‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 58 sur 83 · UI · texte numérisé non relu

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(joraNXL troLiviE* d’Obmesson, t. i, p. iSq.)

Olivier d’Onnesson indique à peine l’arrestation des gentilshommes du duc de V'endôrae, à Anet. Son récit a besoin d'étre éclairci par d’autres documents. Les renseignements les plus complets sc trouvent dans les mémoires

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qun j’ai déjà cités sur la régence d'Anne d'.Autriclie. oM. de V'endostne, dit l'auteur anonyme, pensant qu'on le lairroit en repos dans sa maison d'Anet n'en put pas jouir longtemps, estant %'isité de ses amis de la cour et de force noblesse de ces quartiers-là. Sur qiioy, des gens, pour se faire de feste et mériter de la cour, s-oulurent faire croire que ces com|)litiiens et visites estoient des assemblées et cabales contre le service du roy, et qu’elles pourroient produire quelques desseins conti'c la personne du cardinal, qui n'avoit point encore de gardes. L’on dit qu'un gentilhomme. Gaucheville, domestique de M. de Beaufort, pouvoit sçavoir quelque chose dos desseins qu'avoil eus son maistre, et que, si on le pouvoit avoir entre les mains, on apprendrait beaucoup de secrets des choses passées et de celles qui se traitoienl à Anet. La difficulté estoit de l’attrapper; car .M. de Veiiilosnie ayant quinze ou vingt gentilshommes, soit des siens, soit de ceux qui estoient près de M. de MeiTœur ou de M. de Beaufort, il estoit malaisé de prendre ce gentilhomme. 1-c prévost de l’isie *, nommé Pclit-Puis, eut commission d'essayer de le surprendre. 11 estoit comme impossible de le faire au chastcau. C’est pour<[uoy il suscita une femme do mauvaise vie de la connoissance de ce Gaucheville, laquelle s’en alla loger à .-^nct dans une maison où elle l’attira, et le Petit-Puis, y arrivant, le surprit. Quelques autre.s qui estoient avec luy, de la maison de M. de Vendosme, furent blessés, et luy amené à la Bastille, où il a tousjours demeuré jiisquesaiix brouilleries de Paris, sans pourtant avoir donné aucun esclaircisscmcnt de.s choses que l’on désirait apprendre de luy; et parce que l’hoste, qui avoit retiré cette femme, avoit esté accusé d’avoir eu connoissance de ce dessein et de ce que le prévost avoit fait, sa maison fut brusléc et M. de Vendosme accusé d’en avoir donné le commandement. Ce qui fit un grand bruit et esclata fort à la cour, comme une grande violence dont M. de Vendosme avoit usé. Il s’en excusa, disant que la chose estoit arrivée par une émotion populaire et sans son ordre. Mais, quand il eust eu encore de meilleures raisons, elles n’auroient pas passé pour bonnes à la cour en l’estât où il estoit. On fit informer du fait, et deux compagnies de clievau-légers furent ordonnées pour tenir main forte è la justice, et, comme elles s’acheminoient à Anet, •M. de Vendosme se retira à Vendosme, où il ne fut pas longtemps en pa-

' Le prévôt de nic-de-France.

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liencc : ayant reçu ties lettres du roy de venir rendre compte de ses actions et se justifier, il ne crut pas le devoir faire, cl mesme on n'auroit pas esté bien ayse qu'il se fust présenté. Il se relira donc en .Auvergne, en la duché de Mercaur, où ne croyant pas, daii.s la chaleur avec laquelle on le poursiiivoit, eslre en sciireté, il passa i Genève, où l'on reconnut hientost qu'on ne prenoit pas plaisir à la cour qu'il y demeurast. Il entra dans la Suivie, où l'ambassadeur fit ce qu'il put pour empeseber qu'il n'y fust souH'erl, <le sorte qu'il fut obligé de passer en Italie , où son plus grand séjour fut à Florence et 4 \ enise. »

CrEnSE D'ITALIE. SIÈGE l«)BBITELLO (mARS-JITII |646).

Le Journal d’Olivier d’Ormesson présente une lacune pour l'année i646 (mars-juin). Ce fut dans cet intervalle qu'eut lieu l'expcdilion d’Orbitello; j'en donnerai le récit d'après un témoin oculaire , René Le Voyer d'Argenson . qui fut intendant des années françaises pendant cette e.vpédition. Il a pris soin d'en faire une narration, qui est en partie autographe', elle est conservée é la Bibliothèque impériale du Louvre dans les manuscrits de la famille d'.'Vrgenson (t. XV, fol. lo-aG).

U Vers la fin de mars i646, un courrier du cabinet du roy porta à .\l. d'.Argcnson la lettre suivante accompagnée de celle de M. Le Tellier, secrétaire d'Estat, transcrite après la dépesebe de Sa Majesté :

• LETTRE Dli BOT

«Monsieur d'Argenson, Ayant résolu, par l'advis de la rcyne régente, O iM"" ma mère, de me servir de vous dans un employ important au bien de B mes affaires, dont je remets à vous donner connoissance lorstpie vous serei • près de moy, je vous dépesebe ce courrier exprès, et vou.s fais celte lettre « pour vous dire qii'aussy tost icelle rcccue vous ayez à partir du lieu où vous B serez pour vous rendre le plus diligemment que vous pourrez par deçà.

' Suscription de celle lettre : d M. tTAr- tendant de la jtutice et /inancei en PoiCton yenion, corueiller en mon conseil d'Estat» in- et provinces voisines.

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« Cependant, je prie Dieu qu'il vous ayt, monsieur d'Argenson, en sa sainte

• garde. Escrit à Paris, le aa mars i6/t6. Signé I.OCI.S, et, plus bas, La «Teluer.»

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