PARTIE connERcmLE
Le Marché du Caoutchouc
Par MM. Hkcht frèrks & C'^.
Para fin. — Au commencement du mois de marchandise^ de la maison en question, de février, le marché a été excessivement à des prix bien au-dessous du cours actuel se calme; la suspension d'une maison établie sont rendus compte que sa disparition était à Liverpool, qui a été connue le 7 et qui, en définitive, ilsse sontprécipités tous en même raison de ses engagements à livrer, aurait en temps pour acheter, et les cours n'ont pas d'autres moments provoqué une hausse, a, tardé à remonter. On a payé jusqu'à fr. 10, i 5 au premier moment, accentuéle mouvement pour Fine du Haut-Amazone disponible de baisse, et l'on est tombé au plus basa et 10, 25 pour livraison mai-juin; le Bas- 9,70 pour Finedu Haut-Amazoneetg, 45 pour Amazone a été traité à 10 francs pour dis- Bas-Amazone. Mais, lorsque les fabricants ponible, et il y a acheteurs à 10, i5 pour qui avaient à recevoir de grandes quantités livraison avril-mai.
N° 20 — Fkv. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
Les autres sortes du Para ont monté en même temps.
Sortes intermédiaires. — Le Sernamby de Manaos vaut 7,90; celui de Cameta 6,5o, celui du Para 6 francs. Les boules du Pérou sont tenues 7,80 avec acheteurs à 7,75; les Slabs sont rares et valent 6,25 prix nominal.
Les lecettes au Para au 19 février étaient de 3.3oo t. ; si elles continuent sur la même échelle, ce qui est probable, il n'y aura sans doute à la Hn de février que 2.000 t, de déficit, au maximum, sur la récolte de Tannée dernière. D'autre part, le conflit qui avait éclaté entre le Brésil et la Bolivie au sujet du territoire de l'Acre vient d'être réglé par la voie diplomatique; cette région va rester provisoirement sous l'administration brésilienne et les caoutchoucs qui s'y trouvaient ne larderont pas à descendre à Manaos. Selon toutes probabilités la récolte actuelle sera donc sinon égale, du moins inférieure de très peu à la précédente ; la hausse de 2 francs par kilo, que presque tous les caoutchoucs ont subie depuis six mois, ne semble pas devoir être dépassée dans ces conditions. Des prix de 10 francs à 10, 5o pour Para fin paraissent être le maximum dece que comporte la situation actuelle.
Les statistiques générales donnent pour les diverses sortes à fin janvier 1903, comparé à fin janvier 1902, les chiffres suivants, en tonnes.
1903 1902 Sor'tes du Para. — —
Stocks à Liverpool 1-^29 1.436
» à New-York 242 i .400
» au Para 140 Siy
En route pour l'Europe. .. . 600 i.55o
» » pour New-York... 840 490
» » d'Europe à .N. -Y. . . 35 —
• Total dusto:k visible 2.986 5 . 393
Arrivages à Liverpool 1.272 1-247
» à New- York i.Siq 1.750
Livraisons à Liverpool 1.082 1.284
» à New- York i.35o 825
Arrivages au Para en janvier 2.490 5.852 » » depuis
le i^i-juillet 14.740 17.487
Expéditions du Para en Eu-
» » rope 1.180 2.271
Sortes d'Afrique.
Stocks à Liverpool 577 646
» à Londres 218 Sgô
» à New-York 98 910
Arrivages à Liverpool .
» à Londres. . .
» à New-York.
Livraisons à Liverpool .
» à Londres . .
» à New-York.
io3 68
Stocks de toutes sortes 3.879 7.545
Les sortes d'Afrique, toujours très demandées, ont donné lieu à de grandes affaires. On a payé encore 8,70 pour les belles boules rouges du Soudan, et8,25 à 8,35 pour Twists. Le Benguela esttenu à 7 francs, et le Loanda a donné lieu à des affaires importantes à 6,85.
Anvers. — Le 27 janvier a eu lieu une vente extrêmement importante, 622 t. du Haut-Congo qui ont été achetées presque en totalité pour l'Amérique avec une hausse moyenne de 45 centimes; le i3 février on a vendu 5o t., légèrement au-dessus des taxes; enfin le 20 février on a traité i5o t., à environ 20 centimes au-dessus des taxes.
Hecht frères & C' 75, rue St-Lazare.
Paris, 23 février iqo3.
L'Avenir du Café
Sarproiuction. — Le mauvaises tînances du Brésil, raison essentielle de sa suprématie actuelle surjemarché des cafés. — Disparition graduelle de ses concurrents. — La crise brésilienne. — L'avenir.
D'après M. E. Lanelville
Dans la réunion du ô octobre 1902 de la « So- ment complète, intitulée : Le rafé, le change ciélé d'Economie politique » de Paris, M. E. brésilien et le régime douanier des cafés des Co- Laneuville a fait une communication extrême- Innies françaises. Elle a été publiée depuis, dans
JOURNAL D^AGRICULTURP TROPICALE N» 20 ~ FÉv. 190,
le Journal des Economistes du i5 octobre, ainsi 5o kilogs valeur en entrepôt. On les a vus
qu'en tirage à part (in-8'\ 28 pp.) C'est à ce remar- très rarement au-dessous de 5o fr. et même
auable travail aue nous avons emprunté les , ^ ^ ^ .
quaoïe udvdn huc t- de 60 fr. et très souvent au dessus de loo fr.
extraitsqui suivent : -jo^i'iit^'-i
A partir de 1896 les récoltes du Brésil
Malgré un fort accroissement de consom- „„„^^„^^ , ,, ,
^^ o augmentent, comme nous lavons vu, de
mation aux Etats-Unis et en Allemagne,
deux pays où la population et le bien-être ont augmenté beaucoup depuis quinze ans, la consommation n'atteint pas la production. L'excédent moyen annuel de production depuis cinq ans est d'environ i million de quintaux et les stocks visibles ont en effet augmenté de près de 5 millions de quintaux soit de 2 '/a ^ 7 millions de quintaux; la production de la dernière campagne à elle seule dépasse les besoins de la consommation de 2.750.000 quintaux.
On évalue la production d'après les arri-
presque 100 p. 100, et les prix au Havre tombent à 3i fr. en septembre 1899. La moyenne des cinq dernières années est audessous de 40 fr., les prix extrêmes étant 3 i et 56 fr.
La baisse des prix est la cause principale, sinon unique, de la diminution de la production dans les pays autres que le Brésil. La production de l'Asie, de Java, de Ceylan en particulier, diminue à partir de 1880. Le recul dans la production des Indes Néerlandaises, depuis une quinzaine d'années, est attribué à cette circonstance, qu'à Java
vaees ou recettes aux ports d'embarqué- ^ v c 1 • j c • •
vdgca wu i^^^in,o «u ^^ ^ n g^ g Sumatra la culture du café constituait,
ment au Brésil et les exportations des autres pays pour l'Europe et les Etats-Unis. Les chiffres qui ont été donnés ne comprennent donc pas le café consommé dans les pays producteurs, qu'il est difficile, du reste, d'évaluer.
La production du Brésil a passé de i million de quintaux en i85o, à 2 '/a ^^ 1875- 80, 3 ^/jcn 1890-95, 7 en 1897-1901 pour atteindre près de 10 millions de quintaux Tannée dernière, ce qui sera sans doute le
il y a vingt ans, en très grande partie, un monopole d'Etat. Les plantations particulières s'y sont développées depuis et produisent aujourd'hui le double de celles du gouvernement.
En outre, on doit mentionner que les caféiers des Indes Néerlandaises ont souffert de maladies il y a quelques années. A Ceylan, depuis que les plantations de café furent dévastées vers 1870 par l'Hémileia, la cul-
record d'ici quelques années. L'Asie, qui ^^^^ ^^ ""^ ^^"^^^ ^ ^'^ graduellement donnait i million de quintaux en i85o et i remplacée par celle du thé. million Va ^^ 1875-1880, a vu depuis sa production décroître jusqu'à 750.000 quintaux. Les Antilles, l'Amérique Centrale, etc., ont passé de 5oo.ooo à i million de quintaux, puis à 2 millions en 1890-95, et ne donnent plus que i ^/^^ et i million Va*
Quelques mots des prix du café dans les pays consommateurs . Nous prendrons comme base de prix celui du marché du Havre pour le Good Average Santos, qualité moyenne du caféproduit dans l'Etatde Sao- Paulo, au Brésil, dont le port d'embarquement est Santos. Cet Etat est arrivé à produire les ^/a des cafés Brésil ; l'autre tiers est produit par les Etats de Minas Geraes, Rio de Janeiro, Espirito Santo et Bahia.
De i85oà 1896 les prix du G. A. Santos au Havre ont oscillé entre 40 et i 5o fr. par
Quelles sont donc les raisons qui ont engagé le Brésil à développer la culture du café d'une façon aussi brusque et importante ? Les Brésiliens se sont-ils crus à l'abri de la concurrence des producteurs des autres pays en état de les éliminer même toutà fait? On le dirait! Et grâce à quelle circonstance donc? C'est ici que se pose la question du change brésilien.
L'unité monétaire du Brésil était autrefois le milreis portugais d'une valeur de 54d. ou 5 fr. 66. Aujourd'hui le milreis brésilien est une pièce d'or valant la moitié de l'ancienne, soit 27 d. ou 2 fr. 83.
En 1889 la circulation fiduciaire du Brésil atteignait à peine 200.000 contos de reis (i conto = i.ooo milreis) soit 200 millions de milreis. Fin 1898 elle s'élevait à près
]^To 2 0 — FÉv. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 5;
de 800.000 contos, ou 800 millions de mil- 8.000 reis, la moyenne des cinq dernières
reis, exactement 790. ooocontos. années est de 6.000 reis, et depuis quelque
Le change, exprimé en tant de pence an- temps, le G. A. est coté à Santos entre 4 et
glais par milreis, qui était en 1889 aux en- 5. 000 reis. On n'avait jamais vu des prix
virons du pair de 27 d., tombait rapidement aussi bas au Brésil, excepté à deux époques
d'année en année Jusqu'à 5 d. '/^ environ en différentes, etseulement momentanément; en
avril 1808. janvier i883 et en mai 1886, où les prix tom-
Le papier-monnaie se trouve réduit au- bèrent même à S.ooo et 3.25o reis respecti-
jourd'hui à environ 680.000 contos, et le vement.
change est remonté de 5 d. '/^ , taux coté en Si la première dépréciation monétaire ne
1898,,! 14 d. ' - en 1900. Après avoir re- fit pas monter tout de suite les prix de toutes
baissé à 10 d., il semaintient depuisquelque choses au Brésil, il en a été autrement àpar-
temps autour de 12 d. Ce petit exposé de la tir du moment où le milreis-papier, perdait
situation financière du Brésil et du change jusquà 5o % , et même pendant un mometît
était nécessaire pour nous permettre d'ob- plus de 75 % de sa valeur nominale. Les
server la marche des prix du café au Brésil avis du Brésil depuis plusieurs annés ont été
exprimés en tant de reis par 10 kilos. En unanimesàdire queiadépréciation du papier
multipliant le coût du café en reis par le monnaie avait amené une hausse considé-
taux du change ou la valeur en or de ces reis, rable des prix des produits indigènes comme
on obtient les prix de revient du café en de ceux importés.
Europe et aux Etats-Unis. Et c'est alors quenousentendons parler de On comprendra facilement que plus le propriétéshypothéquées à des taux usuraires, change est bas, si les prix aux Brésil ne de plantationsabandonnées, mal soignées, de varient pas, plus les prix de revient en Eu- cueillette dévastatrice parsuitedu manquede rope et aux Etats-Unis seront réduits, ou si fonds, et si la production totale ne s'en est les prix dans les pays consommateurs ne pas encore ressentie (elle a même augmenté) baissent pas, plus les prix au Brésil seront c'estque chaque année de jeunes arbrescomélevés. mencent à produire. La crise parmi les plan- De 1890 a 1896, l'offre suffit à peine à la teurs n'en existe pas moins et elle est intense, demande, le café vaut en Europe en moyenne Inutile de dire que, comme d'habitude, on presque 100 fr., le change tombe de 20 d. à fait appel au gouvernementpourvenir en aide 8 d., et les prix en reis atteignent en consé- aux malheureux planteurs, quence jusqu'à 18.000 reis ; la moyenne est On propose de fixer un prix minimum, à de 1 3. 000 reis. l'exportation et d'émettre du papier-monnaie Il y eut un développement énorme des pour faire des avances aux planteurs qui ne plantations. Les brésiliens crurent qu'ils pourraient assez rapidement écouler leur répouvaient produiretout le café dont lemonde coite. lia été aussi question de brûler une avait besoin, réaliser des bénéfices, grâce à'ia partie du café, etc., tous moyens empiriques, baisse du change, et forcer les autres pays à très difficiles d'exécution d'abord, et qui ne abandonner la culture de cette denrée. Mais feraient qu'aggraver le mal. Lorsqu'un gouces hauts prix en reis, qui n'étaient que des vernement semèle de protéger, dans un pays, prix nominaux, étaient un leurre. Des 1897, les entreprises qui pcricliicnt, il ne le fait commence l'ère de la surproduction, lesprix qu'aux dépens de celles qui prospèrent et dans les pays consommateurs subissent une c'est une iniquité.
baisse de plus de 5o % ; le G. A. Santos au Si le dénouement naturel de la crise ca- Havre tombeau dessous de 40 fr., et malgré féière au Brésil, par la disparition des exque le m!lrei>-papier descende cuissi bas ploitaiions non viables, ne s'est pas encore que 5 d. V^, pour remonter ensuite a 12 d., produit, c'est que différentes circonstances les prix en reis tombent à un moment à sont venues donner quelque espoir aux plan- 4.ooo:cen'estplus iS.ooo.ni i2.ooo,nimème teurs malheureux. C'est d'abord la perspec-
58 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 20 — FÉv. 1903
tive d'une aide gouvernementale et ensuite, il se maintient aujourd'hui, et le café mondepuis trois ans, on s'est habilement servi tait parce que le change montait. Mais il faut au début de la récolte de certains avis de se- dire aussi que souvent le change monte cheresse, de gelées et autres, comme en 1901 parce que le café monte et c'était le cas en etcetteanée, qui ont fait monter les cours. 1900. Il y a là un véritable cercle vicieux. On a dit que les arbres souffraient de maladies, qu'ils étaient épuisés après plusieurs '^'^' souvent le café montait également années de forte production, que beaucoup ^"^''^^"^ ^^ '^''^"^^^ montait, dépérissaicni aussi parce qu'on avait planté Mais les prix pour tous les produits et serdans des terrains peu propices, que par suite vices dans l'intérieur du pays finissent toude déboisements les conditions climatéri- jours par se régler sur la valeur de la monques étaient changées et devenues défavora- naie. C'est pourquoi la hausse ou la baisse blés, etc. Que n'a-t-on pas dit ? La hausse du café basées sur la hausse et la baisse du qui s'estproduite à la faveur deces nouvelles change n'ont jamais été de grande durée; a permis au Brésil d'écouler ses récoltesdans Poffre et la demande seules réglant les prix de meilleures conditions qu'il ne l'aurait tait dans les pays consommateurs au pair de autrement. y
M. Laneuville ne veut pas dire qu'il n'y Beaucoup de gens pensent encore que le
avait et qu'il n'y a encore une fois rien de Brésil pourra continuer à produire et à
fondé dansces avis, au contraire, mais on s'est exporter des quantités de plus en plus consi-
trompé et on se trompe peut être encore sur dérables de café, malgré la baisse des prix
l'importance des dégâts. Certes des sèche- dans les pays consommateurs, pourvu toute-
resses ou mieux encore des gelées dévasta- fois, disent-ils, que le change ne se relève
trices, en admettant qu'elles soient générales pas. D'autres, dont l'orateur, soutiennent la
et atteignent également tout les planteurs, thèse contraire et croient que des prix dans
constitueraient le remède toutnaturel à l'état les pays producteurs, correspondant aux
de choses actuel. Le planteur trouverait plus cours de 3oà 35 franc? pour le G. A. Santos
qu'une compensation dans lahaussedes prix, au Havre (i), sont des prix ruineux pour
mais les intempéries ne sont ordinairement ceux-ci, quels que soient les changes.
qu'accidentelles et atteignent souvent plutôt ^ • , , .
, . ,, "^ Depuis Aanslesevenements seraient venus
certaines régions que d autres. . , , .
leur donner raison — c est-a-dire que nous
La hausse qui se produisit au début de la aurions vu la production diminuer au Bré-
campagne 1900-1901, et qui permit au sil comme ailleurs — si pour une cause ou
Brésil d'écouler sa récolte à des prix relati- pour une autre (sécheresse, gelées, hausse
vement élevés était basée sur ce fait excep- du change etc.) les prix ne s'étaient pas
tionnel depuis six ans, que pendant la cam- constamment relevés, dépassant maintes
pagne qui venait de finir ( 1899- 1900) la con- fois 40 et 45 francs et même une fois 5o francs
somnr.ation avait dépassé la production de et si, en outre, les planteurs n'avaient pas
27D.000 quintaux, bien peu de chose il est compté et ne comptaient pas encore sur
vrai (les planteurs, nous le savons aujour- l'aide du Gouvernement.
d'hui, avaient retenu du café à l'intéripnr'i t • j f ^-^ jn.
, i^iiLi uu cdic d iiuieueurj. ... La consommation de café par tête dha-
De plus le change montait à i^d ^/ anrè»; u-. . . • j'u ■
r 5^ inwiiiaiL a 14. u. /o après bitant est au)ourd hui :
avoir été de 5 d. '/^ deux ans auparavant.
La situation financière du Brésil s'était amé- ~~
i- '^ ;i f » L- 11- r • • (i) Depuis notre chronique de janvier, les cours se
lloree,ll taut bien le dire, on faisait prévoir sont un peu améliorés: tandis que le 10 janvier,
des excédents budgétaires considérables qui "^^' n'étaitcoté au Havre que 33.25, le 17 février le
*" V - . , ,. , même mois y était, en dernière heure, à 34.50, le cou-
ne sont pas tout a fait réalises; enfin le rant à 33. 5o et U décembre à 36. 25. Cette lente
change montait pour rebaisser ensuite à 10 d. hausse est la conséquence d'une diminution progres-
ût o'^f-iki" 1 j . ' ^''^*^ ^^ l'approvisionnement mondial, ainsi que des
et S établir plus tard au taux de 12 d. où arrivages au.^ ports brésiliens. - N. de la Rkd.
NO 20— Fkv. 190? JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 5<q
Hollande 7 k. 5o La consommation du calé, qui atteint au-
Suède et Norwège ... 5 k. — r jourd'hui près de 900.000 tonnes pour TEu- Belgique et Etats-Unis. 5 k. — rope et les Etats-Unis, sera d'ici peu d'an- Danemark 3 k. 75 nées de i .000.000 tonnes, grâce à une aug-
Suisse . 3 k. 5o mentation constante aux Etats-Unis et dans
Allemagne 3 k. — les pays du Nord de l'Europe (à l'exception
France 2 k. i5 de l'Angleterre et de la Russie) où les droits
Autriche-Hongrie ... i k. — sont nuls ou minimes et le sucre bien meil-
Italie o k. 5o leur marché qu'en France. Mais la produc-
Espagne o k. 35 tion a pris trop d'avance sur la consomma- Angleterre o k. 3o t,ion et celle-ci ne pouvant progresser, dans
Russie o k. i5 son ensemble qu'à raison de 3 à 4 % en
En Angleterre et en* Russie, le thé est de moyenne chaque année, il est de toute néplus en plus préféré au café. ^essité que la production n'augmente plus En Angleterre, la consommation par tête, o^ diminue même momentanément, sinon du café a diminué de moitié depuis 5o ans, ^^s prix continueront de s'avilir jusqu'à ce pendant que celle du thé a triplé, passant de ^^^ le producteur soit contraint de ralentir I kilo à 3 kilos. La consommation du thé la production.
par tête d'habitant en Russie est beaucoup , v t- t
^ . '^ D après E. Laneuville.
moindre.
Produits divers
Applications nouvelles du Raphia
On sait que le raphia de Madagascar est la provenance la plus recherchée su rie marché international; on peut même considérer qu'à l'heure actuelle c'est la seule qui compte. (Comparez Sadebeck : Der Raphiabast; analysé sous le n° 200, dans notie cahier d'août 1902). Ce textile grossier, qui est le produit de certains palmiers encore non cultivés, s'emploie de plus en plus comme lien, en horticulture, dans tous les pays civilisés. On connaît également son utilisation pour la confection de tissus d'ameublement et autres usages analogues. Les négociants de Madagascar voudraient procurer plus d'extension aux raphias manufacturés. Ils ont, d'autre part, trouvé au raphia une application nouvelle, comme enveloppe de cigarette. Les deux extraits qui suivent, donnentd'intéressants détails à cet égard.
De la '< Revue de Madagascar » du 10 juilet 1902 :
« Il semble que la fabrication sur place « des étoffes de raphia pourrait fournir un « utile emploi à des capitaux français. Cette « fibre existe en abondance dans la province; '( elle est exportée à l'état brut et, en raison '< du déchet de 40 0/0 qu'elle subit lors de « son utilisation en France, elle se trouve
« grevée de frais considérables qui en res- (( treignent l'exportation et l'emploi.
« Les indigènes ont montré que cette « fibre pouvait servir à produire des étoffes .( très solides, susceptibles d'être employées » surtout pour l'ameublement et d'avoir '( ainsi un débouché considérable,
(( Les déchets pourraient égalenient être « utilisés sur place pour la fabrication de la « pâte à papier; or, la consommation de c< cette matière est énorme en France où elle « vient pour la plusgrosse partie, de Norvège « et des Etats-Unis.
« La création de métiers spéciaux pour la « filature et le tissage de cette fibre ne de- « vrait présenter aucune difriculté et les « étoffes faites dans la Colonie même, avec .( les dessins, couleurs et dimensions voulus, <( donneraient lieu à une exportation très u importante, dont la valeur serait incompa- X rablement plus grande que celle du produit
«' brut.
« La fabrication de la pâte à papier est M des plus faciles; elle n'exige qu'un maté- (( riel peu coûteux. )-
6q journal D'AGRICULTURE tropicale N» 20 — Fév. 1903
Du même périodique, cahierdu 10 octobre férentes conditions requises pour ces expédi-
1902. Extrait d'un rapport de M.William tions.
HuNT, consul d'Amérique à Tamaiave : Notre confrère de la Guadeloupe.qui s'est tou-
(( Le papier à cigarettes de raphia présente jours vivement intéressé à l'établissement de ce
« des qualités de réelle souplesse et de ré- commerce, tait observer que, malheureusement,
« sistance, et comme la fibre du raphia est, certains commandants de paquebots de la Com-
« M • • • • -j • j • pagnie y paraissent hostiles.
« a 1 origine, insipide, inodore et excessive- "^ ® "^ ^
« ment propre, elle se recommande d'elle- * ^^
« même aux plus délicats. Je voudrais attirer Exportation de coca du Pérou
« l'attention des fabricants de papier, tou- Les chiffres ci-dessous sont empruntés au rap-
« jours en quête de nouvelles productions, port consulaire français distribué comme supplé-
« sur la possibilité d'employer cette t^bre "^^nt au « Moniteur officiel du Commerce ». du
25 juillet 1902. On appréciera mieux leur valeur en se reportant à la note sur la culture de cette raient trop longs à énumérer et ils se plante, que nous avons publiée dans le n- 19.
pour d'autres usages encore; ceux-ci se-
« suggéreront immédiatement d'eux-mêmes « aux industriels qui peuvent être intéressés
kilos
L'Allemagne continue à occuper la pre-
,, mière place parmi les pays importateurs de
M a poursuivre de telles expériences )). , , , , , ,
'^ la coca, comme de son alcaloïde la cocaïne.
^""^^ Voici quelques chiffres sur l'exportation
de la coca du Pérou (en kilos) :
Colis postaux de fruits,
entre la Guadeloupe et la France. ,892.... 388.465 ,898.... 406.718
Les lecteurs qui se souviennent de l'article du 1894. ... 372. 3 60 '899. ... 3 i 2 . i i 2
regretté Gaston Landes, publié dans noire n» 7, Et voici pour la cocaïne (également en prendront connaissance avec satisfaction de l'avis inséré dans le >< Courrier de la Guadeloupe » du 26 septembre, et émanant de M. Paul Dormoy, représentant de la Compagnie Générale Transatlantique :
Un essai de transport de tVuits et légumes
frais, par colis postal, vient d'être fait parla i"^^
Compagnie Générale Transatlantique sur Prix fantastiques de tabacs havanais.
ses paquebots desservant notre colonie, et a D'après une information que nous avons donné les meilleurs résultats. Cette réussite recueillie dans le « Ind. Mercuur» du l'a décidée à favoriser l'extension de ce nou- 4 nov. 1902, il aurait été vendu récemment veau courant d'échange, qui peut s'établir à la Havane plusieurs balles, à 38 kg., de tad'une façon sérieuse, entre la France et la bacdelaVuelta-Abajo, pour robesde cigares, Guadeloupe, au prix inouï de i3oo 8 espagnols (or) la Estimant que cetie entreprise intéresse au balle, ce qui met le kilo à 162 francs. — Nos plus haut point cette dernière, j'avise le pu- abonné'.' de la Vuelta-Abajo voudraient-ils blicdecet arrondissement que la poste rece- avoir la bonté de nous dire s'ils admettent vra, dès maintenant, les colis postaux de ce la possibilité de prix pareils, et quelle est le genre pour la France. Il trouvera, à mon caractéristique de ces feuilles exceptionagence, tous les renseignements sur les dif- nelles qui les réalisent?
N° 20 — Fév. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 61
ACTUALITÉS
L'identité botanique du Coquito « C'est donc à un Attalea que nous avons
de aceite. affaire, mais il est impossiblede dire l'espèce.
Lettre de M . Udo Dammf.r. ^^ penche pour l'hypothèse Attalea Cohune
^ ,. , . , Mart. : toutefois, sur la figure de Martius
Dans noire cahier de janvier, p. i5, nous avons
déjà indiqué le sens général de l'avis du savant ^^^ ^'"^'^^ paraissent un peu plus gros. Pour
conservateur au Musée botanique de Berlin, basé me prononcer d'une façon nette, il me fau-
sur l'examen de deux de nos noix que M. le D'' Lo- drait un plus grand nombre de fruits, in-
PEz Y Parra, de Mexico, a bien voulu lui faire par- tacts, ayant conservé leur poids ; en outre il
venir par notre entremise. Voici une traduction r j r -n . j a
^ , .. ,, r. me faut des feuilles et des rieurs.
plus complète de la lettre de M. Udo Dammer : r, , , ^ , 1.^ i •
a L Attalea Cohune Mart. est un palmier
« Mon hésitation, avant même d'avoir vu bien connu comme producteur de matière les fruits, à admettre l'identité du Coquito grasse. En effet, l'amande est extrêmement DE aceite des Mexicains avec l'Elaeis mêla- riche en huile. Toutefois les documents nococca (Voyez « Journal d'AgricultureTro- scientifiques l'ont signalé plutôt dans la picale » 1902, p. 38o) venait de ce que l'on partie orientale de l'Amérique centrale. sait sur l'aire géographique de cette espèce. <( Les Mexicains seraient bien malins américaine et du genre Elœis pris dans son d'extraire de l'huile de la pulpe externe du ensemble. Les Elœis sont un genre typique Coquito : elle n'en contient pas trace, de zone tropicale, et pour admettre la possi- « Ce cas du Coquito de Aceite, que le bilité de hosa^nQis d' E lœis melanococca on de <( Journal d'Agriculture Tropicale » a eu la louisiuxve. Elœis ^ dans le pays mexicain, il bonne chance de tirer au clair grâce à la m'aurait fallu renoncer à toutes les idées que complaisance de M. le D'" Lopez v Parra, je me suis formées à la suite de longues re- prouve une fois de plus combien il devient cherches quant aux lois de distribution géo- urgent de faire un inventaire botanique prégraphique des palmiers tropicaux. cis des plantes utiles des pays chauds. Il
« Depuis que je suis en possession de vos aurait pu arriver que quelqu'uneût entrepris noix, je suis bien fixé de ce côté. Ces fruits la culture industrielle de VElœis melanoappartiennent à un Attalea. Les deux fruits cocca sur la foi de la première indication du que vous m'avez envoyés présentent les ca- D"' Lopez y Parra dans sa brochure, et le ractères suivants :longueur 52 m/m ; diamé- malheureux aurait perdu son argent. *re jusqu'à 44 m/m. Ils ont un péricarpe fi- ^ 11 faut avouer que dans la famille des breux et un mésocarpe farineux traversé de palmiers lesdéterminations botaniques sont fibres. Sur l'un des deux fruits en ma posses- particulièrement délicates ; que d'autre part, sion, je constate que l'ensemble de ses deux dans les villes telles que Mexico, il est impremières couches mesure 3,5 m/m à 4 m/m possible, avec la meilleure volonté du inonde, d'épaisseur. En continuant vers l'intérieur, de réussir des déterminations un peu difhje rencontre un endocarpe brun excessive- ciles, puisque les matériaux de comparaison ment dur et qui mesurcde 4 à 7 m/m ; il est authentiques y font défaut. C'est pourquoi divisé en trois loges, par trois cloisons Ion- je me mets à la disposition de tous ceux de gitudinales dont l'épaisseur varie de i à vos lecteurs qui auraient des palmiers à faire 2 m/m. D'une manière générale et sans déterminer. »
même entrer dans ces détails de structure. Agréez, etc.
quiconque a jamais vu des fruits d'Elœis ne D"" Udo Dammer.
saurait les confondre un seul instant avec Musée Botanique
ceux du Coquito. Berlin, 5 janvier iqoS.
àOURNAL D'AGRICULl URE TROPICALE N° 20 — Fév. 1903
Le chameau et le dromadaire comme animaux de trait.
Lettre de M. Ch. Rivièue.
M. Ch. Rivière, directeur du Jardin d'Essai du Hamma, auteur du Manuel pratique de V Agriculteur algérien, nous écrit au sujet de la note illustrée, publiée dans notre cahier de novembre 1902:
Notre chameau d'Afrique à une bosse, ou dromadaire, rend peu de services à l'agriculture : ce n'est qu'une bête de transport, mais la charge n'excédant pas i5o kg. Sa variété, plus afhnée, dite Méhari, se prête aux longues courses.
Ce n'est que bien rarement que l'on voit, dans larégion steppienne,le chameau attelé à une charrue qui ne fait que gratter le sol : ce n'est pas une race de trait.
Ce dromadaire est beaucoup moins fort que le véritable chameau de la Bactriane, employé en Russie et dont la bonne conformation et le poids en font une bête de traction.
Le poil de notre dromadaire est beaucoup moins beau que celui du chameau russe : la toison de ce dernier est très recherchée pour ses brins longs, tenace? et soyeux qui sont utilisés dans nos usines de Roubaix et de Tourcoing.
Ce chameau à deux bosses aurait dû être introduit depuis longtemps en Algérie :
Espèce ou variété différente du dromadaire, on n'est pas d'accord sur ce point, j'avais pensé que le croisement de ces deux animaux pouvait être intéressant et profitable, et J'ai émis cette opinion dans un programme d'agriculture saharienne (1897, Société de Géographie d'Alger).
. Depuis une vingtaine d'années la race caméline a été très éprouvée par les guerres du Sud algérien, mais dans la Tunisie méridionale, il y a encore quelques beaux types de dromadaire que j'ai eu l'occasion d'examiner en détail comme Président de laciasse des Camélinées et des Struthiotées au grand concours agricole de Tunis en 1887 : certaines races mériteraient aussi une rigoureuse sélection, car ces animaux sont pluutilisés en Tunisie qu'en Algérie.
En résumé, les races algériennes actuelles ne sauraient servir utilement l'agriculture
intensive comme bêtes de traction, et leur sobriété et leur endurance quelque des légendaires sont surfaites : néanmoins, c'est un animal de vie steppienne dont l'amélioration ne serait pas sans profit pour une agriculture qui ne peut être qu'extensive, et privée pour toujours du concours des gros bovidés et équidés.
Ch. Rivière.
La ramie à Sumatra
(Extrait d'une lettre de M. Tabel).
Dans noire cahier de février igo2, à l'occasion d'une note de M. Ch. Rivière sur l'état d'avancement du problème de la ramie, nous avions posé la question de savoir ce qu'était devenue exactement la grande entreprise de culture de ramie montée à Sumatra par M. Bluntschli; dans une conversation un lecteur nous l'avait donnée comme dissoute. Dans le courant de 1902, une lettre nous parvint de Zurich, protestant contre cette information et nous annonçant une notice détaillée sur l'affaire, qui n'avait subi, nous disaiton, qu'un arrêt momentané ; mais la notice promise ne nous a toujours pas encore été envoyée.
En l'absence d'informations de première main, on nous saura gré, pensons-nous, de publier le passage qui suit, d'une lettre récente de M. Tabel, notre aimable correspondant de Déli (Sumatra) :
« J'avais espéré des renseignements sûrs sur les résultats de la ramie à Siak; mais rien n'est venu. Je sais cependant que les cultures à Siak sont arrêtées, mais il est possible que l'on ait transporté le matériel dans quelque autre contrée de Sumatra ou des Straits Settlements, où le Syndicat possède des terres d'une grande étendue.
« A Siak, ils ont planté près de deux ans, avec 200 javanais, 100 javanaises et cent coolies chinois; on avait de la machinerie pour la somme rondelette de 200.000 francs. On prétend avoir essayé dix espèces (variétés?) de ramie.
<( La société est dénommée « The Straits Settlements & Sumatra Ramie Syndicate », et son siège est à Zurich. On avait d'abord commencé à planter à Bedageï (Libéria Estaie); il s'y trouve encore du café Libéria, appartenant au Syndicat. »
NO 20 — Fév. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
La culture du tabac en Indo-Chine
La culture du tabac est à l'ordre du jour parmi les colons indo-chinois. Les personnes désireuses de se renseigner d'une- l'açon complète sur les conditions qu'oflfre le pays, ainsi que sur le détail des essais entrepris et des méthodes employées, trouveront une monographie fort complète, dans les derniers fascicules du « Bulletin économique de l'Indo-Chine ». L'aperçu sommaire que nous donnons ci-dessous, est emprunté à une autre source ; i! a paru, sous la signature de M. Marc Saint-Cène, dans la « Revue d'Asie » du i décembre 1902 :
Dans diverses régions de TAnnam et du Tonkin on trouve des terrains prépare's naturellement pour cette culture sans qu'il soit besoin d'aucun apport d'engrais.
De tout temps, le tabac a e'té pour l'Annamite un produit de rapport et de première nécessité, mais l'indigène s'est toujours contenté de récolter la quantité nécessaire à sa consommation, ne cherchant pas à améliorer sa production.
Depuis plusieurs années déjà des essais ont été faits par des Européens, tout particulièrement en Annam, et ces derniers ont donné les meilleurs résultats. Dans la région du Quanh-Tri on trouve le tabac de Cam-Lo, très apprécié des indigènes et qu'ils paient de 5o à 55 piastres les 100 kilos (soit 200 fr. environ) sur les marchés du pays. Les essais faits par les Européens, portent surtout sur les régions de Hué et sur celles de Tha-Trang et de Phanrang, situées au sud-ouest de l'Annam. Une concession de plus de mille hectares située dans cette dernière région et habilement exploitée par un Français M. de MoNTFORT, a déjà donné des résultats dépassant toutes les prévisions. En 1899, les premiers essais du tabac récolté sur cette concession étaient cotés, sur les marchés de Singapore et de Manille, à raison de trente piastres les 100 kilos. En 1901, la récolte suivante était estimée, sur les mêmes marches, à raison de 5o piastres les 100 kg., soit près du double de leur estimation première. La culture essayée par M. ni-: Mont- KORT est celle des tabacs de Havane, et cette dernière est appelée à une extension considérable, toute la vallée de Phanrang étant propice à cette culture.
D'ailleurs la même année (1900) une certaine quantité de ces tabacs, simplement fermentes, expédiée au Tonkin pour être livrée à la consommation, a fourni au commerce local un produit de premier ordre, rivailisant sans peine avec les tabacs les plusu appréciés de l'Algérie. C'est à la manufacture installée à Sontay par deux hardis colons, MM. CouDEREAU et WiENSS, que ce tabac, après avoir subi la préparation nécessairei fut livré au commerce. Les cigarettes préparées à la dite manufacture se rapprochaient le plus comme goût de celui du tabac de la régie.
Des échantillons de ce tabac, soumis, en paquets de 5o grammes, au commandant en chef des troupes de l'Indo-Chine, puis aux divers commandants de compagnies, turent admis à la vente dans toutes les casernes et postes européens. De plus une proposition adressée par M. Couderkau pour la fourniture du tabac dit de cantine, aux troupes du Tonkin, eut auprès du Gouvernement général l'appui officiel des divers commandants de troupes. Un rapport fut adressé au Gouvernement de la Métropole par M. Doumer, alors gouverneur de l'Indo-Chine. N'est-ce pas assez dire l'avenir réservé à ce produit?
Des essais de culture furent aussi tentés, par MM. Coudereau et Wienss, au Tonkin, tout particulièrement dans la région de Tuyen-Quang, dans les environs de Sontay et la région du Vinh-Yur, sur la rive gauche du Fleuve Rouge et de la Rivière Claire. Ces essais, fait sur de petites étendues, ont donné dans chacun de ces endroits un produit équivalant à celui provenant de l'Annam. Certains tabacs indigènes provenant de la région de Yen-Baï sur le haut Fleuve rouge, mélangés à ces essais, ont également donné d'excellents résultats.
C'est dans les terrains mi-sablonneux, micalcaires que le tabac vient le plus facilement. A Sontay dans la propriété de M. Coudereau, le tabac a été cultivé sur une terre argilo-sablonneuse mêlée de cailloutis. Cette terre était en friche depuis plusieurs années ; on a donné simplement trois labours, sans aucun apport d'engrais.
On peut arriver, sur les mêmes terrains, à
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE. N» 20 — FÉv. iqo3
faire deux récoltes par an. Dans la région du par son âge, mérite de figurer au premier
Vinh-Yur et de Tuyen-Quang, l'inondation rang parmi celles que vous citez,
est à craindre, mais il est bon de dire que les « Depuis 1899, en effet, M. Vergnes a
crues de la Rivière Claireet du Fleuve rouge planté 220.000 pieds de cacaoyers. Tous
s,ont très irrégulières et que les mêmes n'ont pas prospéré. Les plantations faites en
enp^roits sont rarement inondés deux années 1900 et 1901 ont péri, et il ne reste plus en
de Suite, Le limon déposé parles eaux du ce moment à Mayumba que 100.000 pieds
Fleuve est le meilleur engrais ; de là, la debout. C'est encore considérable, par rap-
richesse culturaledu Delta. port au chiffre de 200.000 pieds que cite votre
L'Annamite, très indolent de caractère, ne collaborateur pour la production totale de
cherche par lui-même à apporter aucune notre colonie.
modification aux usages habituels, il n'est « Les pertes éprouvées parla « Compagnie
pas chercheur, n'a pas d'initiative person- française du Congo occidental» ne sont pas
nelle; mais il a par contre un esprit d'assi- imputables à la nature du sol qui, au con-
milation admirable. Aussi est-on arrivé à traire, est éminement favorable aux ca-
dresser d^excellents ouvriers, et en ce qui caoyers ; elles résultent de la sécheresse ex-
concerne la manipulation des tabacs on ne ceptionnelle qui s'est produite pendant les
pouvaiiespérer de meilleurs résultats. années 1900-1901. Elle ont démontré — et
Dans un avenir prochain, le tabac d'Indo- cette expérience est très utile à signaler aux
Chine aura sa place sur les premiers marchés futurs planteurs — que la transplantation
du monde, et de ce fait seront récompensés était dangereuse au Congo, et qu'il y avait
les efforts de ceux qui n'ont pas craint de intérêt à procéder par semis directs,
commencer cette culture à leurs risques et « En effet, si, quand on transplante les
P^'^ • pieds en pépinière dans les terrains où ils
doivent grandir, on n est pastavonse parles
Le cacaoyer à Mayumba. pi,,i,3 abondantes, la plante ne s'alimente
M. E. DU Vivier DE Streel donne, dans la «Dé- pas et périt au boutde quelquesmois. M. Ver-
pêche Coloniale» du 20 nov. iqo2, d'utiles détails r •. d ' • j' • • ^
, , , y ^, ^ uLucaucLaiis GNES en a fait lexperience décisive. Au con-
sur la culture du cacao celle que la pratique à . , .
Mayumba (Congo français) notre abonné M. A. ^'^''^' ^^' cacaoyers qui n'ont pas eu a souf-
Vergnes (i). L'article auquel il se réfère, avait paru frir de la sécheresse, au début de leur déve-
le 14 novembre ; en effet, la lettre estdaiée du i5 :
« Pour compléter l'intéressant article que vous avez publié hier, dans la « Dépêche Coloniale », permettez-moi de vous fournir quelques rsnseignements qui permettent de penser que les chiffres publiés par votre collaborateur, concernant les plantations de
loppement, sont à l'heure actuelle en pleine prospérité, dans les plantationsde Mayumba. J'ai pu voir, moi-même, des arbres de deux ans portant cinq ou six fruits, et la « Compagnie française du Congo occidental »
compte, dès l'an prochain, faire pour 25.000 pieds une première récolte qui couvrira ses
cacaoyers faites au Congo, sont très sensi- ^''^^^ annuels.
blement inférieurs à la réalité. « On ne saurait trop engager les colons
« Lesdeux plantations dont il est question français à développer au Congo les planta-
dansl'articlesont, en effet, avec celles delà tions de cacaoyers. De l'avis de tousceuxqui
maison hollandaise, les plus anciennes qui connaissent cette colonie et qui ont pu étu-
- y existent, mais elles ne sont pas les seules. ^^^^ ^^ production du cacao dans les divers
«•M. Auguste Vergnes, directeur général pays du monde, le Congo peut figurer parmi
de la « Compagnie française du Congo oc- ^^^ plus favorables à sa culture. Les Alle-
cidental » a créé à Mayumba une plantation mands sont fort satisfaits des résultats obte-
de cacaoyers, qui par son importance, sinon "^^ par euxau Cameroun, etcependant nous
■ ^ savons de source sûre que les territoires du
(1) Rappelons que M. Vkrgnes nous a donné, en Goneo Français sont supérieurs à ceux du
avnl 1902, une note sur l'emploi du papaver comme o t
popte-ombre. — N. ijEL.A. Réd.
Cameroun pour la culture du cacaoyer. ■»
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Le Gérant : E. BoiviN.
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