‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, et extraits des mémoires d'André Lefèvre d'Ormesson. PubliésChapitre 55 sur 71 · ET AVEC M. DE SÉVIGNE · texte numérisé non relu

ET AVEC M. DE SÉVIGNE

Septemb. i643. «Le vendredy 2Ù septembre 1 6 A 3 , apresdisnée, je fus à Amboille avec ma femme. Nous fusmes disner le dimanche à Sucy, et M. de Collanges et ma sœur1 nous vinrent voir le mardy. Ils admirèrent nostre beau fruit. Le mercredy, Mmc de Fourcy, avec sa famille, vint nous voir, y passa le jeudy, et en partit le vendredy pour Paris. Le samedy, nous revinsmes et sçusmes que ma sœur estoit accouchée d’un garçon2; qu’il avoit esté tenu sur les fonts par mon père et MUe de Chantal. Elle en estoit accouchée heureusement, après estre partie de Sucy après les premières douleurs.

Janvier 1647. « Le mercredy 2 janvier [16/17], je fus au conseil, où chacun attendoit

la première entrée de M. le Prince3; mais je sçus qu’il n’y viendroit (ju’après toutes les cérémonies achevées. L’apresdisnée, chez M. de Sévigné ,

1 Marie d’Ormesson , qui avait épousé Philippe de Coulanges , maître des comptes.

2 Ce fds de Philippe de Coulanges et

de Marie d’Ormesson ne figure pas dans les généalogies. C’est sans doute de lui que parle Olivier d’Ormesson , lorsqu’à la date

du 7 août i646 il mentionne la mort du petit Coulanges. (Voy. p. 865.)

3 Louis de Bourbon ne portait le titre de prince de Condé que depuis peu de temps, et n’avait pas encore siégé au conseil d’Etat en cette qualité.

APPENDICE

et après chez M. de Toisy, où j’appris le fascheux rencontre arrivé à M. de Janvier 16/17. Montchal, retournant chez luy, où il y avoit eu trois hommes de tués. De là, chez M. de Beaurepaire.

«Le dimanche i3 janvier, allant chez M. de Sévigné pour disner, je le trouvai très-mal d’une colique. J’y demeurai à disner et commençai, l’apresdisnée, à voir son procès.

«Le lundy îlx, matin, au sceau-, de là au Palais. L’on disoit que la paix estoit rompue tout à fait1. L’apresdisnée , dire adieu à M. de Breteuil, qui alloit en Languedoc; il me monstra ses instructions et sa commission fort honorable.

«Le mardy i5 janvier, je vendis à M. Chevalier mes bois des Ambulets (ou Ambalets) pour trois mille deux cens livres. L’apresdisnée, continuer chez M. de Sévigné à voir son procès. Ce matin, partit M. de Breteuil.

«Le mercredy 16, au conseil, où vint M. le Prince, et ne voulut point s’asseoir que Monsieur ne fust venu, qui fut à neuf heures et demye, et luy voulut rendre ce respect. L’apresdisnée, chez M. de Brasseux; de là, chez M. le comte de Saint-Aignan , qui me dit avoir vendu sa charge de capitaine des gardes de Monsieur au vicomte d’Auteuil, pour vingt-cinq mille escus, le mesme prix qu’il l’avoit achetée, l’autre moitié estant à M. de La Frette.

De là, chez Mœe de Fourcy, où M. l’abbé [de Fourcy] se baigne.

«Le jeudy 17, au conseil; au commencement, M. d’Emery fit force allées et venues, pour parler avec M. de Grammont, de chez Monsieur, et sortit deux fois de sa place. Je ne sçais ce que ce peut estre. M. Foullé rapporta une requeste pour M. du Viger, qui avoit obtenu des lettres de conseiller honoraire pour la chambre de l’édict de Guyenne, estant de la religion, et, quoyque les chambres de l’édict ne reçoivent point d’honoraires, parce que ce ne sont que commissions, néantmoins la chambre de l’édict de Castres, qui en avoit reçu deux, avoit donné lieu à ces lettres, sur l’entérinement desquelles la chambre s’estoit trouvée partagée. Il demandoit que le roy le fist recevoir par un maistre des requestes. M. d’Émery fut d’avis de rendre la requeste pour ne pas autoriser ceux de la religion dans le pays, et il passa par son avis, quoyque les princes et M. le chance lier fussent d’avis de le recevoir.

1 11 s’agit des négociations de la paix de Westphalie.

882 APPENDICE

janvier 1647. «Le vendredy 18, j’appris que le sujet des allées de M. d’Émery estoit que, le mercredy, à la petite direction, l’apresdisnée, les secrétaires de Monsieur luy ayant fait remarquer que M. Perrault et M. de Tourville s’estoient tenus derrière M. le Prince, il tesmoigna qu’il 11e le vouloit pas souffrir. M. le Prince ayant tesmoigné ne point vouloir de nouveauté, l’accommodement fut que MM. Perrault et Tourville entreroient, et se tiendroient dans la salle du conseil, mais ne se mettroient point derrière M. le Prince.

« L’apresdisnée , chez M. de Sévigné.

«Le dimanche 20 janvier, je fus chez M. Tubeuf pour mes appointemens; il me les promit de bonne grâce, lorsque l’on y travailleroit. De là, chez M. de Brienne pour tirer La Fontaine des galères. De là, chez M. de Tourville; après, au petit Luxembourg, où je parlai à M. Drouard pour les religieuses de l’Annonciade, et ensuite pour faire mettre La Fontaine sur le billet de ceux que l’on tire des galères tous les ans. Je revins à l’Annonciade, et ensuite disner chez M. de Sévigné. L’apresdisnée, à la comédie italienne. Le soir, l’esclipse de la lune, qui ne fut couverte qua moitié.

« Le lundy 2 1 janvier, au sceau; de là, au Palais, où je parlai à Bataille pour l'affaire de M. de Sévigné. M. de Lezeau et sa famille disnèrent au logis. L’apresdisnée , je vis M. de La Meilleraye, où je vis MM. du Tremblay, Arnault-Corbeville, et du Fay-la-Trousse, qui estoit revenu pour se justifier de la calomnie, que M. le comte d’Harcourt avoit mandée, qu’il estoit cause du secours de Lérida. J’appris que M. d’Harcourt y achevoit son temps de trois ans, et l’on luy envoyoit des canons de Paris, en ayant perdu vingt devant Lérida. De là, voir M. de Saint-Aoust. »

FfN DE L’APPENDICE

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