N. DE L.\ R
bliées, je me ferai un véritable plaisir de vous les faire parvenir.
La Chambre d'Agriculture a voté l'abattage obligatoire de toutes les bètes atteintes du mal. Le gouvernement sanctionnera peutêtre cette décision; mais il est à craindre que longtemps encore l'île Maurice ne soit infestée de ce fléau.
Tous, petits et grands, nous traversons une crise qui ne semble pas vouloir tirer à sa fin. Le gouvernement, sur la généreuse initiative de l'honorable Leclézio, député de Moka, se montre disposé à venir en aide aux planteurs en leur avançant de l'argent afin qu'ils se munissent de tractions mécaniques pour la coupe prochaine.
La campagne 1903-04 s'annonce fort belle et si n-ous ne sommes point visités par un cyclone, nous réaliserons une forte coupe.
La crise financière que traverse le pays est due non seulement au surra qui a enlevé aux planteurs, petits et grands, tous les moyens de transport, mais encore aux deux cyclones qui ont passé sur l'île au mois de février 1902 et qui ont fait le plus grand tort aux récoltes.
Il est absolument reconnu, que tout cyclone des mois de janvier et de février est funeste à la coupe. En effet, non seulement bon nombre de cannes sont cassées; .mais encore elles sont toutes dépouillées de leurs feuilles. La végétation s'arrête pendant un mois à un mois et demi et la canne n'arrive point à maturité au moment voulu.
J'ai pu facilement m'en convaincre par les tableaux des trois dernières années, dont j'ai établi les moyennes pour toutes les variétés cultivées. L'année 1900 fut sans cyclone. En 1901, il y eut un cyclone au mois de janvier et deux au mois de février 1902. Les chiffres mentionnés dans ces tableaux représentent des moyennes d'analyses. Chaque échantillon prélevé était de deux à trois tonnes de cannes, dont le jus au premier moulin a servi à l'analyse. Je tiens ces matériaux à la disposition des spécialistes que la question intéresserait.
Veuillez agréer, etc. P. de Sornay
Ile Maurice, février igoS.
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 23 — Mai 1903
Le palmier « Mbocaya » du Paraguay et son exploitation.
Usages et commerce de l'huile. — La machine pour briser les noix.
Par M. M. -S. Bi-rtoni.
La note qui suit, se rattache à l'article illustré Machine pour casser les noix dAcrocomia publié dans notre n° iq par M. F. Main, ainsi qu'à l'extrait de Semler que nous avons donné dans notre n" 2 I sous le titre Dispersion et usages de l'Acrocomia sclerocarpa. M. Bertoni semble ne pas avoir eu encore connaissance de ces deux articles au moment oii il rédigeait sa note, en réponse à une lettre que nous lui avions adressée directement.
On remarquera que M. Bertoni emploiele nom Acrocomia Total, espèce distincte del'^. sclerocarpa .
La détermination Acrocomia sclerocarpa nous avait été donnée à Paris, d'après des noix provenant du Paraguay, et que nous avions reçues de la maison Squier. Le temps nous manque en ce moment pour nous livrer à l'enquête botanique nécessaire, nous ne saurions donc préciser la . portée pratique de cette différence d'espèces.
M. Bertoni, savant d'origine suisse, est le très actif directeur de l'Ecole d'Agriculture d'Asuncion; rédacteur en chef d'une revue qui est à ranger parmi les meilleures de l'Amérique latine et où les cultures tropicales tiennent une large place; enfin, président de la Sociedad Nacional de Agricultura, nouvellement créée. Il nous promet sa collaboration régulière; nous nous félicitons, nous et nos lecteurs, de cette précieuse adhésion. — N. d. l. R.
Vous avez bien voulu me demander des ren.seignements sur le « Cocotier du Paraguay » .
Le palmier qu'on a appelé ainsi n'est pas un Cocos, c'esiVAcrocomia Tota'i Marx., et son vrai nom indigène est Mbocaya, quoiqu'on l'appelle aussi Coco. Il y a, du reste, plusieurs variétés. Ce palmier, qui est excessivement commun au Paraguay, est une plante vraiment utile. La noix donne une forte proportion d'huile de bonne qualité, surtout pour la savonnerie, et une pulpe extérieure fort recherchée par le bétail.
L'amande est consommée aussi telle que, par les habitants du pays. J'ajouterai que la feuille donne une bonne fibre et que le tronc jjroduit une farine alimentaire, utilisée en temps de disette.
L'exportation de l'amande se fait aujourd'hui assez sérieusement: En 1902 on en
exporta 3oo tonnes. Mais dès que les nouvelles machines (brise-noix) seront installées, le mouvement augmentera rapidement.
Jusqu'ici les machines inventées pour briser les noixn'avaient donné que des résultats imparfaits; mais il paraît que la machine de Squier (« Paraguay Coconutcracker ») fonctionne parfaitement ; nous ne la connaissons cependant pas assez encore, car, récemment introduite, elle ne travaille pas encore en grand. Dans quelques mois nous serons mieux renseignés.
L'industrie nationale consomme beaucoup d'amande, surtout la savonnerie. Le savon de mbocaya est excellent, très blanc et excessivement mousseux. On dit qu'on n'en fabrique pas de plus pur en Europe; il paraît qu'on fait entrer \\<. huile de cocos du Paraguay » dans les savons qui, sans cela, ne mousseraient pas assez.
Les fabriques locales achètent l'amande en raison de i fr. 5o les 10 kilos. Avec de bonnes machines, ce prix baissera un peu. Toutefois, pour le moment il est au contraire en hausse; on paye jusqu'à 2 fr. 35 les 10 k. d'amandes; et l'huile, 6 fr., comme celle de ricin. Lestourteaux se payent o fr.5o.
J'enverrais avec plaisir des graines à' Acrocomia à vos lecteurs qui en feraient demande. Ce paimier-a une croissance relativement rapide et produit de bonne heure. Il croît dans des terres relativement pauvres et sèches.
MoisÉs S. Bertoni.
Asuncion (Paraguay), 4 avril igoS.
L'emploi du riz dans les brasseries françaises.
Par M. F. Main Je n'ai pas en vue, dans cette courte note, les bières de riz pures, encore très discutées, mais seulement l'emploi du riz comme matière auxiliaire, dans les climats tempérés. L'attention a été plus vivement attirée ces derniers temps sur cette question pour des causes économiques et aussi en raison de la vogue actuelle des bières genre Pilsen, très recherchées aujourd'hui, entre autres, à Paris.
N» 23 — Mai 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
Ces bières, très pâles de couleur, sont caractérisées, indépendamment de leur amertume et de leur légèreté relative, par la présence d'une mousse très fine, homogène et persistante. Disons en passant qu'une des caractéristiques de leur fabrication consiste dans remploi de grains germes très fanés, et dans un touraillage très lent, à température assez basse.
Les bières obtenues avec une certaineproportion de riz mélangée au malid'orge, présentent les mêmes caractères extérieurs; j'ai eu l'occasion d'en consommer à Paris, et j'ai retrouvé la même pâleur, la même apparence de la mousse, et la même légèreté. Je laisse de côté la question d'amertume, qui vient du houblon et est, de toute façon, indépendante de la matière amylacée employée.
Cette seule raison de mode expliquerait déjà, en partie, Tavantage de l'emploi du riz. Il s'y ajoute des raisons économiques :
Les riz qu'on emploie, sont des riz de qualité plutôt inférieure, des petits riz et des brisures. Comme cela a déjà été dit ici (i) le pouvoir diastasique du riz étant très faible, on ne recherche en lui qu'une matière amylacée bon marché, sur laquelle on fera agir la diastase provenant d'une autre graine; l'emploi des brisures se trouve donc parfaitement justifié; d'autant plus que les grains sont parfois légèrement meules avant d'entrer en fabrication; ceci a pour but de faciliter leur dissolution.
La proportion du riz entrant dans la fabrication de la bière peut atteindre les 2/3 du poids total de matière amylacée employée. Ces deux tiers ne rentrent dans le travail que lors de l'hydratation, diminuant le coût de la germination et du touraillage, et constituant ainsi une sérieuse économie. On procède ensuite aux trempes comme pour la bière de malt d'orge pur.
La contre-partie de ces avanta5es réside dans l'affaiblissement des levures. Les levures basses qui, comme on le sait, sont 1^,
source du renouvellement des levures de bière, sont moins vigoureuses, elles se rassemblent mal; leur qualité est moins parfaite que celle des levures obtenues avec du malt d'orge; enfin, on est obligé de les renouvelerau bout de quelques générations.
Néanmoins, il est entré en France ces temps derniers une assez grande quantité de riz d'Indo-Chine destiné aux brasseries du Nord et de l'Est. La plus grande partie arrive par D'jnkerque, le reste entre à Marseille. Ces r'z voyagent en vrac, à un fret peu élevé.
Signalons enfinaccessoirement que les riz de brasserie peuvent constituer dans l'avenir pour notre marine marchande un fret de retour qui. s'il ne devient jamais bien important, mérite cependant d'être pris en considération dans une époque de rareté de frets, comme celle que nous traversons.
F. Main, Ingénieur- Agronome,
(i) Voir « J. d'A. T. », n° i3, du 3i juillet 1902, page 197 : H. Neuvh.lk, l'Emploi du ri'q; en trasserie. — Cette étude a donné lieu à des contributions complémentaires de M. Neuville même, et de M. A. Paris, insérées dans les n"' 14 et 17. — N. d. i.. R.
Expériences sur la fumure du coton en Egypte.
Nolice bibliographique Le « Journalde la Société Khédiviale d'Agriculture - du Caire a fait connaître, dans une série d'intéressants rapports, les résultats d'expériences faites sur le coton dans les fermes de la Société, à Mit-el-Diba et à
Ghiseh.
Les engrais chimiques présentent un grand
intérêt pour les cultures intensives d'Egypte, où font défautles engrais naturels; l'habitude des grandes exploitations y est en effet d'acheter aux Fellahs, à mesure des besoins, le bétail nécessaire aux travaux, au lieu de l'élever eux-mêmes.
Une première série d'expériences, confirmée par les résultats obtenus dans les plantations de S. E. RiKz Pacha, avaitnettement démontré la supériorité des engrais chimiques sur le fumier employé seul, à la dose habituelle.
Ces expériences ont établi aussi que l'emploi d'engrais appropriés provoquait une raaturation plus rapide du coton, ce quiper-
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N^^ 23 — Mai 1903
mettait de vider une plus forte partie des capsules à la première cueillette, et d'avoir ainsi plus tôt du coton prêt en magasin.
D'autres essais ont été faits en vue d'étudier l'influence des diverses matières fertilisantes : nitrate de soude, superphosphate, sulfate de potasse, etc. Ils ont surtout démontré l'efficacité des engrais phosphatés, comme on pouvait l'attendre dans des terres compactes, manquant surtout d'acide phosphorique.
Il n'y a pas lieu de conseiller l'application du nitrate de soude seul, ni du sulfate de potasse seul.
Malgré les conclusions du rapporteur, qui déclare que les engrais potassiques sont inutiles au coton dans les, terres envisagées, il y y tout lieu de penser que des expériences méthodiques, dans lesquelles on comparerait un engrais complet, à un engrais sans potasse (et non pas, comme dans le cas actuel, des engrais phosphatés et azotés, à des engrais potassiques employés seuls), mettraient en évidence l'action du sulfate de potasse.
Des engrais» spéciaux « fabriqués par une maison de Paris, n'ont donné aucun résultat qui mérite d'être signalé.
Les observations ont été faites sur deux variétés de coton : Afifi et Abassi. — Dans
Badigeon, pour protéger les arbres contre les termites.
Dans certaines régions de l'Inde britannique, le Termes taprobanes fait une guerre si acharnée aux jeunes arbres que, dans bien des circonstances, il a été impossible d'établir, par exemple, des avenues; tous les sujets plantéspérissaient. Lesinsectesattaquent les racines et le tronc, en s'introduisant partout où ils rencontrent du bois mort ou une solution de continuité de l'écorce.
C'est en 1897 ^^^ ^^ D"" Watt, de Calcutta, le bien connu Reporter on Economie Products, fit connaîtrelepréservatif ci-après ; nous venons de recevoir du Département of Land Records and Agriculture de Nagpur (Central Provinces) un Bulletin (n° 6, 1902 d'où il résulte que les essais, faits plus particulièrement en 1901, ont eu les résultats les plus satisfaisants. Il paraît donc utile de donner quelque publicité à la formule en question :
Une partie de résine de Gardénia gummifera{vi De Kamali »); deux parties à'Asa fœtida (« Hing ») comme on en vend dans les bazars du pays, deux parties de tourteau de ricin (« Erandika Bagda »).
Réduire en poudre et mélanger intime-
les deux cas, les récoltes les plus élevées ont ment; puis, laisser macérer dans de Peau été obtenues avec un mélange de superphos- pendant une quinzaine de jours, jusqu'à ce phateet de nitrate de soude, et le rapporteur que la masse prenne la consistance d'une
conseille l'emploi du mélange suivant :
Superphosphate 3 à 4 kantars
Nitrate de soude 60 à 70 rotolis
Sulfate d'ammoniaque. 60 à 70 rotolis
D'excellents résultatsont été obtenus avec de la poudrette, à la dose de 2.000 kg par rante, telle que de Focre rouge, afin de pou-
épaisse bouillie, parfaitement uniforme. Diluer d'eau et badigeonner les arbres comme si on les enduisait de peinture.
Pour faciliter la surveillance, il est utile d'ajouter à la mixture quelque matière colo-
feddan. — Elle améliore le sol d'une façon plus durable, et son emploi est à recommander toutes les fois qu'on peut disposer de quantités suffisantes de ce précieux engrais.
N, B. — Le kantar d'Egypte vaut44'^,493.
Le ratl (rotoli) vaut ok, 44493.
Le feddan vaut 4200'^'-, 83333 .
A. Couturier.
-^Sg!^^^
voir facilement reconnaître les arbres badi geonnés.
Le badigeon sera appliqué en couche con tinue, depuis le sol et jusqu'à la hauteur de soixante centimètres environ ; au préalable, la partie à badigeonner aura été soigneusement nettoyée à la brosse et débarassée des termites ainsi que de toutes incrustations d'argile. Il importe de faire pénétrer la peinture dans toutes les crevasses de l'écorce.
Dans le pays, pour environ 3 roupies on se
No 23 — Mai igo'i JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
iSg
procure les drogues sus-indiquées en quantités suffisantes pour traiter 600 arbres.
Certaines de ces drogues se retrouvent dans la formule, plus compliquée, également originaire de l'Inde, que nous avons publiée dans le n- i du « Journal d'Agriculture Tropicale », comme moyen de protéger contre les termites les boutures de canne à sucre.
JLa culture industrielle du bananier estelle rémunératrice en Nouvelle-Calédonie?
« La culture du bananier, sans être aussi simple et aussi facile qu'on l'a dit trop souvent à tort, ne présente cependant quelques difficulté que lorsqu'on l'entreprend en grand pour l'exportation des fruits destinés aux marchés australiens. Il faut alors, en effet, des précautions spéciales pour la bonne forme des fruits, la bonne venue des rejetons, l'entretien constant de l'humidité chaude nécessaire; d'où main-d'œuvre considérable et surveillance ininterrompue par des blancs...
« ... Les colons qui voudraient tenter l'exportation des bananes doivent bien se pénétrer des nécessités suivantes : un régime de bananes convenablement coupé et embarqué ne doit pas avoir à supporter plus de 7 ou 8 jours de traversée. Les stationnements en rade ou le long d'un quai sont éminemment préjudiciables aux fruits. Les cales du bateau doivent être très vastes et bien aérées. Les fruits ne doivent jamais être en contact immédiat avec d'autres produits odorants, tels que le coprah, les os, les peaux, etc.
« L'embarquement des régimes doit être fait à mains d'hommes, par passages successifs, comme les seaux d'eau dans une chaîne d'incendie. On peut les empiler les uns sur les autres, couchés, ou mieux d'aplomb, la crosse en l'air, mais le système des étagères démontables est bien préférable.
« Il faut s'attendre à un déchet minimum de 10 "il sur le nombre des régimes emibarqués.
« Le marché de Sidney est un excellent débouché pour la banane ; la consommation
a atteint 5o.ooo régimes par mois, venant surtout des Fidji et des Nouvelles-Hébrides. Le prix de vente, très variable suivant arrivages et suivant qualité, a dépassé 5 francs par régime, mais tombe parfois à o fr. 60,
« En résumé, culture aléatoire, surtout pour le colon de la Nouvelle-Calédonie. »
[Guide du colon en Nouvelle-Calédonie par le D'' Davillé, pp., 129-132.]
Les recherches hollandaises sur la fabrication et la culture du thé.
A l'occasion de son article k La fermentation du thé », publié dans notre n° 18 (pp. 363-369), notre collaborateur, M. H. Neuville a reçu de Java une collection de rapports qui méritent unemention spéciale.
Voilà bientôt dix ans que la chimie industrielle et agronomique du thé fait à Java l'objet de recherches scientifiques, patientes et monumentales, comme on ne saurait en organiser dans aucune autre colonie. Dans ce merveilleux établissement qu'est le 's Lands Plantentuin de Buitenzorg, une section spéciale est réservée à ces recherches, sous la haute direction de M. VanRomburgh; deux savants, en plus de M. Van Romburgh, y ontattaché leurs noms : M. C. E. J. Lohmann, de 1893 à 1898 ; depuis, M. A. W. Nanninga. Depuis le septième, paru en 1900, les Rapports sur le thé ne portent plus que la seule signature de M. Nanninga. L'ensemble des neufs rapports publiés à ce jour, représente plus de 3oo pages, grand in-S"; sans compter un mémoire récapitulatif, d'une soixantaine de pages, publié par. M. Nanninga dans le >' Teysmannia » de 1901. Le tout est en hollandais.
M. Neuville, qui s'intéresse tout particulièrement au thé, a entrepris d'explorer cette montagne de chiffres et d'observations de toutes sortes, et nous espérons qu'il voudra bien un jour en retracer les grandes lignes dans ce Journal, en attendant de reprendre le sujet sous une forme moins éphémère.
JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE N^^ 23 — Mai îqo3
La plus grande plantation de thé « Les bas prix pratiqués durant quelque du monde. temps avaient eu pour effet de faire négliger Elle se trouve sur la propriété de Sinagar la culture de cette plante. En outre, lors du (Java), qui couvre une surface totale de passage de notre envoyé à Cucob au mois de i5.ooo acres (i), dont 8.5oo sont dévolus novembre, les insectes avaient ravagé les à la culture du thé et du café. plantations et détruit les jeunes plantes. Cette plantation produit, en une année, Aussi les prix tendent-ils à devenir plus réplus de 1. 000. 000 Ibs du thé le plus fin, munérateurs et il est permis d'espérer que, et elle en a produit, en tout, plus de dans ces conditions, les Chinois reprendront 80.000. 000 Ibs. Elle est exploitée par des iesexploitationsun moment délaissées, d'au- Européens, avec un capital de $ 3oo.ooo, tant que la culture du patchouli est des plus paie un dividende de 9 à 10 % par an, et a faciles, d'une production immédiate 'et d'un
rendement assez satisfaisant, puisqu'il est possible de faire trois coupes par an. »
même paye jusqu a 24 % .
Essence de Patchouli.
Len" 5 de l'excelleni « Bulletin « de la maison Roure-Bertrand fils, de Grasse (mars 1902), contient d'utiles détails sur cette essence, recueillis par une mission envoyée exprès dans les pays de production, pour le compte de cette maison.
Expériences sur le rendement dumanioc.
Lettre de M. H. Dllieu.
Ces jours-ci j'ai eu occasion de voir notre
« L'essence de patchouli s'obtient par dis- professeur d'Agriculture, et il a eu l'amabi-
tillation des feuilles sèches de Pogostemon lité de me communiquer les résultats de
Patchouli, dont les principales provenances diverses expériences faites par lui sur le ma-
sonî : Penang, la province de Wellesley, nioc. Comme promis, je m'empresse de vous
Johore et la petite île de Cucob, près de les faire connaître :
Singapour. La distillation des feuilles de i^o Expérience. — Un acre (i) de terre,
patchouli s'effectue généralement en Europe, j^bo^ré à l'aide de la fourche, planté en ma-
Cependant, une certaine quantité d'essence ^^j^^ ^j^ ,, ^^j^ ^^^^^ „^ ^ ^ pj^j^ ^^ ^^^^^^
est préparée sur place par des Européens et par des Chinois.
« On rencontre deux variétés de patchouli : la variété de Penang et celle de Java, cette dernière donnant des feuilles plus allongées...
« Les achats des feuilles de patchouli sont fort délicats à faire. Ces feuilles sonten effet fréquemment mélangées à d'autres feuilles qui en réduisent considérablementla valeurs Les Chinois emploient, pour cette pratique frauduleuse, soit les feuilles d'Urena lobata,
Résultat : Récolté, 8.400 Ibs de racines. Obtenu de ces racines, i .800 Ibs de farine. (Il n'a pas été tiré de fécule).
2^ Expérience. — Un acre de terre planté exactement de la même manière, mais avec du manioc dit « bois blanc «.
Résultat: Récolté, 13,440 Ibs déracines; ces racines transformées en farine, ont donné 3.36o Ibs de farine". (Là non plus il n'a pas été tiré de fécule).
3"^ Expérience. — La récolte d'un acre de
soit celles d'Hyptis suaveolens. VUrena manioc «< bois blanc » (poids non constaté),
lobata est une plante sauvage presque ino- au lieu d'étreconvertie en farine, a été utili-
dore, que les Malais désignent sous le nom sée pour l'extraction de fécule. Il en a ete
de Dowpoo pooLATE. Quant à VHyptis sua- obtenu i .641 Ibs. Quand on a tiré du ma-
veoîens, il vit également à Tétat sauvage, nioc toute la fécule, comme cela a été fait,
possède une odeur forte analogue à celle dans ce cas, le résidu ne peut plus servir
delà mînthe pouliot et se nomme Selasih qu'à la nourriture des porcs ou des poulets.
HUTAN. H. DULIEU,
(i) I acre = o h. 4047. i pied
1 Ib. =0 kg 4536. N. d. l. R.
Ste-Lucie (B.-W.-I.), 2 mars imo3,
Nouv.lmo. Ed. Lasnier. Direct. 3/ rue St-Lazare Pans.
Le Gérant : E. Boivin.
N" 23 —Mai 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE