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PRODUITS

si

Mélange de farine de maïs et de fa-

rine de manioc

.-2 torréfiée

^ grossière (fu- ■a ', bal

'S [ granulée (can- £ " giquinha

So de mai s

Froment

8ti.24

En matière

Mat.

amyl.

humide :

Fécule de Manioc

(Tonkin)

it.44

^ o( (Cûta d'Ivoire)

£S ( (Dahomey)...

(i) On trouvera, à cette même place, d'intéressants documents comparatifs sur les produits amylacés du m mioc .

Cette farine de manioc sert à divers usages alimentaires, comme les farines de nos pays.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 29 — Nov. 1903

A Sâo-Paulo, elle est parfois mélangée à celle de maïs. J'indique ci-contre, d'après les travaux de ITnstitut agronomique de Campinas, la composition de ce mélange de farine de maïs et de farine de manioc, en indiquant aussi, à titre comparatif, celle de différents dérivés du maïs, de la farine de froment (d'après Kœnig), et de la fécule et des farines de manioc (d'après Balland).

Les produits tiré du maïs et du manioc qui servirent à ces analyses, provenaient de deuxgrandesmeuneries delà province de Sâo Paulo : celles de MM. da Silveira Mello, à Pirassanungaet Carlo Carletti, à Ribeirâo Preto, qui, toutes deux, ont surtout la spécialité des dérivés du maïs.

Toutes les farines de manioc sont loin d'être de qualité équivalente, leur préparation, assez délicate, n'étant pas toujours , l'objet de soins suffisants. L'exemple des farines de haute qualité préparées à Ribeirâo Preto, notamment dans la fabrique Arruda, montre à quel point il est possible d'améliorer la préparation usuelle; ces farines, plus parfaitement torréfiées que cela ne se fait généralement, sont aussi plus riches en amidon, n'ayant pas été lavées en vue de l'extraction de ce dernier produit.

Une information de négociants londoniens, reproduite, il y a un an, dans ces colonnes (« J. d'A. T. », n** i5, p. 278), attirait . l'attention sur la possibilité d'un débouché immédiat, sur le marché européen, de la farine de manioc grossière, pour usages industriels . Des offres étaient faites, du Brésil, à raison de £ 6 la tonne, rendueà Hambourg, alors que la farine de patates douces ne pouvait guère être livrée à moins de £9 la tonne. Mais un article subséquent de M. Paul des Grottes (« J. d'A. T. », n° 16. p. 297), a révoqué en'doute la possibilité de cette importation, par suite de l'extrême altérabilité des farines de manioc, qui, aux Antilles par exemple, ne peuvent se conserver pendant plus de deux ou trois jours après la fabrication.

Nous pensons qu'il y a là surtout une question de préparation (i), et nous serions

(i) Comparer P. Cibot, « J. d'A. T. » n° 19.

heureux de savoir pendant combien de temps peuvent se conserver des farines faites avec soin, comme celles de la marque Arruda, par exemple.

Je suis maintenant amené à parler de l'amidon, ou fécule, de manioc. Pour l'extraire, une première méthode consiste à laver la pulpe ; chacun sait que le lavage d'une pâte en sépare l'amidon, c'est ainsi qu'on sépare l'amidon et le gluten d'une farine de froment par exemple. L'eau de lavage, renfermant l'amidon en suspension, est abandonnée à elle-même; au bout d'un temps assez court, son amidon s'est déposé; l'eau est enlevée par décantation, et il ne reste qu'à faire sécher le dépôt.

Même lorsque la pulpe n'est pas lavée, la préparation du manioc amer fournit un peu d'amidon; le liquide laiteux et vénéneux, exprimé de la pulpe, en entraîne toujours une certaine quantité, qui se dépose et que l'on sépare par décantation. Cet amidon est ensuite lavé, puis séché.

Dans certaines régions (Guyane), on préconise le séchage à l'ombre, ailleurs on préfère sécher au soleil; cette dernière manière est surtout usitée lorsqu'on se propose d'obtenir l'amidon de blanchisserie. Celui-ci peut se préparer d'une manière très simple, en étalant la fécule humectée sur une table de bois spongieux, en plein soleil. La dessiccation brusque fendille la masse, et il se forme ainsi des prismes à cassure courbe qui constituent l'amidon usuel des pays à manioc.

La fécule de manioc est blanche ou jaune, d'après la variété qui l'a produite. On la blanchit parfois, avant le séchage, en la lavant dans une eau additionnée de jus de citron. On a également employé l'acide sulfureux pour obtenir ce blanchiment, mais il est susceptible de provoquer certains accidents, et ne paraît pas devoir être conseille, tout au moins lorsqu'on a en vue la fabrication ultérieure de tapioca.

La forme des grains de cette fécule est caractéristique. Ils sont beaucoup plus petits que ceux de l'amidon de pomme de terre; leur diamètre est d'environ o™"'. 012 seu-

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lement. Leurs dimensions se rapprochent surtout centralisée en Amérique. Au Brésil,

assez de celle s des grains d'amidon de maïs, Franca et S. Joâo da Boa-Vista sont, d'après

avec lesquels ils présentent cependant de^ Sobrinho, les deux localités qui en fabriquent

différences m arquées, les contours de ceux-ci le plus, et où la qualité obtenue est la meîl-

étant très irréguliers, tandis que ceux du leufe. Celle de la fabrique Arruda, à Ribei-

manioc sont au contraire assez réguliers. râo Preto, est également très estimée.

La fécule de manioc sert à divers usages* Mais c'est surtout aux Etats-Unis que cette

On en prépare notamment de l'amidon de industrie a atteint un haut degré de perfec-

blanchisserie, des poudres de toilette, et sur^ tionnement. De grandes usines y sont ir--

tout du tapioca. Le manioc est, en effet, tou- tallées pour traiter et la pomme de terre ei

aussi propre que l'arrow-root à la fabrica" le manioc, et les résultats obtenus, bien que

tion de celui-ci, et, d'à p rès Heuzé, les tapio susceptibles d'être encore améliorés, sont trè?

cas de manioc seraient même plus nutritifs satisfaisants. La seule difficulté, si c'en est

que ceux d'arrow-root. une, qui y soit reconnue, est la nature plu?

Ces tapiocas se préparent très simplement' fibreuse et plus résistante des racines du ma

en chauffant à i5o° environ, de la fécule hu" nioc, comparées aux tubercules de pommt

mide. Ce chauffage transforme partiellement de terre. Il y a là une question de machine-

l'amidon en empois et pro bablement auss^ rie facile à trancher.

en dextrine; c'est là ce qui donne aux grains A l'heure actuelle, lepointle plus intéres-

de tapioca leur apparence vitreuse. Tantôt sant concernant le manioc est l'ouverture

on s'arrange de manière à granuler le ta- des marchés européens à sa fécule, qui se

pioca sur une platine chauffée, par agitation présente comme concurrente de celle de la

continuelle de la masse; on reconnaît alors pomme de terre. On sait que les emplois des

que la préparation est achevée lorsque les fécules sont aussi nombreux qu'importants;

grains cassent nettement sous la dent. Tan- elles servent notamment à préparer des ap-

tôt on agglomère la fécule humide en galettes prêts, de la dextrine, du glucose; elles peu-

qui sont séchées rapideme nt, puis broyées; vent également servir en distillerie,

le produit du broyage est ens uite criblé. Ce La question est donc d'obtenir une fécule

dernier mode de granulation présente divers de manioc dont le prix puisse concurrencer

avantages, et tend à prévaloir. celui de la fécule de pomme de terre. Or, la

Les tapiocas de manioc ont deux sources première de ces deux fécules s'obtient facileprincipales : le Brésil et Singapore ; cetteder ment à un état blanc, très pur, et très rechernièrelocalitéest, d'ailleurs, le principal mar- ché par certaines industries, notamment par ché asiatique du manioc et du sagou. La celles des apprêts ; même à prix égal, il est Réunion en expédie en France une certaine très vraisemblable qu'elle puisse étreécoulée quantité, mais le produit brésilien est gêné- sur les marchés européens, tout comme la ralement considéré comme le plus satisfai- fécule de pomme de terre. Une petite quansant. Il est bon de faire remarquer qu'une tité en est d'ailleurs déjà importée, mais elle différence de prix, du double environ, existe est absolument insignifiante, et la fécule de en faveur de ces tapiocas exotiques contre pomme de terre reste, jusqu'ici, seule malles tapiocas européens, fabriqués avec la tresse du marché.

fécule de pomme de terre, et qui sont cepen- L'ensemble de ces faits influence vivé-

dant d'une qualité très voisine. ment, en ce moment, l'esprit d'initiative

La fécule de manioc, soigneusement blu- américain. M. John Bi.attau, de Baltimore,

tée, donne la « moussache», poudre de toi- déjà intéressé dans plusieurs grosses entre-

lette très fine, et très apte à retenir les par- prises ayant leur siège aux Antilles, piojette

fums qui lui sont incorporés. On la colore d'en créer une nouvelle, à la Dominique,

parfois avec de la cochenille, et elle est très avant pour but la fabrication de la fécule ae

largement employée dans les pays d'origine, manioc. Le marché américain assurerait à

La fabrication de la fécule de manioc est cette fécule un débouché facile.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N'^ 29 — Nov. 1903

Rappelons enfin qu'il pourrait y avoir Signalons enfin l'importance que peuvent

avantage, dans certains cas, à convertir sur avoir, pour la nourriture du bétail, les rési-

place la fécule en glucose. Ce dernierpro- dus de fabrication des amidons ou tapiocas

Juit est très demandé, surtout par les bras- de manioc. Ils peuvent être consommés soit

seurs, et aussi par d'autres industriels. La à l'état frais, soit à l'état sec, comme cela se

transformation de fécule en glucose ne de- fait à la Réunion. La composition de ces

mande ni un matériel très compliqué ni des résidus secs est la suivante: importations très dispendieuses de matières

premières.

Les procédés Lock, Wigner et Harland nécessitent, pour l'obtention de 3 à 4 cwt. de glucose par 24 heures :

Fécule sèche 3-0 Ib.

Ac. sulfurique à 66° B . 11 »

Noir animal 37 »

Chaux préparée 5 « »

Chaux vive 3,5o Ib. environ

Eau 14, 5o

Matières minérales 1,54

Cellulose 9, i 5

Mat. non azotées (hydrocarbonées). 73,56

Matières azotées 1 ,25

Leur valeur nutritive est pratiquement reconnue.

H. Neuville.

Organisation d'essais d'engrais sur le Cacao.

Instructions du Syndicat des Mines de Potasse de Stassfurt. Par M. A. Couturier.

Nous croyons aller au devant des désirs de nos lecteurs en donnant, comme suite à l'élude La fumure du cacao, publiée dans le noay du « J. d'A. T. », le texte de rinstruclion distribuée par les soins du Syndicat de Stassfurt aux planteurs qui ont accepté d'étudier avec lui celte question. M. Couturier a bien voulu traduire le document original ; nous lui en exprimons toute notre reconnaissance. — N. D. L. R.

Une première condition indispensable pour obtenir, à la suite des expériences, des résultats pratiquement uiilisables, est d'opérer sur des plantations homogènes composées d'arbres du même âge plantés dans un sol aussi uniforme que possible. Quand il n'existe pas de plantation répondant à cette condition, il est préférable d'en établir une nouvelle en terrain soigneusement choisi et de l'organiser dès le début en champ d'expériences.

Dans ce cas, on apportera au choix du terrain à planter les précautions suivantes :

i" S'assurer que le terrain est aussi uniforme que possible, au point de vue de sa composition et de son état de fertilité, qu'ii

a porté les mêmes cultures etreçu les mêmes engrais sur toute sa surface.

2" Si le terrain choisi est en forêt, veiller à ce que le même nombre d'arbres soit conservé sur chaque parcelle. Au moment du défrichement, enlever soigneusement les arbres et les souches et éviter absolument de les brûler sur le champ d'expériences luimême, la combustion des souches donnant naissance à des cendres, qu'il ne serait pas possible de répartir uniformément sur toute la surface du terrain d'expérience ;

3*^ Si l'on plante des arbres pour ombrager les Jeunes pieds de cacao, ne les placer qu'au bord des parcelles et sur les côtés du chemin qui dessert le champ en son milieu(voir plus loin le plan).

4° Etablir le champ d'expériences en terrain plat, autant que possible, ou sinon, disposer les parcelles dans le sens de la plus grande pente, afin qu'aucune d'elles ne soit ni au-dessus, ni au-dessous d'une autre.

Au moment de la plantation, ne mettre en place que des plants du même âge et de la même force, provenant des graines d'une

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seule et unique variété et assurant ainsi un développement uniforme. La mise en place elle-même sera faite avec le plus grand soin pour assurer la reprise de tous les jeunes plants.

Parc 1^

Parc 6^

4 + 4- -H 4- 55 St 53 52 51

Parc 2^

46 47 48 49 50 •h 4- 4- 4- -e Parc 5^ t -H 4- -h ■)- 45 44 43 42 41

Parc 3^

Parc 4.^

Parc 4^

Parc 3^

Parc 5 .

Parc,2^ 4- 4- 4- 4- -H 15 14 13 12 11

+ + +^,+ ^ Pane. 6^

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