‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercialChapitre 90 sur 94 · hectares. ni ne doit commander, le possesseur du · texte numérisé non relu

hectares. ni ne doit commander, le possesseur du

«L'exploitation des forêts est d'ailleurs pâturage étant seul responsable des travaux,

défendue. Je viens de faire sur ces bases un « La situation du débutant est, dans les

contrat de 5 ans avec la Compagnie Anglo- premiers temps, plutôt celle d'un specta-

Paraguayenne. teur, mais d'un spectateur qui doit apprendre

« Mon domaine de 19 lieues carrées com- et aussi donner son aide, autant du moins

mence en effet à devenir trop petit pour mes que le lui permettent ses capacités; car il

troupeaux, comprenant environ 10.000 têtes n'appartient pas à tout le monde de monter

de gros bétail, 2 .000 veaux, 5oo chevaux et des chevaux sauvages et de savoir conduire

600 moutons. le bétail.

« Les territoires du Chaco sont considérés « Au point de vue financier, la chose se

comme des terrains de pâturage d'excellente présente comme il suit : qualité. Beaucoup d'éleveurs ne veulent pas

en entendre parler cependant, parce qu'ils 'TJ^f'L *!,?"-?'"' ,'" "''°" '^'""

f ^ ' r M croit de o5 "/„ dans la première an-

sont habités par des Indiens libres et qu'oc- née) un produit de 33o veaux qui,

casionnellement, tous les 7 ou 10 ans, ils déduction faite d'une perte annuelle

' ' ' de i 7„, valent au bout de2 a 3 ans,

sont soumis à des inondations. Toutes les 3o marks par tète, soit au total

ré^ions côtières souffrent de ce dernier in- r'^Z^'^VA""'- ' '■"\ ^ 9.600 marks

Croit delà deuxième année : 3oo veaux

convénient; mais à l'intérieur, il existe des valant au bout de 2 ans à raison de

pâturages élevés qui sont tout à fait sûrs. En ^5 "i^rks par ,éte... = 7.500 »

' ^ T Croît de la troisième : joo veaux, va-

tous cas, pour le débutant, le Ghaco est peu lant à un an, à raison de 20 marks

recommandable,à moins que 3 ou 4 éleveurs ^^^ ^^^^ ^ — !

, . j. . . Total 23.100 marks ne s associent et ne disposent de capitaux

importants. « Le débutant reçoit la moiiié de cette « L«s débutants font mieux de commencer somme, déduction faite des quelques pertes de la façon suivante : acheter un petit trou- qu'a pu subir son troupeau de vaches et des peau de 5oo vaches, par exemple, à 3o marks, prix d'achat de quelques taureaux, soit ence qui fait une dépense de iS.ooo marks 5 viron 10.000 marks après trois ans de traajouter à cela i.ooo marks pour les chevaux vail, ce qui fait i5 % par an du capital enet 4.000 marks de capital de réserve pour gagé.

les besoins de l'existence ; puis, confier tout « En tous cas, il est financièrement plus

le troupeau pour trois ans à un éleveur. avantageux de ne pas s'embarrasser tout

« Ce système qui consiste à donner le bétail d'abord de terrains relativement coûteux qui

en pension, d'ordinaire moyennant l'aban- réduisent les bénéfices.

don de la moitié du produit en veaux, assure « Quand une fois le débutant connaît à

non seulement au débutant un abri, mais fond le sol, les langues du pays (l'espagnol

lui enlève toute préoccupation du côté du et un peu de guarani), qu'il a des capitaux

pâturage, des salaires et de l'entretien du un peu plus élevés, il peut penser à acheter

personnel et des chevaux. Il peut parcourir un domaine. Pour une bonne « Estancia » il

librement la contrée à cheval, tout observer faut compter de 5 à 6 lieues carrées, dont il

et apprendre à connaître le pays. Le bétail faut toujours déduire un quart pour les bois,

est marqué aux initiales du propriétaire, du de sorte qu'il ne reste que 1.200 a i.5oo

débutant par conséquent, et ne peut être hectares de pâturage par lieue carrée,

vendu que par lui, et non par le possesseur du « Une grande estancia, comme la mienne

pâturage. Naturellement, on doit rester pen- qui s'étend sur 19 lieues carrées (environ

dant les trois ans au voisinage de son bétail 320 kilomètres carrés), ne me rapporte an-

N»3o— Dec. iqo3 JOURNAL D AGRICULTURE TROPICALE

nuellement que lo "„ du capital engagé, coûte 400.000 à 500.000 marks, mais permet de vendre chaque année 800 bœufs de 3o à 40 marks et 600 vaches de 3o marks. Cela fait un revenu de 46. 800 marks sans compter les i5o vaches qui sont consommées annuellement. Le personnelcomprend environ 5o salariés.

« Les gardiens reçoivent 16 marks par mois, les surveillants environ 40 marks, le majordome de 100 à i5o marks par mois et une petite part de bénéfices. Tous sont, en outre, nourris.

« Nous tuons 16 vieilles vaches par mois pour nos besoins et avons 10.000 marks de frais annuels pour les salaires et les vivres achetés au dehors (thé, riz, sucre, pain, tabac, habits pour les travailleurs, etc., en outre, sel, acide phénique et autres médicaments pour les animaux .

« En 1QU2, nous avons marqué 1.600 veaux, représentant le croît du troupeau : cette année nous dépasserons un croît de 2.000 veaux.

« Dans les revenus sus-mentionnés de l'estancia, on n'a pas fait figurer les produits en chevaux, juments, moutons (laine), parce que dans les conditions où nous nous trouvons, ces produits sont secondaires. De même nous ne produisons actuellement que très peu de lait, de fromage et de beurre. Ces produits sont cependant importants pour le débutant ; ils suffisent aux besoins delà consommation et rendent la vie plus agréable. La volaille, les porcs réussissent très bien et presque sans frais au Paraguay. Le climat est, il est vrai, chaud — en été jusqu'à 38° centigrades à l'ombre comme maximum, en hiver 10 à i5", rarement des gelées — mais ce climat est un des plus sains du monde, sans variations brusques de température. »

Les Rats

Mœurs et dégâts. — Les rats sur les navires. — Leur rôle dans la propagation de la peste,

La lutte internationale contre les rats.

Par M. le D' A, Loir.

Voilà plusieurs années que le D'' Loir a fait de l'étude et de la destruction des rats sa principale occupation, on lira donc avec le plus grand profit les remarques de ce savant. Rappelons que nous avons reproduit, dans le n^^ 20 du « J. d'A. T. ». un article remarquable sur ces mêmes rongeurs, dû à la plume de M. Boname, directeur de la Station agronomique de l'île Maurice. Dans le n" 27, nous avons inséré une note sur la mangouste, petit carnassier bien connu dans les pays chauds comme un ennemi implacable des rats. Malheureusement, il se trouve que le pullullement excessif des mangoustes ne va pas non plus sans de graves inconvénients : après avoir exterminé, les rats, elles se mettent à détruire toutes sortes de petites bétes insectivores, sans parler de la volaille. et, en fin de compte, les champs de canne se trouvent envahis par les insectes. D'ailleurs, les mangoustes mêmes ne dédaignent point la canne. — Dans le n" 29, nous avons donné encore un article bien documenté sur la même question, de M. Paul dks Grottes, qui a observé les rats de près, dans les sucreries de la Martinique, où l'on retire le plus de profit de l'emploi de chiens ratiers.

Enfin, un abonné nous annonce pour bientôt une note sur les rais à l'île San-Thomé, où ils dé-

vorent des quantités formidables de cacao. — La note de M. le D-'Loir fait ainsi partie d'une sériequi prouve combien les rats préoccupent les agriculteurs de toutes les régions tropicales du globe. — N. D. L. R.

Un décret du Président de la République française vient de rendre obligatoire la destruction des rats à bord des bateaux. La science de Pasteur nous a en effet appris que le principal agent propagateur de la peste est le rat. Ce sont ces rongeurs qui, s'introduisantà bord des navires, arrivent des lointains pays où sévit sans cesse Tépidémie, viennent parmi nous en répandre les germes. Le moyen le plus efficace de nous mettre à l'abri du mal, est donc de faire une guerre acharnée à ces colporteurs dangereux qui peuvent empoisonner nos contrées et nos villes.

Au Congres de Bruxelles, il y a quelques jours, le D' CALMi/m-, rapporteur de la question de la prophvlaxie de la pesie, a fait voter

368 JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE N° 3o — DÉc. 1903

par le Congrès, un vœu par lequel il de- On a vu des rats blesser dangereusement

mande la destruction obligatoire des rats à des enfants dans leur berceau. Dernièrement

bord de tous les bateaux, plusieurs fois par dans un hôpital de Paris, oi^i les malades de

an. certaines sallesont, la nuit, un bâton à leur

Le Délégué du Gouvernement russe à ce disposition pour chasser les rats disposés à

Congrès de Bruxelles, le D'" Freybekg, à son grimper sur leur lit, un paralytique se trouva

tour, a insisté sur la nécessité de détruire les avoir les pieds dévorés par ces rongeurs,

rats non seulement sur les navires et dans Des éleveurs américains trouvèrent des

les ports, mais aussi partout et dans tous les rats dans les galeries souterraines à tempé-

pays. Ces rongeurs émigrent si rapidement rature glaciale où ils mettent les viandes de

et siloin d'un point à un autre qu'ils peuvent leurs troupeaux avant de les embarquer,

nous infecter avec la plus grande faciliié et Pour tuer ces parasites on abaissa la tempé-

si nous voulons assurer notre sécurité, nous rature de plusieurs degrés; beaucoup de

devons faire tous nos efforts pour procéder, rats furent trouvés morts. Mais peu de temps

autant que possible, à leur extermination. après, à leur grande surprise, ces éleveurs

Les rats sont maintenant répandus sur découvrirent un nid de rat où grouillait toute

toute la surface de la terre; ils semblent la nombreuse progéniture d'une femelle qui

augmenter de nombre en Europe depuis avait mis bas récemment. Les rares survi-

quelques années. Il est inutile d'insister sur vants s'étaient peu à peu acclimatés au froid

les dégâts qu'ils font aux colonies. En 1898, intense et leur descendance se trouvait fort

des milliers de rats envahirent en une seule bien dans ces espaces glacés. Du reste, une

nuit l'île de Morsoa dans le Limfiord, seul fourrure beaucoup plus épaisse leur était

point du Danemark où ils n'existaient pas poussée et les garantissait suffisamment pour

encore; ils traversent donc des bras de mer. pouvoir braver les froids les plus vifs.

Un chasseur de rats de Londres dit qu'en ce On a trouvé dans les parties les plus froi-

moment, ces animaux quittent les bateaux et des des bateaux frigorifiques qui apportent

viennent par étapes jusqu'au centre de la ces viandes en Europe, des familles entières

cité. de ces rongeurs qui avaient élu domicile

Trois rats furent trouvés dernièrement dans des carcasses d'animaux congelés. Dans

dans un omnibus, en dehors des barrières les navires contenant des chargements de

des docks de l'Inde de l'est. Le 10 février café et qui parfois en reçoivent plus de

dernier on prit sur un bateau dans le port de soixante-dix mille balles, il n'est pas rare

Londres, un gros rat indien auquel on atta- de voir jusqu'à dix mille sacs éventrés par

cha une plaque maintenue par un fil de fer, les rats. Le grain se répand ; il faut ensuite

puis il fut lâché. Le 28 du même mois l'ani- le trier et réparer les dégâts, ce qui cause

mal fut pris dans un magasin de Wellington une dépense d'environ un franc par sac.

Street. Sur mer, les rats poursuivent les voya-

Autrefois, les rats de Londres allaient aux geurs, ils s'introduisent dans les cabines des

Indes et les rats des ports indiens venaient bateaux, laissant partout des traces désas-

en Angleterre. Actuellement, selon une re- treuses de leur passage. Il existe en ce mo-

marque qui a été faite par les officiers de la ment, dans l'escadre de la Méditerranée, un

grande Compagnie de navigation « Penin- navire où ils sont si nombreux, que les offi-

sular Oriental », il n'y aurait plus que les ciers sont parfois obligés de déserter leur

rats de l'Inde qui feraient la traversée jus- couchette et d'aller, la nuit, bivouaquer sur le

qu'à Londres, pont, afin de pouvoir trouver du repos. De

Dans les navires ils mangent le plomb graves maladies sont données par eux à

pour se procurer de l'eau ; ils dévorent tout, l'hommeet aux animaux domestiques. Latri-

se jettent sur tout; ils s'attaquent aux ani- chinose, le rouget du porc, la fièvre aphteuse

maux vivants et morts ; ils rongent le crin, etpeut-étreaussi la tuberculose, sont souvent

la corne, le grain, i'écorce des arbres. répandues par eux. Enfin, ils peuvent nous

,Nfo 3o Di:c. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 369

apporter la peste quand ils arrivent dans nos près une période assez longue. C'est ainsi pays, sur nos navires, après avoir quitté une qu'ils transportent les épidémies; leur descontrée infectée. truction est donc un réel besoin pour tous.

11 n'existe pour ainsi dire pas de bateau Depuis 1898, il existe en Danemark, où chaqui ne contienne de rats dans ses cales ; dans que année les rats faisaient pour quinze milun navire où on a procédé à la destruction lions de francs de dégâts, une association systématique de ces rongeurs par le gaz sul- qui, depuis 1902, est devenue internationale fureux Clayton, prod;iit par un appareil et dont le but est de répandre la notion des aujourd'hui imposé par nos services sani- dégâts causés par les rats et d'amener une taires, on a retrouvé près de deux mille ca- campagne générale de destruction contre ces davres de rats. rongeurs. Pour être efficace, cette lutte doit

Avant que la peste ne se déclare chez être générale, les rats se transportant rapi-

l'homme, elle extermine toujours un grand dément à des distances considérables.

nombre de rats. Les Hindous et les Chinois Pour le plus grand bien de tous, espérons

reconnaissent^que la peste est près d'éclater que cette Société prospérera en France et

quand les rats quittent par bandes leur lieu dans nos colonies et sera une arme de plus

de résidence pour se rendre dans d'autres pour lutter avec efficacité contre ce fléau des

pays, ce qui survient quand ils voient mourir rats.

^ , , , ' V T D'' Adrien Loir. un grand nombre de leurs congénères. Leur

. Professeur d'Hygiène à l'Ecole nationale

instinct les éloigne du danger et ils fuient le supérieure d'Agriculture coloniale.

foyer du mal où ils ne sont ramenés qu'a- Paris, octobre iyo3.

La nouvelle Défibreuse de Bœken

à la Station d'essais de Machines du Ministère de l'Agriculture.

Dans le no 27, nous annoncions que des nologie à l'Ecole supérieure d'Agriculture essais d'une nouvelle défibreuse automati- coloniale; Eugène Poisson, de la Compagnie que, brevet Bœken, auraient lieu à Paris, sur coloniale du Dahomey ; Guinet, de la Comla demande du Ministère des Colonies. Il y a pagnie française du Congo; Cartaya, de la été procédé, en effet, à la Station d'essais de Légation de Cuba; Chaumeron, le bien Machines du Ministère de l'Agriculture, du connu fabricant de tapis en aloès; Edwards 3 novembre au 3 décembre. Les expériences (de la maison Mallac & Edwards), Georgi, de contrôle effectuées par le professeur Max. Chanteloube, commissionnaires; Dufour, Ringelmann avec la minutie qui caractérise du « Globe-Trotter » ; Vercken, de la Comles travaux du savant chef de la Station, ont pagnie du Rio-Sinu ; nos collaborateurs eu pour conclusion, le 3o novembre et le MM. Paul des Grottes et F. Main; enfin, i" décembre, des démonstrations pratiques M. Gabriel Guignony. agent consulaire de publiques, devant uneassistance d'élite com- France au Harrar qui, à la suite des essais, posée de botanistes, de capitalistes, de co- s'est rendu acquéreur de la machine, pour Ions, de négociants et d'industriels travail- exploiter un peuplement naturel de Sanselant les fibres. Nous avons eu le plaisir d'y vières s'étendant sur une vingtaine de kiloreconnaître un certain nombre de nos abon- mètres le long du chemin de fer Djiboutinés, A signaler plus particulièrement: MM. Harrar.

Gustave Denis, filateur, sénateur de la Nous ne pouvons publier de suite le bulle- Mayenne; Charles Rivière, directeur du tin de la Station, le caractère officiel des es- Jardin d'Essais d'Alger; Jiles Poisson et sais obligeant celle-ci à le faire paraître Désiré Bois, assistants au Muséum; Henri d'abord dans V « Agriculture pratique des Lecomte, directeur du Laboratoire colonial Pays chauds », organe du Ministère des Codu Muséum ; Ammann, professeur de Tech- lonies ; nous l'y reprendrons aussitôt paru.

^70 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 3o — Dec. igoS

Mais, dès à présent, nous tenons à dire qu'a- qualité, taxées par des experts à l'égal du

vec toutes les personnes présentes, nous beau chanvre de Sisal, valant aujourd'hui

avons été émerveillé de la façon dont la ma- environ jSo francs la tonne,

chine s'acquittait de la besogne spéciale pour Le travail de la machine est des plus sim-

laquelle elle a été construite : le défibrage de pies : Un ouvrier y jette les feuilles fraîches

la Sansevière d'Abyssinie mentionnée ci- à raison de 200 à la minute; un autre, à

'^^^^"^' la sortie, en recueille la fibre, qu'il ne reste

Cette plante qui ressemble plus ou moins plus qu'à sécher et à «mballer ; aucune main

Vespèce Sa}isevie}^a Ehrenbergii, sans que n'intervient pendant l'opération,

cependant ces Messieurs du Muséum se La grande différence entre cette machine,

soient encore prononcés à cet égard d'une qui se vend 1 0.000 fr. prise à Diiren, et celle

manière ferme, produit des feuilles de sec- de 17.500 fr. décrite et figurée dans le n» 7

Fig, 27. — Détibreuse de Bœken, Modèle 1904.

tion triangulaire (plus exactement, cordiforme), longues d'environ i mètre. On en aperçoit un certain nombre sur la figure; il esi impossible de les confondre avec les feuilles d'agaves panachées qui se trouvent à côté. Mesurées à la Station, les feuilles de Sansevière étaient épaisses, à la base, de 5 centimètres en moyenne et pesaient de 400 à 5oo grammes ; 3 mois s'étaient passés de puis leur cueillette en Abyssinie. Chaque feuille a fourni en moyenne i5 grammes de fibres sèches, blanches et fortes, de très haute

du « J. d'A. T. », consiste en ceci : son poids a été réduit de 14.000 kg. à 4.000 kg., la pièce la plub lourde ne pesant que 1 20 kg.; la chaîne d'entraînement en bronze a été supprimée et remplacée par des courroies système Getting & Jonas, excessivement ingénieuses, à armatures métalliques étamées, spécialement appropriées aux conditions climatériques des pays chauds ;enfin, unsystème de glissières à galets, réduisant dans des proportions considérables le frottement des courroies d'alimentation, a permis de

N-^ 3o— DEC. i9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 371

ramener la force motrice nécessaire, enplein ame}'icana panachée, variété horticole tout

travail, de 25 chevaux ài5 chevaux seule- aussi mauvaise que laprécédente ; enfin, des

inent. feuilles de Yucca gloriosa, cueillies dans le

On trouvera dans un prochain numéro la Jardin même de la Station. Nous avons été

description détaillée de la machine. Bor- très amusés de constater Ja belle qualité de

nons-nous à dire pour aujourd'hui que la la fibre de cet arbrisseau d'ornement d'ori-

défibreuse de BoeUen Joint à une parfaite gine mexicaine, bien connu dans les jardins

solidité de construction et à une très grande parisiens. Ces différents petits essais ont été

précision, une remarquable simplicité et faits sans toucher au réglage delà machine,

une facilité de manoeuvre et de surveillance montée pour la Sansévière. On sait com-

à la portée de tout ouvrier Tous les organes bien, en particulier, les feuilles de Yucca

principaux sont visibles et accessibles, écar- sont minces ; le fait qu'on ait pu en extraire

tant ainsi, en travail normal, toute crainte la fibre, est donc à retenir. L'inventeur se

de rupture ou d'usure prématurée. La ma- défend d'ailleurs contre l'idée d'avoir voulu

chine en fonction produit une impression présenter une défibreuse universelle. En

d'harmonie et d'élégance qui caractérise les effet, quoique la machine soit réglable

inventions bien mûries. entre des limites très larges, et tout en

En outre des leuilles de Sansévière sus- respectant le principe de construction,

mentionnées, dont il a été consommé M. Bœken estime qu'on ne saurait atteindre

5oo kg., il a été défibré, à titre de simples le maximum de rendement sans employer

expériences de curiosité, quelques feuilles des modèles spécialement appropriés en vue

d'ananas c Charlotte de Rotschild », va- de la plante qu'il s'agit d'exploiter. Cette

riété détestable en tant que fibre, et d'Agave conception paraît logique.

Origines et Développement des Cacaoyères de la Côte-d'Or

D'après les documents anglais et allemands.

Les progrès étonnants de la culture du cacao i885 121 Ibs.

dans la colonie anglaise de la Côte-d'Or et l'é- i8qi 80 »

norme développement de la culture de l'arachide „

au Sénégal français sont cites a juste titre comme ^ ^

les plus puissants arguments en faveur de la race io():> . .4

noire. Nous ne reviendrons pas ici sur l'arachide 1^94 20.3i2 »

dont nous avons longuement entretenu nos lec- 1895 28.906 »

teurs dans lesannées iqor et 1902 du « J. d'A.T. »; 1806 86.854 »

le cacao mérite que nous nous y arrêtions. La Sta- o - c i^ ^

^ . r..i •897 IDO.072 »

tion botanique d'Aburi et notre confrère « Ihe ^- '

West-African Mail», qui a l'habitude de puiser ses '^98 414.201 »

informations aux bonnes sources, nous apportent '^99 7 '4- 9^9 "

justement des renseignements circonstanciés : 1900 1.200.794 »

iQOi 2. 195.571 »

Le dernier Rapport annuel de la station " , .,^ ,

, , ,, iq02 D.367.40D »

botanique d Abun, qui a sa très belle part "

dans le dév/eloppement de la culture du Soit en i3 ans 10.189.545 «

cacaoyer parmi les indigènes de la colonie. D'après l'excellent article émanant de la

donne la statistique suivante de l'exportation station d'Aburi, paru dans le « West-African

de cacao de la Côte-d'Or do i885 à 1902 Mail >', la premièreintroduction du cacaoyer

(Il n'y en eut point de 1886 à 1890). Les dans la Côte-d'Or, date de 1857, mais la pre-

quantitcs sont indiquées en livres anglaises : mière plantation de quelque importance fût

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE No 3o — Dec. 1903

celle du noir Tp:ttie Quassik, d'Accra, créée rieuse aux spécialisies de la station botani-

en 1879 a Mampong, à i3o kilomètres delà que. Il y a là, quand même, une menace pour

côte, aii moyen de graines et de plants rap- Tavenir.

portés de Tile espagnole de Fernando-Po. Ce qui laisse le plus à désirer, ce sont les

La station botanique d'Aburi fut fondée transports. Les noirs sont obligés de porter

en 1890. Dès le début, elle s'occupa de pro- leur cacao à la côte sur leur tète, ou bien

pager parmi les noirs la culture du cacao et de l'y rouler en barriques ; les deux procédés

du café; le dernier fut d'ailleurs vite reconnu sont onéreux et exposent la marchandise à

moins avantageux, par les noirs mêmes. La de gros risques de détérioration. Le gouver-

Mission de Bûle introduisit également en nement vient de faire construire quelques

1890, dans la colonie, une certaine quantité de semences de cacao, qui furent distribuées aux indigènes contre payement.

En outre des expériences poursuivies à la Station, des distributions de graines et des conseils, les chefs indigènes reçurent une brochure sur le cacao rédigée par les soins de M. Johnson, directeur de la Station; il paraît que cette plaquette fît beaucoup de bien. Nous en avons eu en mains, dans le temps, l'édition anglaise.

routes carrossables, mais les noirs ne s'en sont pas encore servis à ce titre : ils se contentent d'y rouler leurs barriques.

Jusqu'ici nous avons suivi les sources anglaises. Une mission du gouvernement du Cameroun est allée se renseigner sur place; nous trouvons un résumé de ses impressions (citées d'après la « Gazette de Cologne «) dans le « Gordian » de Hambourg. Il y alà plusieurs indications curieuses:

Les missions religieuses et les maisons de commerce incitent les noirs à la culture en leur allouant la valeur de 5o pfennigs alle-

En 1 898, l'auteur de la brochure entreprit mands (= 40 centimes) pour chaque cacaoyer

une tournée dans le nord et l'est de la colonie en prodiguant aux indigènes des conseils pratiques et personnels. La même année, le gouvernement inaugura un service qui ne manque pas d'originalité et Jouit, paraît-il, de la confiance entière des noirs; les maisons de commerce le trouve moins à leur goût : L' Administration se charge de l'expédition du cacao eiîAnglelerre, pour le compte du producteur indigène. Depuis que ce système fonctionne, un seul district a vu augmenter déplus de six millions le nombre de ses cacaoyers.

planté ; puis, ils rachètent la récolte marchande au prix fort élevé de i5 à 20 pfennigs la livre ('/^ kilo ?). Les efforts réunis des missions, du gouvernement et des négociants ont eu d'autant plus de succès que les noirs du pays sont propriétaires de leurs terres et que les chefs, dont une bonne part descendentd'anciens esclaves de Fernando-Po, possèdent souvent une certaine culture intellectuelle.

Malheureusement, les agents des maisons de commerce, qui se trouvent le plus en contact avec les producteurs et sont censés

Cette énorme culture, qui a déjà produit les guider, ne possèdent aucune espèced'édu-

on l'a vu plus haut, en 1902, 5.367.405 Ibs cation agricole et ne connaissent pas eux-

(= 2.436.801 kg.) de cacao valant £. 94.944 mêmes les exigences multiples du cacaoyer!

et qui continue à s'accroître avec la rapidité Aussi, la conduite des cacaoyères laisse-t-

que l'on sait, est entièrement une culture in- elle beaucoup à désirer et le sol étant assez

digène ; elle a été simplement encouragée et pauvre, les arbres n'ont guère de chances de

soutenue au début par le gouvernement et durer: quelques-unes des plantations, les

par certaines maisons de commerce intéres- plus anciennes, datant de 1 890 ou même plus

sées au développement des exportations de jeunes, ont déjà cessé de produire,

la colonie. La nature luia été clémente aussi ; D'autre part, le cacao d'Accra arrive sur le

ainsi, jusqu'àcesdernierstemps les cacaoyers marché mal fermenté et mal desséché, et n'y

n'ont eu à souffrir d'aucun ennemi ni mala- réalise que 48 à 49 pfennigs la livre

die. Depuis quelques années, l'état de santé ('/..kilo?]. A la station botanique' on a ob-

généraldes cacaoyères est moins satisfaisant, tenu cependant de tort beaux produits, type

sans cependant inspirer d'inquiétude Ceylan.

N"3o — Dec. iqo3 .fOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Etude statistique sur la Ramie

Sa production et consommation, dans les diflFérents pays du monde. D'après Semlkr, Hassack, Baumgartner, etc.

La nouvelle édition du u Traité d'Agriculture Tropicale de Semler, 3^' vol. (i), contient l'indication de quelques sources bibliographiques allemandes récentes et de haut intérêt, concernant la filature et le commerce de la ramie.

Nous avons été particulièrement frappé de l'importance de l'article illustré de Schiefneb : Ramiespinnerei (Otto Lueger : Lexicon der gesamten TechniK) ; par le peu qui en est cité à la page 679 du Traité de Semler, on devine qu'il s'agit là d'une étude abiolument précise et sus" ceptible de rendre les plus grands services aux personnes qui désireraient se mettre au courant de l'utilisation industritlle de la ramie. Lesdétails de fabrication sortent du cadre du « Journal d'Agriculture Tropicale » et nous nous bornons à signaler le document à ceux de nos abonnés qui appart.enneniau monde de l'industrie. Parcontre, nous resterons tout à faitdans notre cadre habituel en reproduisant la partie statistique du chapitre de Semlkr, compulsée d'après le travail du professeur Karl Ha.ssack(« Zeitschrift furdieeesamte Textil-Industrie », Leipzig, année 1898-1899, no"^ i3 à 20) et une communication inédite de M. F.-J. Baumgartnkr, directeur de la filature de ramie d'Emmendingen (Allemagne). Nos dossiers personnels nous permettront de compléter sur un certain nombre de points les données de ces auteurs. — N. d. l. R.

« La culture et l'utilisation de la ramie en Chine date des temps les plus anciens. L'exportation se fait en partie sous forme de fibre, désignée le plus souvent comme « chanvre » sans autre qualificatif, en partie sous forme de tissus connus sous plusieurs noms dont le plus courant est « grasscloth » (anglais : toile d'herbe). Sous le nom de « toile d'ortie », des tissus de ramie semblent être venus en Europe déjà il y a plusieurs siècles, en même temps que des tissus de soie et sans qu'on en ait connu l'origine botanique ».

« Les principaux pays de production chinois se trouvent dans la partie sud-ouest de la province Hupe, près Futchau et Manisai ;

également, dans le Hou-nan. Les principaux centres d'exportation sont : Shanghai et Hankeou ; une petite partie passe cependant par Swatow et Tientsin. Il n'existe pas en Chine de statistique d'exportation certaine concernant la ramie : sur les registres de la douane, la ramie est confondue avec certaines autres fibres, le tout étant désigné en bloc comme « chanvre » ; Hassack estime que la moitié à peu près de ce « chanvre » représente de la ramie. Voici quelques chiffres de la douane chinoise visant l'exportation de «chanvre » (i pikul chinois = i33 '/;j lt)s; le tael haikwan (H. T.) valait S o,633 américains, le i'' juillet 1903):

Années

Pikuls

Valeur

(i)V. Annonces bibliographiques, Ij^ùi, dans le n'sS du .( J. d'A. T. ».

« La plus grande partie de cette exportation s'en va au .lapon, en France et à Anvers. C'est sur cette dernière place que s'approvisionnent les filateurs allemands. La répartition de l'exportation de Shanghaï est caractéristique :

«Shanghai a exporté, en 1900: 24.000 pikuls au Japon, 18.000 pikuls à Anvers, 14.000 pikuls en France et 8.5oo pikuls en Grande-Bretagne.

« La consommation intérieure, en Chine même, l'emporte de beaucoup sur l'exportation, et ce n'est pas cette dernière qui régit les prix de la ramie chinoise, c'est bien le marché intérieur.

<( La conversion de la ramie en « grasscloth )' a lieu principalement à Sou-Tcheou, et le tissu est exporté principalement par par Shanghai, Canton, Nieoutchouang et

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 3o — Dec. 1903

Amoy ; elle est considérable. La douane in- le nord de l'Italie, en Espagne, au Portugal, dique, en effet, les chiffres suivants :

voire même en Hongrie.

Année

Pikuls

Valeur

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