PARTIE connERcmLE
Le Marché du Caoutchouc
Par MM. Hecht frères «St C"^.
Para fia. — Dès le commencement du changé de position. De fortes quantités de mois de mars, le mouvement de hausse, un caoutchoucs ont ainsi changé de mains à des peu artificiel, causé par deux gros spécula- prix décroissants, et le cours le plus bas qui teurs, n'a pas tardé à s'arrêter sous l'in- ait été coté pour Haut-Amazone disponible fluence de ventes importantes, faites par les a été 10 francs. Le Bas-Amazône n'a d'ailmêmes spéculateurs qui ont brusquement leurs donné lieu qu'à des transactions res-
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treintes, et son cours pour disponible est à comparées au 28 février 1902, les chiffres
peu près celui du Haut-Amazône. suivants, en tonnes :
Au moment où le marché paraissait un „ , „
"^ Sortes du Para. 1903 1903
peuplas faible, les maisons dont nous par- —
Ions plus haut ont encore une fois modifié Stocks à Liverpool i.3i2 1.747
leur attitude, et — après avoir vendu au * ^ Ne\v-\ ork 287 690
, , • - u • u- * au Para 65 1.061
plus bas — se sont mises a acheter, si bien „
^ bn route pour 1 Eurooe i.tjoo i.i85
que le cours est remonté, pour caoutchouc ,, ,, pour New-York. . . i.35o 1.200
disponible, au prix de fr. 10,40. » » d'Europe àN. -Y.. . — —
. On continue toujours à payer une forte 4 5^4 57883"
prime pour la marchandise livrable, et l'on Arrivages à Liverpool i .892 i .280
est acheteur actuellement à fr. 10, 55 pour » à New-York 1.600 980
livraison mai. Ce sont surtout des spécula- Livraisons à Liverpool 1.209 9^9
teurs qui paient ces prix, et c'est là un élé- '' à New-York i.555 1.640
, . ,, . , Arrivages au Para 4-770 3. Soi
ment plutôt mauvais pour 1 article, car on . .
r ri )) )) depuis
sait en général que les « outsiders » paient le
plus cher que les autres lorsqu'ils veulent » « i^r juillet 19.620 20.878
acheter, et réalisent au contraire plus bas Expéditions du Para en Eu-
que le cours ; c'est que l'article caoutchouc, " * ^^^^ '^■'M- 1.017
^ in ^ ' ^^ » à N.-Y. 2.370 i.83o
en raison de son déchet en magasin, se prête
aussi peu que possible à une spéculation de Sortes a Afrique.
la part d'une maison en dehors de l'article. Stocks à Liverpool 408 749
Sortes intermédiaires. — Les autres '' à Londres 220 596
^ , , . I * aux Etats-Unis 221 qio
sortes du Para ont également remonte : le ■ „,^ ~ ' ^ , •
Sernamby de Manaos vaut actuellement . • ... , o« c^c
-^ Arrivages a Liverpool 486 5b5
fr. 8,45 ; celui de Cameta, fr. 7,00; celui du » à Londres 106 bj
Para, fr. 6,5o. Les boules du Pérou, qui » à New-York 1.400 5oo ■
étaient tombées un moment à 7,75, ont été Livraisons à Liverpool 655 462
payées ensuite fr. 8, o5 ; cette sorte est donc * ^ Londres 104 d8
, . , , » à New-York 1.277 5oo
revenue a un niveau normal, puisqu an la "
paie sensiblement moins que le Sernamby Stocks de toutes sortes.. . . 5.463 8.157
de Manaos. * j^a^ • ^ • 1 • '
Les sortes d Afrique, après avoir baisse,
Les Slabs arrivent en grande abondance ^^^^^^^ également à remonter. On a payé à
et sont très offerts à 6,35. Bordeaux fr. 8,60 pour 20.000 kg. Niggers
Les recettes au Para au 23 février étaient boules rouges et Twists mélangés sans ga-
de 2.900 tonnes. Le mois total dépassera rantie de proportion.
donc 3.000 t. Il est probable que le éticit a Le benguella est plus cher que Jamais et
prédit par certains importateurs se trouvera est tenu fr. 7,50, et le Loanda fr. 7,00 a
comblé par les mois d'avril à juin, si bien fi- - jq.
que la récolte actuelle — ainsi que nous l'a- Anvers. — On a vendu le i 3 mars 26 t.,
vions prévu Jusqu'à maintenant — sera à peu à environ 10 centimes au-dessus des taxes,
près égale à la précédente. On voit donc ce Cette même vente comprenait environ 40 t.
qu'il faut penser de toutes les prophéties jg Soudan et Gambie à livrer qui, sauf un
arrivant régulièrement chaque année du petit lot, n'ont pas trouvé de preneurs.
Brésil, pour nous annoncer que nous aurons Plus que Jamais, les acheteurs d'Anvers
une récolte sensiblement moindre que celle sont très récalcitrants pour tout ce qui n'est
des autres années. p^s caoutchouc du Congo belge.
Les statistiques générales donnent Le 27 mars aura lieu une petite vente
pour les diverses sortes, à fin février lyoS, de 25 toilnes seulement.
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Le 3i mars aura lieu une vente impor- sera d'ici peu compensée par celle de la cotante, d'environ 450 t. lonie française.
On commence à voir arriver des quantités assez importantes du Congo français, et Hecht frères & C" il esta prévoir que la diminution constatée 7^^ ^^^ St-Lazare. dans la production de l'Etat Indépendant Paris, 24 mars igoS.
Les Thés d'Extrême-Orient
Production du Japon, de Formose, de Java. — Décadence des thés de Chine
Par H. Neuville.
L'encombrement du marché des thés pré- fut conquise par le Japon. Les trois ou
occupe fort en ce moment, et à juste titre, quatre premières années de l'occupation
les producteurs de l'Inde anglaise et de furent surtout consacrées, en ce qui nous oc-
Ceylan, régionsquisontdevenuesles sources cupe, à des investigationsgénérales, de telle
principales de ce que l'on appelait naguère sorte que ce fut en toute connaissance de
« la feuille chinoise » ; aussi s'efforcent-ils cause que des expériences pratique? et di-
de remédier à cet encombrement par des rectes purent y être faites ensuite,
moyens divers : élimination des sortes infé- Des stations expérimentales pour la cial-
rieures, préparation de thés verts pouvant ture du thé furent établies dans deux centres
disputer le marché américain aux thés verts importants de production : Bunsanto et To-
d'Extrême-Orient, qui jusqu'ici y régnaient kambo. En 1901, 1880 yen étaient attribués
seuls, etc. Pendantce temps, eiau milieu des à ces stations, et, en 1902, cette subvention
compétitions récemment surgies, il n'est pas fut élevée à 35oo yen, chiffre important pour
sans intérêt de constater ce que devient la ce pays (Le yen vaut environ 2 fr. 541-
production du thé dans les contrées qui en Les recherches relatives auxengrais furent
détinrent si longtemps le monopole. commencées en novembre 1901 . Les engrais
J^;707z.— Les efforts accomplis au Japon essayés à Formose paraissent y produire
pour conserver les débouchés acquis, et une récolte de feuilles plus abondante, mais
même, très nettement, pour augmenter la dans laquelle l'arôme propre aux thés de
production, méritent de nous arrêter tout cette île se trouve perdu. Avec ces engrais, il
d abord. faudrait, parait-il. renoncer à la préparation
En 1895, les exportations de thé du Japon jes meilleuresvariétés dOolongs. Ily atout étaient de 30.819.000 catties (i) de thé vert, ijeu de croire que ces effets ne sont pas néet de 8.008.000 catties de thé noir, soit un cessairement liés à l'emploi de tous les entotal de 38.827.000 catties. En 1896, ce total grais, mais que le choix de ceux-ci doit être passait à 49.307.000 catties, pour revenir à encore étudié.
45.886.000 en 1900. Cette augmentation Quoiqu'il en soit, les recherches des sta- ^rovient notamment de l'antiexion de For- ^.^^^ ^^ Formose semblent montrer que la mose, dont la production s'apute mainte- production actuelle des thés de cette provenant à celle du Japon, et où cette puissance ^^^^^ pourrait être doublée, et Tintroducn'a pas tardé à vouloir développer .scientiH- ^-^^ ^,^^^ machinerie perfectionnée, genre
quement la culture et l'industrie du thé, déjà 1 ■ '^ ■ •. . i • j • »
^ ,, , , . ■ anglais, réduirait en outre le prixde revient,
étudiées et améliorées pendant les dernières , . . ■. .^ -i- 1 i-,-
r- ' ^ • . . ' tout en contribuant a améliorer la qualité.
années delà domination chinoise surcette île,. Il y a maintenant huit ans que Formpsç
Actuellement, les thés de Formose passent généralement pour assez communs, à par
(ij I catty =::: I Ib 33. certains 'Oolongs, très recherchés 'par l'es
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Américains notamment. En Europe, l'Espagne paraît être seule à consommer des thés de Formose. Les Straits Settlements en reçoivent une certaine quantité (thés Pouchongs).
D'une manière générale, tous les thés exportés du Japon sont destinés aux Etats- Unis et au Canada. Si nous prenons pour exemple les exportations faites de Yokohama en mai dernier, nous voyons que leur totalité étant de 1.356. 309 catties, leurs destinations se répartissaient ainsi: io6.ii3pour San Francisco, 616.709 pour New-York, 521.572 pour Chicago, 106.195 pour le Canada, et 5.660 pour la côte du Pacifique (d'après le « Japan Weekly Times >>).
Ces thés du Japon sont assez mal connus en France pour que des détails à leur sujet puissent intéresser nos lecteurs.
Les thés du Japon peuvent être divisés en trois classes, désignées, d'après leur provenance, sous les noms de Yokohama, Kobe, et Nagasaki. La dernière de ces trois classes est de beaucoup la moins importante.
La source principale des thés Yokohama est le district de Hacheoji, d'où viennent les thés les plus fins de tout le Japon. Ces thés Yokohama sont de qualité très fine; leurs feuilles sont petites, et ressemblent à celles de Kobe.
Les thés de Kobe proviennent surtout du district de Yamashiro; ils sont de meilleur « style » que ceux de Yokohama, mais, d'autre part, ceux-ci sont supérieurs « à la tasse ».
Les thés Nagasaki sont de qualités assez ordinaires; leur infusion est généralement foncée; la moitié, ou à peu près, de leur récolte, est convertie en Gunpowder japonais.
Malgré tous les efforts, les thés du Japon paraissent reculer plutôt qu'avancer. Les anglo-saxons leur font, de même qu'aux thés de Chine, une concurrence acharnée. Il convient cependant de remarquer que leurs prix sont très notablement en hausse depuis plusieurs années.
Java. — Parallèlement aux thés du Japon, maisavec un succès beaucoup plus net ,ceux de Java s'efforcent d'accroître leur importance. Les exportations de ces dernières
années suffisent à en témoigner. Java a ex porté: en 1898: 12. 110.724 Ibs; en 1899: J2. 841. 702 Ibs; en 1900: 15.406.984 Ibs; en 1901 : 16.750.872 Ibs.
D'après une autre statistique (Indische Mercuur, 24 fév, 1903), Java aurait exporté en 1901-1902 (du i"^"^ juillet au 3o juin), 192. 800 caisses de 40 kg. net, soit 7. 71 2. 000 kg., contre 185.900 caisses, soit 7.436.000 kg., en 1900-1901 .
Les thés de Java sont dirigés presque entièrement sur les marchés de Londres et d'Amsterdam. Une petite quantité en est vendue en Australie et dans les ports du Golfe Persique ; Java s'efforce maintenant aussi de gagner les marchés russes en y introduisant les thés comprimés en tablettes, qui y sont très appréciés (ne pas confondre avec les thés en briques, produit grossier destiné aux nomades).
11 y a quelques années, des récoltes entières furent converties en thé vert sur l'entreprisede Parakansalak, et vendues en Amérique à un prix élevé. Mais le bruit s'étant répandu, en Amérique, que la couleur verte de ce thé était obtenue par séchage sur des plaques de cuivre, les prix baissèrent considérablement, et ce débouché, nouveau pour Java, dût être abandonné.
Chine. — Que deviennent, au milieu de ces compétitions, les thés de la Chine, déjà atteints par la production des Indes anglaises ? Il y a moins d'un demi-siècle, ces thés régnaient partout en maîtres, mais, depuis, leur importance va sans cesse en décroissant, et ceci pour des causes multiples que je ne puis analyser ici. Tandis qu'en 1886 le total des exportations de thés de Chine atteignait, je crois, son apogée avec 2.208.480 piculs (de 1 33 Ibs i/3), ce total est tombé en 190 1 à 854.000 piculs, d'après Cheng Sien Hoai, négociateur chinois des tarifs douaniers.
Cependant, les dernières statistiques manifestent une tendance au relèvement, sur laquelle les journaux spéciaux des Indes anglaises se sont empressés d'attirer l'attention de leurs lecteurs. Nous reproduisons ci-dessous ces statistiques.
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