EN ERYTHRÉE
Programme de la Station agronomique d'Asmara: Plantes oléagineuses. — Textiles. — Caoutchouc.
Extrait d'une lettre de M. Baldrati.
M. le professeur Baldrati, chargé de l'Ufficio Agrario Sperimentale (Station agronomique) delà colonie italienne de l'Erythrée, nous envoie une longue lettre qui contient des informations et des questions. Quelques-unes de celles-ci ont été déjà examinées par nous, dans notre cahier de janvier, à l'occasion delà lettre d'Abyssinie de M. A. Savouré; les autres pourront, espérons-nous, être résolues par l'un ou l'autre de nos lecteurs habituels. C'est dans ce but que nousles publions.
Les sujets qui intéressent le plus en ce moment la Station agronomique d'Asmara sont : les plantes oléagineuses, les textiles et le caoutchouc. Les deux premières catégories semblent effectivement susceptibles d'un certain développement dans la colonie italienne de la Mer Rouge (nous reviendrons encore, dans un prochain cahier, sur les questions que noire correspondant nous pose au sujetdes Sansévières). L'avenir du caoutchouc dans cetie région paraît beaucoup plus douteux.
M. Baldrati semble espérer certains résultats de VEuphorbia abyssinica et du Calolropis procera ; nous croyons que ses espérances seront déçues. Nous noussommes expliqués surl'Euphorbe, dans le cahier de janvier. Quant au Calolropis, Warburg en dit, p. 228 de l'édition française : « Largement distribgé à travers les steppes africaines, très riche en latex, mais ne contient qu'une sorte de gutta, et pas de caoutchouc élastique ».
Voici les passages essentiels de la lettre concernant les plantes oléagineuses et les textiles, elle est datée d'Asmara, 14 décembre 1902 :
Plantes oléagineuses. — « Plusieurs espèces oléagineuses sont spontanées et très abondantes en Erythrée, telles le Tricliilia emetica, le ricin, etc. On y cultive d'autre part un peu partout le lin, le Gui^otia, le Carthamus. Je m'attacherai a introduire d'autres espèces encore.
« Personnellement, ce qui m'intéresse le plus dans cet ordre d'idées, c'est l'utilisation industrielle des graines de Trichilia^ de Gui:[otia et de ricin. Mon premier soin sera de soumettre les différentes provenances et variétés à des dosages chimiques méthodiques.
Plantes textiles. — « Il existe ici jilusieurs Hibiscus spontanés, dont l'un particulièrement intéressant sous le rapport économique; l'espèce n'a pas encore été déterminée avec certitude. Je fais des essais derouissage de cette espèce ei en ai retiré par ce moyen une fibre de toute beauté, assez résistante et abondante : 100 kilos de tiges sèches m'ont fourni 12 kilos 400 nets de fibres. Je voudrais maintenant essayer de défibrer le même Hibiscus au moyen de quelque machine; voyez-vous une défibreuse à
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me recommander à cet effet ? Il me faudrait quelque chose de bon marché.
« Outre les Hibiscus^ l'Erythrée possède diverses Sanseviera; et à ce propos, permettez-moi de vous signaler l'inexactitude de l'information du « Bolletino délie Finanze », telle que je la trouve citée dans votre N° 10 (p. 126, Un projet d'exploitation des Sansevières en Erythrée) :
« La demande de concession fut faite par une société anglaise, il y a déjà plusieurs années, le pays n'était pas encore pacifié. Des expériences furent faites au moyen d'un procédé demeuré secret. Elles donnèrent d'excellents résultats; mais la concession fut abandonnée dans la suite, la société exigeait
du Gouvernement certains engagements que celui-ci jugeait excessifs,
« Dans certaines localités tout près de Ghinda, que le chemin de fer atteindra d'ici 10 mois ou un an, les sansévières se présentent avec une abondance extraordinaire; je me reprocherais de ne pas mettre à profit cette occasion pour en étudier les utilisations possibles. Avotreconnaissance, les fibres de sansévières ont-elles des débouchés assurés? Quelle est l'espèce préférée, est-ce celle qui a les feuilles plates ou celle qui a les feuilles cylindriques? quelles sont les défibreuses à adopter, et en existe-t-il de petits modèles? »
Baldrati.
Notes sur le Manioc aux Antilles
Le manioc en grande culture : Organisation. — Débouchés. — Plantation et entretien.
Par M. H. Dulien.
A la suite de questions posées par M. J. de Floris (Madagascar) et M. A. Cardozo (Mozambique), nous avons publié, dans les n°» de 1902 (pp. i^, 143, 278, 297. 299, 343, 344) et dans celui de janvier igoS (p. 23), une série d'extraits, d'articles inédits et de notes de toutes sortes, relatives à la culture, aux rendements et à l'utilisation du manioc dans les pays les plus divers. La plupart de ces documents envisagent la petite culture, telle qu'elle est pratiquée pour les besoins immédiats de l'alimentation locale, M. Dulien, aujourd'hui établi à Ste-Lucie (Antilles anglaises), où il fait du cacao et de l'élevage, a l'avantage d'avoir suivi de près, à la Martinique, l'une des entreprises de manioc les plus importantes qui aient été organisées dans cette île et dont le caractère était nettement industriel; il a pu ainsi puisera bonne source les observations dont il veut bien nous faire part, — N. de la Red.
Dans ses notes sur le manioc, dans vos n"'* 16 et 18, M. Paul des Grottes expose le système employé par les noirs des habitations à cannes, pour faire leur provision de farine pour la semaine; c'est aussi celui des petits propriétaires indigènes, qui possèdent un ou deux hectares de terre.
Pour ce qui est des exploitations d'une certaine importance, voilà le système employé à la Martinique :
On a un moulin pour râper (grager, comme l'on dit dans ce pays) ; le moulin est mû par des animaux, ou par l'eau du moulin à can nés. On a une presse à vis et, nécessairement, plusieurs platines. Ces différents instruments sont logés dans un hangar que l'on nomme gragerie.
Le propriétaire qui a moulin et presse à vis, trouve facilement des contracteurs, aux conditions suivantes : Le contracteur prépare la terre, la plante, entretient la plantation, récolte le manioc, le passe au moulin, fait cuire la farine. Le propriétaire, lui, donne sa gragerie et fournit les animaux nécessaires pour transporter le manioc des champs à la gragerie; de plus, il doit payer le grattage (opération qui consiste à enlever la première peau du manioc). Le contracteur n'a rien à payer pour la terre; mais il partage les produits, par moitié, avec le propriétaire.
On peut, si l'on veut, extraire de la farine une partie de la fécule, La farine dont on a extrait la fécule, est moins bonne que celle laissée entière, et par ce fait, elle réalise des prix plus bas. Mais la fécule de manioc, qui sert à amidonner le linge, est vendue 2 ou 3 fois la valeur de la farine. Paj un autre
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courrier je vous enverrai une note sur la fa- fait par bouture ; on peut cependant obtenir
çon d'extraire la fécule, telle que je l'ai vu le nîanioc également de graines.
pratiquer à la Martinique. Le manioc peut être révolté au bout d'un
Je ne puis rien vous dire sur le rendement an, mais il peut aussi rester en terre 1 8 mois
à la Martinique, si ce n'est qu'il varie et même 2 ans.
beaucoup. Les terres dont on vientd'enlever Un sarclage tous les 2 ou 3 mois suffit. Il
la canne, donnent de b^aux résultats, plantées faut se garder de sarcler pendant les deux ou
en manioc. trois mois qui précèdent la récoke, sous
En ce moment, le directeur de l'Ecole peine de nuire à la qualité de la farine, car
d'Agriculture de Ste-Lucie, lait une expé- chaque fois que la plantation est nettoyée,
rience sur le rendement du manioc, il m'a le manioc reprend sa végétation.
promis de me faire connaître le résultat ; dès A la Barbade, le manioc est planté sur de
qu'il me l'aura donné, je vous le commun!- petits monticules en forme de carapace de
querai : tortue de o'"75 de long sur o^^So de haut. Sur
A la Martinique, on plante le manioc sur chaque monticule on place 4 boutures,
des bancs de o'"5o de largeur sur o'"20 de A Ste-Lucie, la culture du manioc est très
hauteur, et de longueur voulue. Les meil- peu avancée. Les planteurs procèdent les
leurs mois pour planter sont février, mars, uns comme à la Barbade, les autres comme à
avril et mai; cependant, on peut plantera la Martinique,
toute époque. En pratique, la plantation se H. Dulien.
Les Pâtes Alimentaires Annamites.
(Vermicelles de Riz et de Haricots)
Par H. Neuville
En terminant une étude publiée dans le sistance mi-pâteuse, mi-gélatineuse, et, lors-
n" 17, je faisais allusion aux « Vermicelles que cette consistance est jugée satisfaisante,
de Riz » fabriqués en Extrême-Orient pour on presse sur un crible lapàteainsi obtenue;
les besoins de la consommation locale. Je elle en sort sous forme de minces filaments,
me réserve de revenir avec plus de détail sur irrégulièrement cylindriques ou aplatis, sui-
ce sujet, mais, pour répondre aux desiderata vaut la forme des mailles, et souvent enchevê-
qui me sont exprimés, je donnerai dès à très les uns dans les autres. Il n'y a qu'à les
présent un aperçu général sur ces pâtes. laisser sécher au soleil pour obtenir une
C'est non seulement le riz, mais encore sorte de « vermicelle » propre à la confec-
les haricots indigènes (Ddit des Annamites) tion de potages gras ou maigres, ou de ces
qui servent à la préparation des pâtes ali- sortes de gâteaux gélatineux dont les Orien-
mentai; es annamites ou chinoises. Dans nos taux se montrent si friands. Ces pâtes se
possessions d'Indo-Chine, cette préparation conservent fort longtemps; j'en possède qui,
est une spécialité de l'Annam, mais la depuis deux ans et demi, n'ont subi aucune
Cochinchine et le Tonkin paraissent en altération notable,
fabriquer aussi. , Ce mode de préparation s'applique parfois
Les vermicelles de rizsont préparés, dit-on, également aux pâtes de haricots. Mais cer-
surtout au moyen des riz gluants [nép). Les taines de celles-ci sont des sous-produits
grains sont d'abord réduits en une farine très d'une fabrication particulière : celle de pâtes
fine, par broiement avec de l'eau, entre des molles, ou de fromages, préparés avec diver-
galets de silex. On laisse cette farine se dépo- ses variétés du genre Dolique, et notamment
ser, puis on la fait cuire, toujours avec de avec celle dite Ddu nanh^ qui paraît être un
eal'u. Elle ne tarde pas à atteindre une con- soja {Dolichos Soja = Soja hispida ou Gly~
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cine hispida). Ce Dàu nanh sert à préparer digérées. En chauffant des fragments de v^r • six variété de produits alimentaires, dont micelle de riz avec de l'eau, et en ajoutant l'une, qui se présente en filaments secs, est un quelques gouttes d'acide chlorhydrique, on véritable vermicelle (ou macaroni) de hari- voit tout d'abord les filaments s'opacifier, cots. Elle s'obtient au cours de la prépara- puis s'éclaircir, et enfin se dissoudre. Cette tion d'une pâte, ou fromage, dite Ddu hti, transformation, qui est très rapide, ne se préparée par ébullition des graines et addi- produit pas, dans des conditions identiqu«-s, tion d'eau salée. Pendant cette ébullition, et avec le riz en nature, même avec le riz blanavant l'addition du sel, il se forme une sorte chi et glacé, ni avec les pâtes de farine de d'écume, que l'on recueille, et que l'on éiend blé. Après refroidissement, la pâte dissoute en filaments par des moyens divers. Ces se réunit sous forme d'un précipite floconfilaments sont généralement plus gros que neux ; nlTeau, ni le précipité, ne bleuissent ceux des vermicelles de riz. Ils sont finale- plus par l'iode ; constitué par de la matière ment séchés sur des claies. Si cette dessicca- amylacée, ce vermicelle a dû se transformer tion s'est faite dans de bonnes conditions ainsi, d'après les formules de Musculus, en (elle paraît devoir durer assez longtemps), le glucose et dextrine. L'acide acétique, à la produit se conserve indéfiniment; sinon, il même dose, ne produit pas cette réaction, s'altère et devient rouge, probablement par Cette expérience, si simple, est intéressuite du développement de Tun des nom- santé en ce qu'elle fait agir l'acide chlorhybreux micro-organismes susceptibles d'en- drique, que Ton considère, malgré de gendrer cette coloration. nombreuses discussions, comme l'un des
Ces renseignements sont pour la plupart éléments fondamentaux du suc gastrique,
empruntésauxouvrages classiques deDF, La- La dissolution des filaments de vermicelle
NEssANCt àun mémoire de TranN G 1. YEN Hanh. de riz doitdonc se produire dans l'estomac au
.T'ai moi-même publié une étude sur ce sujet moins aussi facilement que nous la produi-
dans le « Bulletin de la Société d'Acclima- sons « in vitro ». Tandis que la plupart des
tion» (Les Dérivés industriels du grain de aliments végétaux ne sont transformés et
Ril, 1902). rendus assimilables que dans l'intestin, les
Les vermicelles de haricots, comme ceux vermicelles de riz doivent l'être presque dès
de riz, jouent dans la cuisine orientale un leur arrivée dans l'estomac; ceci, joint à
rôle comparable à celui des pâtes d'Italie leur pauvreté en résidus cellulosiques, per-
dans la cuisine Européenne. Leur emploi met de les considérer comme éminemment
s'introduit avec succès dans l'alimentation propres à éviter l'irritation intestinale si
des Européens résidant en Extrême-Orient, funeste dans les pays tropicaux. Une autre
et, d'après l'étude que j'ai faite du vermicelle exigencede la nutrition, spécialeà ces mêmes
de riz, cet usage parait des plus rationnels, pays, se trouve également satisfaite par leur
Ces pâtes opt la réputation d'être légères et emploi. En effet, leur matière amylacée se
assez nourrissantes. transforme, tant sous l'influence du suc gas-
L'étude de la composition des pâtes de riz trique que sous celle de la salive, en glu-
met en évidence une grande quantité de ma- cose, et, comme je viens de le dire, cette
tière amylacée, déjà partiellement transfor- transformation doit être très facile et très
mée et ne se présentant plus à l'état d'ami- rapide. Or ce glucose constitue l'un des
don normal, de très peu de résidus cellulo- types des matièresdiies ternairesdont l'autre
riqucs, pas de graisses, et très peu d'autres type est représenté par les graisses, absentes
matières 'icrnaires. Nos pâtes de farine de blé des vermicelles de riz . Mais, tandis que ces
en diffèrent essentiellement par leur teneur dernières dégagent dans l'organisme une
en gluten, produit absent des paies de riz. chaleur de combustion très élevée, les pre
.le rappellerai qu'il est possible d'avoir un mières de ces matières ternaires, celles dont
argument expérimental très simple en laveur le glucose estle type, sont reconnues comme
de la facilité avec laquelle elles doivent être dégageant une chaleur beaucoup moindre, et
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comme étant la source de l'énergie muscu- ci-dessus, l'avantage considérable de ne
laire. Ceci revient à dire que les vermicelles devoir exiger de l'intestin qu'un travail ré-
de riz, comme toutes les matières amylacées duit au plus strict minimum.
en général, conviennent aux habitants des L'importance de cette considération ne
tropiques comme les graisses conviennent à saurait échapper à quiconque s'intéresse à
ceux des régions boréales ; mais ces vermi- l'hygiène des pays chauds.
celles ont en outre, pour les raisons exposées H. Neuville.
La Durée des Bananeries au Parana
Influences du sol, des engrais, des soins d'entretien, de la variété, etc. Par M. L. Paszkiéwicz.
Mon cher Directeur, reste, en général, suffisamment riche en po-
Vous avez bien voulu me demander quel- tasse et l'acide phosphorique n'y fait pasnon ques renseignements complémentaires à la plus défaut. Quant à l'azote, il est fournipar
note sur les bananeries du Parana que vous l'humus ordinairement très abondant dans
avez publiée dans le « Journal d'Agriculture ces terrains occupés pendant d'innombrables
Tropicale» n« 11, renseignements relatifs années par la forêt. Ce qui manque le plus
principalement à la durée des plantations de est l'élément calcaire ; les quelques expérien-
bananiers et aux moyens employés pour ces que J'ai pu faire pendant mon séjour au
augmenter cette durée autant que faire se Parana m'ont très rapidement démontré
peut, (i) qu'on obtiendraitdesplendides résultatspour
Il ne m'est guère possible de répondre à toutes les cultures, si on pouvait fournir au
ces deux questions d'une manière très pré- solla chaux qui lui manque, mais ou prendre
cise. La durée d'une plantation de bananiers cette chaux et comment l'amener sans frais
dépend en effet à la fois de la qualité du sol excessifs dans les plantations, dans un pays
et des soins de culture qui lui sont donnés; ou routes et chemins sont choses incon-
q\ia.m a\ix engrais, l'emploi en est absolu- nues?
ment inconnu dans le bas Parana. Le sol y Dans les bananeries bien cultivées et in-
€st en général si riche en matières fertilisan- telligemment conduites, on a soin chaque
tes que, jusqu'à présent, il n'est venu à l'idée année de couper toutes les vieilles feuilles
de personne d'y faire des apports d'engrais, qui retombant surles Jeunes rejets, les étouf-
Et cependant, ce n'est pas que le bananier fent et nuisent sensiblement à leur prompt
soit insensible aux amendements, bien au développement ; d'autre part toutes les tiges
contraire, la vigueur des tiges et la beautédes ayant produit un régime sont coupées avec
régimes des plants qui avoisinent les habi- soin par le pied eidivisées en tronçons et en
tations et au pied desquels on dépose d'ordi- fragments aussi peu volumineux que possi-
naire des cendres et des détritus de toutes ble. Si on a soin, au moment des sarclages et
sortes, en sont une preuve convaincante. desbuttagesdes plants, de recouvrir déterre.
Dans les plantations un tant soit peu éten- en partie du moins, tous ces débris végétaux, dues, l'emploi d'engrais quelconques est leur décomposition est très rapide et promppour ainsi dire presque impossible, et on est tement réduits en terreau, ils constituent forcé de se contenter des éléments nutritifs pour le bananier un amendement dont l'effet que renferme le sol. Ce dernier résultant de est très appréciable. Lorsqu'à ces soins de la désagrégation de roches primitives, est du culture on ajoute celui de ne laisser à cha- . que souche qu'un nombre très réduit de re
(i) Compare;^amcles et lettres de MM. Ch. Rivière jg^^^ c'est-h-dire trois OU quatre au plus, on (n" 10), A. Couturier (n° i3), J. J. Esmenjaud ^ . , . , , , ,
[n" 14), D' BoxAviA (n° i5). peut être certainde toujours recolter de beaux
N. DB LA RÉD. régimes et de prolonger sensiblement la du-
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rée de la plantation. Cette durée dépend, on beaucoup plus exigeantes que d'autres, et s
le voit, de plusieurs facteurs différents, elle on voulait, par exemple, cultiver la banane
peut varier du simple au double, il est donc maranhao ou même la banane massao dansles
fort difficile d'en indiquer exactement le mêmes conditions et de la mémemanièreque
terme. J'ai rencontré dans une de mesexcur- labanane catura, onnetarderait pas à éprou-
sions, des touffes debananierscATURAs(A/M^^ ver des déceptions cruelles. Aussi, à mon
sinensis] abandonnées à elles mêmes depuis avis, généralise-t-on peut être un peu tropla
de longues années et végétant sans soinsd'au- question relative à la fumure du bananier;
cune sorte au milieu des lianes et de la brous- indispensable dans certains terrains et pour
se, et cependant, leurs tiges étaient encore certaines espèces, cette fumure devientbeau-
pleines de vigueur et quelques unes portaient coup moins nécessaire lorsqu'on adopte une
de fort beaux régimes. Il est vrai que ces ba- race plus forte et plus rustique. Certes, le
naniers se trouvaient placés dans une petite bananier est uneplante exigeante, Je suisbien
vallée, en plein terrain d'alluvion d'une ex- loin de ne pas le reconnaître ; cependant, ce
trême fertilité. Par contre, dansdes situations que j'ai vu dansle Brésil méridional me per-
moins favorables, il n'est pas bien rare de met d'assurer que dans certaines condition-s
constater des symptômes d'affaiblissement de sol, de climat et de culture, il est possible
dans des plantations âgées seulement de six d'en obtenir de nombreuses et fort belles
à huit ans. récoltes sans autres engrais que celui fourni
Enfin, en dehors de laqualité du sol et des par lesdébris végétaux provenantdelaplante
procédés de culture plus ou moins soigneu- elle-même et des herbes adventices détruites
sèment appliqués, la durée d'une bananerie par les sarclages de la plantation, dépend aussi beaucoup de l'espèce cultivée. Veuillez agréer, etc.
Parmi les espèces de bananiers, il en est de L. Paszkiéwicz.
Un type de Maison d'Habitation pour le Congo
Par M. Louis Bernard.
Au choix judicieux que le colon doit faire de l'emplacement de sa maison d'habitation, il faut joindre d'autres conditions essentielles qui dépendent en grande partie de la nature des matériaux que l'on emploie pour sa construction.
L'humidité, la trop grande élévation de température à l'intérieur des chambres, les ravages des fourmis blanches ont été ainsi évités dans une large mesure à la maison d'habitation que j'ai fait construire au Congo français sur les rives de l'Ogooué.
Cette maison, placée sur la ligne de faite d'une petite colline, a été bâtie sur un remblai de terre. Les matériaux employés pour sa construction sont le ciment pour le plancher, des planches voliges de pitchpin pour le platond, des tôles ondulées galvanisées pour les parois et la toiture.
Cette maison, longue de i 5 mètres et large
de 4 mètres comprend trois pièces : un chambre à coucher, une salle à manger, une salle de bains.
Toute la charpente a été faite avec du bois du pays, le Bilinga et le Niowé (en langue M' Pongoué ) Ces deux essences, dont on rencontre assez fréi|uemment de beaux exemplaires dans les terres basses, sont inattaquables par l'humidité et les fourmis blanches.
La charpente de la construction repose sur des piliers de Bilinga, de o m. 60 de diamètre, enfoncés de i m. 5o et auxquels j'ai fait subir un commencement de carbonisation pour augmenter la résistance à l'humidité et aux insectes.
Le plancher est formé d'un béion de i5 centimètres d'épaisseur recouvert d'un enduit de ciment de 2 cent.
Le plafond est fait avec des planches de
dC)
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pitchpin rainées, de o m. 01 5 d'épaisseur, véranda large de 2 m. 5o, abritée par une
longue de 5 m. solide toiture en feuilles de palmier, protège
La toiture, les parois de la maison y les parois de la maison de l'ardeur des rayons
compris les cloisons de séparation des pièces solaires,
sont en tôles ondulées galvanisées de 2 m. 5o gj p^,^ n^^^ait qu'une seule maison d'habi-
de long sur o m. 70 de large. En outre de la grande résistance que le toit en tôle oftVe à la violence des tornades, il a l'avantage de permettre mieux que tout autre système de récolter les eaux de pluie, si précieuses en pays de paludisme.
La base des deux versants de la toiture ne
cli:]-:; enpa''!'
TTTnr^
FiG. i. — Coupe verticale, s'appuie pas directement sur 1^ haut des parois, la poutre qui les supporte est maintenue à une distance de o m. 3o. Cette disposition de la toiture permet d'obtenir une parfaite ventilation et, avec ce plafond en planche, on n'a plus à redouter une trop grande élévation de température à l'intérieur de la maison aux heures chaudes de la journée. De même qu'avec le béton cimenté qui forme le plancher on n'a plus à craindre l'humidité du sol.
Sur tout le pourtour de la maison, une
tation de cette dimension à faire construire et que les frais d'installation du plalond en planches paraissent trop élevés, on pourrait le remplacer dans c^ cas par un double toit en feuilles de palmier, superposé à la toiture en zinc et distant de 25 cent. ; puis, à une exirémité de la maison où la toiture de zinc abrite un local rarement occupé par
FiG. 3.
Par i.
l'Européen, on Inisserait quelques niètres carrés à nu, afin de pouvoir récolter les eaux de pluie.
La rapidité avec laquelle ces matériaux permettent de construire la maison, son prix de revient peu élevé, la longue durée de service qu'elle est appelée a faire, nous autorisent a préconiser ce système de construction dans un pays où les ouvriers d'art indigènes, charpentiers, maçons, sont encore rares.
Loris Bp:RiNAi?i).
Paris, i5 août 1902.
La Destruction des Rats.
InelHcacité des moyens emplo} es jusqu'ici à l'île Maurice. — Introduction des hiboux de Madugascor.
D'après M. P. BoN-iME (i).
"Les i-ats continuent leurs ravages dans les rait guère diminuer, bien que leur destrucplantations de cannes, et leurnombre ne pa- tion soit poursuivie avec assez de persévérance de tous les côtés . De temps à autre, on
(i)Ex.rairdutrèsremarquab)eK«r"or/.v«We.^/r^- ,-ecommande spécialement un nouveau poivaux de la Station agronomique de i île Maurice
pendant Tannée rgoi. son qui doit amener rapidement leur dispa-
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rition ; tous les poisons employés sont gé- dix centimes fsoit environ 6 sous de roupie) néralement efficaces, que ce soit Tarsenic, le pour chaque rat détruit; pour éviter le phosphore, la strychnine, etc., et l'essentiel transport de tous les cadavres, on se conest de mélanger la substance toxique à une tente de porter les queues qui sont comptées préparation qui soit assez appétissante pour puis brûlées, et on règle de suite le prix de tenter ces rongeurs ; mais comme ils sont la capture. En égard à la production sucrière très défiants, il est utile de modifier de de Maurice, ce serait dans les mêmes protemps à autre la mixture ainsi que le poison portions une somme de 80 à 90.000 roupies employé. par an.
On a remarqué en effet qu'ils ne tardent Cette pratique est certainement plus cco-
pas à délaisser les appâts longtemps em- nomique que celle qui consiste à entretenir ployéspour attaquer de préférence les nou- des escouades spéciales de ratiers, car beauvelles préparations, parce que, dit-on, ils coup d'individus, sans en faire un métier s'habituent au poison, mais plus probable- sont intéressés à la destruction des rats par ment parce que leur instinct les pousse a s'en les petits bénéfices que leur capture leur prodéfier. cure.
Il est d'autant plus difficile d'arriverà leur lia été introduit dernièrement quelques destruction parlepoisonque. pour eux, il n'y hiboux de Madagascar qui ne donneront a pas de saison morte et qu'ils trouvent pen- probablement aucun résultatd'après les coudant toute l'année des cannes sur pied dont ditions dans lesquelles ils ont été introduits^ ils sonttrès friands, ou d'autres substances puis mis en liberté. L'essai a encore eu un alimentaires cultivées ou spontanées. A au- désavantage qu'il n'était pas possible de précune époque ilsnese trouventprivés de nour- voir, c'est de se faire à la veille du coup de riture, et c'est pourquoi les appâts plus ou vent, et il est facile de s'imaginer ce que moins toxiques qu'on place dans les champs sont devenus ces malheureux oiseaux peu sont souvent délaissés pour une nourriture habitués à vivre en cage après une traversée plus appétissante qu'ils trouvent partout plus ou moins mouvementée, lâchés sans abondamment. précaution et sans avoir tenucompte deleu:?s
La peste qu'ils se chargent de transporter habitudes et des conditions dans lesque les et de propager ne semble pas avoir éclairci ils vivaient avant leur capture. Suivant les leurs rangs, au moins d'une façon apprécia- espèces, il y a des hiboux qui préfèrent les b'e. bois, d'autres les endroits rocheux et cscar-
Sur la généralitédes propriétés on en prend pés, les endroits habités, etc., pour leur don à peu prèsle mèmenombrechaqueannée ; et ner la liberté dans de bonnes condi, ce nombre est énorme surtout si on consi- ^ions, il serait nécessaire de les garder queldère que Ton ne relève que les rats pris au que temps en cage dans la localité où ils depiège et qu'on ne peut évaluer le nombre de vront être lâchés afin qu'ils se remettent de ceu^ qui succombent par l'action du poison leur affolement et s'habituent à l'endroit répandu continuellement et à profusion dans qu'ils devront d'abord habiter ; s'ils sont mis les champs. Il existe des propriétés où l'on en liberté immédiatement, ils partiront isoprend ainsi unecinquantainede ratsparjour, lément dans toutes les directions, et il est soit environ 20.000 par an. probable que, déjà affaiblis par la traversée,
Bien qu'on semble le supposer, Maurice ils auront beaucoup de peine à vivre dans n'est pas la seule colonie qui soit ainsi en- les preniiers jours et périront en grande vahie parles rats ;dans les Antilles, il en est partie.
de même ; à la Guadeloupe qui ne produit C'est ce qui a dû arriver au premier lâcher
annuellement que 5o.ooo tonnes de sucre, le des hiboux de Madagascar, etcependantdeux Conseil Général vote tous les ans une som- ou trois jours après, on prétendait que les me de 3o. 000 à 50.000 francs pour leur des- poulaillers étaient déjà dévalisés et qu'on truction ; dans chaque municipalité on paye rencontrait à chaque pas des squelettes d'oi-
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seaux qui avaient été dévorés ; les méfaits petites couleuvres inoffensives que l'en ren-
étaient encore plus rapides que pour les contre par hasard dansles champs, mangoustes ; depuis on n'en entend plus Les chouettes et hiboux ont été partout
parlerai on ne sait cequ'ils sont devenus. l'objet de mesures de protection; malgré
Il n'est guère probable que ces oiseaux, si cela, leur multiplicationest toujoursrestrein-
on a bien choisi les espèces, puissent devenir te, et, en aucune localité on ne les a vu pren-
nuisibles ; il en existe dans toutes les con- dre une extension démesurée comme certains
trées du globe, et en aucun lieu ilsne se sont autres animaux tels que le lapin, la man-
multipliésde façon à causer des dégâts ; par- gouste, le martin, le moineau, etc., pour
tout au contraire, on reconnaît les services n'en citer que quelques uns des plus connus, qu'ils rendent, et c'est un maigre argument Les hiboux et les chouettes sont des ani-
de dire que dans certaines localités de mauxessentiellement nocturnes et craintifs;
France, les paysans les clouent à la porte de pendantle jour,ilsse cachentdanslesrochers,
leur grange quand ils peuvent en capturer. dans les bois, sur les arbres les plus touffus.
Les hiboux ont toujours été plus ou moins et ne sortent que la nuit pour chasser ; c'est pourchassés par les ignorants qui ne con- donc dans les endroits solitaires et isolés naissent ni leurs mœurs ni leurs habitudes qu'il faut les lâcher afin qu'ils puissent et la cause en est principalement à leur cri trouver immédiatement de quoi s'abriter lugubre et à leursformes disgracieuses, d'où jusqu'au moment où ils seront acclimatés, le nom vulgaire de Chathuant. Ce-exem- Il esttrès probable qu'aucun procédé parpie de répulsion pour un animal n'est pas ticulier n'arrivera à détruire complètement unique, et on rencontre rarement un crapaud les rats ; c'est pourquoi il ne faut négliger sans le tuer, et sans se douter qu'on détruit aucun des moyens qui pourront y contribuer un des auxiliaires les plus utiles de l'agri- dans une certaine mesure, et à l'aide de hiculture ; ici même ne considère-t-on pas boux, peut-être dans ce sens d'une certaine comme une action méritoire de détruire les efficacité.
Nouvelle méthode de préparation du Café
Le procédé Van Geuns. — Séchage à la turbine. — Observations de M. F. Main,
Le procédé et l'outillage imaginés par M. Van Geuns font énormément parler d'eux, depuis un an, dans la presse indo-néerlandaise ; nous en avons eu connaissance, pour notre part, principalement par un longarticle de l'inventeur reproduit dans le « Indische Mercuur» du 7 janvier igo-2,çt. par la polémique recueillie dans les cahiers de ce même périodique datés du 25 novembre et du 9 décembre. Les articles originaux ont paru dans la presse de Java ; en particulier, dans le « Handelsblad » de Soerabaja.
Nous donnons ci-après des extraits du « Ind. Mercuur » du 25 novembre et du 9 décembre, ainsi que quelques observations de notre collaborateur M. F. Main, se rapportant à ces deux pièces. Nous publierons dans un prochain numéro, s'il y a lieu, une analyse de l'article du 7 janvier igo2, sur lequel nous venons seulement de remettre la main, au moment d'envoyer la copie à l'Imprimerie.
Le procédé de M. Van Geuns repose essentiellement sur l'application combinée de la force centrifuge et de la chaleur à la dessiccation du café sortant des bacs de lavage. En effet, pendant l'opération on fait passer, dans une turbine centrifuge contenant le café, de l'air sec chauffé à 600 G.
Le procédé comporte également quelques autresmodificationsà laméthodecouranie de préparation par voie humide, telle qu'elle est généralement pratiquée à Java. Les principales sont : i" Le remplacement du caoutchouc par un couteau ou pressoir eh bronze, dans le dépulpeur Lidgerwood; 2" la diminution de la durée de Ja fermentation, par l'emploi de moussoirs [roertrog-
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gen (i)] et d'une sorte de levain dont le rôle est rempli par du « legen », nom indigènedu vinaigre d'Arenga saccharifera.
La turbine demeure l'innovation la plus intéressante. L'auteur, cité dans le « Ind. Mercuur » du 25 nov., pense que deux modèles sont nécessaires: le i''"' livrant par turbine et par jour 1 5 à 20 pikuls (9 à 1200 kilos) de café sec (2) ; le 2", à travail continu, et qui livre 3o à 40 pikuls (tSûo à 2400 kilos) de café par jour.
L'auteur estime que tout le travail de préparation, depuis la cueillette, se fera en 72 heures environ.
Plusieurs objections ontété faitesà M. Van Geuns ; entre autres celle-ci :
Le procédé supprime les bacs à sécher généralement employés actuellement à Java.
Un capital de quelques milliers de florins deviendra ainsi disponible; mais à la place de bacs à sécher on devra avoir des turbines ordinaires et des turbines à travail continu, les premières travaillant i 5 a 20 pikuls chacune et les deuxièmes 3o à -io. Comme ces turbinessont destinéesà produire du « Winddroge koffie », c'est-à-dire du café desséché seulement en partie et dont la dessiccation devra être achevée à l'étuve, il s'ensuit que l'inventeur entend les alimenter avec du café tout mouillé, tel qu'il sort des
cuves (3).
Si donc on veut travailler 200 pikuls de
dépense de 38.85o florins, sans compter les poulies et courroies de transmission, la machine à vapeur spéciale, dont on ne saurait se passer, la maçonnerie, les frais de fransport. etc.
A cette dépense, déjà considérable, il faut encore ajouter l'achat de un ou plusieurs calorifères et ventilateurs de très grand débit. On en arrive à se demander si les avantages correspondent aux débours.
La force centrifuge appliquée au café dégouttant d'eau, le débarrassera certainement en très peu de temps del'eau qu'il porte à sa surface ; mais il n'est pas sûr, objectent les contradicteurs, qu'il en sera de même pour l'humidité contenue dans l'intérieur des fèves, laquelle dans le procédé actuel courant à Java, ne part qu'à la suite d'une très longue exposition à une température fort élevée.
M. Van GEUNsentend contribuer à débarrasser le café de son humidité intérieure, en faisant passer dans la turbine de l'air chauffé à 60" C; mais, objectent les contradicteurs sous l'influence de la force centrifuge, l'air chaud sortira très rapidement de la turbine et n'exercera, par suite que très peu d'action sur le café, disposé en couche de quelques centimètres contre la paroi de la turbine, il faudra donc des calorifères et des ventilateurs d'un débit inouï, pour maintenircontinuellement un courant d'air chaud dans
cafédépulpé, ce qui correspond à 100 pikuls les turbines.
de café marchand en parche ('( bras »), c'est- Dans les étuves ordinaires, l'air chaud
à-dire la production journalière moyenne n'est pas amené par un ventilateur et n'est
d'une caféerie de Java, on devra avoir au moins i3 turbines ordinaires et 6 turbines à travail continu, et comme dans chaque catégorie une turbine supplémentaire sera nécessaire pour le cas où l'une des autres aurait besoin d'une réparation, il en faudra 21 en tout.
En les comptant chacune à i85o florins r= 3.885 fr., les 2 i turbines représentent une
(i) Le moussoir est un instrument qui sert à la fabrication de la pâte à papier; on l'appelle aussi u Hollandais ».
(2) « Winddrog w, ce qui, en hollandais, désigne un premier état de dessication, insuffisant pour l'emballage et l'expédition au loin.
(3) En hollandais, « kletsnat ».
par conséquent soumis à aucune pression; ainsi dans l'ancien système Van Maanen la vitesse d'ascension de l'air se règle d'après sa température et est par suite très faible lorsque celle-ci est basse; malgré cela, en quittant le café l'air est encore loin d'être saturé d'humidité.
Dans le système Van Maanen-Hering, à travail continu, l'air est chassé à travers -le café au moyen d'un ventilateur, mais là la couche de café que l'air doit traverser à une épaisseur de i3 à 14 pieds; ce système est d'ailleurs, paraît-t-il, inférieur à l'ancien Van Maanen.
L'air a besoin d'un certain temps pour se
DO
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 20— Fév. 1903
satuier d'humidité, ei si, continuent les contradicteurs de M. Van Geuns, cet air traverse rapidement le café, il ne pourra se charger que d'une quantité d'eau extrêmement faible. II est donc à prévoir qu'u» nombre énorme de mètres cubes d'air chaud, qui revient fort cher, seront nécessaires pour effectuer ce dont, le plus souvent, le soleil et le vent sont actuellement seuls chargés à peu de frais.
Dans le procédégénéralement suivi actuellement à Java, le séchage du café, succédant à la fermentation et au lavage, ne coûte à peu près rien. Généralement une dizaine de coolies mettent deux heures pour porter 200 pikuls de café du bassin de lavage au bac de séchage.
Chaque coolie reçoit en moyenne 25 cents de Horin (i) pour une journée de 10 heures de travail ; cela fait pour deux heures 5 cents par homme, soit 5o cents pour le transport des 200 pikuls de café.
Une fois le café étalé, les coolies passent à quelque autre travail. Le café abandonné à lui-même, se dessèche doucement sous l'action du soleil et du vent. Vers le soir, il est mis en tas et abrité sous une toiture en fer; puis, le lendemain, on l'étalé de nouveau. Au bout de 2 ou 3 jours, suivant que le soleil a été plus ou moins vif, le calé peut ^tre porté à l'étuve, où il achèvera de se dessécher. Ce système qui est celui de la majorité des bonnes caféeries de Java, est ■donc très simple et ne coûte, en tout, que quelques cents par pikul.
Avec le système Van Geuns, il en est tout autrement: ce procédé nécessitera une installation très coûteuse comme personnel, frais de surveillance, usure des turbines, de la machine à vapeur, des courroies de transmission, huile de graissage, éclairage pendant la nuit; enfin et surtout, il exigera une consommation énorme de charbon par les calorifères et la machine à vapeur. Il est difficile d'évaluer le total de tous ces frais, mais même sans y faire entrer l'intérêt du capital employé à l'achat du matériel, ce total dépassera certainement de beaucoup le prix de revient du procédé actuel.
(i) Un florin hollandais = 100 cents = 2 fr. 10.
M. Van Geuns pourrait objecter, remarquent ses contradicteurs, que par son procédé les frais de dessication à l'étuve se trouvent réduits à peu de chose. Mais, di5eni-ils, aujourd'hui même cette dessiccation coûte bien peu de chose. Dans l'ancien système Van Maankn elle ne revient qu'à 20 cents par pikul de café marchand en parche (bras).
M. Van Geuns évalue la durée totale du travail à 72 heures. C'est à peu près le même temps que dans le procédé actuel, mais même si ce dernier demandait plus de temps, cela ne justifierait pas, selon les contradicteurs, lesgrandesdépenses attachées au nouveau procédé, en admettant qu'il ait réellement en pratique les avantages que son inventeur lui attribue.
Quels seront les avantages des moussoirs et du « legèn » (i)? D'où tirerait-on les grandes quantités de >< legèn » qui deviendraient nécessaires le jour où toutes les caféeries voudraient se mettre à travailler d'après le procédé Van Gkuns? Par quel procédé la chaleur sera-t-elle amenée sur le café dans la turbine en mouvement? Autant de questions par lesquelles les contradicteurs cherchent à embarrasser l'inventeur, Cederniera, d'ailleurs, des réponses toutes prêtes:
Il démontre, en premier lieu, que pour la dessication de 3, 000 pikuls de café il n'a besoinque de 4 turbines, de i 5 pikuls. Il donne ensuite le tableau suivant pour montrer le
DURÉE DES DIKFÉnENIKS OPÉRATIONS
Di'pulpage
Fermentation.'
Lavage..
Sécliagc sur les bacs
— à l'étuve
Décortiquagc. triage, etc.
Kiiiballage.'.
l)urée totale
Procédiî actuel Proc. V. Geuns
Minimum :
Heures
OU
Maximum :
Heures
OU
8 jours ( 65 jours
.Minimum :
Heures,
OU
3 jours
.Ma.ximum :
Heuies.
OU
5 jours
(i) M. Van Geuns emploie de la sève à'Arenga (« arèn-palm ») ayant quinze à vingt jours de fermentation.
N020— Fév. i9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 5i
temps en heures qu'exigent le procédé cou- gnements, n'y est pas bien favorable, mais
rant de Java et le sien, selon que les con- certaines de ses objections semblent venir
jectures atmosphériques sont plus ou moins d'une connaissance insuffisante des ma-
favorables. Le minimum répond à une pé- c-hines en, général.
riode entièrement sèche; le maximum, aune Je reprends quelques pointsde sa critique : période de pluies continuelles. Turbines. — 11 dit : « A la place des bacs à La récolte d'une i:aréerie moyenne .éta^nt sécher, il faudra des turbines ordinaiiesef évaluée à environ 3,ooo pikuls de café mar- des turbines continues ». Presque stîrement chand, le maximum de cerises fraîches ren- non : il faudra l'un ou l'autre;, c'est d'ailtrées journellement serait de 200 pikuls. leurs ce que l'inventeur n'a pas manqué de Pour ces quantités, M. Van G :uns estime répondre. De plus, tout porte à croire, qu'on que son procédé n'exigerait que l'acquisition n'emploiera que des turbines discontinuas. .¥.n de 4 turbines à i5 pikuls ou d'une turbine à effet, à quelque travail qu'elles s'appliquent, 40 pikuls tous accessoires en plus, bien en- les turbines continues, si séduisantes qu'elles tendu. soient, donnent un travail moins parfaj'., un Pour prouver lue le séchage par la force rendement moins bon que les turbines discentrifuge présente pour Java de grands continues, tout en coûtant 2 à 5 fois plus et avantages, tout au moins aux altitudes éle- en demandant i fois 1/2 à ? fois plus, de vées, il cite des chiffres fournis de 18943 force.
1902, par le pluviomètre de sa résidence Le chiffre de 4 turbines indiqué par Tau- Soember-Telogo (environ 1.800 pieds au- teur dans sa réponse, me semble vraisemdessus du niveau de la mer). Il en résulte blable pour 100 pikulr> de café sec, ou 200 que pendant les cinq mois mai-septembre il de café dépulpé, mais il serait plus raisonest tombée en 1902, un total de 14- mm. nable de se baser sur le chiffre de 5. En effet, d'eau; en 1900, 2 296 mm. Tout compte avec 5 turbines, on aurait 20 pikulspar turfait, sur une période de 9 saisons, .il n'y en bine, soit 1200 kilos. Prenons 12 minutes a eu que deux qui puissent être considérées par turbinée, chargement et déchargement comme franchement sèches et favorables compris (chiffre v/'awe^jZj/^Z'/e) ; cela fait cinq à la dessiccation du café par les procédés turbinéespar heure, etcinquanteen 10 heures traditionnels. Selon le plus ou moins de dé- de travail. Cela donne 24 kilos par turbinée. rangements causés par la r'i'ic"i l-i prépara- ce qui concorde bien avec la capacité tion traditionnelle du café, par voie humide moyenne d'une turbine d'un type courant, et dessication à l'air sur bacs, a exigé, dans Nous sommes donc dans les limites d un cette propriété, de 8 jours ( 1902) à 60 jours calcul moyen de rendement journalier. — J\ii («900); en moyenne arithmétique pour l'en- dit plus haut: chiffre vraisemblable, car semble des 9 années, 20 jours. j'ignore si l'action de l'air chaud nccessiic Les contradicteurs s'en tirent en répOn- une durée plus grande de la tL'.rbinée. En d;int que M. Van GKfxs n'a pas fourni de effet l'article du « De Indische Mccum » preuves suffisantes qu'il arriverait effective- définit mal l'importance exacte du chauffage meut à sécher, avec ses 4 turbines à i3 pi- dans cette opération.
kuls, une récolte de 3. 000 pikuls de café Le prix de i.85t) florins par turbine est marchand. très admissible ; mais il ne s'agit pas d'une 1^% dépense totale de 38. 85o florins, mais seulement de i.85ox5 -9.250 florins, maçonne'-ies et transmissions en plus.
Le principe même del'opéraiion de M. Van Ventilateurs. — Ils doivent èire de grand Gkuns, très nouveau, paraît être extrême- débit, se plaint le contradicteur. Peut-être, ment intéressant. Evidemment, le contra- mais un ventilateur n'est paschose coûteuse, dicteur, auteur de l'article de polémique où et cela demande peu de force pour fonctionnons avons puisé le plus clair de nos rensci- ner. Déplus, la force centrifuge ne créera
* * Observations de M. F. Main
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 20— Fkv. 1903
pas un appel d'air de l'intérieur à l'extérieur, Calorifères. — La question du chauffage Comme semble le croire notre critique. — a fait aujourd'hui des progrès énormes, et la L'air, à l'intérieur d'une turbine, ne s'en- production d'air chaud, ou de vapeur à basse traîne que faiblem.ent et participe dans une pression, se font actuellement avec une défaible mesui-e au mouvement de la masse; il pense relativement faible de combustible, suffit, pour s'en rendre compte, de mettre la Fermentation. — La question du critique : main dans l'intérieur du panier d'une tur- « où trouve-t-on le leg^n nécessaire?» bine de sucrerie ou de féculerie en mouve- m'étonne. On trouvera facilement partout, ment. Et en admettant même que cet entrai- surtout dans les pays tropicaux, des liquides nement soit notable, comme l'air en sortant amylacés, sucrés, donnant une fermentation de la turbine sera loin d'être saturé, il serait alcoolique d'abord, acétique ensuite; quand probablement facile de monter les turbines ce ne serait que le lait de coco ! en batterie et de faire traversertoutes les tur- Enfin, on objecte que l'ancien procédé est bines par le même courant d'uir, avec 2 ven- moins coûteux ; c'est fort possible, mais il y tilateurs : un refoulant, à une extrémité de a cent exemples pour un, dans l'histoire de la batterie; l'autre aspirant, à l'autre extré- la transformation des procédés industriels, mité. d'un procédé plus coûteux en remplaçant un Quant à l'humidité intérieure du grain, autre presque gratuit, et cela pour des raic'estlàcertainementunpointtrèsimportant, sons de temps, de main-d'œuvre, de sécu = et il me semble que le facteur temps est in- rite, etc., contre lesquelles la logique d'une dispensable pour en venir à bout. Quoi qu'il simple addition de centimes n'aura jamais
en soit, la question sort de ma compétence pu prévaloir.
. . F. Maim
immédiate, et j'en décline la discussion. , , .
' ' Ingénieur-Agronome.
Cultures et Essais à Managua
La crise du café. — Gastilloas porte-ombre. — Gingembre. — Curcuma.
Citrate de chaux.— Lufta. — Pomme de terre.
Lettre de M . H. E. Low.
Sisal et Arrowroot.
Il nous paraît utile d'avertir en quelques mots nos lecteurs de ce qu'est l'auteur de cette si intéressante lettre, afin qu'ils se rendent compte de l'importance qu'il y a lieu d'attacher à ses constations, opinions et impressions.
;.M. Low, d'origine allemande (c'est nous qui avons traduit sa lettre en français) est établi dans le pays depuis de très longues années. A sa vaste expérience personnelle il joint une érudition vraiment exceptionnelle parmi les hommes de la pratique; voici, en effet, la liste des périodiques qu'il reçoit: « Tropical Agriculturist » (depuis 20 ans), « American Agriculturist » (depuis 25 ans), « Tropenpflanzer «, «< Queensland Agricultural Journal », « West-Indian Bulletin », « Agricultural News », « Agricultural Gazette of New South Wales », « Boletin da Instituto fisico-geografico da Costa-Rica », « Revue des Cultures coloniales », « Journal d'Agriculture Tropicale ». Nous avons été très heureux d'enregistrer ce témoignage de M. Low: que notre Journal lui semblaitêtre « l'un
des mieux faits qu'il ait jamais connu » et qu'i lui était devenu « une lecture indispensable », malgré tant d'excellentes publications qu'il possédait déjà.
Ce qui suit est une traduction très exacte de la lettre de M. Low ; mais nous avons renoncé à rendre le charme très personnel de son style, d'une admirable clarté, plein de bonhomie et pétillant d'esprit. — • La Rédaction.
Café. — Je suis en première ligne, planteur de café Triste métier par le temps qui court. Si nous arrivons quand même encore a nous maintenirdans ce pays, c'est que nous payons nos ouvriers en papier-monnaie.
Un ouvrier nous revient ici — ■ salaire et nourriture • — de 125 à 140 francs par mois nominalement ; mais comme on paye en pa-
N»2o — Fév. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
pier, le débours réel du planteur ne fait, au change, que 18 à 20 francs or.
Malheureusement, le change varie terriblement: il se produit des oscillations de 100 % et 300 % dans l'espace de 24 heures. Il n'y a plus de calcul commercial possible. Le Brésil, le Guatemala, sont logés à la même enseigne. Le jour où les finances de ces pays seraient assainies et consolidées, la culture du café y deviendrait impossible ; à moins que les prix de cette denrée sur le marché mondial ne subissent une forte hausse.
Le plus drôle de l'affaire est la baisse actuelle ducafé, ruineuse pour le producteur, ne profite même pas au consommateur; du moins, ni en Europe, ni aux Etats-Unis. L'importateur prélève son bénéfice en tout état de cause, que les prix soient hauts ou bas. Le public paie toujours le même prix. Le jeu se trouve circonscrit entre le planteur et le détaillant : les prix étant bas, le planteur ne gagne plus rien, mais le détaillant s'enrichit. Les prix étant haut, c'est le contraire qui se passe.
Vous me posez toutes sortes de questions au sujet des cultures et industries du pays je vais y répondre point par point:
L'élevage se fait de la manière la plus primitive ; les bénéfices n'en sont pas moins de 12 % à i5 % , parait-il.
La basse-cour suffit à peine aux besoins propres des planteurs. Je ne mesouvienspas d'avoir jamais vu plus de2oo poules réunies
Castilloa. — J'en possède de spontanés dans mes caféeries de la montagne, jusqu'à 700 mètres d'altitude. Cesarbres ont été épargnés lors de l'abattage de la forêt vierge, et fournissent l'ombre nécessaire aux caféiers, tout en me procurant, bon an mal an, environ 100 kg. de caoutchouc sec. Je ne me serais d'ailleurs jamais mêlé d'en planter, car il s'agit d'attendre des 10 et 12 ans avant de faire la première saignée; j'abandonne cette tâche aux gens plus riches et plus jeunes que moi.
Gingembre. -~ Je partage, à son égard, l'avis du regretté M. G. Landes dont l'étude a été résumée dans votre n" i 3. J'en ai vendu
à raison de 28 à 32 shillings les i i 2 livres an glaises, et l'hectare m'en rapportait environ 100 quintaux (sec). Mais j'ai renoncé à cette culture, après deux ans d'essais. Elle exige énormément de soins et revient cher. Le séchage au soleil est une opération fastidieuse, et comporte de forts risques : Le séchage des rhizomes non pelés prend bien 6 semaines, pelés, il suffit de 6 à 8 jours pour les rendre secs comme de la corne et prêts à être emballés.
Chanvre de Sisal. — Je me propose d'en planter 20 hectares en 1 903 ; le terrain que je vise est à 200 m. d'altitude.
Il paraît que V Agave sisalana entre en rapport à l'âge de 6 ans. La plante prospère ici môme dans les terres à café.
Pour cette culture, il importe de choisir des terres planes, offrant de grandes surfaces d'un tenant, et d'éviter les coteaux, les vallées étroites, les petits lopins ; car la fibre ne constitue que 3 "/^ à 5 7o du poids brut des feuilles, et dans ces conditions la facilité des transports devient un facteur essentie du succès.
Citrate de chaux. — J'en ai fabriqué, avec les limes du pays, exactement dans les conditions décrites par M. Paul des Grottes dans le n" i 5 du « J. d'A. T. » ; c'est-à-dire en saturant le jus avec de la chaux éteinte. Aussitôt l'eau évacuée, je sèche au soleil, et la pâteest prête pour l'expédition en Europe.
Curcuma. — Je suis en train de faire récolter un demi hectare de ce rhizome tinctorial, proche parent du gingembre et qui, comme vous savez, fournit la matière colorante jaune appelée « turmeric » par les Anglais. C'est un premier essai que j'ai fait. Je ne pourrais vous dire le rendement que d'ici quelque temps; toutefois, mon impression est qu'il n'y a rien à gagner sur ce produit.
Arrowroot. — Puisque le désastre de l'île Saint- Vincent a arrêté la production de quelques-uns des principaux planteurs, comme M. Hamel Smith l'a si bien expliqué dans votre n" 14, je vais essayer d'en faire à mon tour; dès mai prochain, je vais en faire planter, comme culture intercalaire, entre
54 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 20 — Fév. 1903
les rangs, dans ma plantation projetée de d'eau sans lesquelles la production induschanvre de Sisal. Ce sera un moyen de trielle de la luffa est impossible, maintenir le sol propre à bon compte tout Pomme de terre. — Nous trouvons avan- ^en l'utilisant dans, les premières années, tage ici à cultiver la pomme de terre pour Et puis, il faut bien faire quelque chose! nos propres besoins, même si le rendement Vousne voudriez pasque je reste là les bras ^q dépasse pas le taux de huit à dix pour un. croisés, à attendre la hausse du café ! Cette culture n'occupe pas le champ plus de
Luffa. —Vous m'annoncez qu'un de vos ^^°'^ mois.
j . A„ r„«*s.^c.]c cVct mU à Les pommes de terre de notre récolte sont
correspondants du (juatemala s est mis a ^
1 • ^ «.^....^û A^ Tartlrlp de meilleure garde que celles qui nous sont
cultiver cette courge, source de 1 article t> m m
T7 ,.^,,0 1^ r,^rr> ^'4r.r>nap a p 00 T técs p I r mc r dc S Et 3 is- U n î S . E n OU t TC,
connu en Europe, sous le nom d éponge rr r .
, , , A,^c' ^.^^,,,^/.c o ^^M-icti elles possèdent le goût fin des « pommes de
végétale, et que vous êtes occupes a consti- ^ & r
, . 1 ^„.:x..A terre nouvelles », qui se vendent si cher en Eu-
tuer un dossier sur la matière. .
rope vers la fin du printemps ; tandis que les
Je ne crois pas que nous puissions soute- . , • .
•'^ r -^ r tubercules importes ont toujours ce goût
nir la concurrence avec le Japon dont la r . . . • -n
■^ ennuyeux, tade, despommes de terre vieilles,
production règle les prix de cette marchan- , , . ... tt c i „ j
piuuuv. r. r et même très vieilles. Enfin, la pomme de
dise. Celle-ci ne saurait d'ailleurs être pré- , , u tt • j • •
^ terre des Etats-Unis se vend ici environ
parée que dans les pays à eaux abondantes ; . , - j r . j
r'* /i f j , , a 3d francs les loo Kg., étant grevée de fret, de
car, à l'instar du jute et du chnnvre, la luffa , . ., - -, ui j a
' ' droits d entrée, etc.; il semble donc, de
exige une sorte de rouissage : il faut qu elle . , ,. i
& D 1 toute façon, intéressant d'essayer cette cul-
soit à moitié pourrie, puis on la lave a grande j- j
r 'r ^ ^uj.g gj^ grand, tant que nous disposons de
main d'œuvre à bon marché.
Je m'imagine que le rendement brut à Vous pouvez toujours me poser toutes les l'hectare est considérable; mais dans ce cas questions que vous voudrez, vouset vos lecencore, c'est l'intermédiaire qui empoche le ^g^j-s. Je ne demandé pas mieux que d'y réplus clair du bénéfice. pondre.
Nous avons ici des luffas qui atteignent jus- Agréez, etc.
qu'à 5o cm. de long, et davantage; mais nous H.E. Low.
ne disposons pas de ces grandes quantités Managua, i5 nov. 1902.