‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercialChapitre 72 sur 94 · U Ç^ TROT · texte numérisé non relu

U Ç^ TROT

chimiste consommé, n'a rapporté que des choses

constatées de visu. Les mérites du procédé ^ ^ ^,^

observé par M. Cibot sont attestées par !a qualité

des objets qu'il a rapportés et que nous avons eus Formule pour la fumure du bananier

entre les mains; ils sont parfaits. ^ .

n . ■ » j M r- ' •!.'„; en Guinée Française.

Contrairement au cas de M. Guepin, ici il s agit *

de latex d'Hevea: cet arbre étant seul exploité D'après M. Teissonnier. dans les seringales du Rio-Beni (Bolivie), si bien

décrits par M. Gibot dans les n»-^ 18, 20 et 2 1 du Les personnes au courant des aftaires de la

<( J. d'A. T. ». — N. D. L. R. Guinée Française, saisiront l'intérêt de tout pre-

Les travailleurs qui vivent continuelle- mier ordre qui s'auache à la note suivante de

. 1 / A 1 I- • r t^ • M. Teissoxnifb, directeur du Jardin d'Essai de

ment dans la toret bolivienne, fabriquent -,.,,, , r 1 ^cc • i j 1

' (.onakry, insérée dans le « Journal Oinciel » de la

pour leur usage personnel, au moyen du eolonie, n» du i5 avril igoS :

latex frais, quelques objets caoutchoutés qui

r ,. <' ...Le bananier est une plante qui exige

se conservent tort bien : .

c^ . ce I IV- une grande quantité de sels potassiques;

Sacs a effets, ponchos, sacoches a muni- 01

, . , ., ,, . - M > ,. . . d'après Mentz et Marcano, les cendres des

tions, toldos (toiles d abris, prelarts). Voici, ^

, ., , tiges contiennent 55 % dépotasse...

par exemple, comment us s y prennent pour ^ "^

r . V ^ « Au point de vue cultural, le bananier est

conrectionner un sac a enets : '^

j . , , ,. caractérisé par ses exigences en potasse,

Le sac en tissu de coton ecru est son- ^ ^

j ,. , , l'acide phosphorique et l'azote ayant une

dément cousu, avec une coulisse ménagée r r ~\ , . ,

, f Ti ' - 1 o importance moins grande. Il était de toute

pour la fermeture. 11 a généralement o m. bo r o

. , ' J \ utilité de chercher à établir une bonne tor-

de haut sur o m. yo de large.

^ , J u-v • J u • ' J mule à appliquer au bananier. Nous savons

On le tend sur un bati de bois passe dans ^^ ^ ., , ,

,,. , . , u J u-^ • J' J que le sol de la Guinée, d'une manière gene-

1 intérieur, le manche du bati dépassant de ^

raie, manque de potasse et d'acide phospho- 1 m. DO. 1 n r r r

T. , 1- . I > 1 rique, et que la culture du bananier ne peut

Pour chaque litre de latex a employer, on ^ ' ^

, J J I V être pratiquée sans avoir recours a 1 em-

prepare i:) grammes de poudre de chasse j r n

,. I ' . ' n ' 1 . 11 1 • ploi des engrais minéraux, cesdeux éléments

bien pulvérisée; mélangée au latex, elle lui ^ & . .,

jouant un rôle important dans la tructihdonne une teinte grise. ' ^

Sur l'un des côtés du sac on verse une cer- cation. , .-,

. , J , « Il va sans dire que l'emploi exclusif des

taine quantité de latex ainsi prépare, qui est ^ ^

J . , . • r „' •.-. • . engrais chimiques est à rejeter, car on ne étendu a la main, puis fume aussitôt, suivant '^"b"' '-h ) ^ , 'J' J- • J 1 •. .• J1TJ doit pas perdre de vue que le sol d une banale procède ordinaire des exploitations dHe- w^'^ h" j^ • U1

,, , ^. ' '.' n . • ' neraie doit contenir une quantité notable

vea; 1 opération est répétée sur lautre cote ^^'^^'^'^ "^ ^

J • J u- ■ A \ d'humus, qui pourra être fournie par le

du sac en ayant soin de bien garnir de latex ^ i'""i">', h" h'

, , ,, - , . . fumier de ferme ou les composts; ces der-

les coutures, et lorsque 1 on a enrume ainsi . , ,

, . , , V ,, , niers pourront être fabriques chaque année

4 ou 5 couches, on laisse sécher a 1 ombre; ^ . .

.... , -.^ '. sur place, à peu de frais et en grandes quan-

au bout de quinze )Ours, le sac est prêt a être k ' r

, , tités.

emplove. , ., .... , x

: \. . A A X, r.r. « La formuled'engrais chimique employée

Au lieu de poudre de chasse nous avons ^ ,,, . .

, -J 1 -x J u au Jardin d'Essai, qui a été dehnitivement

vu employer aussi de la poussière de char- ,

.,,,,. V ,. • 1 ' arrêtée après deux années d expériences, est

bon tire d un bois très léger qui est employé , ^

à la construction des radeaux et pousse dans

les plantations abandonnées. Azote 5,47 ^

Lorsqu'il s'agit de fabriquer de grands Potasse \\,o^ %

toldos (prelarts) le bâti est plus long, néces- Acide phosphorique... 10,20 %

sairement, et se termine par deux manches Chaux o.>7 ^

3i6 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 28 — Oct. 1903

« Chaque touffe de bananier reçoit par an Centre Africain, est considéré comme la princi-

6 kilogrammes de ce mélange. Le bananier P^'^ source du fameux silk-rubber exporté du

..„ ^ I , ^1 Lagos. Il a été introduit dans les Jardins bota-

etant une plante traçante et les arrosages • , , . , . . , .,

niques de bien des colonies ; entreautres M. J. -H .

étant fréquents pendant la saison sèche Hart, à la Trinidad, semble fonder sur cet arbre

cette fumure sera appliquée par petites do'îes, de grandes espérances. C'est cependant au Came-

afin que les plantes puissent utiliser la plus roun allemand que le Kickxia a rencontré le plus

grande partie des éléments fertilisants. De ^^ sympathies. L'étude pratique de l'espèce est

^1 1, 1 • j • 1 • • j -^ dtje d'ailleurs principalement à deux savants aileplus, 1 emploi des engrais chimiques doit . .. r. ., ^

mands : M. Preuss et M. Schlechter. L extrait

être suspendu pendant la saison des pluies ^^- ^^-^^ ^^^ emprunté au « Tropenpflanzer ,. de

Les touffes des bananiers devront recevoir, juillet igoS : pendant toute la saison sèche, i kilogramme

du mélange cité par mois, en 3 ou 4 appli- Les planteurs du Cameroun continuent à

cations. demander de grandes quantités de graines

« En dehors de cette fumure, les plantes ^^ Kickxia. Les arbres sont plantés dans les

doivent recevoir, deux fois par an, composts endroits qui ne conviennent pas absolument

ou fumier de ferme, destinés à fournir l'hu- au cacao : sur le bord des chemins, les

mus indispensable à la végétation. berges, les coteaux pierreux ou trop raides;

« Il faut compter pour la culture du bana- cela finit quand même par faire un contin-

nier dans la colonie i fr. 5o d'engrais par gent important de Kickxia dans la colonie,

touffe et par an; on obtient ainsi dès la et qui va en augmentant rapidement. Jusqu'à

2« année de plantation des régimes d'une ces derniers temps, les graines étaient tirées

régularité parfaite, portant 10 à 12 mains. ^les arbres sauvages qui poussent dans la

A raison d'environ i.ooo touffes de bana- région de Mungo; dans ces conditions, elles

niers à l'hectare, on voit par ce qui précède revenaient très cher. Aujourd'hui le Jardin

que la dépense d'engrais est de i.5oo francs botanique de Victoria, ainsi que plusieurs

par an et par hectare. La culture du hfma- plantations privées, produisent assez de

nier doit donc être une culture intensive, et graines pour suffire à la demande,

il serait imprudent d'opérer sur de grandes C)n ne possède toujours pas de données

étendues de terrain. certaines sur le rendement du Kickxia, on

« D'autre part si l'on se base sur le rende- conçoit donc que les différentes Sociétés

ment moyen de 4.000 régimes à l'hectare, il établies au Cameroun n'osent pas encore

est facile de voir que la culture du bananier s'engager à fond. Ainsi, les directeurs de la

en Guinée est susceptible de donner de forts fameuse plantation Moliwe, où il existe déjn

bénéfices. » 3o hectares de Kickxia, vic^nnent de décider

Sur le problème de la culture commerciale du d'étendre cette culture jusqu'à 70 hectares

bananieren Guinée Française, on trouvera d'utiles (ce qui fera un ensemble de 80,000 arbres),

renseignements dans les n'"^ i5, 22, 24, 25, 26 du mais de ne pis aller plus loin pour 1- mo-

M J. d'A. T. )). — La question plus générale de nient

l'application des engrais potassiques aux sols tro- ., , . , < ,,

,,,,,,, „ L expérience tend a prouver que 1 espa-

picaux a été débattue dans les n"^ 2. 11, 12, i5, ^

16, 24, etc. Consulter aussi l'article très complet cernent de 5 mètres x 5 mètres, adopté dans

de M. CovTMR]F.n, Ln fumure du bananier, d3r\s \e les premières plantations, est exagéré; les

n" i3 du « J. d'A. T. «.Nous aurons l'occasion d'y plantations nouvelles seront faites beaucoup

revenir encore prochainement, à l'occasion d'une pi^g serrées : un espacement de 2 m. '/o ou

polémique scientifique qui se déroule en ce mo- , „ . , • r,- ,

rviont ^ i« I0.V, ■• ' • ' . J , de 3 mètres devrait surnre largement.

ment a la Jamaïque précisément, au sujet de la ^

fumure des bananeries. Les Kickxia des plantations du Came-

-ï5iar>^5^ roun sont attaqués par une chenille dont il

Le Kickxia elastica ^ cté souvent question dans le « Tropen-

dans les plantations du Cameroun. pflanzer » ; toutefois, à mesure que les arbres

Le Kickxia elastica, qui est chez lui sur la avancent en âge, les dégâts vont en di-

Côte Occidentale, et peut-être également dans le minuant. Les courtillères ne sont dan-

N« 28 — OcT. I9o:^^ JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

i^ereusesquepourles toutes petites pi a ntules.

Rien n'empêche de planter des Kickxia parmi le cacao, mais cependant pas à titre de porte-ombre; cnr la croissance est trop lente et la couronne, trop petite. Par contre, le Kickxia peut fournir d'excellents brisevent; à cet etiet on le plantera de préférence à l'espacement de 2 mètres X 2 mètres.

A la plantation de Moliwe, on vient de planter 3i5 jeunes Hevea, comme porteombre piirmi le cacao. Il \- exisie également quelques Mascarenhasia elastica, q'ii ont î mètres à 3 m. '/., de haut.

Le Caféier Maragogype.

« Le caféier Maraeogipe a éié introduit au norJ du Brésil ."ans la régon caféière méridionale de la Fcdératicn. mais jamais il n'y a été culiivé en plant'ition régulière et exclusive. Il a les feuilles et les fèves très grandes, ce qui fait soupçonner une parenié avec le caféier de Libéria. Il a le grave défaut de produire relativement peu, et ne joue en somme point de rôle important dans l'industrie caféière du Brésil. Les planteurs s'imaginent faire augmenter la grosseur des fèves de leur caféerie en mêlant quelques plants de Maragogipe aux plants courants d'Arabica ; je n'ai jamais rencontré de preuve directe de ces hybridations spontanées présumées. De tout ce qu'on a pu voir au Brésil, il résulte que le Maragogipe recherche plutôt les localités bien chaudes et bien humides. Comme qualité, la fève du Maragogipe ne saurait se comparer au café Bourbon, pas plus qu'aux cafés de Coffea arabica. »

(D'une lettre de M. Dafert, ancien directeur de la Station agronomique de Campinas; extrait du « Tropenptlanzer »).

Variétés et commerce de Kola à la Côte d'Ivoire.

Extrait de 1' « Agriculture pratique des Pays chauds )), n-' sept.-oct. igo3: Situation agricole de la Côte d'Ivoire :

La noix de kola fait l'objet d'un trafic considérable dans la Haute-Côte d'Ivoire. Il est permis d'affirmer que l'achat de ce comesii-

tible estle butprincipal des caravanes venant de la boucle du Niger. Il faut distinguer deux espèces de kola : le kola blanc ou rose de l'An no (Sterculia macrocarpa] et le kola rouge de l'Achanti (Sterculia acuminata), dont la valeur diffère.

Tandis que lekola blanc ou rose de l'Anno ne peut se conserver plus de 6 a 7 mois, le kola rouge de l'Achanti se conserve de 10 à 12 mois. Le premier se vend de 10 à 12 fr. et le second de i3 à 17 fr. le mille, à Bondoukou.

Grâce à sa durée de conservation, le kola de l'Achanti est exclusivement consommé par le Mossi. le Macina et Tombouctou, tandis que celui de l'Anno s'arrête vers le nord, à Bammako et Ségou.

La région de consommation du kola rouge de l'Achanti se trouve située à l'Est d'une ligne partant de Bondoukou et passant par Bouna, Dioulasso. Sikasso, Ségou.

Bondoukou et Kong doivent leur importance commerciale à ce qu'ils constituent des marchés de transaction pour le kola, qui se récolte à quelques jours de marche de ces deux centres.

Plantations d'Yerba-Maté au Paraguay.

Les lignes qui suivent sont la conclusion d'un mémoire sur l'Yerba Maté, paru sous les initiales H. M., dans l'excellent bulletin de l'école coloniale pratique de VVitzenhausen (« Der Deutsche Kulturpioneer », igoS, n^ 8-4) :

« Les peuplements spontanés d'arbres

à maté deviennent insuffisants pour couvrir la consommation de maté. Dans l'Amérique du Sud même, on commence donc à aborder la culture, d'autant plus que l'on peut constater un mouvement d'exportation hors d'Amérique, qui va en croissant. Il se produit particulièrement au Paraguay.

« M. Fischer-Treuenkeld, consul général de cette République à Dresde, constate que les trois récoltes de Yerba Maté d'arbres cultivés, obtenues jusqu'ici, permettent déjà de déclarer que la culture est rémunératrice, et ceci malgré les fautes inévitables de tout premier essai. En effet, les semis ont particulièrement laissé à désirer, et les plantations

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 28 — Oct. 1903

ont donné des résultats financiers très diffé- récemment a montré que Temploi de 3oo kirents, selon la réussite plus ou moins bonne logrammes de phosphate pour un hectare,

des semis; le bénéfice n-jt avarié, paraîi-il, entre 25 et 75 'V, du capital engage. Il faut considérer que ces premières cultures ont été faites par des ouvriers inexpérimentés, dirigés par des chefs également inexpérimentés: qu'en outre les Jeunes plants ont souffert de gelées nocturnes d'une gravité

laissait un bénéfice net de 70 francs,

« Les mêmes expériences, faites depuis un certain temps en Cochinchine, ont donné des résultats analogues: on avait répandu l'engrais phosphaté de manière à tracer sur le sol des caractères chinois. Ces caractères ont reparu en relief, le riz étant à leur en-

exceptionnelle; il est donc permis de conclure droit plus haut et plus dru. Ce phénomène a qu'à l'avenir on saura rendre les résultats frappé vivement les Annamites, mais non les plus uniformes et que le bénéfice moyen Chinois, qui ont dit connaître depuis un pourrait bien se maintenir aux environs de 40 % .

« L'entreprise de maté la plus puissante du Paraguay, " La Industrial Paraguaya», Société au capital de 8.000.000 de pesos, s'est immédiatement rendu compte de la situation, et a commencé également la culture de l'arbre. Un colon pourrait s 'y risquer déjà avec un capital d'une douzaine de mille francs. »

La proportion d'albumines dans les arachides.

Les albumines sont très précieux dans une graine au point de vue de sa valeur fourragère. Mais les albumines gênent l'extraction de riiuile et déprécient la graine industriellement. Le dosage de 45 échantil. Ions, de différentes provenances et années, a donné à M. Bruijning, pour l'albumine brute (azote multiplié par le facteur 6), des chiffres allant de 23,2 % (arachide Katjang

temps immémorial les avantages de la « poudre d'os ». Malheureusement, les navires n'ont pas encore « l'habitude » de transporter des phosphates, et le fret de cette matière reste élevé. »

La fibre d'ananas de Formose.

D'après M. J. W. Davidson.

Ce qui suit, est emprunté à l'ouvrage de Davidson : The Jsland of Formosa (v. «J. d'A. T. » n° 26, § 435). Nous avons en préparation tout un dossier sur la fibre d'ananas et les fibres des Broméliacées en général, il nous est arrivé des renseignements et des échantillons de Java et du Surinam, de Singapore, de Colombie, du Mozambique, de Floride, des Philippines. La question est complexe et il se passera, peut-être, encore quelques mois avant que nous ne puissions présenter à nos lecteurs, les matériaux accumulés. Mais que nos correspondants se rassurent, nous ne les oublions pas. — N. D. L. R.

U dinanSiS^Ananassa sativa L., ananassu des

de Java, 1891) à 29,8 % (Rufisque, ,894), japonais, huang-laï des Chinois, pousse

la teneur la plus commune oscillant entre 26 % et 29 % . Ces chiffres se rapportent à la graine nue, dépouillée de son périsperme (pellicule rouge); on n'y reconnaît aucune espèce de loi géographique ou autre.

Engrais phosphatés pour riz en Indo-Chine

Découpé dans le « Temps » :

« Le « Bulletin économique de l'Indo- Chine » publie une note intéressante sur l'emploi des engrais phosphatés pour la cul-

dans toutes les parties de l'île de Formose, et paraît réussir le mieux dans la partie Sud ; c'est là qu'il atteint les dimensions les plus fortes et produit les fruits lesplus savoureux, peu de pays pourraient en présenter de si beaux. L'ananas du Sud de Formose est également supérieure celui du Nord comme plante textile, et c'est principalement dans le Sud que l'extraction des fibres d'ananas constitue une industrie régulière.

Seules, les feuilles vertes de dimensions normales conviennentà cet usage ; les feuilles petites, et les grandes feuilles rougeâtres lure du riz au Tonkin. Une expérience faite qui entourent le fruit sont de qualité infé-

NO 28 — OcT. iqo3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

rieure et n'ont que peu de valeur sous le rap- duit chimique, qui est son secret, et réduirait

port de la fibre. la macération de 12 heures à 5 heures. Il

La détibration est faiie presque exclusi- prétend qu'il obtient par cela une augmen-

vement par des femmes ; les feuilles à point, tation de rendement de 80 % et un produit

qui contiennent la fibre, sont arrachées delà tige ; la femme s'asseoit à califourchon sur un banc et couche les feuilles à plat devant elle. Elle en maintient une extrémité avec une main, pendant que de l'autre, elle racle la surface au moyen d'un de ces petites écuelles en porcelaine qui sont la principale vaisselle des Chinois. Lorsque la fibre a été mise à nu, la femme la retire en la dégageant définitivement au moyen" de ses longs ongles.

Lorsqu'on a préparé une quantité suffisante de ces fibres, on les fait tremper dans de l'eau froide et on les blanchit au soleil ; pour obtenir les qualités les plus fines, cette dernière opération est répétée jusqu'à six fois.

La fibre d'ananas est largement exportée de Formose ; une petite quantité est utilisée sur place pour la confection de certain tissu, très agréable à porter en été, en raison de sa fraîcheur. L'exportation a lieu en paquets de 10 catties chaque, 10 de ces paquets formant une balle dont le poids est de i picul (!33 Ibs). La fibre est expédiée sur Swatow où elle est convertie en grass-cloths de haute qualité; elle se vend sur place de 33 à 3/ yens le picul.

La Douane Japonaise indique l'exportation totale de fibre d'ananas de Formose, pendant l'année 1899, à 588 piculs, soit 78.308 Ibs, évalués i 5.45 1 yens. Savoir :

d'Anping 495 pis. -- 65.846 Ibs

de Rokko (Lokiang. 4 » -- 63o » de Tokatsukutsu

(Thow-Kat-Kut).. !5 de Tamsui 73

Un nouveau procédé de fermentation de l'indigo.

On nous écrit des Indes (Béhar) :

« M. ScHROTTKv prétend avoir trouvé le l'abandon progressif des cocoteries, déplus

moyen de produire la fermentation artifi- en plus délaissées pour la vanille,

cielle de l'Indigo par l'adjonction d'un pro- Le tableau suivant, joint au Rapport, est,

de 20 % plus pur que d'ordinaire. Lesessais de laboratoire auraient parfaitement réussi, mais on n'a pas encore opéré sur de fortes quantités, les planteurs du Béhar sont très enthousiasmés... mais ils ont eu tant de déceptions ! »

Ceci nous rappelle que M. Schrottky a lancé précédemment déjà plusieurs inventions intéressant l'utilisation de produits tropicaux ; entre autres, il a fait breveter un procédé de maltagede riz dont M. Neuville a entretenu les lecteurs du « J.d'A.T. )), dans le n<» i3. A propos, nous serions bien curieux de savoir si ce procéJé a reçu la consécration de la pratique industrielle. — Il n'est pas sans intérêt de noter que dans sa magistrale étude sur l'Indigo à l'Exposition Universelle de igoo (v. « J. d'A. T. », n» 27, pages bleues, § 452), M. le professeur Haller se montre très confiant en une victoire finale de l'indigo naturel sur le synthétique, se rangeant ainsi à l'avis de notre collaborateur Dixi (« J. d'A, T. », n" 16]. Il dit, en effet :

« Nous ne voyons pas, étant donnés les prix actuels de lindigotme artificielle, que la culture de l'indigo soit compromise et qu'il faille l'abandonner à bref délai. Nous croyons au contraire que, sous l'aiguillon de la concurrence, les producteurs d'indigo amélioreront culture et traitement, au point de pouvoir fournir la matière colorante à un prix auquel le produit artificiel ne pourra peut être pas atteindre, avec les procédés actuellement en vigueur. »

La variabilité des récoltes de vanille aux Seychelles.

Dans son rapport sur l'exercice 1901, l'Administration des Seychelles attire l'attention sur l'extrême instabilité des récoltes de vanille d'une année à l'autre. Comme, d'autre part, les prix de cette denrée sont également sujets à des variations terribles, on conçoit l'inquiétude de l'Administration devant

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 28 — Oct. 1903

en effet, des plus suggestifs; il présente les exportations de vanille des Seychelles de 1891 à igoi,en kilogrammes, et leur valeur en roupies, d'après les déclarations en Douane. Nous citons d'après le « Tropical Agriculturist » de février igoS :

Année Kilos Rs

Dans son ouvrage analysé dans le n° 20 du « J. d'A. T. » (v. § 3 1 1 , feuilles bleues), G.\l- BR.4ITH cire cet exemple particulier, à Fappui de la même thèse; il s'agit d'une seule et même plantation, toujours aux Seychelles. Sa récolte fut (nous citons d'après le « Agricultural News » du 1 1 oct. 1902 ) :

1893 (la floraison de 1892 avait

été favorisée par une longue sécheresse) 1800 Ibs

1894 (pluies intempestives) 120 »

1895 (conséquences de l'absence

presque totale de saison

sèche en 1894) 4° "

1896 (départ magnifique, résultat

compromis par des pluies précoces), 5oo »

1897 (conditions comparables à

celles de 1896) 600 »

La Nigérie septentrionale, en tant que pays cotonnier.

Notre confrère anglais « The West-African Mail )), si bien documenté sur tout ce qui a trait au coton en Afrique Occidentale, attire l'attention (no du 20 octobre) sur les grandes ressources que pourrait oflPrir un jour, sous ce rapport, la Nigérie Septentrionale. On comparera utilement ce qui suit, avec le petit dossier : Le Coton en Afrique, publié dans le n" 26 du « J. d'A. T. ». — N. d. l. R.

« La Nigérie septentrionale pourra un jour fournir à l'exportation des quantités immenses de coton, à condition cependant que cette colonie soit pourvue à bref délai

de moyens de transport. II n'y a point à cela, d'ailleurs, de difficultés matérielles extraordinaires. L'essentiel est de construire une voie ferrée légère, au prix le plus bas possible et qui parte d'un point du Niger accessible aux vapeurs d'une certaine importance, pour s'enfoncer, par la voie de Zungeru, vers Zaria, c'est-à-dire dans le centre même de la zone cotonnière. D'autre part, il faudra améliorer les conditions de navigation sur le fleuve, afin que lestransportspar eau puissent marcher de pair avec ceux par voie ferrée. « Sir F. LuGARD, gouverneur de la colonie, ne tardera pas à rejoindre son poste ; c'est donc tout à fait le moment de lancer l'affaire en Angleterre. La crise terrible qui sévit sur le Lancashire impose des mesures énergiques et promptes. Notre industrie cotonnière n'a jamais été dans une situation aussi périlleuse depuis 1862, et il n'y a qu'un moyen de l'en faire sortir, c'est de lui assurer son approvisionnement en matière première. Nous avons la conviction que la Nigérie septentrionale sera la grande source de coton de l'Afrique occidentale : le Lagos offre pourle moment des moyens de transport plus faciles, mais la Nigérie nous paraît destinée à l'emporter quand même, en raison de la superficie infiniment plus grande qui pourra y être consacrée à la culture du coton ».

Le Manihot Glaziovii au Venezuela.

En résumant, dans le n» 25 du « J. d'A. T. », l'état actuel de la question de la culture industrielle du Manihot Glaziovii, nous avons signalé qu'une entreprise nord-américaine désire se consacrer à cette culture au Nicaragua. Nous ne connaissions pas, à ce moment, d'entreprise similaire dans l'Amérique Centrale, ni dans les anciens pays espagnols de l'Amérique du Sud; il se trouve qu'il en existe au Venezuela. En effet, M.Felipe S. Toledo nous écrit d'Antimano :

« Je me propose de faire une plantation de Manihot Gla\iovii, j'ai déjà un semis de 10,000 plantules. Il n'existe au Venezuela, à ma connaissance, qu'une seule plantation de cet arbre: 10.000 arbres âgés aujourd'hui de 5 ans et appartenant à un de mes amis, qui va faire cette année sa première récolte. Si les résultats obtenus pouvaient vous intéresser, je suis prêt à vous en informer. »

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à la Station d'essai de machines du Ministère de l'Agriculture.

Extrait du Procès-verbal rédigé le 16 octobre 1901, par M. le professeur Ringelmann, directeur de la Station: « ... Par suite de ses divers appareils de réglage, la machine Boeken peuf travailler les fibres les plus fines aussi bien que les plus grosses. Les organes chargés de l'alimentation continue et automatique remplissent très bien leur but. Le système de reprise et de conduite des tiges par les quatres chaînes sans fin fonctionne d'une façon irréprochable, et les lanières, complètement défibrées sur toute leur longueur, sortent de la machine en brins bien parallèles ». — Les essais de Paris ont porté sur le bananier, le chanvre de Sisal et le chanvre de Maurice. Le Bulletin officiel du Jardin Colonial en apprécie le résultat en ces termes : « . , . La machine expérimentée convient très bien au défibrage des troncs de bananiers et donne d'excellents résultats dans le traitement des feuilles de Sisal et de Fourcroya ».

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Comptes de culture. — Installations complètes de Plantations

avec Usines pour le traitement des récoltes.

En écrivant, mentiot:ne{ le Journal d'Agriculture Tropicale

Année

3o Novembre iqo3

JOURNAL

D'AGRIGULTURE TROPICALE

PUBLIÉ PAR

J. VILBOUCHEVITCH

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