distillerie de mélasses et de betteraves y est spécialement décrite, ainsi que les principes de vinification et de cidrification d'après des méthodes perfectionnées.

L'auteur expose enfin un procédé lui permettant de préparer une bière remarquablement stable, à l'aide de levures basses dont les conditions d'existence ont pu être spécialement modifiées, et qui peuvent effectuer la fermentation à des températures supérieures à 20°C.; ce procédé serait d'une importance capitale pour les pays tropicaux, où il permettrait d'éviter l'emploi d'énormes quantités de glace, nécessité par les procédés usuels de brasserie. Les conditions de fabrication, de conservation et d'expédition de la bière deviendraient ainsi, d'après M. Jacqi:f.min, remarquablement simplifiées. La bière préparée avec ces levures serait vendable trois semaines après son brassage, ce qui réaliserait une économie de

3o JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N-^ 19 — Janv. 1908

temps assez considérable, et permettrait du colonel S. S. Harvey, sur la culture des

d'accroître la production sans augmenter le fruits à Cuba. Je crois que ce journal se

matériel. publie à la Havane. Voici la traduction des

Nous ne saurions terminer cette analyse principaux passages : sans exposer le procédé de fermentation des « En cette saison de touristes et de chermélasses de betterave sans dénitrage préa- cheurs d'affaires lucratives, je me vois obligé lable, découvert par M. H. Alliot, directeur de consacrer beaucoup de mon temps à rédes Laboratoires Jacquemin. Pour nos lec- pondre à des questions touchant l'avenir de teurs, ce procédé est intéressant surtout par la culture des fruits à Cuba. J'estime que sa portée générale : Cuba peut produire des oranges, citrons et

M. Alliot est arrivé à utiliser directement pamplemousses de toute beauté, » les mélasses, que la présence décomposés « Il y a des millions d'acres de terres de la nitrés et de sels organiques à base de potasse plus belle qualité, qui s'y prêteraient. Les et de soude, toxiques à divers titres pour les meilleures terres pour la culture des Citrus, levures, rend infermentescibles. Jusqu'ici, sont les collines douces, de terre rouge. On pour pallier à cet inconvénient, on prati- trouve des citronniers sauvages sur les terres quait un dénitrage des mélasses, opération rocheuses, au bord de la mer, sur plusieurs onéreuse, exigeant l'emploi de l'acide sulfu- points de la côte nord ; mais en règle générique et de la chaleur. M. Alliot a réussi à raie les localités les meilleures se trouvent à faire agir la levure en présence de ces com- quelques milles plus loin vers l'intérieur, posés, qui, normalement, jouent vis à vis « Je considère le climat de la côte nord d'elle le rôle d'antiseptiques. de Cuba comme très favorable aux Citrus,

C'est par une sorte d'entraînement orga- ainsi d'ailleurs qu'à bien d'autres fruits,

nique que l'on arrive à obtenir cette tolé- « Les pluies durent de mai à octobre,

rance de la levure pour des produits toxi- elles diminuent en novembre; pendant cette

ques. M. Alliot isole ceux-ci en distillant saison il y a des averses plus ou moins abon-

un peu de mélasse étendue de son poids dantes presque tous les jours. Cela fait du

d'eau et additionnée de 4 gr. d'acide sulfu- bien aux arbres. Sur des terres bien drai-

rique par litre; puis il les ajoute, par petites nées, ils ne peuvent jamais avoir trop d'eau,

doses successives, à des cultures pures de durant cette période.

levure. Celle-ci s'accommode graduelle- "■ C'est précisément un très grand incon-

ment à ce régime, et devient finalement vénient en Floride et dans une partie de la

suceptible de faire fermenter des mélasses Californie, que les arbres, et les fruits même,

simplement diluées à froid et additionnées y souffrent du manque d'eau pendant la pé-

de I gr. 5o d'acide sulfurique par litre. riode la plus active de la végétation.

Ce procédé, très souple, est susceptible de « Au commencement de l'automne etpen-

seplier aux exigences particulières à chaque dant les mois d'hiver, la côte nord de Cuba

cas; il a été breveté et a fait l'objet d'une a des nuits et des jours frais. C'est parfait

Note à l'Académie des Sciences. pour avoir de beaux fruits; ils mûrissent

H. Neuville. pendant ce temps. Je suis sûr que le versant nord du Cuba, depuis le centre de l'île jusqu'à l'ouest, produira des fruits m.eilleurs,

, j ^ , i . plus sucrés, de meilleure qualité que ceux

Les avantages de Cuba, pour la cul- ^ ' . .

ture des oranges et des ananas. de la Jamaïque ou de Porto-Rico, a cause

T^, V o o TT que nous avons un temps plus froid à l'épo-

D après S. S. Harvey. ^ r •

que de la maturité des fruits.

M. Alberto Pedroso nous écrit: « La culture des fruits du genre Citrus à

Cher Monsieur, je vous envoie ci-joint Cuba peut-elle laisser des bénéfices, aujour-

une coupure du journal (v The Post » du d'hui que nous avons à payer des droits

mois d'octobre dernier, donnant l'opinion d'entrée considérables aux Etats-Unis ? J'y

N^' iQ — Janv. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

réponds affirmativement : car nous pourrons y envoyer de nos fruits à une époque où aucune portion des Etats-Unis n'a de fruits frais à offrir. La totalité de notre récolte marchande pourra être exportée en octobre, novembre et décembre.

.( Quel sera le rapport d'une plantation d'orangers à Cuba ?

« Je compte sur soixante-dix arbres à l'acre. En Floride, des arbres de douze ans donnent souvent 40 caisses par arbre. Je trouve qu'iciles arbres produisent plus abondamment et plus tôt : à quatre ans ils produisent déjà une quantité de fruits appréciable. Je me fais fort de prouver qu'en achetant 100 acres de terre qui coûteront de 3o à 5o dollars l'acre, en les plantant d'orangers ou de citronniers et en les cultivant d'une^manière intelligente pendant cinq ans, on pourra les revendre, au bout de ce laps de temps, le double de ce qu'ils auront coûté, tous frais et travail compris.

« De petites plantations donnent rarement des bénéfices ; la plantation doit être assez grande pour pouvoir bien payer des hommes capables de la bien diriger. Aucune affaire, en effet, n'exige la centralisation davantage que la culture et la vente des fruits^ Il existe d'ailleurs aux Etats-Unis plusieurs vergers qui sont évalués de deux à cinq millions de dollars chaque.

« La culture des ananas m'apparaît aussi comme une industrie de grand avenir : Dans les terres de première qualité, à Cuba, trois, quatre et cinq récoltes d'ananas pourront être retirées du terrain même où on aura planté les orangers. Le sol est riche et continuera à produire généreusement, même dans ces conditions ; surtout, si on lui donne un peu de potasse et de phosphates.

« La récolte des ananas est des plus sûres: en bon terrain, avec les soins nécessaires, et une fois en rapport, les plantes continuent à produire pendant trois années et plus.

<( Les ananas peuvent être produits, à Cuba, au prix de revient de dix à douze cents (environ soixante centimes) la douzaine ; ils se vendent vingt-cinq cents (un franc vingtcinq centimes) sur pied, avant maturité complète.

« Je considère la culture de l'ananas comme la plus lucrative qu'il y ait dans l'Ile. On plante 8.000 à 10.000 ananas à l'acre. Le producteur vend la récolte, sur pied, pour i5o dollarspar acre(environ sept cents francs) et il n'a plus à s'occuper ni de la récolte, ni de l'enlèvement des fruits ; c'est l'acheteur qui s'en charge.

« Cependant, cette culture comporte deux grands risques : Si la saison des pluies commence de trop bonne heure et que le terrain se trouve noyé d'eau, les ananas seront de mauvaise garde et ne vaudront rien pour l'exportation. D'autre part, après plusieurs récoltes successives, la potasse du sol se trouvant à peu près épuisée, les fruits, qui ont besoin de beaucoup de potasse, deviennent insipides, perdent leur fermeté, et les exportateurs n'en veulent plus.

« On peut facilement remédiera ces deux dangers : On ajoutera de la potasse au sol lorsqu'il en aura besoin. D'autre part onéta blira des fabriques de conserves, de manière à ce que les ananas ayant souffert d'un excès d'eau, puissent attendre tranquilement leur maturité complète dans les champs, après quoi on les mettra en boites ou bien on les utilisera de toute autre façon. »

La vinification en climat tropical et les levures sélectionnées.

Lettre de M. H. Neuville.

Au sujet des doléances exprimées dans le numéro de novembre du « J. d'A. T. » par des colons de Madagascar, relativement à la difficulté de préparer un vin passable avec les raisins récoltés dans cette lie, il n'est pas sans intérêt de signaler que le mal est loin d'être sans remède. Nous laissons en ce moment de côté la question du choix des cépages propres aux diverses régions de Madagascar, pour envisager spécialement la difficulté que présente la vinification des raisins venus à maturité au moment des grandes pluies, ce point spécial paraissant être la pierre d'achoppement de l'industrie vinicole dans cette colonie.

Ce qui se produit en pareil cas est bien

La vigne en Nouvelle-Calédonie.

32 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE. N^ 19 — Jànv. 1903

connu: les pluies lavent la grappe, sur la- voulu d'atténuation du virus, et d'autre

quelle se trouvent, à l'état naturel, les levures part le transport du virus et son inoculation

qui donnent au vin et sa force alcoolique, et ne sont pas sans danger, on risque ainsi de

le bouquet particulier à chaque crû. Le moût, propager la maladie. L'emploi du sérum

se trouvant ainsi privé des levures, entraînées immunisant seul paraît préférable.

par la pluie, fermente mal: son sucre, au » t '

r f "> 1 ' A. Laveran,

lieu d'être transformé en alcool, reste dans le vin et y devient une source d'altérations variées. De semblables inconvénients ne sont pas très rares en France, où, malheureusement, l'ignorance des viticulteurs les laisse Des efforts très louables ont été faits pour

trop fréquemment sans remèdes, tout comme implanter en Nouvelle-Calédonie l'industrie

à Madagascar. vinicole, et il serait injuste de ne pas citer

La conduite à tenir en pareil cas est très en première ligne un colon, ancien militaire

simple, il faut provoquer la fermentation du établi dans la colonie, M. Voyer, qui a fini

moût au moyen de levures artificielles, par doter sa propriété de la Duvabea d'une

Celles-ci se trouvent dans le commerce, et vigne superbe... Les raisins obtenus sont

leur importation à Madagascar est loin d'être assez agréables comme fruits de dessert, et

impossible; leur choix judicieux permettra Nouméa consomme, à un prix rémunérateur,

l'obtention des bouquets divers, appropriés la totalité de la récolte annuelle. Mais l'essai

aux cépages cultivés, et paraît même dimi- de fabrication de vin n'a pas suffisamment

nuer les chances d'altération de la boisson réussi pour que l'on en puisse tirer même

fermentée. une probabilité pour l'avenir. Si le terrain

Que lescolonsde Madagascar ne craignent est favorable en certains endroits, et parfois

pas de nous écrire à ce sujet. Nous nous fe- même très bon, les conditions climatériques

rons un devoir de leur signaler, avec tous générales ne me paraissent pas propices à

les détails possibles, les ressources que la cette industrie.

science peut mettreàleur disposition pour les En tous cas, ce ne serait certes pas pour

aider à combattre les inconvénients qu'ilssi- le moment une culture à conseiller aux

gnalent. arrivants.

H. Neuville. ^„ Guide du colon en Nouvelle-Calédonie >-, par

le D"" Davillé. Voyez l'analyse de ce livre dans le « J . d'A. T. » de décembre 1901).

Peste bovine ^^^s>^

Canne à sucre et eau de mer.

G. CoNTi : La pesta bovina nella Colonia ^^^ ^ ^^ Villèle répond dans la « Revue Agri-

Eritrea (extrait du « Il Nuovo Ercolani », cole » de la Réunion (avril 1902), à l'article La

année VII, n° 2 et suivants. In-8°, 3opp,; canne à sucre, plante halophyte,^n\i\\i àa^nsnolro.

courbes de température, etc.. Imprimerie "" ^ (novembre 1901) :

F. Simoncini. Pisa, 1902. Notre regretté ami Maxime de Sigoyer nous

La peste bovine est commune dans la plus a raconté que l'un de ses oncles avait fait

grande partie de l'Abyssinie et dans l'Eritrée arroser avec de l'eau de mer la terre qu'on

oii l'auteur l'a étudiée. G. Conti préconise préparait pour la plantation des cannes par

le procédé d'immunisation qui est connu une sécheresse très forte. Quand la pluie

sous le nom de méthode simultanée de Kolle arriva, on cessa cette imbibation du sol. Les

et TuRNEK : On inocule aux animaux du boutures furent mises en terre, et on fut tout-

scrum immunisant et du virus atténué, étonné de voir que les cannes venues sur la

Malheureusement, il n'y a pas de bonne partie où les trous avaient reçu de l'eau

méthode pour obtenir exactement le degré salée, étaient plus belles qu'ailleurs.

Nouv. Imo.. td. Lasnibr. Direct. L-iy rue St-Lazare. Paris. Le Gérant : E. BoiviN.

No 1, -Janv. 1903 JOURNAL D'AGR

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