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PARTIE COMMERCIALE (Cours, Statistiques, Débouchés, etc

HECHT FRÈRES & O'^ : Bulletin mensuel du caoutchouc 81

H. NEUVILLE : Les thés d'Extrême-Orient. 83

Cafés Santos : Prix de revient. — Cours. — Les Plantations Dumont Sô

Sur l'importance croissante du commerce

de riz de l'Indo-Chine 87

ACTUALITÉS (Correspondances, Informations, Extraits, etc.)

L'Association cotonnière coloniale :

Programme d'action 88

L'Enseignement colonial du Muséum . 89

Le Concours agricole de Paris (Note sur l'exposition des Colonies dans la Galerie des Machines qo

A. COUTURIER : La fumure du bananier (Observation à propos de la note de M. Paszkiéwicz) qi

Pag.-

Serpes à cacao (Av. 5 fig.) 91

D'- W. KRUGER : Lettre, à propos du procédé de fabrication du sucre à Java. . . 92

A. PEDROSO : Culture de la canne à sucre à grands espacements. (Le système du D'' F. DE Zayas, de la Havane). . 92

CH. RIVIÈRE : Préparation des dattes pour l'exportation 93

Dégommage de la ramie au moyen des fruits du Savonnier (Proposition de M. le D'' Trab(jt) 93

Les chanvres de Manille et de Sisal, et les fibres concurrentes, au point de vue des moissonneuses-lieuses. (Une expérience russe) 94

Une nouvelle entreprise de chanvre Fourcroya. à Java. 94

Une usine californienne pour l'extraction des essences de Citrus 94

H. NEUVILLE : Sur l'intérêt qu'il y aurait de ne pas détruire la bromeline en fabriquant les conserves d'ananas 96

Dispersion et usages du palmier oléifère Acrocomia sclerocarpa qS

La ferme hippique de l'Iboaka, Madagascar (Notice bibliographique) 95

Culture mécanique du café au Brésil. (Le domaine Je Santa-Rita) 91")

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FIGURES

Fig. 3 et 4 : Cinq modèles de Serpes à cacao.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N« 21 — Mars 1903

du Journal d'Agriculture Tropicale

SONT ÉPUISES

II ne reste plus qu'un très petit nombre de collections complètes de la 1''' année I go 1-1902 (comprenant les n""de i à 12.] Nous les vendons 75 francs les 1 2 numéros.

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Le JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

est en lecture sur les paquebots des C'^' :

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ET JLEUFt CULTUFtE

Par O. "WARBURG, Professeur à l'Université de Berlin, Directeur du Tropenpflan^^er

Traduction annotée et mise à jour par J. VILBOUCHEVITCH ln-8^ — 3oo pages, 26 figures. Prix broché : 9 francs

Les abonnés du « Journal d'Agriculture Tropicale » sont priés d'adresser leurs commandes à M. Vilbouchevitch, 10, rue Delambre, accompagnées de mandats de 9 francs, plus le port. Le livre pèse 700 grammes. L'envoi recommandé coûte o fr. 25 en plus.

Troisième Année.

3i Mars 1903

Rendement de l'Hevea sur le Rio-Beni

Eléments du calcul. — Nombre d'arbres exploités par estrada. — Le phénomène de l'accoutumance. Moyennes et maxima. — Durée de la production d'un Hevea.

Par M. Paul Cibot

L'article qui suit, peut être considéré comme les oscillations que l'on constatera ci-des~

la conclusion pratique la plus importante à tirer gous; toutefois, il y a lieu de considérer une

des deux articles précédents du même auteur, ^ ni-'- j)a

, ,. , , ^ ^ r, ,rr . . autre cause encore, et celle-là mente d être publies dans nos n"'^ 18 et 20 (n» 18 : Végétation,

exploitation, outils. -N" 20 : Préparation). C'est spécialement soulignée dans ce « Journal », la première fois, croyons-nous, qu'on se trouve en qui s'adresse à des planteurs : l'Hevea a présence de relevés aussi variés et aussi complets, besoin d'un certain entraînement, pour profaits sur place par un Européen cultivé et digne j^jj-e son maximum de latex; et toutes les

de foi. Nous ne doutons point, d'ailleurs, que le ,- . ,, 1 •. ^- 1 . » ' • .

, , ., ^ ^ . . . , fois que 1 exploitation s est trouvée inter-

bon exemple de M. Cibot ne soit suivi; nous espe- ' "^ , ,

rons, en particulier, que certain de nos abonnés, rompue pendant un certain temps; la reprise

installé dans la région de Manaos, voudra bien débute avec un rendement très inférieur au

faire ou faire faire à son tour des relevés de ce dernier obtenu. La comparaison des chifîres

genre; la comparaison serait des plus instruc- du 20 juillet et du 2 août est particulièrement

tives. — N. DE LA Réd. , . . v ' j 1

caractéristique a cet égard, le sennguero

Quel est le rendement moyen d'un Hevea ayant été malade dans l'intervalle,

dans sa patrie? Quel est celui des arbres les n résulte de ce préambule, que les ren-

mieux doués? Quel est, en général, le ren- déments d'ensemble, enregistrés dans le

dément le plus fort connu ? Peu d'Européens tableau qui suit, sont inférieurs à ceux qu'on

se sont trouvés dans les conditions requises aurait pu obtenir du même lot d'arbres en se

pour pouvoir répondre à ces questions par plaçant dans des conditions d'exploitation

eux-mêmes. Nous avons eu la chance d'ha- parfaites. Quoi qu'il en soit, voici les chiffres

biter pendant plusieurs années en Bolivie, que je relève sur mon carnet :

en pleine forêt; nous avons pu ainsi suivre Rendement global enlatex, des 120 arbres : jour par jour le travail des 8 ou 10 serin-

gueros chargés des estradas (i) les plus voi- Date Kilos de latex

sines, et recueillir quelques observations iQ juillet b

précises; en voici une série portant sur une -o » 5,700

d'elles et embrassant une période d'une qua- - août 3,840

rantaine de jours : 3 » 3,840

L'estrada en question comprenait 120 ar- 4 " 4,080

bres à caoutchouc exploités. Le seringuero f' » 4,800

était maladif et indolent, et il est certain 7 " 3, 200

qu'il y a eu des jours où une partie seule- 8 » 5,760

ment des arbres confiés à ses soins ont été 0 » 5,760

saignés. C'est ainsi que je m'explique surtout 10 » 6

. :i) Estrada : lot de forêts confie à un seringuero, En lOJrs, à reporter: 5 I , I 20 ■voyez notre article du n" 18.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N»2i — Mars iqoS

kilos de latex Rep : en lo jours 5 1,120

1 1 août 6 —

Soit en 2? jours io8''24o

Ces 108 k. 240 de latex ont produit une boule (« bolacha ») de caoutchouc qui, le 25 août, au sortir du fumoir, pesait 73 kg.; poids réduit, par dessiccation naturelle, à 66 kg., à la date du 2 septembre, ce qui représente une perte de 39 % sur le poids initial du latex. La perte jusqu'à la livraison sur le marché en Europe, d'après nos très minutieuses observations, ne dépasse pas 5o % sur le poids du latex; généralement, elle est même un peu inférieure à ce taux.

En appliquant ces notions, nous arrivons au calcul que voici : L'ouvrier a produit par jour une moyenne de 4 kg. 700 de latex, répondant à 2 kg. 35o de caoutchouc marchand livré en Europe ; cela fait des moyennes de 39 grammes de latex et de 19 gr. 5 de caoutchouc marchand, par arbre et par jour. L'arinéede travail dans un seringal étant de 180 jours, on aurait pu récolterdans cette estrada, en supposant une organisation de travail parfaite, un total de 846 kg. de latex, soit 423 kg. de caoutchouc marchand rendu en Europe ; soit, par arbre et par an, 7 kg. de latex, répondant à 3 kg. 5oo de caoutchouc rendu en Europe.

Mais ce chiffre encore est inférieur à la réalité ; j'en vois la preuve en comparant la cueillette du seringuero en question, à celles de 45 de ses camarades, observés pendant une période de quatorze semaines environ; pendant un demi-fabrico, pour parler le

langage du métier. L'année de travail de 180 jours, se compose de deux demi-fabricos; celui de la saison sèche (mai-août) et celui de la saison des pluies (octobre- Janvier).

La moyenne journalière des 45 ouvriers dont il s'agit — chargés chacun d'une estrada plus ou moins pareille à celle du seringuero dont le travail a été analysé plus haut — a été de 3 kg. 080 de caoutchouc presque sec, pesé un viois après la coagulation^ ce qui, d'après mes carnets, doit répondre à peu près a 2 kg. 464 de caoutchouc marchand rendu en Europe, (Je calcule en déduisant 20 %).

J'ajoute que les meilleurs des ouvriers de cette série ont fourni des moyennes journalières considérablement plus élevées, allant jusqu'à 5 kg. 450 de caoutchouc presque sec (pesé un mois après la coagulation), ce qui répond à 4 kg. 36o de caoutchouc rendu en Europe. Il est vrai, les douze plus mauvais n'ont fourni qu'une moyenne de 2 kg. presque sec, répondant approximativement à I kg. 600 rendu en Europe.

Avec une moyenne journalière, par estrada, de 3 kg. 080 de caoutchouc jpre.y^we sec^ et, en comptant dans une estrada une moyenne de i3o arbres exploités, nous arriverions à un rendement annuel de 4 kg. 261 par arbre en caoutchouc pj^esque sec, répondant à 3 kilologrammes 410 rendus en Europe.

Je retrouve sur mon carnet quelques détails sur l'ouvrier d'élite qui produisait, dans sa journée, 5 kg. 450 de caoutchouc presque sec. C'était un Indien Mojos, du nom de Corpus ; il avait, dans son estrada, 23o arbres destinés à l'exploitation. Mais dans toute estrada il faut compter une certaine proportion d'arbres qu'on est amené à laisser de côté après quelques tentatives infructueuses : On n'arrive pas à en tirer du latex en quantité appréciable ; d'après mes observations, ce déche-t est d'environ 20 %. Je suppose donc que ce brave Corpus ne piquait effectivement que 200 arbres; ainsi, ces derniers ont produit — en admettant l'exactitude de nos évaluations — une

5 k.450 >;' 180 moyenne de ^ = a k. 905 par

N*'2i — Mars 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

arbre et par an, en caoutchouc presque sec^ c'est ce dénominateur que nous avons fait

ce qui répondrait à 3 kg. 924 rendus en entrer dans la formule destinée à nous révé-

Europe. 1er le rendement annuel moyen d'un Hevea ;

Tous ces calculs peuvent prétendre à un rappelons que cette formule nous a amené

degré assez marqué d'exactitude; ils sont au chiffre de 3 kgr. 410 de caoutchouc sec,

viciés uniquement par l'incertitude quant au rendu en Europe, nombre exact des arbres effectivement exploités dans chaque estrada; mais cette

cause d'erreur est limitée et se corrige d'ellemême, par le grand nombre d'estradas observées (45).

Il m'est arrivé de faire procéder, dans un certain nombre d'estradas, à des relevés exacts du nombre des caoutchoutiers; je retrouve, dans un de mes carnets, les chiffres se rapportant à seize d'entre elles, situées dans la même localité, et du reste contiguës. Je constate que les nombres consignés au carnei, vont de 140 à 260 arbres par estrada ; le chiffre de a6o se rapporte à certaine estrada, confiée à un excellent ouvrier qui, de plus, était aidé par sa femme

Dans ce qui précède, nous avons cherché à présenter des évaluations basées sur des gros chiffres, efïectivement réalisés et consi-

gnés dans nos carnets.

Voici à présent quelques évaluations de rendement procédant d'une méthode différente ; ce sont, en quelque sorte, des estimations « au jugé » ; elles sont basées sur l'ensemble des impressions que nous avons rapportées de nos six années de séjour sur le Rio Béni, mais nous ne saurionsles appuyer, comme les calculs précédents, sur des pesées consignées au carnet.

i" Calcul : Rendement moyen. — Un

Pour les seize estradas inventoriées de la arbre moyen, de i'",20 de circonférence,

sorte, la moyenne des arbres ^e^fmé.y à /'^AT- V^ne sur son pourtour, 3 tichelas (i) (de

ploitadon se calcule à iqi. Mais, nous i 2 centilitres) qui fournissent par ,our 5o à

l'avons déjà dit plus haut, le nombre des 60 grammes de latex chaque,

arbres effectivement exploités est toujours A i5o grammes de latex par jour et par

inférieur à celui compté au moment de l'éta- arbre, cela fait, en 1 80 jours de travail (deux

blissement de l'estrada ; la différence est en demi-fabricos), 27 kilogr. de latex par arbre

moyenne de 20 %. En effet, un certain et par an, soit 14 kilogr. de caoutchouc sec,

nombre d'arbres, reconnus de production rendu en Europe. Constatons que ce chiff"re

insuffisante, sont abandonnés dans le cou- est quatre fois plus fort que celui déduit des

rant de la première quinzaine; en dédui- rendements globaux eff'ectivement constatés

sant ce déchet de 20 % , on arrive à une sur des estradas entières ; c'est ce dernier

moyenne de i 5o caoutchoutiers par estrada, qui mérite le plus de créance.

effectivement exploités. 2^ Calcul : Rendement maximum. — Un

Ce chiff-re exige encore un commentaire, arbre géant, de 4 mètres de circonférence —

Les 16 ouvriers dont les estradas nous ont fourni cette moyenne, étaient des ouvriers de choix; sur l'ensemble des 45 estradas dont il a été question plus haut, la moyenne se serait trouvée certainement inférieure. Malheureusement, nous n'avions pas eu l'idée à l'époque, d'un dénombrement général; cependant, nous ne croyons pas trop nous écarter de la vérité en estimant la moyenne globale, des 45 estradas, à i3o arbres effectivement exploités^ par estrada. Qu'on se rapporte au paragraphe correspondant, plus haut et onconstatera que

j'en ai mesuré plusieurs de cette taille — peut porter 10 tichelas et fournir chacune, chaque jour, 100 grammes de latex. A raison de 180 jours de travail, celadonnerait 180 kg. de latex par an, soit 90 kgr. de caoutchouc rendu en Europe. Mais ce chiffre m'effraie et il est d'ailleurs peu probable qu'un arbre puisse donner des quantités pareilles pendant toute l'année ; car les arbres aussi riches en latex sont généralement des sujets très vieux et proches de leur mort : par

(i) Godets où tombe le latex des incisions. Voyez la (ig. 27, dans le n" 18 du « J. d'A. T. »

70 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE. N» 21 ^ Mars 1903

exemple, ayant la" couronne cassée, ou for- l'altitude est de i 5o métrés et qui est située

t€ment endommagés par les insectes taraiu- par 12" Lat. Sud. Or, il paraît que le rendé-

deurs. ment des Heveas augmente en raison directe

^' dû rapprochement de l'équateur et diminue

* * en raison directe de l'altitude. Dans les

Nous ajouterons, comme complément régions de TAquiry, du Purus et de l'Amaaux observations qui précèdent, que le ren- zone proprement dit, les rendements pourdement d'une estrada diminue sensible- raient donc être un peu plus forts que ceux ment dans la 3*" et 4'^ année d'exploitation; que nous avons vus sur le Rio-Beni. Pour cette dernière a lieu, en effet, pendant les mêmes raisons, il est possible que dans 4 années consécutives. Malheureusement, la région des hauts affluents du Béni, du nos notes prises surplace sont inconiplètes Madré de Dios et de l'Ucàyali, ils soient sur. ce point, et ne nous permettent pas de inférieurs aux nôtres.Ces cours d'eau deschiffrer exactement la diminution dont le cendent de la Cordillère dès Andes; on y principe, cependant, demeure certain. exploite encore les 'Hevea^ à des altitudes

Enfin, nous ferons observer que nos de 600 mètres, et par 16° de lat. Sud.

chiffres se rapportent à une région dont P: Cibot.

. VJN D'ANANAS

î La formule de M. Alfredo Salles. — Critique. — Perfectionnements possibles.

Par H. Neuville.

La « Revista agricola » de Sao-Paulo (Bré- Pour chaque litre de moût, il faut mainte-

sil) a récemment publié, sous la signature du nant ajouter o gr. 3 d' « œnotannin »,dis-

D"" Alfredo Salles, un procédé de fabrica- sous dans 10 fois son poids d'alcool de bon

tion d'un vin d'ananas, dont les résultats goût, et o gr. 2 de phosphate d'ammoniaque,

seraient, semble-t-il, tout à fait excellents; Le moût ainsi traité, et préparé avec des ana-

ce vin pourrait, d'après A. Salles, rivaliser nas mûrs et bien doux, a présenté à M. Sal-

avantageusement avec le vin du Rhin, par les 12 % de sucre et 0,4 % d'acide total. .

l'arôme, la finesse de goût, et même par On en prélève deux litres, qui sont portés

1 aspect. au feu avec 1 kil. 700 de sucre blanc raffiné

Ce procédé consiste essentiellement en et 60 gr. d'acide tartrique. L'ébullition est

ceci : 24 ananas abacaxi, écorcés et hachés maintenue pendant une heure, et le sirop

en menus morceaux, sont exprimés à la main alors obtenu est mélangé au reste du moût.

, ou à l'aide d'une presse appropriée; ils doi- Celui-ci est porté sur un feu doux, et chauffé

vent donner environ 22 litres de jus. Celui- avec précaution jusqu'à 33° C, puis il est

ci est filtré sur une étoffe épaisse, puis versé reversé dans le baril précité, qui ne doit être

dans un petit baril fermé et muni d'unrobinet, rempli que jusqu'à o m. 10 de l'orifice, et

qui servira dans la suite de cuve de fermen- dont la bonde est remplacée par une sim-

tation, et dans lequel on provoque au préa- pie feuille de papier à filtre, laissant à l'air

lable une défécation du moût, en ajoutant à un large accès. Ce baril doit être placé dans

celui-ci o gr. 5 de bisulfite de chaux pur par un lieu dont la température se maintienne

litre. Après cette addition, on laisse en repos entre 25 et 30" C. En quelques heures, une

pendant 12 heures; la défécation étant alors fermentation s'y développe avec force: elle

achevée, on décante le moût et on l'aère en doit se continuer durant plusieurs jours,

le transvasant d'un baril dans un autre pendant lesquels on examine le moût pour

pendant quelques heures. suivre la transformation du sucre en alcool.

N" 21 — Mars rgoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Quand- il marque 2** au mustimètre Baume, on le pasteurise en rélevant à une température de 65» C, après quoi il est réparti dans des cuves de conservation hermétiquement bouchées, puis laissé en repos pendant i5 jours. Alors seulement le « vin » peut être soutiré, toutes les impuretés s'étant déposéesau fond des tonneaux. Même avec ces précautions, il reste trouble, et, plutôt que de le clarifier avec des matières albumineuses (le liquide en contenant déjà beaucoup par lui-même d'après A. Salles), il vaut mieux le filtrer sur de la laine, puis le recueillir dans des bouteilles qui devront être immédiatement bouchées, le niveau du liquide restant à quatre doigts au-dessous du bouchon. Ficeler celui-ci, et procéder à une nouvelle pasteurisation au bain-marie à 65"; cacheter.

D'après M. Salles, le vin ainsi préparé ressemblerait en tous points au vin du Rhin, tout en conservant une saveur spéciale d'ananas.

Cette tentative, faite au Brésil, mériterait d'être reprise ailleurs. Elle ne peut, évidemment, intéresser les pays où l'ananas est assuré d'un débouché direct et rémunérateur, mais là où l'on ne saurait penser à exporter ce fruit si délicat, sa vinification pourrait rendre des services locaux fort appréciables, et peut-être même donner lieu à un commerce d'une importance relative. Il paraît que des essais industriels, en grand, de fabrication de vins d'ananas, ont été faits, il n'y a pas très longtemps, à la Havane. M. Pe- DROSO a promis de donner prochainement au « J. d'A. T. » des détails sur cette tentative, dont le résultat commercial semble avoir été défavorable. Des boissons du même genre ont été préparées au Congo et en Nouvelle-Calédonie. Mais il ne semble pas non plus que ce soit avec un réel succès.

Salles ne préconise le vin d'ananas que comme « boisson de famille» (i). A ce point de vue, le procédé de fabrication qu'il indique pourra paraître un peu compliqué. Il reconnaît du reste lui-même quela défécation

(i) La législation brésilienne actuelle ne permettant pas, dit-il, de développer une industrie nationale de vinification.

du moût peut être évitée; elle facilite à peine le travail de filtrage et prolonge de 1 2 heures le temps de fabrication.

Il resterait à savoir sila fermentation spontanée, réalisée avec ce procédé,' aboutirait partout à un aussi bon résultat. La fermentation constitue ici, comme dans les cas semblables, un stade fort délicat, et ceux qui essaieront d'employer le procédé Salles pourront très bien, malgré tous les soins dont ils s'entoureront, aboutir à un résultat médiocre ou franchement mauvais, par suite de la présence de ferments impropres ou de germes de maladies se développant pendant la période fermentative. Dans ce cas, il leur resterait la ressource de provoquer directement la fermentation à l'aide de levures sélectionnées, comme il s'en trouve maintenant dans le commerce; et, puisque le liquide à obtenir doit ressembler au vindu Rhin, le choix des levures serait ainsi tout indiqué; d'autres levures de vin, plus banales, produiraient très probablement aussi de bons résultats. »

Un autre point délicat sera la conservation de ce liquide, dont la richesse probable en azote devra faciliter l'altération. La pratique de la pasteurisation, par chauffage à 65° environ, ne comporte pas en elle-même de grandes difficultés. Les Japonais, qui longtemps avant nous avaient découvert les propriétés conservatrices du chauffage des boissons, pratiquent depuis trois cents ans, par les moyens les plus simples, une véritable pasteurisation de leur vin de riz, ou saké; dans la plupart des cas il sera facile de les ■ imiter. Cependant, le transport au bainmarie d'un assez grand nombre de bouteilles, et le maintien de la température au voisinage de 65°, constituent une opération assez délicate, et au cours de laquelle des pertes se produisent facilement si les conditionsgénérales d'installation sont quelque peu grossières. Dans le cas où cette opération serait jugée trop difficile, je n'hésiterais pas à conseiller l'emploi de l'acide salicylique comme agent conservateur, sauf le cas où, la boisson devant être livrée au commerce, des règlements locaux interdiraient l'usage de cet

JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE N" 21 — Mav.s 1903

agent. Les vins blancs en général, et notam- pense qu'elle devrait être comprise entre 8

ment ceux du type « vin du Rhin » ne font et 12 grammes par hectolitre, que gagnerpar l'addition de 10 à 12 grammes II est à souhaiter que la fabrication du vin

d'acide salicylique par hectolitre, et ce fait d'ananas puisse tenter quelque planteur cu-

a déjà été mis à profit dans la région Khé- rieuxet avisé. La plupart denoscoloniessont

nane (i). Le liquide fermenté serait recueilli, réduites à importer à grands frais des bois-

après le filtrage, dans des récipients, barils sons étrangères, nécessairement suralcooli-

ou bouteilles, aseptisés le plus rigoureuse- sées (la ville de Saïgon importe, paraît-il,

ment possible par des moyens simples (eau une bière de Milwaukee!), aussi ne saurait-

bouillante, formaldéhyde en vapeurs ou en on trop encourager la production sur place

solution très étendue, acide salicylique...), de produits poiUant rivaliser avec celles-ci.

et immédiatement additionné de la dose La richesse et la santé des coloniaux y sont

d'acide reconnue convenable après essais; Je également intéressées. H. Neuville

Le Cacao à la Dominique

Par M. A. R. C. Lockhart, Vice-Président de la Société d'Agriculture de la Dominique.

Aumomenioùde nombreux Martiniquais, ruinés parréruption delà Montagne-Pelée, cherchent à se refaire une situation dans lesîlesvoisines, ils nous sauront gré de les mettre un peu au courant de l'une des cultures les plus rémunératrices de l'île Dominique, pays habité déjà par un certain nombre de planteurs dont le français est la langue préférée. C'est d'ailleurs en excellent français que M. LocRHART a rédigé son mémoire, et nous n'avons rien eu à y changer; nous n'avons fait que supprimer quelques détails, d'un intérêt par trop local.

Le travail de M. Lockhart a fait l'objet d'une conférence de sa part, à la Société d'Agriculture de la Dominique. Le nom de l'auteur n'est pas inconnu au public du « Journal d'Agriculture Tropicale » : M. Paul DES Grottes l'a longuement cité dans l'article qu'il a consacré à la fabrication du jus de citron, industrie agricole de grande importance à l'île Dominique (v. « J. d'A. T. », n°** i5 et 16); M. Lockhart a fait certains efforts pour l'implantera la Martinique. — N.d.l.R.

Origines et développement de la culture du cacao à la Dominique. — Le cacaoyer est, à la Dominique, une plante exotique. Ilest àprésumer qu'il y fut introduità une date reculée, apporté probablement du

(i) Les vins auxquels l'acide salicylique peut être nuisible paraissent être seulement les vins rouges provenant de cépages cultivés en terrains ferrugineux ; leur couleur se dégrade sous l'influence de l'acide, el leur goût tend à se rapprocher de celui des vins chauffés.

Venezuela, par les envahisseurs Caraïbes, et longtemps avant les premiers établissements des Européens dans l'île. On y a trouvé des cacaoyers, en groupe ou isolés, au milieu d'arbres qui semblent avoir appartenu aux forêts vierges, mais le fruit en était identique à celui de notre type communément cultivé, le Calabacillo, et également distinct de celui du cacaoyer sauvage [Theobroma sylvestris) de Trinidad et des nombreuses espèces indigènes des contrées Nord de l'Amérique du Sud.

Comme article d'exportation, le cacao semble avoir commencé à figurer parmi les transactions commerciales de la Dominique, il y a quelque cinquante ans, alors que de petites quantités, venant des habitations de « Colihaut » et «Vieille Case», commencèrent à trouver leur écoulement à Roseau, chef-lieu de l'île, apportées par un ou deux marchands et vendues au prix moyen de trois pence (trente centimes) le pot, environ un penny (dix centimes) la livre. L'article n'aurait probablement pas eu beaucoup plus de valeur pour l'exportation. Il était mal préparé, la consommation européenne était encore comparativement faible, et en Angleterre les droits d'entrée n'étaient pas seulement très élevés, mais personne ne pensait que le cacao pût entrer en sérieuse concur-

N''2i — Mars 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

rence avec le café et le thé au déjeuner du matin, et l'on ne connaissait pas, comme maintenant, les multiples emplois du chocolat.

Ces producteurs de « Vieille Case » et de « Colihaut » étaient, pour la plupart, des travailleurs qui avaient planté ces arbres ^m coloriage, sur de vieilles caféières où le café était mort ou se mourait d'épuisement ou atteint par la nielle. On peut dire sans crainte d'exagération, que, à part les grandes habitations où l'on a commencé cette culture, depuis quelques années, pour remplacer celle de la canne à sucre, presque toutes les cacaoyères de nos territoires du Nord occupent la place des anciennes caféières.

Quand les planteurs de café furent plus ou moins appauvris par les effets combinés de la nielle et d'une baisse soudaine des prix — les deux désastres les atteignant en même temps — ils se virent forcés, comme le furent plus tard les planteurs de canne, de donner leurs champs auxiravailleurs demeurant sur la propriété même ou dans les villages voisins, recevant, comme fermage, une part du produit. C'est ce qu'on appelle le système du colonage.

Le café continuant à dépérir, la surface occupée par le cacaos'élargit graduellement. Le produit récolté s'écoulant sur le marché de Roseau, attira l'attention des marchands, amena l'inévitable concurrence qui fit monter définitivement le prix de l'article à son niveau naturel. De là aussi vint l'encouragement nécessaire pour l'établissement des plantations dans de nouveaux terrains, le cacao n'étant plus un succédané du café, mais l'objet d'une culture spéciale.

Les plantations du Centre-Ouest et du Sud de rile sont beaucoup moins anciennes que celles du Nord — la première plantation sérieuse près de Roseau, à « Copt Hall », date de soixante ans — et elles furent établies de la même façon qu'au Nord. Mais là, les propriétaires étaient pour la plupart « sucriers », etnon planteurs de café. Le succès obtenu, à « Bataly », par le D' John Imray dans la culture du citron ; celui obtenu également à « Copt Hall », par M. Joseph Fadelle, dans son entreprise de cacao, appelèrent en

premier lieu l'attention vers la culture de ces produits, le jour où il fallut trouverautre chose que le sucre ruiné par la politique protectionniste des grandes puissances betteravières.

Mais les planteurs de cannes, ayant des entreprises et des engagements basés sur leur vente annuelle de sucre, ne pouvaient pas facilement abandonner cette culture ad hoc, même si les négociants de Londres, avec qui ils étaient en relations d'affaires et envers qui ils étaient plus ou moins débiteurs, les avaient approuvés. A vrai dire, un ou deux de ceux qui proposèrent à leurs consignataires de Londres de substituer le cacao et le citron à la canne à sucre, furent si durement repoussés, qu'ils furent complètement découragés. Le négociant de Londres, il n'y a pas longtemps, attaché aux vieilles traditions, repoussait absolument l'idée de risquer son argent sur d'autres produits des Antilles que ceux de la canne, dont la culture donne un profit immédiat, ne demandant pas, comme les cultures secondaires, une attente de plusieurs années avant de donner aucun profit, et sur laquelle on peut compter pour rentrer dans ses premiers débours. A son point de vue personnel, le négociant de Londres était, sans doute, dans le vrai ; mais son attitude força son client à la Dominique, dans bien des cas, à continuer en cachette, comme quelqu'un qui commettrait une mauvaise action, ces cultures de citron et de cacao qui ont amené maintenant un peu de prospérité dans notre île. On commençait ses plantations aux confins de la propriété, dans des endroits peu fréquentés, et on fut ainsi amené à l'idée de donner la terre à cultiver à des travailleurs, moyennant une part du produit récolté, et, dans quelques cas, avec des contrats entraînant pour le propriétaire l'obligation de payer une indemnité fixe par arbre, aprèstant d'années. Dans lesdeux cas, l'interprétation des stipulations a donné lieu à des conflits qui, venant devant les tribunaux de l'île pour être réglés, furent jugés en des termes obscurs et sur des points subtils n'ayant aucun rapport avec les faits impliqués, entraînant ainsi des mécontente-

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çaentseï jetant la défiance dans les relations quennales, nous trouvons les moyennes de

entre colons et propriétaires. Je crois que 460.125 livres pour la période 1879-84;

beaucoup de ces. délits, appelés ici « praedial 62 i .348 pour 1 884-89 1 626.645 pour 1 889-9-1

larcins » et qui font maintenant Tobjet des et 847.465 livres pour 1894-99 Nous <:ons-

recherches d'une commission spéciale, sont tatonsdonc une augmentation de 35 p. 100 de

•le résultat de la détermination tacite, prise ila 1"^ à la 2' période, de o.85 p. 100 de la 2" à

par les travailleurs, de faire payer aux pro- la 3^ et de 33 p. 100 de la 3« à la 4^. Pour la

priétaires fonciers les préjudices réels ou campagne 1899-1900, la production fut de

imaginaires à eux causés dans Texécution des 989.595 livres et pour les campagnes

« clauses de compensation » prévues aux 1900-1901 et 1901-1902, respectivement de

contrats des cultures à récolte constante, le 983.087 et 1.064.324 livres,

cacao principalement. Comparons maintenant avec la Grenade,

Revenons à notre planteur « sucrier», de- pour les mêmes périodes. Je vous donne

venu maintenant planteur de cacao. Nous le des chiffres tirés du Grenada Handbook,

trouvons, après les difficultés du début, oc- vous faisant remarquer toutefois qu'à la Gre-

cupant aujourd'hui une situation privilégiée nade, les envois se font par sacs, que j'ai dû

dans l'agriculture tropicale. Il produit une convertir en livres, prenant pour base

denrée qui, une fois établie, coûte compara- 180 livres par sacs.

tivement peu à récolter annuellement et qui Voici les moyennes annuelles deGrenade,

trouve, au marché, un écoulement facile, pour les quatre . périodes quinquennales

même quand elle est mal préparée. 1879-84, 1884-89, 1889-94 et 1894-99 •

Le cacao ne peut être produit que sous i""*" période 5.oio.58o livres

certains climats et dans certains sols. Aussi, 2*^ — 6.383.584 —

ne vois-je pas de limite au succès crois- 3*^ — 8.844.840 —

sant du cacao, pas plus que je n'envisage la 4*^ — 9. 107.460 —

perspective prochaine de l'offre excédantla II semble à première vue, en comparant

demande et abaissant les prix au-dessous les chiffres, que l'augmentation relative dans

du prix de revient, comme c'est le cas main- les deux îles a été sensiblement la même;

tenant pour le sucre. Je maintiens cette mais que notre million délivres fait piètre

opinion malgré les essais, couronnés de figure, comparé aux neuf millions de la

succès, qui ont été faits pour produire cette Grenade!

denrée dans certaines parties de l'Etat libre Comment expliquer cela? Comment se

du Congo, les colonies allemandes de l'Afri- fait-il que nous ayons, jusqu'à présent, fait

que Occidentale et à Madagascar, pour ne relativement si peu en cacao? Faut-il en

pas parler des. points plus rapprochés de conclure que, quoi que nous pensions de

nous, comme Trinidad, le Mexique, les nos avantages naturels, par rapport à cer-

Etats de l'Amérique Centrale, où l'on en taines conditions indispensables à la bonne

récolte déjà de très grandes quantités. production du cacao, nous travaillons dans

Statistiques, — Comparaison avec Gre- des conditions défavorables auxquelles nous

nade. — Maintenant que le cacao a pris, n'avons pas encore fait attention? Cette

chez nous, sa place comme denrée commer- question doit être résolue avec quelques

claie — c'est, après le jus de citron, notre réserves et quelques ménagements, mais elle

plus importante exportation — il sera inté- doit l'être pourtant dans le sens de l'affir-

ressant de montrer comment notre produc- raative. Celui qui a visité l'île de la Grenade,

tjpn se développe. Nous constaions une qui connaît les lieux et qui peut comparer

progression certaine, mais cependant c'est mentalement ses avantages physiques et les

peu de chose, comparé à l'essor que le cacao nôtres, comprendra facilement ma pensée,

a pris à Grenade. Les larges et profondes vallées de la Gre-

Si nousconsidéronsl'exportation annuelle nade, leur orientation générale permettant

pendant les quatre dernières périodes quin- au soleil de pénétrer partout ; les collines, se

N" 21 — Mars 1903 JOURNAL D'AGRIGULTU RE. TROPICALE. ^.f

succédant en pente douce jusqu'à la masse récoltes sembleraient indiquer. Cela vient centrale des montagnes de l'île, formant^ par de ce qu'il y a d'immenses champs de leur position, un abri naturel contre les cacaoyers en pleine croissance, principalevents régnants; une égale répartition des ment dans le Nord-Est et, dans l'Ouest, suf pluies, ce qui n'existe pas chez nous : tels les hauteurs, qui restent improductifs parce sont les avantages naturels qui ont large- qu'ilyatrop d'humidité, et qu'ils ne troument favorisé la Grenade comme centre de vent pas, dans, le sol, une nourriture suffi* production du cacao. Comparons-les aux santé. Beaucoup de propriétaires, du terrinôtres. Des ravins sombres, étroits et escar- toire de « Vieille Case )>, m'ont avoué qu'il pés remplacent les vallées en beaucoup y a dix ou quinze ans, alors que la surface d'endroits sur la côte Ouest ; sur la côte Est plantée était beaucoup moindre, leur récolté oùles gorges sont plus larges et à pente plus était plus abondante, que maintenant même douce, les vents de l'Atlantique enlevant la dans les bonnes années.

terre végétale, on est obligé d'entourer les ., . - i- . . , , ,

. '^ Mes amis ont, en réalité, trop tire de leurs

plantations de nombreux arbres de haute , . . ,

^ . terres, sans remplacer jamais, par les engrais,

tutaie qui annihilent l'action bienfaisante ,., . , ,

. , ., . ce qu ils prenaient, et, reprenant la culture

des rayons du soleil, et contribuent à entre- , j - 1 n , 1

■' sur une plus grande échelle, dans les ter-

tenir, dans le sol et dans l'atmosphère, une . , ,. , . p, . , .

^ rams de qualité intérieure et plus inaccessi-

humidité constante qui, détruisant les fleurs ki^c a^ i^,,.-c r^,.^^^;A.,' < ^ . '

^ ' blés de leurs propriétés, n ont pas trouve,

délicates du cacao, empêche la récolte réau- j 1 j -^ 1 •

uoii^ai^o .uL^ v.a«civ^, v-iiipw.-iiw la iv«.vjii^ itgu dansleurs dernières plantations, une com-

liere des ruits. pensation à l'appauvrissement graduel de

Nécessité d'employer des engrais. — leur sol Qu'on ne croie pas, par ce qui précède, que

je veuille nier l'existence, à la Dominique, ^^ "^ ^'^"^ P^^ ^" conclure que ces individus

de grandes vallées aussi propres, par leur ^^ ^^ ^^^^^'^ ^^ laquelle ils appartiennent, pas

sol et leur situation, à la culture du cacao P^"^ d'ailleurs que les autres planteurs d'ici,

qu'aucune autre terre de la Grenade ou ignorent la valeur des engrais. En parcou-

d'aiUeurs, et qui puissent assurer une ample '^""^ ^^ P^^^' "«"^ trouverez, en maints en.

et régulière moisson. Mais nos sols vraiment ^'''''\- ^^^ ^^^"^P^ ^^ cacaoyers florissants,

• 1 j j • f j et qui se trouvent cependant dans les condi-

riches se trouvent dans des petits fonds, '-'■4^10^111^14 wm ..,.-j^winj«iiv ^ano iv,o >wiiui

séparés par de grands intervalles d'un ter- ^^^"^ naturelles les plus détestables ; c'est

rain impropre, par nature, à la culture de ^^'^^^ ^°"^ entièrement le résultat d'un tra-

,.,,,. , , ^ , vail intelligent du propriétaire, aidé du fu-

produits délicats, tels que le cacao et les ^ r r

. J, . . . , . mier de terme. Si vous approfondissez la

epices, a moins d engrais puissants. Mais ...

,, , . , . , J ., chose, vous verrez que ces individus ainsi

1 emploi des engrais demande un travail ^

... ,, favorisés ont des champs dont l'accès est fa-

patient etintelligent, et on ne i a pas encore ^

. " • • Ti • cile, soit parce qu'ils sont proches de leur

mis enpratique partout ici. 11 est vrai que . .

, V . ,, J demeure, soit qu'ils jouissent des facilités

le caractère essentiellement montagneux du > n »

, , . de transport que leur procure une route bien

pays et, consequemmjnt, le manque de voies "^ ^ "^

. ., . . . . , , entretenue par le gouvernement. Ils ont pu

faciles de communications, exigent, de la r o j

, , , ., transporter tacilement leurs engrais et leur

part du planteur de cacao, un travail excès- ■ '^ , '^

, ... . terre en a eu tout le profit,

sivement pénible et coûteux pour trans- ^

•porteries engrais aux points où ils doivent Mais ces individus sont cinqou six sur une

être employés. Il en résulte que l'on fait ou centaine environ. Aux autres, placés dans des

conserve beaucoup moins d'engrais que l'on conditions moins favorables, il a manqué

|>ourrait, même en tenant compte de la l'énergie nécessaire pour surmonter les 'dif-

quantité relativement faible, que l'on peut Acuités inhérentes à un travail de culturfe

faire ici sur lespropriétés, petites ou grandes, dans un pays aussi accidenté ;' de là,denom-

'.'Je crois, avec raison, qu'il y a à la.Domi- breuses plantations de cacao abandonnées)

«iique,; beaucoup» plus de cacaoyers 4,ue les un peu partout, parce que la récolte est.ins-

^ JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 21 — Mars 1903

suffisante pour payer le travail exigé par cette culture.

Pendant que la culture du cacao périclite dans certaines parties de l'ile, elle prend un vigoureux essort dans certaines autres. Je crois, en particulier, que les territoires de « Laoyou », de « Soufrière » et de « Grandbay » contribueront pour une large part, à augmenter notre récolte annuelle de cacao,

tation, le FoRASTERO. Depuis vingt-trois ans, l'ai soigneusement observé la pousse et les mœurs des différents types cultivés ici, et j'ai trouvé que le Forastero rouge est non seulement celui dont la croissance estlaplus robuste dans la généralité de nos terrains, mais aussi le producteur le plus généreux d'un cacao susceptible, par sa qualité, d'obtenir sur le marché anglais, les prix que nous

Soufrière» et « Grandbay » particulière- Ji j irons atteindre.

ment, où beaucoup des avantages naturels qui existent à la Grenade se retrouvent en grande partie.

Variétés cultivées. — On ne peut pas dire que, jusqu'à présent, l'on ait accordé ici une grande attention auchoixdes meilleures espèces pour les plantations de cacao. En établissant cette culture sur l'habitation « Copt Hall », il y a près de soixante ans, M. Joseph Fadelle avait apporté, de Trinidad, quelques gousses de Forastero et de Crioli.o, et, plus tard, M. William DAViEset moi fîmes la même chose, l'un à « Bath » et l'autre à « Blenheim ». Ces deux espèces se trouvent encore et sont en rapport sur les trois habitations. Mais, poussant dans les mêmes champs et côte à côte avec le CalabaciLLo, acclimaté depuis plus longtemps, tous ces types tendent, par suite d'une fécondation fortuite, à se rapprocher d'un type général possédant quelques-uns des caractères de chacun. On peut voir ce type réalisé sur l'habitation « Rouillard », dans la paroisse de « Vieille Case », où l'on trouve de très vieux cacaoyers. Lagousse est complètement rouge et ressemble à la gousse du CalabaciLLO. La fève, à l'intérieur, est, cependant, d'un pourpre léger, comme celle du Forastero, dont elle a le goût parfumé, au lieu du rouge sombre et de la saveur amère du Cala- BACtLLo. Ces plantations sont très anciennes, et l'on sait que des graines du Forastero, de sa variété I'Amelonado, aussi bien que du Criollo, fournies par un négociant écossais à « Prince Ruperts » nommé Patterson, furent plantées indistinctement avec le vieux Calabacillo de la Dominique.

La question de la greffe. — Dans un mi moire lu, en 1 889, à la « Conférence agricole des Indes occidentales», M. J.-H.

Hart, le directeur expérimenté du Service botanique à Trinidad, tout en reconnaissant que le cacao des Antilles n'est « ni plus ni « moins qu'un mélange d'espèces variées, « et qui varient encore entre elles sans dite rection certaine », admet encore qu'il est possible, autant que désirable, de travailler à établir un type spécial et qui serait mieux approprié aux conditions naturelles de chaque localité. Il vint à dire : « La découverte « (par l'auteur en 1898) de la facilité avec a laquelle le cacao peut être greffé par ap- « proche met maintenant leplanteur à même « de s'assurer une récolte d'une on de plu- « sieurs espèces particulières, à son choix, « et, plus tard, il pourra produire des échan- « tillons d'un genre autrefois impossible. »

Il n'est pas besoin, je crois, de faire ressortir la valeur de son procédé.

Je n'ai d'ailleurs pu me procurer aucune sorte de renseignements sur son application dans l'île de la Dominique.

Desiderata concernant la préparation du produit. — Il me reste encore un point, concernant le cacao, sur lequel je veux vous entretenir dans ce mémoire : sa préparation:

Tandis que les négociants qui achètent de nos planteurs, les innombrables petites récoltes qui forment la masse de notre exportation, se plaignent de ce que ces échantillons sont mélangés et de qualité généralement inférieure, ils ne font rien pour empêcher cela, en établissant par exemple, une échelle de prix basée sur la préparation et la

Si on me demandait à (j4^elle variété de qualité. Ils encourageraient ainsi à employer cacao nous devrions donnçrlliprédominance de meilleures méthodes et à apporter plusde dans cette île, je recomman(Jiefaj)ç, sans hési- soin dans la préparation du produit qu'ils

N» 21 — Mars igoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

achètent. Le petit producteur serait ainsi même de la fermentation, commel'a démonforcé de se préoccuper de présenter un cacao tré le regretté D" Chittenden, de Trinidad, de bonne qualité, tandis qu'il se contente est de faire passer le liquide vineux de la d'un produit abominable, pesant beaucoup, pulpe à travers la membrane qui recouvre le payant très bien, mais avilissant le prix de Jes fèves. Ce liquide doit occuper les cavités vente, sinon la valeur intrinsèque du pro- intérieures de la fève, celle-ci étant, comme duit, d'aspect meilleur, bien préparé et pe- on dit, <( cuite dans son propre jus ». sant comparativement peu, que quelques Si cette théorie est exacte, et elle l'est inambitieux extravagants fournissent à ce dubitablement, les « boîtes à fermentation » même acheteur. percées constituent une erreur. Sans doute.

Ces remarques ne s'appliquent pas, sans les membres de notre Société voudront bien,

doute, aux grands planteurs qui exportent je l'espère, donner leur avis et communi-

leur propre produit. Ils font constamment quer leurs expériences à ce sujet,

de nouveaux essais et recherchent sans cesse Je dois vous dire, en terminant, qu'en

les meilleures méthodes; chaque année, l'on traitant le sujet de ce mémoire, je me suis

peut enregistrer les progrès réalisés dans la abstenu, à dessein, de parler de certains

qualité de l'article qu'ils exportent. points concernant lecacao, tels que son mode

Cependant, même les planteurs instruits de plantation, sa croissance, sa culture et sa

et expérimentés peuvent être embarrassés taille. Ces sujets ont été traités, dans notre

quelquefois pour atteindre les résultats qu'ils Société même, il y a quelques années, par

se proposent, dans la période de fermenta- le D"" Morris, l'éminent directeur de l'Agri-

tion du procédé de préparation du cacao, culture des Indes Occidentales; et, depuis

Cela s'explique par l'habitude qu'on a, sur l'installation de la station botanique, près

laplupart des habitations d'avoir des « boîtes de Roseau, il est facile, à tout planteur de

à fermentation », dans lesquelles les fèves cacao de la Dominique, de se rendre compte,

du cacao sont placées après avoir été enle- par lui-même, des meilleures méthodes

vées des gousses, percées de telle façon que scientifiques pour cette branche de son in-

le mucilage vineux, entourant les fèves, dustrie.

s'écoule immédiatement. En réalité, le but A. R. C. Lockhart.

Exploitation du cocotier à la Trinidad

Comment on ouvre les noix de coco à la Trinidad. Lettre de M. D. A. Majani.

Nous sommes très obligé à notre correspondant de Trinidad des renseignements si précis, qu'il nous donne dans celte lettre. Rappelons qu'il nous avait déjà donné, dans notre cahier de novembre 1902, une excellente note sur les détails pratiques du commerce de noix de coco fraîches, à destination des Etats-Unis et de l'Angleterre. La note du cahier d'octobre, à laquelle il fait allusion, est celle de M. Laurent, sur la noix de coco à Anjouan (îles Comores). Nous comptons publier prochainement une note sur la noix de coco à Samoa, où l'on verra une troisième façon d'ouvrir les noix. Ces petits détails pratiques ont leur importance.

En fait de machines pour casser les noix de

coco, nous n'en connaissons actuellement qu'une seule, assez primitive, de construction allemande, M. F. Main nous en a promis une description et une figure. Les seules machines vraiment à grand travail sont, semble-t-il, celles employées dans les usines de « dessicated coconut » et dans les huileries à vapeur de Ceylan ; elles comportent des scies circulaires et ne sont point faites pour le cultivateur. Comme d'ailleurs nos lecteurs s'intéressent beaucoup à tout ce qui concerne l'utilisation de la noix de coco, nous tâcherons de donner un jour également une description de ces machines; un constructeur s'est offert à nous aider pour cela.

N. DE LA RÉD.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 21 — Mars 1903

Monsieur le Directeur, J'ai lu avec plaisir dans votre cahier li* 16, du mois d'octobre 1902, que vous feriez paraître prochainement dans le « Journal d'Agriculture Tropicale » la description d^une machine à casser les noix de cocos. Jesuis heureux de pouvoir vous apporter, à ce propos, des renseignements authentiques sur les procédés traditionnels pratiqués ici :

Voici comment on procède sur nos plantations de Trinidad où des milliers de cocos sont cassés tous les jours, pour en faire soit du coprah, soit de l'huile.

Des hommes, conduisant généralement des charrettes à bœufs, s'en vont tout d'abord ramasser les noix de cocos sous les arbres, et en font de grands lots dans les diverses « divisions » de la plantation. Viennent ensuite les ouvriers qui doivent casser ces noix et en retirer l'amande. Un noir ou un coolie (pour ce travail on préfère les noirs, parce qu'ils sont plus forts) se tient près d'un lot de cocos, son coutelas à la main ; il pique une noix et la passe dans l'autre main. Il lève son énorme couteau, et de toute la force de son bras il applique un coup sur l'un des côtés du coco, puis un deuxième coup. Le troisième coup est donné sur le deuxième côté, et le quatrième sur le troisième.

On sait que les noix de cocos ne sont pas tout à fait rondes, elles ont presque tou-

jours trois côtés très marqués. Une fois le dernier coup donné, la noix de coco se trouve ouverte et divisée en trois parties.

Cela fait, l'ouvrier jette la noix à une femme ou à un garçon qui, étant assis, prend la noix sur ses genoux, en retire l'a^ mande avec un petit couteau et la met dans un sac, coupée en morceaux.

Des charrettes transportent les sacs, à mesure qu'ils sont pleins, aux séchoirs de la plantation. Là, chaque sac est pesé atin de pouvoir déterminer le travail de chaque ouvrier. Les ouvriers, avec leurs femmes, sont payés à raison de trois francs les 800 livres (anglaises) d'amande de coco mise en sac. Mille noix donnent environ 65o à 700 livres d'amande ^coprah frais, avant d'être séché). Le cassage des noix de cocos, jusqu'à la mise en sac de l'amande, revient donc à environ 2 fr. 5o par mille noix.

Nous serions trop heureux si les constructeurs pouvaient nous donner des machines à casser les noix de cocos (et à en retirer l'amande) à moins de frais et de main-d'œuvre que n'en exigentles moyens primitifs que j'ai tâché d'expliquer.

J'oubliais de dire qu'un bon ouvrier casse par jour environ 2.000 noix. Il y en a qui en font 3.000. Il faut deux femmes par chaque casseur, pour retirer l'amande.

D. A. Majani.

Trinidad. — 12 février iqo3.

Destruction des Sauterelles

Infection cryptogamique. — Insecticide à base de lysol et d'huile de cade (Expériences de l'Institut Pasteur de Tunis).

M. DucLoux, de l'Institut Pasteur de Tiinis, a publié, dans la « Revue Tunisienne » d'octobre 1902, une communication qui intéressera bon nombre de nos lecteurs, car des sauterelles de diverses espèces se manifestent comme un tléau terrible dans certaines contrées de Madagascar, d'Abyssinie, de la Nouvelle-Calédonie et dans quantité d'autres colonies intertropicales et subtropicales.

Ce sujet n'a jamais cessé d'être d'actualité, malheureusement. Ces temps derniers encore, un savant allemand qui a eu à lutter contre les sau-

terelles dans le Sud-Ouest Africain et aussi sur la côte Est, le D' Sander, a publié, avec l'appui de son gouvernement, une sorte de monographie agricole des Acridiens; nous nous occuperons un autre jour plus longuement de ce beau livre (i). Depuis une série d'années, la même matière a été amplement traitée, en ce qui concerne les co-

(i) Sander: Die Wanderheuschrecken in unseren afrikanischen Kolonien. In-8" 55o pp. Nombreuses cartes et ligures. Dietrich Reimer (Crnst Vohsen), éditeur. Berlin 1902. Prix : g marks. Relié, 10 marks.

N" 21 — Mars igoS JOURNAL D'AGRIG

lonies françaises, par M. Kuncrel d'Herculais, assistant au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris; les personnes qui s'intéressent à la lutte contre les sauterelles, pourront entendre ce savant raconter sa vaste expérience à cet égard, dans une leçon du nouvel Enseignement colonial, qui aura lieu au Muséum le 22 mai.

Dans notre n" 19, sous le paragraphe 283 (papier bleu), M. le D"" Delacroix a rendu compte brièvement d'un mémoire de Lommel, exposant ses tentatives de destruction de sauterelles au moyen d'un cryptogame, dans l'Afrique allemande de l'Est; la conclusion qui s'en dégage est peu favorable à cette méthode, ainsi d'ailleurs que celle de la plupart des expériences sérieuses publiées jusqu'ici. M. Ducloux en explique très bien la raison :

« Parmi les moyens de défense, des recherches ont été poursuivies dans des labotoires scientifiques des Etats-Unis et de l'Afrique du Sud, sur l'emploi de parasites infectieux comme moyen de destruction.

Ces parasites se multiplient sur l'insecte; ils constituent une épidémie qui détruit les sauterelles soumises à leur action.

Des expériences ont été faites à l'Institut Pasteur à Tunis avec un parasite qui lui avait été envoyé de New-York par l'entremise de M. le Consul de France.

a Des cultures de ce parasite, obtenues à l'Institut, ont été expérimentées sur des lots de sauterelles. Pour certains milieux ensemencés, le succès a été aussi complet que possible : après le quatrième jour de contagion, il ne restait plus de sauterelles vivantes. L'autopsie des sauterelles mortes et les examens bactériologiques nous ont permis de constater que la mortalité provenait de l'action directe du parasite, qui est un champignon de l'ordre des Oom.ycètes.

« Nous avons remarqué, au cours de ces recherches, que le milieu atmosphérique, et spécialement la chaleur et l'humidité, ont une influence prépondérante dans l'action destructive de ce champignon. C'est même là, avec la mobilité des vols de sauterelles, le principal obstacle à l'emploi courant d'un moyen qui réussit dans le laboratoire. On comprend combien est aléatoire la réussite, si celle-ci dépend d'une température un peu élevée, et que, précisément, l'air à ce moment soit frais, d'une humidité accentuée.

ULTURE TROPICALE 79

et qu'il y ait de la sécheresse, d'un séjour suffisamment prolongé des sauterelles, et que le vol ne fasse qu'une courte station dans l'endroit où ont été déposées les cultures des champignons.

« Ces considérations nous ont engagé à rechercher si les produits chimiqnes n'étaient pas susceptibles de fournir des résultats plus pratiques. Cet emploi présente un gros obstacle. Il est, en effet, souvent difficile d'empêcher que les propriétés destructives des substances expérimentées ne s'étendent aux végétaux et aux animaux domestiques de la région.

<( Il fallait donc chercher certains produits végétaux capables d'amener non la désorganisation des tissus des sauterelles par cor rosion, ainsi qu'il a été fait jusqu'à ce jour, mais la mort de ces insectes par asphyxie, en obturant, par un dépôt résineux imperméable, leurs pores et trachées. L'action asphyxiante est foudroyante par la brusque obturation des voies respiratoires de l'insecte. Cette rapidité d'action lui donne une supériorité sur l'emploi du champignon. Le champignon a besoin de conditions spéciales et, quand celles-ci existent, d'un temps assez considérable pour réaliser l'effet demandé.

« Après de nombreux essais, nous avons obtenu d'excellents résultats en employant un mélange de deux produits se complétant mutuellement dans leurs effets insecticides, l'huile de cade et le lysol, dans les proportions suivantes :

Huile de cade i litre

Eau 100 —

Lysol I —

Eau ordinaire 100 —

« On mélange intimement ces deux solutions. Pour obtenir l'homogénéité du mélange, nous avons recours à l'emploi d'alcalins divers. La potasse chimiquement pure nous a paru remplir le mieux les conditions requises.

« L'huile de cade est un produit retiré d'un genévrier commun dans la région méditerranéenne, le Jiru'perus oxycedrus. Elle est employée fréc^Liemment en médecine comme antiseptique et antiparasitaire.

JOURNAL D\\GR1CULTURE TROPICALE N«2i — Mars ipoB

« Le lysol est un produit complexe contenant des corps alcalins, gras et résineux.

« Il est facile, d'après ces données, de comprendre le rôle de chacun de ces produits dans leurs combinaisons intimes.

(', L'expérience nous a montré que les criquets et les sauterelles, en contact avec cette solution pendant moins d'une minute, meurent par asphyxie. On l'applique au moyen d'un pulvérisateur.

« Le mode d'emploi est des plus faciles : On peut se servir, par exemple, des pulvérisateurs de vignes qui se trouvent dans toutes les fermes tunisiennes. Ces appareils per-

mettent de détruire les criquets s'avançanten colonnes, aussi bien que les criquets et sauterelles posés sur les buissons,

« Le prix de revient, en Tunisie, est d'environ 5 à 6 centimes par litre. Cette dépense est insignifiante. Elle le paraîtra d'autant plus qu'elle permettra d'économiser les frais d'un nombreux personnel employé aujourd'hui à dresser les appareils cypriotes et à creuser des tranchées (i).

« Enfin, la pratique fera connaître s'il est possible de diluer encore la solution, tout en lui conservant ses propriétés destructives. »

La plantation de Gambir de M. Von Mechel

D'après R. Schlechier

Le gambir est une matière première de erande consommation, qui intéresse à la fois les marchés indigènes d'Extrême-Orient (en tani que maslicatoire)ei lasoierie lyonnaisequi l'cmploiedansses teintureries. Dans notre n" 17, nous avons raconté d'après M. Schlechteh, comment legambirest cultivé et préparé par les Chinois de la presqu'île de Malacca, et en particulier dans l'exploiiaiion modèle Rim-Estate, propriéié de deux riches Chinois fort connus à Singapore, MM. Tan Chay Van et Law K-im Hoan. Aujourd'hui nousdonnons. d'après une lettre du même voyageur pai ue dans ic n'^ 16 du « Tropenpflanzer », les procédés différents, et très supérieurs, inaugurés par M. von Mechel. un planteur allemand de Sumatra. A travers la relation de ScHLECHTER. M. VON Mkhkl apparaît comme un homme très remarquable :

M. vonMechel possède, à Indragiri, sur la côte Est de Sumatra, une plauiation de gambir (Djapoera-Kstatt) qui est ceriainement la mieux conduite du n"konde entier. J'ai vu chez lui bien des dispositions originales, qui expliquent les beaux résultats commerciaux qu'il a obtenus.

La cuisson du gambir est conduite exactement comme chez les Chinois, mais on veille beaucoup plus à la propreté. Lorsque cette opération est terminée, on n'abandonne pas le gambir jusqu'à refroidissement complet ; on le laisse seulement rafraîcliir un peu, et il est coagulé au bout d'un 2 heure environ. La dessiccation des cubes de aambir

se fait partie à l'air et à l'ombre, partie au soleil, et est achevée par l'emploi de chaleur artificielle. Fait à noter, lorsque le gambir a été préparé et séché par un temps humide et couvert, il prend extérieurement une couleurbeaucoupplus sombre que lorsqu'il a été préparé par un temps clair.

La culture deVUncaria Gambir est faite chez M. V. Mechel tout autrement que chez les Chinois : Les plantations sont d'une propreté remarquable. Les plus grands soins sont prodigués aux semis ; on veille, en particulier, à ne jamais établir de semis sur un sol susceptible de dégradation du fait des pluies; les terres tourbeuses se prêtent certainement le mieux à cette destination.

Quand les jeunes plants ont atteint environ I 5 à 20 cm. de hauteur, on les met en place dans des trous assez profonds pour qu'une partie seulement de la tige émerge; quelquefois on plante même de telle sorte que la plante entière se trouve au-dessous du niveau du sol ; pour protéger les trous contre 1;! pluie, on les couvre de petits branchages

{[ I Les appareils cypriotes sont des sortes d'énormes pièces mobiles, dont l'efficacité a été démontré en premier lieu à l'île de Chypre. Ils constituent le n.oven de destruction des criquets, le plus communément aiimis à l'heure actuelle dans les pays c.viliîés. — N. DE L.A RÉD.

N" 21 — Mars 1903 J OURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 81

ou d'autres matériaux quelconques, disposés dis qu'avec le couteau, quand on taille rade manière à ne pas gêner la jeune plante pidement, on brise beaucoup plus qu'on ne dans son développement. D'après M. von coupe.

Mechel, il n'est pas rare de voir les jeunes Chaque ouvrier employé à la taille doit plantes de gambir fleurir dès la première rapporter dans sa journée une quantité déannée, terminée de rameaux, qu'on contrôle à la

A l'époque de la taille, les arbustes sont balance. Les gens portent habituellement les

ici coupés beaucoup plus bas que dans les rameaux par deux bottes à la fois, suspen-

plantations chinoises. De cette façon, la ^"^^ ^"^ ^^"^ ^«"t^ ^'""^ Perche pesant

plante est naturellement amenée à se rami- ensemble environ 60 kilos. Les rameauxsont

fier bien davantage, et même il n'est pas rare ^'"«>^^^ P^'" "" ''"^P^^ hache-paille.

de voir sortir de terre de nouvelles tiges. ^^' diverses nouveautés introduites dans

la culture du gambir par M. von Mechel

D'après tout ce que j'ai vu jusqu'ici en fait ^^ j^ traitement rationnel qu'il fait subir à la

de gambir, je considère comme le plus ra- ^^^-^^^ première, lui permettent d'obtenir

tionel de tailler les arbrisseaux à . mètre u^ produit très uniforme et de haute qua-

environ, mais il faut, avant tout, veiller à ce y^^,^ ^^^ ,^3 Javanais mastiquent de préfé-

qu'ils ne meurent pas de pourriture. Pour ^^^^^ ^ ^^l^j ^^^ chinois,

éviter cet accidem, M. von Mechel fait ra- ^^^^^^ prédilection des consommateurs Ja-

mener la terre tout autour du pied, opérant ^^^^^{3 explique pourquoi M. von Mechel

ainsi d'une manière très pratique un véritable ^^-^ ^^ -^jj^ bénéfices. Toutes les autres plan-

buttage, qui détermine la formation de ra- ^^^j^^^ ^^ g^^^ir dirigées par des Euro-

cines fraichessur les parties couvertes des ^^^^^ ^^ préparent que le gambir moins

nouvelles pousses. Si les vieilles racines ^^^^^ ^^^^^^^ ^ j^ teinturerie et destiné au

viennent à mourir, il n'en résulte aucun ^^^^j^^ européen, et elles ne parviennent

dommage, puisqu'il y a toujours des racines p^^ ^ ^^ ^-^^^ d'affaire.

fraîches. Ce processus peut aller si loin, le Pour créer sur le marché une marquespé-

temps aidant, que plusieurs pieds se forment ^.^^^^ ^^^^ .^^ morceaux de gambir préparés

là où l'on n'en avait planté qu'un. Je consi- ^ ^^ ^^^^^ ^^ ^^ ^^^ ^^^^^^ ^^^^ marqués

dère ce buttage du gambir comme très re- ^'une étoile à cinq branches, avec un I au

commandable. ^^^^^^^

Une autre innovation de M. von Mechel Si le travail continue à être dirigé avec la

consiste dans l'usage du sécateur pour la même précision le jour 011 les cultures de

taille des rameaux du gambir, au lieu des Djapoera-Estate auront été étendues à de

couteaux employés par les Chinois. Le séca- plus grandes surfaces, M. von Mechel arri-

teur permet d'obtenir une section nette, tan- vera à fournir de gambir toute l'île de Java.

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