PARTIE COMMERCIALE
(Cours, Statistiques, Débouchés, etc.)
HECHT FRÈRES & D*' : Bulletin mensuel
du caoutchouc 3o6
ALB. PEDROSO : Cuba en 1902 Soy
ACTUALITÉS
(Correspondances, Informations, Extraits, etc.)
F. M. : Uniformisation du calibre des feuilles de thé fraîches ( « Breakers » et « Equalizers ». — La machine de W. M. Glynn). . 809
P. VIBERT, S. STEIN : Papier de bagasse (Lettres) • Soq
CH. BERTIN : L'entretien des champs de ramie 3i i
A. COUTURIER : La fumure du tabac (D'après M. Leiiman.v, de Nishigahara, Japon) 3i2
Pages
A. DE ALMADA NEGREIROS : Impressionssur l'île San-Thomé (Une conversation avec M. Schulte im Hofe) .... 3i3
P. CIBOT : Imperméabilisation de tissus au moyen du latex frais d'Hevea, au Rio- Beni Sj^
Les exigences du bananier, en Guinée Française(La formule d'engraisde M. Teissonnier) 3i 5
Le Kickxia dans les plantations du Cameroun 3,6
Le caféier Maragogype (D'après Dakert). . 317
La noix de kola à la Côte d'Ivoire (Variétés, Commerce) 317
Plantations d'yerba-maté au Paraguay . . 317
La proportion d'albumine dans les diverses provenances d'arachides (Daprès Bruij- -ning) 3 18
Engrais phosphatés pour riz, en Indo-Chine. 3i8
La fibre d'ananas, à Formose (D'après Davidson) 3f8
Le nouveau procédé de M. Schrottk.y, pour la fermentation de l'indigo 319
L'instabilité des récoltes de vanille aux Seychelles 3 19
La Nigérie septentrionale, source future de coton 320
F. S. TOLEDO: Plantations de Manihot
Glaziovii, au Venezuela 320
LIVRES NOUVEAUX
Annonces bibliographiques, §§ 456-467, sur papier bleu : Etats-Unis, Egypte, Ceylan. — Riz, Ramie, Canne à sucre.
Café, Agaves textiles. Coton. — Rhummerie. — Terrains salants. — Manuels d'Agriculture tropicale VIII et IX
FIGURES
Fig. 22 : Machine à défibrer l'abaca, des indigènes de Gubat (Philippines)
3oo
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 28— Ocx, igoS
du Journal d'Agriculture Tropicale
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Le JOURNAL D'AGRICULTURE TROPÎCALE
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Par O. "WARBURG, Professeur à TUnlversité de Berlin, Directeur du Tropenpflan\er
Traduction annotée et mise à jour par J. VILBOUCHEVITCH
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Troisième Année.
No 28
3i OcT. igo3
Multiplication des Isonandra (Palaquium Qutta)
par M. Ch. Rivière.
De longues dissertations ont lieu depuis quelque temps sur les moyens de propager les Isonandra^ même dans leur pays d'origine, cependant dansles Indes néerlandaises, en dehors du semis, on ne paraît pas bien fixé sur les autres principes de multiplication, et la littérature étrangère, très encombrée de généralités, ne donne aucune indication précise émanant d'un praticien sur les diverses méthodes de propagation à employer suivant les cas et les milieux.
Plants de semis. — Au début, manquant de semences, les plantations ont été constituées avec des sujets issus de semis naturels arrachés dans les forêts de Bornéo et de Sumatra, jeunes plants d'âges différents. Ces arrachages ont encore été continués dans ces derniers temps et, comme de coutume, ont donné à la reprise un déchet considérable: ce n'est donc pas une méthode à conseiller si la plante doit être transportée au loin.
Semis. — La graine à' Isonandra conserve pendant peu de temps sa faculté germinative, surtout quand elle a été recueillie dans de mauvaises conditions sur le sol de la forêt, mais quand elle provient des. plantations de Java actuellement fructifères, leur vitalité est prolongée et leur expédition assurée à longue distance. Il faut pour cela stratifier les graines, c'est-à=dire les disposer par couches minces dans une boite contenant de la poussière de charbon de bois, la boite étant ensuite hermétiquement fermée.
Le semis, même dans les milieux de végétation normale de cette plante délicate, doit se faire en pot ou même en terrine bien
drainée contenant une terre légère ; abri par clayonnage ou paillotie suivant les saisons pour éviter les rayonnements, les radiations, les pluies torrentielles, etc.
Au Jardin d'Essai d'Alger on a eu de bonnes germinations de graines d'Isonandra auxquelles on avait appliqué la méthode en usage pour les Cinchona, qui demandent tout autant de soins minutieux.
Le séparage est une opération délicate.
Ordinairement on la pratique trop tôt, quand le plant n'est pas encore assez bien constitué. Il faut attendre que ce plant ait atteint 8 à lo cent, de longueur et surtout l'arrêt de sa végétation soit par la saison, soit par la diminution graduelle des arrosemenis ; alors on l'enlève avec tout son chevelu radiculaire, puis on l'empote ou on le met en pleine terre, mais, dans ce dernier cas, la reprise plus difficile doit être aidée par une protection temporaire contre les actions atmosphériques et par des arrosements raisonnés.
Multiplication par voieagame. — La difficulté de conserver la graine, surtout de se la procurer, au moins jusqu'à ce jour, d'autre part la lenteur du développement du plant de semis, puis, considération plus importante, la variation propable de l'espèce chimiquement parlant, ont attiré l'attention sur le marcottage et le bouturage, d'ailleurs seuls éléments que l'on possède dans le plus grand nombre des cas.
Marcottage. — Procédé souvent lent, difficile à pratiquer sur des arbres, donnant un déchet considérable et par cela même très coûteux; aussi est-il partout condamné, peut-être à tort tant que l'on ne sera paii
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 28 — Oct. iqo3
bien fixé sur les résultats du bouturage fa- un jeune rameau ayant terminé sa végétation
cile et économique. ou à peine aoiité.
En effet, sans mettre le marcottage au ni- Le bouturage des Isonandra est une vieille
veau du bouturage, on peut se demander si pratique dans les serres européennes et je
dans la pratique le bois employé était bien n'ai fait que la renouveler dans !a grande
apte a l'enracinement? Au paragraphe bou- expérience de multiplication des Isonandra
tarage, on comprendra Timportance Je cette Gutta que j'ai faite en 1894 au Jardin d'Essai
question. d'Alger, sur les ordres du Gouvernement,
Ensuite, a-t-on pu opérer par couchage, avec les éléments rapportés des Indes orien-
c'est-à-dire par marcottage souterrain au taies par la mission Sérullas. Il y a dans
lieu d'être aérien! cette expérience toute la synthèse de la ques-
Quandpar la ce/7ee on a obtenu sur la sec- tion qu'il convient de résumer très briève-
tion d'un axe assez fortune foulede rameaux ment.
vigoureux, on doit attendre leur aoutement [)es tronçons de branches de véritables
plus ou moins prononcé pour les coucher Isonandra Gutta avaient été rapportés à
dans le sol ou dans des pots, la partie coudée Alger: ils émettaient des ramific;uions de-
étant incisée. Soins d'usage, mais assidus. puis des mois et des inois sans aucun enraci-
Quand l'enracinement est produit, on .yèire nement. On boutura les jeunes ra m itica lions
en une ou deux fois la marcotte du pied- qui s'enracinèrent facilement et rapidement,
mère. Par quel moyen ?
Mais si le bois n'est pas apte h l'enracine- j^^^^^ bouture de i 5 à 20 cent, de long
ment, c'est-à-dire si la branche est âgée, on ^^^^ ^^^ ^^^.^-^^ jg ^^5 feuilles ; section nette
n'obtiendra que des bourgeons et non des jg |^ pj^jg ^^ raclage du latex coagulé qui
racines. aurait tendance à l'envahir.
Quant à la reprise de la marcotte enra- „ , , . , j j
^ ^ ^ Bouture plantée verticalement dans du
cinée, par couchage, il est prudent de l'as- r • ■ ,, ,- . • 1, r -ui
' ^ ^ ' ^ . , frasier si elle est torte ou, si elle est faible,
surer dans un pot : sa plantation directe est , . j . - 1 . . ' j
^ ^ dans un petit godet également enterre dans
possible, mais aléatoire. 1 r • » 1 ^ 1 u
ri ^ le trasier et alors sous cloche.
Le marcottage ne s'obtient donc facile-
, , V On opère à chaud en lieu clos, autrement
ment qu avec des rameaux formes, c est-a- ^
dit dans une serre où la température oscille entre + 22° et + 23° : sous le frasier se trouve un thermosiphon.
dire avec du jeune bois.
Bouturage. — C'est sur ce procédé que
Lattention du praticien doit être tout parti-
,.v • ' Ti j 1-.' • On appelle frasier, les escarbilles, les dé-
culièremeni attirée. Il a des qualités pri- ^ i- 1 ' '
j. , ji L j I l: .• j , • u„ bris de charbon de terre provenant des ma-
mordiales : d abord la hxation du type riche ^
. ' - L 'I »• chines à vapeur, ce n'est pas du mâchefer,
en gomme quiaurait ete obtenupar sélection, <^ ' ^ ^ »
"", L • J • IL J •. mais des petits brins de houille non brûlés,
par hybridation ou par. . . le hasard; ensuite ' ^ ^ y
ja rapidité et la facilité de la propagation Dans cette matière variable en épaisseur
quand on opère secundumartem. ^^ en homogénéité, l'air et l'humidité cir-
En général, les auteurs reprochent au bou- culent sans que l'eau d'arrosement y soit ja-
lurage d'être un procédé incertain et même mais stagnante. Il ne convient pas de monter
trompeur, en ce sens que des boutures ayant la chaleur dans cette tranche de frasier à
toutes les apparences d'une bonne végétation, pl^s de + 25, ce qui est un maximum, ayant même émis des ramifications, sont, au Dès que la bouture est en bonne voie de
moment de la transplantation, absolument racinement et de végétation extérieure, on ^
dépourvues déracines ou finissent par se- Taère quand le temps est calme et que la:
cher sur place. température n'esr pas au-dessous de J- 20°.
Les auteurs n'ont pas dit quel était Vage La mise directe en pleine terre n'est guère
du bois employé. Toute la technique parait possible: un premier empotage est néces-
éne là et se résumer ainsi: bouturage avec saire et alors l'enracinement peut être faci.
N-28 — OcT. i9o3 lOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 293
lité sur couche abritée sous clayonnage et tats différents suivant le milieu d'où labou-
paillotte. ture est issue.
Onaditque lebouturage en serre chauffée L'expérience du Jardin d'Essai d'Alger a
tel qu'il a été pratiqué au Jardin d'Essai démontré que si le vieux bois ne s'enracinait
d'Alger n'avait pas donné à Java des résul- pas, il conservait longtemps 'sa vitalité et
tats parlait^. Je ne saurais dire comment il produisait de nombreux bourgeons. Dans ce
y a été exécuté, mais ce qu'il y a de certain cas, ily aurait lieu d'incliner ou de coucher
c'est que ne l'ayant signalé à M. Van Rom- ces tronçons dans une tranche de terre ou
burgh qu'en igoi seulement, lors de sa vi- de frasier pour faciliter la sortie des bour-
site à Alger, il semble prématuré dele juger, geons qui forment ainsi des rameaux plus
sinon de la condamner, dès t 902, d'autant vigoureux et plus aptes au bouturage : c'est
plus que tous les bouturages analogues faits un procédé communément employé pour la
dans ces dernières années en France, en Bel- multiplication de plantes vulgaires, gique et en Angleterre, en serres chauffées, En d'autres termes, il faut savoir préparer
accusent des succès réels quoique ayant été les éléments de multiplication par boutu-
pratiqués dans de moins bonnes conditions rage ; c'est là tout le secret de la réussite, que celles que j'ai déterminées au Jardin j.'';..
d'Essai d'Alger. En effet, j'ai pu y conviater Greffage. — Le greffage n'est pas toujours
que le bouturage des Isonandra était lout une opération faciIechezles5'^jt70^eVi% comme
aussi facile que celui des géraniums, et que d'ail'eurs chez tous les végétaux à latex
l'on pouvait livrer des plants bien constitués abondant, surtout si l'on ne pratique pas
à de faibles prix. une technique spéciale comme la saignée
Mais on peut se demander, en présence préalable de.'? parties en contact, d'autres faits similaires, si dans les vérita- Le greffage est moins indiqué dans la pro-
bles centres de végétation de cette plante ces pagation des Isonandra: il ne pourrait que
moyens de bouturage ne sauraient être mo- transformer des plants de qualité inférieure,
ditiés et simplifiés, si, en un mot, le boutu- mais encore faudrait-il savoir quelle serait
rage direct en pleine terre ne serait pas pos- l'influence du sujet sur le greffon. Or. la bio-
sible avec les seuls soins horticoles en logie des êtres des régions équatoriales nous
usage? est encore inconnue, et en présence des
En prenant sur des cépées ou sur des expériences de M. G. Rivière, qui ont appris
rameaux vigoureux à un degré d'aoutemeot la teneur chimique différence de certaines
déterminé, en les bouturent dans un sol pré- plantes suivant le sujci qui les portait, la
paré, abrité, et en leur donnant les soins question ne doit pas encore sortir des Jar-
nccessités par le mili.u, l'enracinement ra- dins d'Essai, si toutefois elle y est déjà
pide ne semble pas impossible, pas plus, que entrée.
de là, la transplantation en motte a ("icmeure * :!-.
f5xe. Comme conclusion, je n'hésiterais pas à
Mais, il est évident que. si l'on prend n'im- reconnaître qu'avec les simples données ici
porte quel bois de n'itnpone quel âge, on consignées, un habile praticien peut obtenir,
s'expose à un insuccès certain. 11 faut, pour dans le milieu de végétation normale, ie
les Isonandra, plus que pour tout autre bouturage des Isonandra en pleine terre,
plante, avoir des éléments de bouturage de Mais il ne faut pas, comme on a tendaince à
même ambiance ou spécialement préparés. le faire dans tous les pays chauds, livrer
car on sait que même pour la multiplication l'opération au hasard du temps, de végétaux reconnue facile on a des résul- Ch. Rivière.
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 28 — Oct. 190
La nouvelle Machinerie à Cacao de Marcus Mason & Co.
De l'arbre au sac, par Casse-cabosses. — Séparateurs. —
machines automatiques :
Fermentateurs rotatifs. — Séchoirs.
Par M. D. A. Majani.
Nous devons à l'auteur et aux lecteurs une explication du retard considérable qui s'est produit pour la publication d'une communication de cette importance, annonçant, avant même la presse locale, une véritable révolution dans l'art de traiter le cacao à la plantation.
A la suite des essais heureux à Philippine Estate (Gran Couva, Trinidad), M. Majani envoyait, en même temps que cet article, quatre photographies des appareils. Nous nous mimesde suite en correspondance avec MM. Mapcus Mason & C°. pour en avoir les galvanos; mais il y eut des lettres d'égarées, et nous venons seulement d'apprendrequeles clichés n'ont pas encore été exécutés. Ils figureront dans le nouveau catalogue spécial de MM. Marcus Mason & C°, qui est en préparation. Sans attendre davantage, nous nous décidons à donner l'article sans les illustrations qui devaient l'accompagner dans l'idée de l'auteur. — Rappelons que le « J. d'A. T. » a déjà publié, dans ses n»^ 14 et 22, d'importantes contributions concernant les machines à sécher le cacao. Les autres machines, décrites ci-après, effectuent des opérations qu'on n'avait encore jamais tenté de réaliser par le moyen de machines. — N. D. L. R.
Nous sommes heureux d'être les premiers à donner aux planteurs des détails précis sur les nouvelles machines traitant le cacao dès la cabosse telle qu'elle vient de l'arbre, jusqu'à la mise en sac. Ce problème vient d'être résolu par un des associés de la maison, Marcus Mason & C° de New-York, un ingénieur de talent, qui travaillait à la solution du problème depuis plusieurs années.
Ces deux dernières années, il a vécu à la Trinidad, sur une grande plantation où il mettait ses projets en pratique, montant et dérhontant des machines qu'il était obligé d'aller faire fabriquer et corriger sous sa direction aux Etats-Unis, à l'usine de la maison.
Il était intéressant de suivre l'inventeur pendant ces longues expériences qui viennent enfin d'être couronnées de succès. Le fonctionnement irréprochable des machines
a fait l'admiration des planteurs qui ont eu le plaisir d'assister aux derniers essais, et le marché local a reconnu la haute valeur du cacao préparé, appréciant son séchage régulier, sa couleur uniforme et son beau verni. Les acheteurs en ont offert un prix supérieur à celui obtenu par les cacaos séchés à l'air libre.
La première machine traite les cabosses; nous l'appelons ici en anglais : « Pod Opener ». Elle a pour objet d'ouvrir les cabosses et d'en séparer les fèves et peut traiter trente milles cabosses par heure. Elle fonctionne ainsi :
On jette les fruits dans une trémie où se trouve une sorte de marteau mis en mouvement par un levier et un excentrique, de manière que si une cabosse refusait de passer entre les deux cylindres qui composent l'appareil, le marteau les pousserait à travers. En passant entre les cylindres les cabosses s'ouvrent et toute la masse tombe dans une espèce de cuve pourvue d'un appareil des plus ingénieux qui détache les fèves des cabosses, avec leur pulpe. La masse de fèves et de pulpe est transportée à son tour par le moyen d'une chèvre, dans un « séparateur ».
Cette machine se compose d'un cylindre tournant et perforé de manière à ne laisser sortir que les fèves. Le résidu pulpeux arrive jusqu'au bout de l'appareil où il trouve une issue.
Les fèves de cacao étant maintenant séparées, isolées l'une de l'autre et libres de toute matière étrangère, c'est-à-dire divisées et bien nettoyées, elles sont transportées par le moyen d'une autre chèvre, dans un cylindre spécialement aménagé où s'effectue la fermentation. Ce cylindre est en boisetplacé horizontalement de manière à ce que le jus (acide) du cacao puisse s'échapper facilement. On le remplit aux deux tiers. Il suffit d'un homme pour lui faire imprimer un
No 38— OcT. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
quart de lour matin et soir, au moyen d'une duit de sécher en trente-cinq heures envimanivelle, et le cacao change de position ron.
tout en étant remué et brassé. Cela s'opère Le cacao sort du séchoir parfaitement et
en quelques secondes. uniformément séché, et d'une brillante c.our-
Cette machine réduit à très peu de chose leur. Avantage à ne pas oublier : il n'y a aula main d'oeuvre, si coûteuse avec les cuves cune espèce de casse; or, il est impossible de à fermentation traditionnelles; en outre, elle l'éviter lorsqu'on a recours au « dansage »
du cacao, nom caractéristique de cette phase qui suit le séchage dans le traitement traditionnel.
donne des résultats meilleurs.
Maintenant que le produit a bien fermenté, il s'agit de le sécher. Le cacao sortant de la fermentation, ne forme pour ainsi dire qu'une masse pâteuse, les fèves se trouvant agglutinées par une espèce de gomme épaisse, molle et gluante que nous appelons ici la « bave du cacao «. Lorsqu'on sèche à l'air libre, il est impossible d'obtenir un produit régulier, car il varie selon le degré d'humidité de l'atmosphère; et pendant les fortes pluies la récolte est compromise et on subit souvent des pertes importantes. En outre, la
Examinons maintenant la critique que l'on pourrait faire de ces machines. La plus importante nous paraît celle qui touche le « Pod Opener ». Pour alimenter cet appareil, il s'agit d'apporter toutes les cabosses cueillies sur la plantation, à l'endroit central où il se trouve monté. Cela nécessite de grands frais de transport qui ne pourront être affrontés que sur les plantations en plaine et pourvues de bonnes routes. Le système nous paraît, préparation par ce moyen primitif est longue ^^ contraire, peu praticable, dans les en-
et coûteuse. Il existe aussi différents systèmes de séchoirs artificiels, mais la plupart de ceux que nous avons eu l'occasion de juger à la Trinidad , n'avaient donné que des résultats imparfaits, pour la bonne raison qu'on n'avait pas encore trouvé le moyen de séparer des fèves la gomme dont
droits montagneux où les chemins ne sont accessibles qu'aux bêtes de somme. Il sera plus facile alors de casser les cabosses au pied de l'arbre et d'apporter à la factorerie à dos de mulet les fèves seules.
Une autre critique s'adresse au séchoir de Mason; le cacao y perd 10 % en poids
nous parlons plus haut. C'est à obtenir ce en le comparant au cacao séché à l'air; pour résultat que l'inventeur a eu le plus de la botme raison que les fèves en sortent topeine. On conçoit que le problème soit talement nettoyées de la gomme. Sur ce assez compliqué; toujours est-il que notre point, l'inventeur ne donne, d'ailleurs, point inventeur l'a résolu et le nouveau « Séchoir raison aux planteurs. Il fait observer, que Mason », qui clôt la série, fonctionne à mer- la « bave » laissée sur le cacao absorbe l'humidité et cause la moisissure. Au contraire, la bave ayant été bien nettoyée, le produit conserve plus longtemps ses bonnes qualités et ne souffre pas pendant le transport, qu'à ce titre, le commerce ne tardera pas à le
veille.
Cet appareil se compose d'un grand cylindre tournant, dont l'intérieur est doublé en bois. Un système ingénieux force constamment la masse vers le sommet, contre une
sorte de barre, se réglant elle-même, et dont P^V^' P^"^ '^her, en dédommageant ainsi le
la partie essentielle est une ouverture par où planteur de la perte de poids subie,
s'échappe la gomme. Cette barre repousse Nous sommes parfaitement de son avis:
en même temps les fèves qui voudraient pas- cette perte de 10 % qui paraît importante au
ser ou se coller contre. La gomme aussitôt premier abord, est mille fois compensée par
passée est ramassée et retenue par une sorte l'économie énorme de main-d'œuvre et par
de grattoir.
Les fèves ayanpété repoussées parla barre tombent dans un récipient où passe une forte bouffée de chaleur qui permet au pro-
la qualité supérieure du produit obtenu.
D. A. Majani Trinidad, 9 mai 1903.
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 28 - Oct! 1903
La Bière de Sorgho des Matabélés
Les recherches du D"- Loir. — Comparaison des procédés Matabélés avec les procédés européens et asiatiques. — Importance de l'étude et de ramélioraiion des méthodesindigènes.
Par M. H. Neuville.
Dans le n» 25 du « J. d'A. T. », nous avons dit comment le D'- Loir, appelé à Bulawayo pour combattre la rage, y a installé un Institut bactériologique qui porte le nom glorieux de son oncle et maître. Pasteur. Nous y avons donné également des détails sur une nouvelle méthode de destruction des termites, parle Gaz Clayton, inaugurée par le D-" Loir au cours de ce voyage. Là ne s'est pas bornée l'activité féconde de ce savant; ses recherches sur la bière sont d'une grande importance pratique pour les régions africaines où l'on utilise pour la préparation de cette boisson le sorgho ou des graines similaires. Sans parler des avantages qu'une connaissance précise des fermentations de pays chauds promet à l'industrie des blancs, rien ne saurait mieux nous attacher nos frères noirs que de les aider à perfectionner
la fabrication d'un produit de consommation qu ils apprécient. — N.d. l. R.
* * Une récente communication faite par le D^ Loir à la « Rhodesia Scientifîc Association «, vient de nous faireconnaître le procédé par lequel les Matabélés obtiennent, au moyen du sorgho ou Kaffir corn, une boisson fermentée comparable à la bière.
Il s'attache, à cette boisson, le même intérêt qu'aux bières ou vins de riz de TExtrême- Orient, sur lesquelles nous avons, à diverses reprises, attiré ici même l'attention. On ne saurait trop faire connaître ces procédés indigènes de fermentation de graines amylacées auxquelles, pour diverses raisons, ne peuvent être appliqués facilement les procédés de maltage, ou les agents de fermentation usités dans les régions à climat tempéré. •
Indépendamment de riniérét que présentent en eux-mêmes ces procédés, et de l'extension dont ils peuvent être l'objet, même sous nos climats, il y a fréquemment un intérêt direct et absolument immédiat, pour les colons, à savoir tirer d'une matière première, par des moyens simples, touslespartis qu'elle comporte. Le cas en est tout aussi évident pour le sorgho que pour le riz.
Pour préparer leur bière de sorgho, les Ma-
tabélés font deux parts du grain qu'il se proposent d'employer. La première, égale au tiers de la quantité totale, subira un véritable maltage, tout à fait comparable à celui de l'orge ; la seconde sera broyée et cuite avec une assez grande quantité d'eau, puis on lui mélangera la partie maltée, et on abandonnera le tout à la double action des diastases du malt et des ferments variés qui se développentspontanémentdans cemoiît grossier.
Le détail de ces procédés est intéressant à connaître.
Les Matabélés font d'abord tremper dans l'eau, pendant vingt-quatre heures, la part de grain qui doit subir le maltage. Ils l'en retirent ensuite, la placent dans des sacs, et couvrent ceux-ci assez soigneusement pour y favoriser une élévation de température ; ils ont même soin, en hiver, de placer des pierres chauffées au voisinage de ces sacs.
Dans ces conditions, il se produit un maltage analogue a celui de l'orge; on l'estime suffisant au bout de quarante-huit heures environ. Pendant ce temps, il s'est développé dans les graines une diasiase qui a converti leur amidon, au moins partiellement, en sucre fermentescible, et qui agira ensuite sur l'amidon des autres grains. Ce sorgho malté Cït étendu au solei), il s'y dessèche, et sera ensuite broyé. Ce sont là, on le voit, des procédés primitifs de touraillage et de concassage du malt.
Les brasseurs Matabélés préparent le moût de la manière suivante, lis rem plis •^ent d'eau, jusqu'aux deux tiers environ, de vastes récipients d'argile, qu'ils achèvent de remplir avec une farine obtenue par moiJture des grains non maltés. Ce mélange est porté à l'ébullition, puis refroidi; les pots ne doivent pas être couverts pendant ce refroidissement, et nous verrons plus loin ce qu'il y a lieu de penser de cc'ite pratique.
Dès q-'C leliquide est un tant soit peu froi J'
N» 28 — Ocr. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
trouvé les éléments suivants:
Alcool.
Matières extractives. . .
(en alcool absolu) spéciaux.
(avec un poids spécifique de 1,016).
des mouches et divers insectes viennent se qui l'a analysée à la requête de M. Loir, y a poser à sa surface et s'y noient par essaims ; d'après M, Loir, ces mouches ou insectes apporteraient- avec eux les micro-organismes nécessaires à la fermentation. Comme les grains, simplement broyés, qui ont servi à la confection du moût, n'ont pas été saccharifiés, M. Loir pense que ces micro-organismes sont peut être voisins des Amy- /omj^ce^ asiatiques, lesquels peuvent réaliser à la fois la saccharification de l'amidon et une alcoolisation du sucre.
La fermentation marche d'abord avec une certaine lenteur.
Environ vingt-quatre heures après que le moût de grains non maltés ait été bouilli, c'est-à-dire quand il est complètement refroidi et que la fermentation a commencé à s'y développer, le grain malté et broyé lui est ajouté. Nous avons vu que cette quantité de malt est égaleau tiersenviron de la quantité de farine non maltée ; je pense que c'est à elle, plutôt qu'à des micro-organismes saccharifiants, qu'il faut attribuer la transformation partielle de Tamidon. qui va dès lors se produire, et permettre à la fermentation alcoolique d'entrer ensuite en jeu.
A ce moment de la préparation, on peut trouver sous le microscope quelques champignons ou moisissures ressemblant à VAmylomyces, et aussi de nombreux microbes,
Sucre (Mal-
tose) 0,26 %
Acidité 0,35 ", (en acide acétique)
Poids spécifique 1,01 I ";,
Il y existe, en outre, une forte proportion d'amidon non transformé. C'est là, en somme, un breuvage doué de propriétés nutritives, et moins alcoolique que beaucoup de bières ordinaires. M. Loir le considère comme tout à fait approprié aux exigences spéciales de la diététique des pays chauds. La présence d'acide carboniquele rend agréablement piquant au palais.
Faite aussi grossièrement que Je viens de l'indiquer, cette boisson est malheureusement très altérable, et, au bout de trois ou quatre jours, elle est à peu près imbu^fable. Peut-être est-ce à ce fait qu'il faut attribuer l'opinion défavorable, jadis portée par le D'' DuTRiEux, sur une autre bière de mil africaine : le pombé, très voisine de celle-ci, sinon identique. Dutrieux, qui avait accompagné, entre Zanzibar et le Tanganika, la mission du Comité International pour l'Ex-
dont l'un, entre autres, est particulièrement ploration et la Colonisation de l'Afrique
long et épais. Ces microbes sont préjudiciables à la fermentation; ils produisent de l'acide acétique et de Tacide lactique, et contribuent à l'altération rapide du liquide fermenté. Il serait donc nécessaire d'arriver à les éliminer.
Dès que le grain malté a été ajouté au moût primitif, la fermentation devient plus active, et une épaisse écume jaune se forme à la surface de chaque pot. Cette écume contient une grande quantité de cellules de levure. Environ trois jours après le refroidissement, les indigènes commencent à con-
centrale, a été amené à proscrire le pombé de l'alimentation des Européens résidant dans les pays chauds, tandis qu'il leur recommande d'autres boissons fermentées indigènes, comme l'hydromel et le toghoï.
Les bières de mil sont préparées, sous des noms divers fdollo, pombé, etc.), dans presque toute l'Afrique équatoriale, et encore ailleurs. Elles ont déjà fait l'objet d'études diverses auxquelles j'aurai plus loin à faire allusion. La préparation de celle des Matabélés est extrêmement grossière, et mériterait d'être améliorée; cependant, avant de
sommer le liquide fermenté, qu'ils filtrent préciser les détails de cette amélioration, il préalablement dansdes sortes de sacs en jonc serait nécessaire d'approfondir la connaistresse, sance des procédés que vient de nous révéler
Cette boisson possède une saveur aci- M. Loir. dulée plutôt agréable. M. S. A. Pingstone, C'est plutôt avec nos bières d'orge qu'a-
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vec les bières de riz asiatiques qu'il y a lieu de comparer la bière de mil. Celle-ci suppose un maltage auquel ne se prête pas du tout le riz { I ) et ce que nous savons déjà de ces bières de mil permet de supposer, qu'en Rhodésie comme dans les autres régions africaines, la fermentation proprement dite (fermentation alcoolique) est due à un organisme très voisin de notre levure de bière : le Schiiosaccharomyces pombe^ découvert par Saare et Zeidler et étudié par Lindner. Même dans les bières ou vins de riz, d'ailleurs, la fermentation alcoolique est surtout assurée par de vraies levures, telles que la Saccharomyces sake de K. Yabe, les champignons ferments [Amylomyces ou Aspei'- ^î7/ï«o;j/-^(^) agissant surtout comme agents saccharifiants.
La préparation du moût par le procédé des Matabélés est très probablement désastreuse au point de vue du rendement. Nous ne savons quelle est l'activité diastasique du « Kaffir corn » germé, ni quelle est la résistance de ses diastases, mais on comprend mal pourquoi il pourrait être nécessaire de se borner à ajouter les grains maltés à la décoction refroidie des autres grains. Les procédés usuels de brassage de la masse totale en présence d'eau chaude, et avec décoction finale , permettraient vraisem-
résistance vis-à-vis des bactéries concurrentes est considérable. Remarquons cependant qu'elle développe une forte acidité ; c'est peut-être à cette particularité qu'elle doit sa force de résistance vis-à-vis des autres ferments.
Des essais effectués pour faire entrer cette levure africaine dans la pratique industrielle de nos pays n'ont, jusqu'ici, donné aucun résultat. Il n'en est pas moins vrai qu'elle estparfaitement adaptée aux conditions spéciales dans lesquelles elle doit agir; un optimum de température assez élevé (3o à SS^C) la rend tout particulièrement précieuse en climat tropical.
Quant aux autres agents : moisissures ou bactéries, peut-être y aurait-il lieu de les éliminer également les uns et les autres, et, à ce point de vue, l'habitude de laisser les vases découverts, et exposés à toutes les. infections, doit être absolument néfaste. Le fait que la fermentation, marchant avec lenteur jusqu'à l'addition du malt, est notablement activée par celle-ci, semble indiquer que les moisissures, déjà développées dans le moùî, seraient impuissantes à assurer la saccharification. L'arrivée du malt provoque, au contraire, cette transformation, et permet, dès lors, aux ferments alcooliques apportés par l'air ou les insectes, d'entrer
blablement aux diastases du sorgho d'agir ethcacement en )eu.
plus complètement sur l'amidon des grains broyés et cuits, et favoriseraient la dissolution dans Teau des éléments solubles. On aurait ainsi un moût beaucoup plus riche.
En ce qui concerne la fermentation proprement dite, il serait tout d'abord nécessaire de savoir exactement quels sont ses agents. Si, comme nous le pensons, le Schi\osaccharoinyces pointe, ou une forme voisine, est présent dans cette bière, il y aurait tout lieu de l'y conserver soigneusement. Cette levure fermente non seulement les sucres fermentescibles ordinaires, mais encore le saccharose et même la dextrine, et produit des quantités notables d'alcool. Sa
(i)Voir cependant l'exposé des procédés Schrottkv, dans mon étude sur l'emploi du riz en brasserie
S'il en est ainsi, il serait assez facile d'arriver à préparer un levain dans lequel le 5". pombe jouerait le même rôle que V Amylomyces ou VAspergillus dans les levains asiatiques. La vigueur exceptionnelle de ce ferment favoriserait son isolement, au moins relatif, par des moyens simples, et Femploi d'un levain, si grossier qu'il puisse être, serait probablement préférable à l'infection par l'air.
Quoi qu'il en soit, il y a tout lieu de penser qu'une étude approfondie des procédés Matabélés permettra d'arriver à des résultats pratiquement intéressants, et nous sommes heureux de voir que cette étude est amorcée par les recherches d'un savant aussi compétent que l'est M. Loir.
H. Neuville.
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La Machine des Philippines pour défibrer l'Abaca
A propos des essais de M. R, L. Proudlock Par M. F. Main
Dans rinde anglaise, on s'occupe beaucoup défibres, en ce moment ; et en particulier, du problème de l'utilisation des fibres de bananiers [M. textilis et bananiers comestibles). Nous avons eu connaissance de ce mouvement par Texcellente revue de Calcutta, « Indian Planting and Gardening » ; depuis, nous avons reçu des auteurs mêmes quelques brochures, sur lesquelles nous aurons encore l'occasion de revenir un autre jour.
Notre confrère a publié, au commencement de l'année, plusieurs lettres et notes issues les unes d'un planteur indigène, M. Vancataraman AiYER, les autres de M. R. L. Proudlock, directeur du Jardin Botanique d'Ootacamund (Nilghiris).
Tous deux sont des partisans enthousiastes de la culture du bananier pour la fibre, dans l'Inde.
Les études de M. Vancataraman Aiyer ont porté surtout sur la culture proprement dite, et sur le choix des variétés. Nous ne le suivrons pas dans ses considérations sur la valeur relative du « Kottai Valai » et du « Peyan Valai » et sur l'identification scientifique de ces variétés. Mais nous remarquerons que dans les divers essais de défibration qu'il a entrepris, il s'est toujours servi de l'outil employé par les Philippins pour défibrer l'abaca (Musa textilis, chanvre de Manille). Il établit des prix de revient en comptant la main-d'œuvre avec cet appareil, et nous en concluons que le rendement ne doit pas être mauvais, puisqu'il arrive à un prix de production de 55 roupies la tonne.
L'outil préconisé par M. R. L. Proudlock, et dont nous donnons une figure ci-après, est également du type philippin ; c'est le modèle en usage à Gubat (îles Philippines).
L'actif directeur du Jardin d'Ootacamund a public une petite brochure consacrée aux Machines simples pour C extraction de la
Jihre du bananier {i). Il estime que si la fibre de bananier n'est pas utilisée davantage par les cultivateurs indigènes, c'est d'abord parce qu'ils n'en connaissent pas la valeur, et ensuite parce qu'ils ignorent le moyen de l'obtenir. Il propose deux appareils dont l'un est représenté par la fig. 22 ; nous en donnons ci-après la description. Tous deux dérivent de l'ouiil philippin ; nous ne parlerons icique de la première des deux machines de M. Proudlock;, la seconde n'étant qu'une modification, peu avantageuse à notre avis. C'est d'ailleurs l'opinion de l'auteur, qui, tout en laissant le choix entre les deux, recommande plus particulièrement la première. Elle est en effet plus simple, plus facile à régler et à réparer, si toutefois les réparations doivent être envisagées dans un outil aussi primitif.
La machine se compose d'un couteau mousse, en fer, de i"20 de longueur totale, pesant environ 4 kilos. Ce couteau, articulé en un de ses points, repose sur une sole en fer plat, de 40 cm. x 5 cm., de 12 mm. d'épaisseur, fixée par 2 boulons sur la traverse b. Cette traverse, en bois rond de i5 cm. de diamètre, a une longueur de 2 mètres et repose sur deux montants a qui la mettent à 80 cm. du sol.
Le couteau porte, en arrière de son point d'articulation, un prolongement relié par une chaîne g à une perche de bambou /de 4 m. 5o à 5 mètres, solidement ligaturée après un montant isolé d, de i m. 5o de hauteur et un piquet e enfoncé en terre. L'élasticité de la perche / tient le couteau fortement appuyé sur la sole de fer, et la variation de longueur de la chaîne g permet de faire varier la pression.
(i) Bull, n» 47 du .< Dep. of Land Records & Agriculture )' de Madras. i«jo2 . ln-8°. 8 pp., 2 fig. — Prix : ■b pence.
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L'appareil est complété par une pédale i si leurs appréciations à cet égard sont fon-
articulée en /et reliée au prolongement du dées. Disons simplement qu'il nous semble
couteau, permettant de soulever celui-ci bien imprudent de se baser sur un prix de
pour l'introduction des feuilles (i) dans la vente de £35 la tonne pour établir un calcul
machine. Celles-ci coupées en morceaux de de bénéfices. Ces prix sont aussi peu stables
I m. 20 de longueur sur 7 à 8 centimètres que les prix très bas qui ont parfois tenu
de largeur, sont introduites entre le couteau le marché et nous ne croyons pas qu'on
et la sole ; l'ouvrier en abandonnant alors la pédale, laisse le couteau presser fortement sur la feuille, qu'il saisit par les deux extrémités et à laquelle il imprime un rapide
Fig. 22, — Défibreuse à abaca.
Type de Gubat.
puisse sans danger adopter un prix de base supérieur à la moyenne des prix obtenus par les fibres de qualité courante, dans les conditions moyennes du marché.
La machine figurée plus haut est-elle destinée à rendre de grands services dans les colonies françaises? Nous ne le croyons pas, tout au moins quantau Tonkin. M. L. Hau- TEFEUiLLE, actuellement en mission dans ce pays, nous écritqu'après y avoir vu fonctionner l'outil philippin, il est d'avis queles indigènes en général, eten particulier les Annamites n'aurontpasla force suffisante pours'en servir. Elle exige en effet une vigueur physique considérable. De plus, si nous regardons ce qui se passe dans les pays où Ja production des fibres est l'industrie dominante, au Yucatan par exemple, nous voyons que le baspador primitif cède la place à des machines à grand travail. Ce serait faire un pas en arrière que d'adopter définitivement et sans critique une machine pareille à celle
mouvement de va-et-vient, le coté interne en-dessus ; sous cette action le parenchyme est enlevé par le couteau et tombe de part et d'autre de la machine. La même opération répétée sur la face externe permet d'obtenir une poignée de fibres entièrement débarrassées de parenchyme. Il n'y a plus alors qu'à ci-dessus décrite. Nous espérons d'ailleurs laisser sécher àrombre(2). Suivant l'auteur, qu'à force de chercher, et malgré les difficinq ou six mouvements de va-et-vient pour cultes spéciales rappelées dans le n° 14 du chaque côté de la feuille suffisent dans les « J. d'A. T. », les constructeurs arriveront conditions ordinaires. bien à nous donner, pour le bananier aussi
Tel est l'instrument préconisé par nos bien que pour les agaves, une machine auteurs comme devant donner une impulsion plus simple que les machines américai-
considérable à la culture du bananier en tant que textile. Nous ne les suivrons pas sur le terrain économique et n'examinerons pas
(i) Il s'agit en réalité de la base engainante des feuilles, et non des feuilles proprement dites.
(2) Dans les documents anglo-indiens qui sont sous nos yeux, il n'est pas du tout question de lavage des fibres.
nés et leurs similaires (i), et donnant un travail rapide, satisfaisant, à un prix abordable pour les propriétaires de plantations de moyenne étendue.
F. Main.
Ingénieur-Agronome.
(i) Voir « J. d'A. T. » n" 1,7,17,23,24,26: Machines ToRRE, ToRROBLLA, Bœken, Lehmann, Fasio, etc...
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Le Cocotier au Togo
D'après M. le prof. Wohltmann.
Au dernier déjeuner mensuel de la Société de Géographie Commerciale, il nous a été donné d'entendre un discours bien intéressant de M. Camille Guy, Le nouveau gouverneur du Sénégal, que sa carrière antérieure a habitué à envisager les faitsdans leurs conséquences lointaines, est effrayé de ce que l'économie actuelle de cette belle colonie repose, on peut dire uniquement, sur l'arachide. Le jour où la culture ou la vente viendraient à être compromises pour une cause ou une autre, tout le système économique du Sénégal s'effondrerait du coup. Une administration prévoyante ne saurait demeurer indifférente en face d'un pareil danger. C'est pourquoi le gouvernement cherche à implanter au Sénégal des cultures nouvelles : le coton, les fruits pour l'exportation, le cocotier. . .
Le cocotier est acclimaté depuis longtemps dans la zone littorale des différentes colonies qui composent l'Afrique Occidentale française. Au Dahomey, il constitue même une culture indigène assez sérieuse et qui fournit du copiah à l'exportation. Mais nulle part il n'a encore été l'objet d'efforts culturaux de quelque importance de la part des Européens. On semble être plus avancé dans certaines colonies étrangères de la Côte Occidentale, en particulier dans la colonie anglaise de 'a Côte d'Or et au Togo allemand, et nos lecteurs sénégalais nous sauront gré. peut-être, de les renseigner davantage à cet égard.
A la Côte d'Or, le personnel de la Station botanique d'Aburi a déjà à son actif l'introduction de la culture du cacao, devenu en peu d'années l'une des principales ressources des noirs et l'un des plus forts articles d'exportation du pays; aujourd'hui, MM. JoMNSON, EwANS et leurs collaborateurs dirigent leur activité vers la propagation du cocotier; ils sont à la tête d'une vaste cocoterie modèle, encore jeune, située en dehors d'Aburi ; nous y reviendrons dans un numéro du « J. d'A, T. », lorsque nous analyserons le dernier Rapport annuel de la Station d'Aburi, fort riche en renseignements de toutes sortes.