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L. Hautefeuille

Hanoï, Novembre igo3.

La Manutention du Thé en Europe

Par M. F. Main

On sait que de toutes les usines travaillant caniques les plus variées et les plus complc- Ics produits tropicaux, les usines à thé sont tes. Nous ne parlons pas, bien entendu, des celles qui comportent les installations mé- huileries et des rizeries. Les premières ne

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sont pas spéciales aux produits coloniaux ; les secondes, bien que souvent montées sur un très grand pied, voient leur rôle se borner à deux opérations mécaniques simples, le décorticage et le polissage, avec, comme annexes, les triages et nettoyages ordinaires.

Le thé, au contraire, est une véritable industrie agricole : sa préparation donne lieu à des traitements physiques ou physicochimiques (flétrissage et torréfaction), chimiques (fermentation) et mécaniques (roulage, désagrégation des boules de feuilles, triage, égalisation, emballage). — Nous ne saurions mieux faire que de la comparer à la sucrerie, qui comporte également des opérations physiques, chimiques et mécaniques, et qui peut à bon droit passer pour la plus intéressante des industries agricoles métropolitaines.

A côté des manipulations subies par la feuille de thé dans son pays de production, se placent un certain nombre d'opérations que subit le produit à son arrivée en Europe. — Ce traitement a lieu chez les importateurs et a surtout un but commercial ; c'est de lui que nous allons nous occuper. Nous avons eu en effet, récemment, Toccasion de visiter, à Londres, les entrepôts et magasins de deux importateurs de thé ; nous avons pu ainsi, en voyant le travail se faire sous nos yeux, compléter les données acquises dans d'autres parties de l'Angleterre, sur la machinerie en usage dans les pays de production ; machinerie que, bien entendu, noug n'avons pu voir fonctionner qu'à vide, dans les usines ; nous avons eu la bonne fortune de pouvoirles examiner presque toutes en cours de montage ou en essais.

A Londres, nous nous sommes rendus à la Mazawattee Tea Co,et chez MM. Tuki:,

MkNNELL & DODDS.

1 . — La première occupe à New Cross (London S. E.) une usine considérable, qui emploie un millier de personnes, hommes et femmes. — Nous devons à l'amabilité de MM. \Vm. R. Dell cS: Sons, Ingénieurs à Londres, qui y ont installé une partie des machines, d'avoir pu visiter en détail cette importante usine. Dans ce qui va suivre.

nous ne parlerons que du thé, mais notons dès à présent qu'elle reçoit et traite également le café et le cacao.

Le thé arrive en caisses bien caractéristiques mesurant toutes à peu près un pied cube et demi. Il est aussitôt déballé et trié par sortes qui sont emmagasinées dans de grands réservoirs clos, en tôle. — Il passe ensuite aux machines.

Il est urgent, en effet, de classer les diverses grosseurs de feuilles, d'éliminer la poussière et de recouper les feuilles de trop grandes dimensions. Sans ces précautions, le thé aurait un aspect irrégulier qui l'empêcherait d'être facilement accepté par le consommateur, ou tout au moins réduirait sa valeur marchande. Il y a de plus une question de marques établies, connues et sous lesquelles il faut toujours vendre des produits comparables.

Le thé est déversé des réservoirs dans des wagonnets qui l'amènent à la salle des coupeurs et mélangeurs. — Les coupeurs de MM. Wm. R. Dell & Sons se composent de deux rouleaiix en acier, à axe horizontal, tournant en sens inverse. Leur surface présente une série de cavités rectangulaires dont l'ensemble forme une sorte de damier. Les cloisons séparatrices placées suivant les génératrices du cvlindre sont aiguisées et forment les couteaux proprement dits.

Fig.25.— Coupeur-trieur de thé, de \\ ni. K. Dell >>>: Sons

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— La contre-pJaqueest en bronze, et formée également : 6 de 5oo livres, et 2 de 25o livres,

d'une série de petites plaques de 5 à 6 cm. — Ils consistent (fig. 26) simplement en de gros

de longueur, montées sur une charnière cylindres de tôle, de 2 m. environ de dia-

et maintenues par un ressort. mètresur 2 m. 5o de longueur, tournant len-

L'ensemble de l'appareil (fig. 25) com- temeni autour de leur axe. A l'intérieur, se

porte une trémie d'où le thé tombe sur 'un trouvent quatre lames hélicoïdales, en cui-

crible à secousses incliné, dont la première vre, d'une largeur décroissant de o m. 35 à

partielaisse passer tout ce qui n'a pas besoin o m, i5 seulement, fixées aux parois du

d'être recoupé ; le reste passe sur un tamis cylindre. Ces lames favorisent le brassage

très large, qu'il traverse pour se rendre au et accélèrent la vidange de l'appareil à la fin

coupeur. — Toutefois les machines de la de l'opération. Leur forme est combinée

Mazawattkk Tea Co. soni à double efl'et ; pour donner le moins de poussière possible.

Fig. 26. — Mélangeur de thé (Cliché de Wm. R. Dell & Sons).

elles comportent deux paires de rouleaux à Mais l'absence absolue de poussière est à peu alvéoles de différentes tailles, correspondant près inévitable, surtout pendant le chargeà deux tamis de grandeur différente. On ment et la vidange des appareils. Aussi obtient donc ainsi avec une seule machine, existe-t-il sous les mélangeurs un caniveau trois tailles de feuilles. — Déplus, le fond grillé relié à un puissant aspirateur qui ende la trémie est constitué par une toile sans traîne toutes les poussières dans une chamfin qui avant de déverser le thé sur le tamis, bre spéciale où elles sont recueillies et triées, le fait passer sous un puissant électro-aimant Une partie du thé est alors dirigée vers où il abandonne les clous et autres débris l'emballage en sacs et en paquets, l'autre enmétalliques fréquents dans les caisses de voyée dans des réservoirs semblables à ceux ïhé. (iQnt nousavons parlé plus haut; il y a loo* Les produits sortant des huit coupeurs de ces réservoirs pouvant contenir chacun sont entraînés par des élévateurs dans des 2.000 livres de thé. mélangeurs; ceux-ci sont au nombre de huit L'emballage en caisses se fait au moyen

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d'une machine construite par MM. Dbll& nuiserie, etc. L'organisation savante de cette Sons comportant essentiellement une plate- usine n'est pas le point le moins intéressant forme carrée animée d'un mouvement vibra- que nous ayons eu à y constater, toire rapide obtenu par un excentrique. L'ap- 2. — Les ateliers de MM. Tuke, Mennell pareil, transportable, est monté sur deux & Dodds personnifient bien le type de l'enroues et reçoit la force d'un moteur élec- trepôt d'un importateur de moyenne envertrique également monté sur chariot, et au- gure. Ils sont situés non loin des docks, et quel il est relié par un arbre flexible. fort bien combinés pour l'emplacement

L'emballage en sacs et en paquets se fait exigu qu'occupe chaque local dans cette par-

au moyen d'une machine entièrement auto- tie de Londres.

matique qui pèse le thé, remplit le sac, le Les caisses sont mises en magasin aux

tasse et le ferme. — Trente de ces machines 2' et 3** étages; un treuil aciionnépar un mo-

débitent chacune 1.600 livres de thé par Jour, teur à pétrole de«') chevaux situé en sous-sol,

en paquets d'unquart délivre. Unequinzaine permet la manutention rapide, d'autres débitent chacune 2. 200 livres par Le coupeur, du type précédemment décrit.

Jour, en paquets d'une demi livre. mais à simple effet, est audeuxième étage; il

Nous voudrions pouvoir insister davan- décharge ses produits directement dans le tage sur certaines installations mécaniques mélangeur, situé au-dessous; sur le même de cette usine, mais cela sortirait du cadre palier a lieu l'emballage, de ce journal. Nous ne pouvons cependant Le moteur de 6 chevaux suffit largement à manquer de signaler que l'usine de la Maza- actionner les diverses machines. — Grâce à wattee Tea Co.,ne reçoit absolument que des la disposition des appareils, on arrive à réamatières premières : Aux ateliers de prépara- liser dans un espace restreint la possibilité tion des produits alimentaires sont annexés de travailler et de diriger vers la consommaune fonderie et une salle de laminoirs, où tion immédiate une quantité relativement sont préparées les feuilles de papier d'étain, considérable de thé marchand, un atelier d'estampage de fers blancs, une F. Main. imprimerie sur métaux, un atelier de me- Ingénieur-Agronome

L'Élevage au Paraguay

Conseils d'un vieil éleveur aux débutants.

D'après le D"^ Kemmerich.

Le « Journal d'Agriculture Tropicale » a déjà, louer à bon compte. Au voisinage du fleuve

à plusieurs reprises, entretenu ses lecteurs de Paraguay, dans sa partie navigable, ou près,

questions intéressant l'élevage dans l'Amérique ^^ ^^ ^^ j^ terrain de qualité supérieure du Sud (voir 1902, p. i3q et p. 2.-)i). Il croit au- , , ,. > ,,

,,...• ," • , -, ., coûte 10.000 marks la lieue carrée (légua

jourd'hui devoir reproduire un extrait d'une «-^ » \o

lettre écrite par le D-" Kemmerich, un des grands cuadrada), soit 5,5 marks Thectare, puisque

éleveurs du Paraguay. Cette lettre parue dans celle-ci comprend 1.875 hectares. A l'inté-

l'excellent recueil « Der Deutsche Kulturpionier », rieur, à une distance de 5o à 100 kilomètres

no« 3 et 4, IQOS renferme, en effet, de très pré- ^^ j^ ^^^^^ ^„ ^^y^^^^^ à raison de 2 à

cieuses données sur les conditions économiques , , ,,,

, ,,,, 1 . , ., 3 marks I hectare,

de 1 élevage dans ce pays qui nous intéresse d autant plus que nous y possédons un groupe fidèle « Je ne parle ici que du Paraguay septen-

d'abonnes. trional, le sud du pays m'étant peu connu.

Nous devons ce document à M. Mallèvbe, professeur à l'Institut agronomique et à l'École Su- « C'est à peine si l'on trouve à louer des

périeure d'Agriculture Coloniale. — N. d. l. R. terres sur la rive gauche du fleuve ; par con-

,;.*.,. tre, dans le Chaco, sur la rive droite du

« A l'heure actuelle, il existe encore au fleuve, on peut acheter au prix de 2 à

l^araguay des terres qu'on peut acheter ou 3 marks l'hectare ou bien louer pour 5 ans

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((lieues carrées pour la somme annuelle de et aider aux opérations des revues, du gar-

1.200 marks. Il est donc possible à ce prix diennage, de la castration et du marquage,

d'utiliser en vue de l'élevage du bétail une Toutefois, il n'est pas absolument nécessaire

très grande étendue de pâturages d'environ d'être toujours présent, puisque l'on ne peut

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