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EXPORTATIONS TOTALES DE LA CHINE

Destination Saison 1902-1903 Saison 1901-1902

Angleterre... 9.240.833 Ibs 6.349.830 Ibs

Europe, reste 4.427.625 » 3.299.137 »

Russie 16.906.856 » i6.3i5.iii »

Amérique... 11.004.666 » 3.955.126 »

Australie... 611.045 » 815.737 »

Le droit fixe de sortie, autrefois établi sur ces thés au moment où ils régnaient sans conteste, droit représentant alors environ 5 Yo ad valorem, ressort maintenant, par suite de l'avilissement des prix, à un taux beaucoup plus élevé. Ces thés étaient en outre, tout récemment encore, frappés de droits intérieurs tels que le « likin » , de telle sorte qu'ils étaient finalement grevés de droits évalués à 20 % de leur valeur par Cheng Sien Hoai, et à 40 % de cette même valeur, par M. H. Foex.

Nous ne savons si la proposition de remplacer le droit d 'exportation de 2 taels 5o par picul, par un droit de 5 % advalorem, a été définitivement agréée par le Gouvernement Chinois.

Ces thés de Chine (il peut être utile de le rappeler) se scindent en deux grandes catégories : les thés noirs exportés d'Hankéou, surtout à destination de la Russie, et les thés verts, exportés par Shangaï, et destinés surtout aux anglo-saxons. Or les marchés d'Angleterre sont de plus en plus monopolisés parles colonies anglaises; ceux des États-Unis et du Canada le sont, encore actuellemeint, par Iç Japon. Reste celui de la Russie, mais lui aussi se tourne de plus en plus vers Ceyian et l'Inde ; ces provenances y font des progrès très rapides. Le marché russe est, en outre, nettement visé par Java, et d'autre part le Gouvernement russe tend à créer des ressources nationales en favorisant la culture du thé dans la partie du Caucase qui avoisine Batoum.

En dépit de sa récente amélioration, il semble donc que la situation des thés chi-

nois doive rester critique, et, peut-être même, empirer encore.

On ne remarquera pas sans quelque surprise le peu de place de nos colonies d'Indo- Chine dans cette lutte pour la conquête du marché de l'un des éléments les plus importants de la consommation mondiale. Devancée par l'Inde anglaise, par Ceyian et par Java, l'Indo-Chine française vient, par surcroît, de se voir distancée, dans la voie si féconde des investigationsméthodiques, par la toute jeune colonie japonaise de Formose.

Je dois cependant ajouter qu'ici, comme à la Réunion (i), l'initiative de planteurs intelligents tend à modifier cette situation. C'est ainsi que les thés d'Annam viennent de conquérir en France une place des plus honorables, et dont l'importance ne peut aller qu'en augmentant.

Si l'encombrementauxquelseheurte le thé dans les pays anglo-saxons est de nature à faire réfléchir ceux qui voudraient produire pour ces pays, les intéressés doivent se garder d'oublier qu'il n'en reste pas moins la possibilité d'un écoulement important vers la Russie, et d'un autre, le plus naturel de tous pour nos colonies, vers la France ellemême, et vers ses possessions nord-africaines.

H. Neuville.

A^ de la Rédaction. — Les personnes qui s'occupent plus spécialement de ihé auront avantage à consulter les statistiques et informations publiées dans les n^^ précédents du « J. d'A. T. », soit (en négligeant les analyses bibliographiques) : sur la consommation comparée des thés de Chine et des thés anglais, «< J. d'A. T. », n" 3, p. 87, n"4, p. 1 19, n°5,p. 164 et u° 8, p. 54; sur les autres concurrents de la Chine (Japon, Indo-Chine, Réunion, Etats-Lnis, Açores, Caucase), n"6, p. 181 ; sur lethé siamois, n° i5, p. 187; sur le marché russe, n° 6, p. 181 ; sur les théeries du Caucase, n" 16, p. 3 10; sur les tablettes et les briques, n" 10, p. lai ; surles thés de Formose, n" 6, p. 182 et n° 11, p. iSa; sur les thés d'Annam, n» 7, p. 26, n" 10, p. 107. n" 12, p. i85 et n" i3, p. 217 ; sur les thés de Java, n» 7, p. 27; sur les théeries des îles Açores, n» 9, p. 90.

(i) Rapport SiEMssEN, Hong-Kong. 18 juillet 1902. Un rapport précédent venu de la même source, donnait des chiffres très supérieurs, mais suivante peu pfès les mêmes proportions. (Voir « Planting Opinion », 19 avril et 23 août 1902).

(t) Les efforts faits par le Crédit foncier colonial pour l'introduction du thé à la Réunion peuvent, être rapprochés de ceux que fait actuellement la Société Lombard dans ses plantations d'Indo-Chine.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 21 — Mars 1903

Cafés Sàntos

Les bénéfices des Plantations Dumont.

Le « Indische Mercuur » du 4 nov. 1902 publiait la note suivante :

, « Nous trouvons dans la « Brazilian Review )) le .rapport annuel de la « Dumont- CoMPANY, qu'on cite souvent comme modèle d'une plantation de café bien dirigée.

« Depuis 1897, la récolte des plantations de cette Société est montée de 41.000 à 90.000 sacs, tandis que les frais de production et d'administration ont augmenté beaucoup moins vite, de sorte que le rapport des prix de revient au prix de vente est descendu de 69,1 % à 44,6 %.

« L'expérience des plantations Dumont démontre, dit la « Brazilian Review », que dans des conditions favorables et lorsque le cours du change est de 10 pence, le café du Brésil peut être produit et livré au prix de 36o5 reis l'arroba, rendu à la gar-e la plus proche, et au prix de 5 milreis rendu à Santos.

« Le prix moyen du « good average » à Santosa été en 1901 de 7396 reis, ce qui, au change de i i pence, fait 23 s. i d. par quintal anglais, ou 29 s. 1 1 d. c. i. f. (cost, insurance, freight, c'est-à-dire : coût, assurance, fret). La Dumont-Company vendit au prix moyen de 33 s. 8 1/4 d. par quintal anglais et réalisa donc encore de beaux bénéfices, malgré les conditions défavorables de Tannée 1901 .

« Il est vrai que le prix de revient du café Dumont est très au-dessous du prix de revient moyen des cafés Santos. Quoi qu'il en soit, les chiffres ci-dessus tendent néanmoiris à démontrer que- les dépenses faites pour l'aniélioration de la culture produisent; même dan^ une caféerie brésilienne, comme ailleurs, de bons résulats, autant au poihtde vue du rendement brut qu'au point de Yue deSvbeneFices»;,» ,ftj .- .■ .», .;«■, f*-\ir;,n!.<:-55j.:'j -î'îo;

La part des intermédiaires brésiliens et européens.

Le « Indische Mercuur » du i 7 mars 1 903 cité une affirmation curieuse d'un planteur de l'Etat de Saint-Paul, interviewé par un autre de nos confrères hollandais; d'après ce témoin, le café du Saint-Paul passe par quantité de mains avant d'arriver au port d'embarcation; et comme naturellement chacun des intermédiaires prélève sa part, il résulterait que le sac de 60 kg. serait payé seulement 27 milreis au planteur, lorsque son prix à l'embarcation est de i 12 milreis.

Notre confrère d'Amsterdam, dont la compétence en matière de café est bien connue, taxe ce calcul d'exagération, ainsi qu'une autre affirmation du même planteur, à savoir que le public paie le café brésilien au détaillant, en Europe, 11 et 12 fois plus cher qu'il n'a été payé au producteur dans le Saint-Paul. Cependant, il est certain que l'écart entre les prix de consommation et les prix degrosestdevenu énorme : nous serions reconnaissant à celui de nos lecteurs qui voudrait se donner la peine d'établir un calcul précis à cet égard, en ce qui concerne plus particulièrement le marché français. Il serait aussi utile de savoir quelle est exactement la classe d'intermédiaires qui erapochë ce boni démesuré. La question intéresse au plus haut degré les producteurs. '^

Cours, du Havi-e . "'

Le rha^asme continue : 'Voîcl les côtés

officielles qide Ton enrégistr'ail au Havré'le

24 mars,'sur lès différents mois de igùiét

1903 (affairesa 'terme) :; ■' ' '''.', """^

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N° 21 — Mars igoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 87

Importance du Commerce de Riz de rindo-Chine.

On lit dans l'excellente brochure de M. Pierre Padaran (pseudonyme), I^es possibilités économiques de l' Indo-Chine t.

« On ignore trop que, depuis trois ou quatre ans, l'Indo-Chine est devenue le second pays exportateur de riz du monde entier, après la Birmanie.

Les expéditions ont atteints en effet :

1898 812.049 tonnes

1899..- 894.951 tonnes

1900 886.000 tonnes (i).

« L'exportation de la Birmanie ayant été de i.33o.ooo tonnes de riz en 1897- 1898 et dei.3i5.ooo tonnes en 1898- 1899, on voit que notre colonie, sans être en passe d'égaler sa grande rivale, occupe néanmoins une situation honorable. Aucun autre pays au monde, ni le Siam dont l'exportation se maintient aux environs de 5oo.ooo tonnes, ni l'Inde avec les besoins de sa population débordante, ni Java et le Japon qui n'exportent que des riz de qualité supérieure et dont le sol ne suffit pas à nourrir la population, ne peuvent prétendre à une aussi belle place. D'autant plus qu'il existe encore, en Cochinchine, au Cambodge et dans la vallée du Mékong énormément de terres disponibles pour la culture du riz. En Cochinchine seule, il y en a environ uii million et demi d'hectares, c'est-à-dire plus qu'il n'en est cultivé actuellement.

« Le Siam seul serait peut-être (2) susceptible d'un développement futur analogue; la Birmanie au contraire, celle qui compte du moins au point de vue rizicole, c'est-àdire les Deltas de l'Iraouaddy, du Sittang et de la Salouen, est presque entièrement exploitée.

(i) Dont la Cochinchine, 718.000 tonnes, et le Tonkin, i(')8.ooo tonnes; en iSc^q, yqH.ooo tonnes pour la Cochinchine etg5.ooi> tonnes pour le Tonkin. — P. P.

[2) Nous disons « peut-ctre », parce qu'aucun document n'existe à notre connaissance sur la superficie cultivée ou disponible du Siam. C'est une déduction tirée de l'inspection de la carte. Quant à la base Birmanie, les documents officiels an;,'lais parient bien de 6.400.000 hect. de terres cultivable)!, contre 2.(')22.ooo hectares actuellement cultivés (dont 91 "„ en riz), mais ces ().4oo.ooo hectares sont pour !a plus grande partie en dehors des Deltas.

« Si cette possibilité est rassurante au point de vue de l'accroissement futur de la population indo-chinoise, la question de débouchés, qui se pose pour le riz comme pour les' autres produits, trouve une solution satisfaisante du fait de la présence à nos portes de l'immense marché chinois.

« La Chine méridionale a importé en 1899, ^^ Saigon, jusqu'à 504.000 tonnes de riz. C'est un maximum. Mais les deux années précédentes avaient donné:

1897 3o6. 000 tonnes.

1898 420.000 tonnes.

« Ces chiffres ne doivent pas surprendre. Canton seul a importé, sans distinction de provenance, jusqu'à 756.000 tonnes de riz en 1895, et son importation la plus faible a été de 3oo.ooo tonnes. Avec de pareils chiffres et le développement de la population en Chine, toujours possible quand les temps ne sont pas troublés, il n'y a pas lieu de s'inquiéter d'un excès de production de riz en Indo-Chine. Java et le Japon sont également là comme consommateurs assurés.

Le débouché métropolitain et européen ne sera jamais aussi important. »

Un auteur qui a puisé à une source différente (puisqu'il indique 608.998 tonnes comme montant de l'exportation de la Cochinchine en 1900, pendant que M. Pierre Padaran indique 718.000 t.), écrit dans la a Dépêche Coloniale » du 12 février 1903 :

K Aussi loin qu'on remonte dans les relevés des exportationsderizde la Cochinchine, on ne trouve pas un chiffre approchant le total formidable de 823.000 tonnes, montant des expéditions pendant l'exercice qui vient de s'écouler :

Années Tonnes

i8gi 450.796

Années Tonnes

IQOI . .

iqo2 . .

Mars 1903

«L'augmentation de 1902 par rapporta tonnes comparativement au chiffre le plus 1901 ressorte 178.041 tonnes, et à 104.000 élevé constatépendantlapériodeenvisagée. »

nCTUflLITES

L'Association Cotonnière Coloniale.

Les lecteurs qui se souviennent du beau mémoire de A. Chevalier, Le Coton au Soudan, publié dans notre n° 11, apprendront avec satisfaction la constitution récented'une « Association cotonnière coloniale pour développer la culture du coton dans les colonies françaises ». Cette Association, issue du « Syndicat général de l'Industrie cotonnière française », a pour président M. A. Esnault-Pelterie, pour secrétaire général M. Maigret; le Comité d'initiative réunit les plus grands noms de l'industrie cotonnière française, en même temps que quelques membres du Parlement.

Nous lisons des choses fort intéressantes, dans la « Notice explicative » lancée par ce Comité :

En présence de la tendance que manifestent de plus en plus les État-Unis de monopoliser toutes choses, la question posée en Europe, est de savoir si les Américains ne songeraient pas un jour à accaparer le coton au profit de leur industrie nationale.

La récolte du coton dans le monde entier s'élève à 14 millions de balles de 5oo livres. Or, les États-Unis figurent dans ce chiffre pour la quantité énorme de io.5oo.ooo balles, soit plus des trois quarts (i).

Etant donné cette situation, les Américains prétendent que se trouvant les détenteurs de la matière première, c'est àeuxqu'il appartient de la transformer en tissus pour alimenter le monde entier, et ils semblent être entrés délibérément dans cette voie. On peut citer le projet de construction d'une usine monstre aux environs de Saint-Louis, qui ne comptera pas moins de 1 2.000 métiers

(i) On consultera utilement la statistique mondiale du coton, que nous avons publiée dans notre n" 4 (concernant l'année 1900-1901) ; celle de 1901-1902, paraîtra dans l'un de nos prochains numéros. —

et 500.000 broches. Cetétablissement représentera à lui seul le dixième de la force de production de la France. Ce fait n'est pas isolé.

Il résulte de cet essor de l'industrie cotonnière des Etats-Unis que sa consommation de coton, qui était de 2.422.000 balles en 1892-93, s'est élevée à 3.908.000 balles en 1901-1902, soit une augmentation de 6[ % en dix ans.

La Russie, la première, s'est préoccupée de s'assurer, sans le concours des États- Unis, un approvisionnement national. Depuis une quinzaine d'années, elle a poussé d'une façon toute spéciale la culture du cotcn au Turkestan où elle a parfaitement réussi ainsi que l'indiquent les chiffres suivants : En 1888-89, la récolte était de 76.000 balles de 5oo livres; elle est estimée pour 1902- 1903 à 504.000 balles (i).

L'Angleterre, de son côté, cherche depuis plusieurs années à développer la production du coton en Egypte et dans ses colonies. Elle a déjà obtenu des résultats satisfaisants en Egypte, où non seulement la surface cultivée a été augmentée, mais le rendement par unité de surface s'est considérablement élevé, de telle sorte que la récolte a passé, de 1889 à 1898, de 3oo millions à 600 millions de livres égyptiennes. Elle a donc doublé en dix ans.

Aux Indes, l'Angleterre a également tenté d'accroître la production et surtout d'améliorer la qualité du coton, mais le succès ayant été moins complet, elle a songé à se créer de nouveaux centres de culture. Les industriels anglais viennent, en effet, de fonder, danc ce but, une association d'études, au capital de 1.250.000 francs, qui a immédiatement commencé ses travaux au Lagos, sur la côte occidentale d'Afrique.

(i) Voir les documents statistiques sur le Coton au Turkestan, publiés dans notre n" 8. — N. d. l. R.

N" 21 — Mars 190? JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 89

Les Allemands, de leur côté, ont fondé une toutes ses formes. Elle favorisera l'achat et

société au capital de ySo.ooo marks, pour l'emploi par l'industrie française du coton

pousser la culture du coton dans leurs colo- récolté dans ces colonies,

nies, et leurs premiers efforts se sont portés L'Association exercera son action princi-

vers le Togo (1). paiement par des enquêtes et des missions,

Il est temps pour la France d'entrer dans des réunions et des conférences, la voie de la même voie. Elle a d'autant plusde raisons la presse et la publication de livres ou de de le faire que, si elle possède des territoires brochures, l'envoi de délégations aux pouvoisins de ceux sur lesquels l'Angleterre et voirs publics et aux administrations pour l'Allemagne ont jeté leur dévolu, elle en a assurer le triomphe des solutions les plus d'autres comme le Soudan, particulière- conformes au développement de l'œuvre et ment propice à la culture du coton dans la aux intérêts français. Elle pourra également partie du Niger où va aboutir très prochai- subventionner des essais de culture dans nos nement la ligne de chemin de fer du Séné- colonies; tenter elle-même des expériences ; gai au Niger. Cette contrée 011 le coton provoquer l'envoi du coton colonial en pousse à l'état sauvage, et est même cultivé France. En un mot, rechercher tous les par les indigènes, est destinée à devenir un moyens qui lui paraîtront les plus propices centre cotonnier important; les voies de pour mettre en valeur le programme qu'elle communication par le Niger, le chemin de s'est tracé, fer et le fleuve Sénégal se complètent et sont -^^sg^^i l'objet de l'attention toute particulière du nouveau gouverneur général. L'Enseignement colonial du Muséum.

Mais si le Soudan semble, parmi les colo- La direction du Muséum d'Histoire Natu-

nies françaises, celle qui offre le plus de relie de Paris a affiché, dans les derniers

probabilités de réussite, d'autres telles que la jours de février, le programme détaillé de

Guinée, la Côte d'Ivoire, le Dahomey, Ma- son enseignement colonial, dont nous avions

dagascar, devront être également le but d'é- fait prévoir la création, dans notre n*^ 19

tudes. (p. 23). Le texte nous est parvenu trop tard

Etle Comité conclut par cette invitation: pour le n° 20; ce n'est donc plus la peine

« Nous pensons inutile d'insister plus d'insister sur les leçons portées au pro-

longuement sur tous les avantages de l'œu- gramme du mois de mars, nous nous bor-

vre que nous préconisons, mais pour arriver nerons à les énumérer très brièvement :

à un résultat, il faut de l'argent, et plus il en MM. Costantin (Caoutchouc, Canne à

sera mis àladisposition de l'Association, plus sucre. Moisissures industrielles. Fécules,

elle pourra multiplier ses essais et ses sub- Caféier). — Gley (Coca, Cola). — Oustalet

ventions, plus il y aura par conséquent de (Oiseaux, Mammifères). — Lecomte (3 i mars

réussite prompte. Nous prions donc tous à 10 h. du matin, 57. rue Cuvier : Textiles),

ceux que la question intéresse de vouloir Mais il y aura des leçons encore en avril

bien se joindre à nous et de nous apporter le et en mai. Comme pour le mois de mars,

plus grand concours possible, tant au point nous signalons ici uniquement celles qui

de vue moral et de la propagande qu'à celui ont rapport aux industries agricoles des colo-

des souscriptions. » nies :

L'Association cotonnière coloniale a pour MM. Costantin (22 avril : Fruits. —

but l'étude et le développement de la culture 29 avril : Thé, Vanille). — Lecomte (23 avril :

du coton dans les colonies françaises, sous Textiles. — 3o avril, 7 ei 14 mai : Bois). —

Bouvier (25 avril, et 8 mai : Arthropodes

, , ., TT, j „ utiles en général, Arthropodes séricigènes).

(ij Nous en avons parlé longuement dans nos n"» 6 . . .

et 10. Depuis, les Allemands ont abordé dans le — BuREAU (4 et 14 mai : Palmiers. — I 8 mai .

même but, leur colonie de la côte orientale. Enfin, Quinquinas). — DÉSIRÉ BoiS (à SOn retour

us font des eflorts du cote de 1 Asie Mineure. -<. -1 / v

N. D. L. R. de Java, le 16 mai : Exposition d'Hanoï. —

90 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N« 21 — Mars 1903

20 mai : Plantes potagères). — Oustalet et qui sont conservées au Jardin Colonial;

(19 mai : Autruche). — Kunckel d'Herculais ce dernier est ainsi en mesure de renseigner

(22 mai : Sauterelles et criquets. — 29 mai : les personnes qu'intéresserait tel ou tel pror

Ennemis de la canne à sucre), — Arnaud duit.

(23 et 26 mai : Miel. — 28 et 3o mai : Sucre L'exposition de la Direction de l'Agricul-

de cannes. Ces4leçons, rue deBuffon, n° 63, ture de Madagascar présentait un intérêttout

à 4 heures). — De Claybrooke (Insectes de particulier en raison de la démonstration

parure). palpable qu'elle donnait du développement

Sauf indication contraire, toutes ces le- delà sériciculture dans l'Emyrne, œuvre de

çons auront lieu à 10 heures du matin, la station de Nanisana.

dans l'ancien amphitéâtre d'Anatomie com- Lesspécialistesont beaucoup remarqué éga-

parée, qui se trouve à proximité du 57 rue lement le plan des champs d'expériences de

Cuvier. grande culture delà station d'essais de Tama-

En outre, la Direction annonce qu'un en- tave (Ivoloïna) ; ces champs dexpériences

seignement pratique de culture horticole et nous sorte'ntheureusement de cesessais mes-

coloniale sera prochainement organisé par le quins dont se contentent trop souvent les sta-

service de la Culture. Il s'adressera à deux tions botaniques des colonies françaises et

catégories de jeunes gens qui seront rétri- qui, portant sur un petit nombre de pieds

hués : 1° à des élèves de treize à seize ans; sont, le plus souvent inaptes à fournir des

2° à des étudiants de dix-huit à vingt-cinq indications concluantes. Les parcellesd'essai

ans. de Tamatavemesurentaw mmz'mMm i/4d'hec-

Rappelons enfin, que les personnes qui ont tare chaque; souvent, une seule et même

affaire aux colonies et les voyageurs qui s'in- culture en occupe plusieurs. Nous y remar-

téressent aux sciences naturelles trouveront quons un grand nombre de plantes : Cola,

au Laboratoire colonial du Muséum, rue de Cacao, Abaca, Hevea, Castilloa, Épices,

BufFon, 55, tous les renseignements techni- Vanille, Coca, Caféiers divers. Kapok (avec

ques qui peuvent leur être utiles. Ce labora- poivre), Thé, Ylang-Ylang, Arbres-abris de

toire est ouvert, tous les Jours, de une heure toutes espèces et pour toutes cultures, etc.,

à cinq heures ; il est dirigé par notre excel- etc. Nous avons déjà consacré précédemment

lent collaborateur M. Henri Lecomte ; M. J. des articles spéciaux à la vaste cocoterie

DK Claybrooke est chargé des travaux de d'essai de Vohidrotra, dépendance de la sta-

zoologie. tion de Tamatave.

,^^^^^^^ Parmi les colonies tropicales autres que

Madagascar, le plus grand nombre d'expo-

Le Concours général agricole de Paris , • . 1 r- ^ 1

" ** sants appartenaient a la (juadeloupe.

Aperçu rapide des expositions coloniales. Dans la section de l'Algérie, on remar- L'exposition des produits de Madagascar quait des fibres d'agaves et de ramie, expoau concours général agricole de Paris, qui a sées par le Service botanique du Gouvernelieu du I 3 au 17 mars, offrait cette année un ment et par notre abonné M. Fasio. Notons intérêt considérable. Le Jardin Colonial de encore, pour la ramie, M. Félicien Michotte Nogent-sur-Marne, auquel incombe la tâche et M. Bertin ; ce dernier avait exposé, entre de présenter aux expositions les produits des autres, de très belles souches de ramie blancolonies françaises, avait reçu par les der- che, qui nous ont fourni l'occasion de reniers courriers provenant de la colonie (tant passer avec les amis-botanistes certaines du gouvernement que des particuliers) près notions élémentaires, mais trop souvent de 200 caisses de produits. négligées : La ramie a de grosses racines C'est cet établissement qui a préparé les charnues, qui ne valent rien pour la multîlots, méthodiquement classés par provinces, plication, et de minces rhizomes qui doivent etnumérotés. Les numéros correspondent à servir seuls pour la reproduction par divides fiches détaillées transmises par la colonie sion de souches; nous aurons l'occasion de

N°2i— Mars igoS JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE

rjcvenir, dans une note spéciale, sur ce sujet, i^'une grande importance pratique, i -, Avant de terminer cette Actualité écrite, à ^a hâte et à la dernière heure, donnons encore Vin souvenir, en passant, à la belle exposition de la vanillerie d'Anjouan, vaste établissement appartenant à la Société de retraites « La France coloniale » ou,pLus exactemen/t, à l'une de ses émanations, la «Société des Plantations d'Anjouan ».

La fumure du bananier.

Lettre de M. A. Couturier Mon cher Directeur,

• Toute généralisation, en matières agricoles, est dangereuse, surtout en ce qui concerne les engrais. La composition d'une fumure dépend d'une foule de circonstances parmi lesquelles le sol, le climat et la variété cultivée sont certainement les plus importantes et telle formule d'engrais peut donner ici d'excellents résultats et n'avoir aucun effet ailleurs. C'est vous dire que je suis absolument d'accord avec votre distingué collaborateur, M. Paszkiéwicz (« J. d'A. T. », n° 20) pour reconnaître que les engrais ne sont pas toujours nécessaires aux bananiers.

Mais leur emploi est avantageux plus souvent qu'on ne le pense généralement, surtout dans les vieilles colonies, où les terres, malgré leur richesse apparente, sont épuisées ■par la succession ininterrompue de cultures très exigeantes.

On pourrait s'en convaincre par des essais méthodiques en partant de la formule générale indiquée par nous récemment. Cette formule ne saurait convenir à tous les cas particuliers ; c'est à chacun d'en faire varier les différents termes, pour établir la nature et la quantité des éléments fertilisants dont l'application se justifiera dans ses cultures par des bénéfices suffisants.

Vous voudrez bien me permettre de préciser ainsi ma pensée.

Croyez, etc.

A. Couturier, Directeur du Bureau d'Etudes sur les Kngrais.

Fig. 4.

Serpes à- Cacao.

Le modèle de J. H. Hai»t.

Nous; continuons à collationner les modèles et, à leur défaut, les figures de serpes ^ cacao. Celle que nous représentons cicontre (i) sous la lettre F, a été proposée par M. Hart, directeur des jardins botaniques de la Trinidad, et publiée dans son manuel Cocoa. Un abonné que nous ;avons à Sainte-Lucie, nous écrivait dernièrement qu'il cueille et taille, depuis sept ans, exclusivement avec ce type de serpe, dans la très importante cacaoyère confiée à sa direction ; il est permis d'en conclure que l'outil est bon. Il est regrettable que M. Hart n'ait pas indiqué dans son livre les motifs qui l'ont amené à créer cette forme nouvelle ; notre correspondant de Sainte-Lucie voudra, peut-être, nous dire les avantages qu'il lui trouve personnellement.

Nous remettons sous les yeux de nos lecteurs , plusieurs figures de serpes à cacao, publiées dans les n°s 4 et 9 du « J.

d'A. T. », aujourd'hui sur le point d'être épuisés (voir l'Annonce à ce sujet).

Sans répéter les détails surle maniement et les mérites comparés des outils en présence, rappelons leurs origines :

L'outil A a été dessiné par nos soins à l'cchelle de '/s d'après une pièce du Muséum, rapportée de Trinidad par M. Eugène Poisson; ce type paraît identique avec celui, assez mal dessiné, de la p. 193 du Cacao de PREUss(éd. allemande); il existe de

(1) L'échelle est un peu plus grande que celles des figures qui sont plus bas.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 21 - Mars 1903

légères différences de proportion entre lui et Toutil de Surinam figuré, d'après le même auteur, dans notre n" 4.

LeB est la forme communémentemployée au Cameroun.

Le C est emprunté, comme le précédent, au livre de Prkuss, sans que nous ayons pu saisir son origine réelle.

Le D est la « podadera » de l'Ecuador ; son maniement expliqué tout au long dans notre n° 4, exige une très grande dextérité ; la simplicité de la forme ne permet pas, en outre, de réaliser, au moyen de cet outil, de petits tours de force tels, que cueillir une cabosse mure cachée au milieu d'un paquet de cabosses vertes; les ouN^riers, malgré leur habileté fantastique, endommagent les arbres relativement souvent; mais ils abattent sept fois plus de besogne que les nègres du Cameroun avec leurs serpes à crochet. A la suite du rapport de PRF,uss,la Société « Victoria » a introduit un certain nombre de podaderas dans ses plantations au Cameroun ; quelqu'un pourrait-il nous dire le résultat pratique constaté?

Procédé de fabrication des sucreries de Java.

Lettre de M. le prof. Krueger.

A l'occasion de l'article Rendement de la canne à sucre à Java et aux îles Hawai, inséré dans notre n» 19, nous avons reçu de M. le prof. Krueger, auteur du Traité de la canne à sucre, analysé dans notre n" 3, ces quelques lignes que nous aurons l'occasion prochainement de compléter par des documents plus méthodiques et tout d'actualité :

« Le terme hollandais « Hoofdzuiker », équivalant aux termes allemands « Haupt-

chargée dans des sacs où on la laisse au repos pendant un certain temps; une grande partie de la mélasse se trouve évacuée par filtration naturelle à travers le tissu lâche du sac; le résidu resté dans le sac, est mis dans le commerce sous le nom hollandais de » Zaksuiker », équivalant au « sackzucker» des Allemands.

« De ce qui précède, il résulte que la première qualité (sucre cristallisé) ne saurait en aucune façon être désignée par le terme français « sucre de premier jet », pas plus que dans la circonstance il n'existe de sucre de second jet. En appelant la première qualité « sucre en pain » et la seconde qualité « sucre brut en sac ». comme on vous l'avait proposé, vous ne vous feriez pas comprendre davantage des lecteurs familiarisés avec la fabrication à Java. A mon avis, le mieux est d'appeler la première qualité « sucre turbiné », et la seconde qualité « bas produit ».

D"" W. Krueger.

Culture de la canne à sucre à grands espacements

Le système Francisco de Zayas.

(Lettre de M. Alberto Pedroso)

Le « Nuevo Pais » des 19, 20, 21 et 22 février 1903 publie des détails sur un nouveau système de culture de la canne à sucre inauguré par le D"" Franscisco de Zayas, médecin très distingué de la Havane, auteur de plusieurs ouvrages d'agriculture et ancien Secrétaire de l'Agriculture de l'île de Cuba. Cet agriculteur a obtenu des rendements extrêmement élevés en plantant les cannes

zucker » et « erstes Product », désigne à Java à des distances très supérieures à celles généle sucre qu'on obtient par turbinage de la ralement usitées dans le pays. L'expérience, masse cuite. Aujourd'hui la cristallisation reprise par plusieurs propriétaires de l'île, a

en mouvement est devenu d'usage général à Java, et on n'y produit plus qu'une seule qualité de sucre par ce procédé; ce sucre titre 96 au polarimxètre. Il n'y a donc qu'un produit marchand unique. La dernière masse cuite, trop impure ou de grain trop

donné à tous des résultats excellents, et le « Circulo de Hacendados », société d'agriculture de la Havane, a décidé d'envoyer une commission spéciale à la sucrerie « Nuestra Senora del Carmen », de M. Pedro Fer- NANDEZ DE Castro, situéc ptès de Jaruco,

fin pour qu'on puisse en extraire par turbi- afin de fixer les faits dans un rapport authennage du sucre cristallisé marchand, est tique.

N'' 21 — Mars ipoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Ci-dessous, quelques détails sur ce genre de culture. M. de Zayas, qui sait le français, vous communiquera certainement très volontiers tous renseignements complémentaires que vous pourriez désirer à ce sujet : Il y a 25 ans, M. de Zayas appliqua son idée (plantation à 1 i pieds de distance entre les lignes) dans la sucrerie « Santa Elena » : une parcelle, de 100 cordeles (i cordel = i5 mètre?) de superficie plantée en automne, en 1877, sur une terre cultivée en canne sans interruption depuis plus de 40 ans et jamais fumée, fut coupée en février 1879; elle donna, calculée par caballeria de i3 hectares, 134.409 arrobas de canne (de 25 livres chaque), le jus titrant 20 % de sucre, avec une pureté égale à 95,23. J'ai comparé avec les nombreuses analyses de cannes publiées par le Département Impérial d'Agriculture des Indes Occidentales; aucune ne signale des résultats pareils. Le champ témoin, limitrophe, et de tous points pareil, planté à 6 pieds de distance entre les lignes, avait fourni à M. de Zayas à peu près le même poids de cannes, mais celles-ci présentaient une densité de jus inférieure de i degré à celle des cannes plantées à 1 1 pieds.

M. Antonio Fernandez de Castro a appliqué le même système en grand, en plantant 6 caballerias, soit 78 hectares. Le résultat fut si bon que ce propriétaire est décidé à ne plus planter dorénavant qu'à la distance nouvelle.

Aujourd'hui, M. Francisco de Zayas plante à 4 varas entre les lignes (soit 3 mètres 28) et à 3 varas (soit 2 mètres 46) de canne à canne dans la ligne. C'est dans ces condirions qu'a été faite la plantation de 78 hectares de M. Antonio Fernandez de Castro.

A. Pedroso.

Préparation et emballage des Dattes.

Extrait d'une lettre de M. Ch. Rivièrp:.

Nous avons un abonné en Basse-Californie (Mexique); il y exploite l'ixlle. Agave textile dont le caractère botanique et économique a éié discuté dans le n» 2 du « J. d'A. T. » par M. le D'" Webkr, et dans le n" 19 par M. Ch. RivifeRic.

Notre abonné voudrait faire en même temps

quelqu'autre culture appropriée au climat semi-désertique de la région; il songe au dattier, et nous demande, à ce propos, de !e renseigner sur la manière de préparer et d'emballer les dattes destinées aux marchés des pays occidentaux.

En eflfet, il faut se garder de confondre les dattes en boîtes, fondantes, que nous mangeons en Europe comme friandise, avec celles dont se nourrissent une bonne partie de l'année les populations des pays producteurs d'Afrique et d'Asie; une classification économique des dattes a été donnée, d'après l'ouvrage de Schweinfurth, dans notre n" 10.

Nous nous sommes empressés detransmettre la question de notre abonné à M. Ch. Rivière, Directeur du Jardin d'Essai d'Alger, qui s'est beaucoup occupé du dattier ; voici sa réponse :

Pour la datte, il n'y a aucune préparation spéciale : maturité complète sur l'arbre, puis séchage des régimes pendus à l'ombre, en lieu clos si possible. — Les dattes molles ne sont emballées en petites boîtes que quand elles ne sont pas très poisseuses.

Les dattes sèches naturellement, qui ne sont pas d'exportation, restent pendues jusqu'à usage.

Les demi-molles, qui servent à la consommation locale, sont mises en caisse : ou en enveloppe quelconque, pressées en aggloméré ayant quelquefois4o centimètrescubes.

Pour emballer \a datte d'' exportation, transparente, molle et sucrée, il n'y a qu'à se conformer aux usages établis. Pour cela il faut se procurer une boîte du commerce, et l'imiter. Mais il convient de se rappeler que ce n'est pas la préparation qui fait la datte, mais bien la variété culturale.

Ch. Rivière.

Dégommage de la Ramie au moyen des fruits du Savonnier

Les « Nouvelles » d'Alger rendent compte en ces termes d'une présentation faite récemment à la « Société d'Horticulture » de cette ville :

« M. le D'' Trabut présente des fibres de ramie décortiquées en vert et traitéespar une décoction bouillante de Sapindus. Les fibres passées dans ce bain paraissent suffisamment dégommées. Le Sapindus peut être

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 21 —Mars 190?

produit à des bas prix en Algérie et ce pro- cemment 5oo sacs de graines de chanvre de

cédé de dégonîmage est peu onéreux. » Maurice [Foiircroya gigantea), poiar les se-

Les fruits des Sapindiis ou Savonniers, de mer dans l'une de ses entreprises, sise dansle

la grosseur d'une^cerise, sont riches en sa- pays de Madioen (Java). Les dites graines

ponine; de ce fait, ils sont employés avec auraient été acquises à Aren-Maron, une

profit pour le lavage des étoffes de drap et exploitation du pays de Japara(Javaj dontle

des lainages. Le genre Sapindus comprend nomestbien familier aux personnes qui ont

un certain nombre d'arbres et. d'arbrisseaux, la plupart intertropicaux. Plusieurs sont

acclimatés en Algérie.

Chanvre de Manille et moissonneuses-lieuses

Le Ministère de l'Agriculture de Russie communique à la presse une note, qui est de nature à inquiéter les producteurs de Chanvre de Manille {Musa textilis) et de ses concurrents, tels que le Chanvre de Sisal et les autres fibres d'agaves de haute qualité.

Le Département d'Agriculture y est-il dit, s'est préoccupé de la diffusion en Russie des moissonneuses-lieuses. Une enquête ayant démontré que les cultivateurs reculent devant le prix élevé de la ficelle en Chanvre de Manille, nécessaire pour le fonctionnement de ces machines, des expériences lurent entreprises, à la Ferme d'Etat de Pesotchinskoïe, à l'effet de rechercher un succédané moins coûteux. A la suite de ces expériences, le Département est en mesure d'affirmer que le chanvre de Manille peut être parfaitement remplacé par le chanvre indigène. Il parait que l'économie dépasse 5o % .

Nous aimerions connaître, sur cette question, l'avis de M. Max Ringelmann, le savant directeur de la Station d'essais de Machines. Il nous souvient de l'avoir vu faire, il y a une dizaine d'années, des expériences dont la conclusion était plutôt de nature à rassurer les producteurs de fibresblanches exotiques.

Une nouvelle entreprise de chanvre Fourcroya, à Java.

D'après une information du « Ind, Merc. » du 5 nov. 1902, la Société» Javasche Bosch-

suivi, ces dernières années, le mouvement en faveur de la culture des agaves à fibre, à Java. Nous serions curieux de savoir si Aren-Maron vend déjà de la fibre, et en quelle quantité et quel est l'outillage qui y est employé pour la défibration.

Extraction mécanique des essences de Citrus.

L'usine de Pasadena.

Le « Times » de Los Angeles (Californie) annonçait récemment la constitution d'une Société sous la raison « San Gabriel Valley Essential Oil C" », avec usine à Pasadena, destinéeà fabriquerdes essences d'orange, de limon et de citron, par un procédé nouveau, breveté, qui réduit, parait-il, dans une proportion très considérable, les frais de maind'œuvre. Jusqu'ici disait le journal californien, la chèreté de la main-d'œuvre rendait impossible aux Etats-Unis la production d'essence de Citrus en quantités commerciales, et c'est l'Italie qui les fournissait.

L'usine de Pasadena devait commencer à fonctionner le premier juin 1902, avec un personnel de 5o à 100 ouvriers, que les lanceurs de l'entreprise se proposaient d'augmenter en 1903 jusqu'à 200 ou 3oo.

La note du « Times » indiquait comme inventeur du procédé M. Sheehan, de la « Sheehan Fruit Syrup C" » de New- York. Nous avons eu l'idée de lui écrire pour lui demander des détails; il nous a répondu, à la date du 26 juillet 1902, de l'usine de Pasadena, que son procédé est appliqué dans cette seule usine, qu'il est gardé secret et que la Compagnie entend être seule à en tirer profit.

Dans notre n° 19, nous avons brièvement analysé, d'après un confrère, un travailallemand de M. Wuntsch qui contient des dé-

Exploitaiie Maatschappij » aurait acheté ré- tails circonstanciés sur l'installation méca-

N''2i — Mars iqo3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

nique de certaines usines d'essences siciliennes. Nous avons reçu, depuis, l'original même, très important et bien illustré; nous y reviendrons prochainement.

A propos du mode de préparation des conserves d'ananas

Nous croyons devoir signaler à nos lecteurs l'intérêt qu'il y aurait à modifier le mode actuel de fabrication des conserves d'ananas. Celles-ci sont, au moins le plusgénéralement, faites d'après le procédé Appert. Or l'emploi delà chaleur, sur lequel est basé ce procédé, détruit une propriété précieuse, récemment reconnue, de l'ananas.

Celui-ci contient en effet une enzyme (ferment soluble) : la bromeline, dont les propriétés digestives paraissent être comparables à celles de la papaïne. L'extraction de cette enzyme n'est pas à conseiller au point de vue commercial, celle delà papaïne (extraite du Carica papaya) n'étant déjà pas très lucrative. Mais il convient au moins de la conserver le plus possible, et, pour ce faire, il seraitbon de substituer au procédé Appert, qui détruit cette enzyme, un autre mode de conservation.

L'emploi de solutions sucrées alcoolisées parait ici tout indiqué. Avant d'aller plus loin, nous serions heureux de savoir ce que pensent les fabricants intéressés au sujet de la possibilité pratique de cette modification a apporter à leur industrie.

H. Neuville.

Dispersion et usages de l'Acrocomia sclerocarpa.

D'après Semler.

Dans notre n" 19, nous avons publié un article illustré de M. F. Main concernant une machine de fabrication nord-américaine, qui sert, paraît-il, au Paraguay, à casser des noix dWcrocomia sclerocarpa. Voici quelques détails sur ce palmier; nous les empruntons à Skmler, Die Tropische Agrikultur (2e édit.):

« Ce palmier, appelé Macahuba, Macoja, Macoya, Mucuja, pousse en abondance à la

Jamaïque, à la Trinité, dans les îles avoisinantes, et sur la côteorientale de l'Amérique du Sud jusqu'à Rio-de-Janeiro, Il joue partout un rôle important dans la vie des indigènes, à cause de l'huile qu'on retire de ses fruits.

« L'arbre mesure de 6 à 1 2 mètres de haut ; le tronc est épaissi à la base et couronné d'élégantes feuilles vertes, de 3 à 3 mètres de longueur, terminées par des piquants. Les fruits, d'un vert olive, ont la grosseur d'un abricot(i); ils renferment un noyau très dur. Ces noyaux peuvent acquérir un beau poli, et comme tels, sont travaillés par les indigènes à titre de parure.

<( L'amande contient une huile que l'on extrait en faisant d'abord chaufter la noix, puis en la broyant dans un moulin.

« On mélange alors lesamandes au quart de leur poids d'eau bouillante, et on presse le mélange introduit dans des sacs. On filtre l'huile ainsi extraite, qui a la consistance du beurre, une belle couleur jaune d'or, une odeur de violette et un goût douceâtre.

« Elle est employée comme huile de table. Soigneusement épurée, elle peut servir pour la fabrication des pommades de toilette. En vase clos, elle se conserve longtemps ; exposée à l'air, elle perd rapidement sa belle couleur et son arôme agréable. »

Le cheval et l'âne à Madagascar. —

Charles Roux et Tatin : Le cheval et Vdne

dans le Betsileo. In-S-^. Env. 3o pages.

Nombreuses illustrations. In « Revue de

Madagascar », octobre 1902.

Etude sur la Ferme hippique de Tlboaka, organisée (il y a 2 ans) et dirigée par les auteurs; accompagnée de renseignements généraux sur l'élevage dans la région. Nous espérons revenir encore sur ce très intéressant document. Bornons-nous, pour aujourd'hui, à retenir la conclusion :

L'ostéomalacie, due au manque de phosphates calcaires dans )e sol ou à tout autre cause encore à déterminer, a fait son apparition a la Ferme hippique; les auteurs en

(i) Abricots bien petits. Voyez la description des noil dans le n" i9 du K J. d'A. T. ». — N.dela Rio.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 21— Mars 1903

déduisent qu'il faut renoncer à introduire à Madagascar comme cela a été tait jusqu'ici, des chevaux arabeset tarbesde grande taille. Cependant, il existe une race indigène et ses qualités sont indiscutables; malheureusement les juments sont rares et presque toutes groupées autour de Tananarive où les pâturages sont pauvres et Télevage en grand impossible. Pour les essais d'introduction futurs, les auteurs recommandent les chevaux abyssins (il y en a déjà trois à la Ferme), ceux de l'Inde, également déjà bien connus dans l'île, enfin les poneys australiens et, peut être encore, les chevaux de Camargue, bien connus dans le sud de la France.

rées par des mulets. Le travail est fait à la tâche : L'attelage et la houe Planet sont mis à la disposition du travailleur, qui est payé tant par mille plants qu'il est obligé de maintenir propres de septembre à mai (époque de la récolte), mais l'entretien des animaux et de la machine est à ma charge. On peut estimer que chaque ouvrier travaille en moyenne de 800 à 1,000 plants par journée (soit I hect. 44 à I hect. 80).

« En plus de la culture des caféiers, j'ai encore 200 hectares occupés par la canne à sucre ; ce sont des terres très grasses sur lesquelles j'emploie les extirpateurs Bajac.

« Il nous faudrait avoir deux ou trois machines assez puissantes, pouvant chacune

Pour les ânes, disent-ils, le problème est tirer soit une charrue à deux raies, soit deux

résolu : leur acclimatement se fait sans difficulté ; il n'y a plus qu'à familiariser le Malgache avec leur emploi .

Culture mécanique du café au Brésil

Le Domaine de Santa-Rita.

Le «Journal d'Agriculture pratique», toujours si bien documenté pour ce qui a trait au travail du sol, a publié récemment (i5 janvier igoS) une correspondance très intéressante entre le D^-Emanuel GuiMARAES d'Azevedo, propriétaire brésilien, qui

cultivateurs Planet, soit enfin un rouleau Croskill. Il serait à désirer qu'on put employer un système analogue au tracteur automobile,afin de n'avoirpas besoin d'animaux. « Nous ne pouvons pas songer a utiliser des machines à vapeur, car il y aurait trop de difficultés pour aller chercher continuellement l'eau très loin; puis la houille nous revient ici de 90 à 1 10 francs la tonne, alors que le bois ne coûte rien que la peine de le ramasser, mais les transports en sont très cultive le café et la canne à l'Estaçao Santa-Rita, difficiles. L'alcool que nous avons, prove-

et M. Max Ringelmann, Directeur de la Station d'essais des Machines agricoles. xM. d'Azevedo pose une question qu'ont rencontrée bien des planteurs tropicaux, et M. Ringelmann y répond avec la haute compétence qui lui appartient. Nous reproduisons ci-après le texte de la lettre de M. d'Azevedo, en la faisant suivre d'un aperçu de la réponse-consultation de M. Ringelmann :

« Mes caféiers sont plantés à un écarte-

nant de la distillation des mélasses de la sucrerie, est vendu 85 fr. le tonneau de 5oo litres à 36 degrés, et 90 fr. à 40 degrés. Enfin le pétrole coûte, rendu à l'exploitation, (selon le change), aux environs de 12 fr. le bidon de 20 litres, soit o fr. 60 le litre ». M. Ringelmann propose deux solutions:

1° Emploi de l'électricité, au moyen d'une ment moyen de 18 palmes (la palme valant station centrale génératrice, établie en un o™.22, celareprésenteunécarternentde4"\23 point où l'approvisionnement en combuset 555 plants à l'hectarel. Les deux tiers de tible serait facile, et de treuils récepmes 1,200 hectares ne peuvent pas être cul- teurs fixes, (hâlant les machines), ou de tives par les attelages et les machines, soit tracteurs automobiles àaccumulateurs, (les par suite de la pente du sol des coteaux, soit remorquant). a cause de la grande taille des arbres ou de 2" Emploi de tracteurs automobiles ac-

la présence des souches de l'ancienne forêt qui n'ont pas encore eu le temps de se décomposer.

« Actuellement j'emploie 27 houes Planet; chaque houe est attelée d'un bœuf (race bâterde, sans cornes); quelques-unessont ti-

tionnés par des moteurs à explosion. Selon que le titre de l'alcool disponible est exprimé en degrés Cartier ou centésimaux, le prix de revient variant de o fr. 17a o fr. 405, le moteur à adopter devra être à alcool ou à essence minérale.

Nouv. Imo. Ed. Lasnier. Direct. 3j rue St-Lazare. Paris.

Le Gérant : E. Boivin.

No 2r— Mars 190^ JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

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