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qiiasy empesdier, pourveu que rarmce soit forte. Car il la faut telle pour donner hardiesse et asscunmcc à ceux qui voudront estre favorables, et je ne doute point que la ville et tout le pays, ruyncs au point qu’ils sont et inccontcns jusques au désespoir, voyant que, par un roy, on leur porte le remède qu’ils désirent et le plus favorable qii’ils ayent jamais .souhaité, nonseulement ne fassent aucune résistajice, mais, dès le premier jour, ne taschent à réduire leur vice-rov è un estât d'impuissance de se defl'endre et à se retirer dans les cbasteaux et abandonner la ville, qui est à dire perdre tout; car ce sont trois places qui ne valent rien et qui ne peuvent subsister, la ville estant prise, le roy d’Espagne n’estant pas aujoui’d’buy en estât de secourir un royaume révolté avec l’ennemy desjà dedans. Quand je suis sorti d’Italie, il n’y avoit pas dans la ville ny d.ans les cbasteaux quatre cens hommes naturels, et quand ils en auroient envoyé quelque peu davantage pour CCS bruits du Grand Seigneur*, ce ne pourroit estre que des bisoques (recrues) d’Esp.agnc, sans c.xpéricncc, inutiles pour longtemps au scn ice. lesquels ils envoyent pour en tirer les vieux soldats et s’en servir dans leurs armées ailleurs. Je ne crois pas, néantmoins, qu’en la ville de Naples cl aux cbasteaux ils ayent fait grande diligence pour se munir contre le Grand Seigneur; car ils peuvent estre asscurés, en un tel cas, du dedans, outre que cet cnnemy est beaucoup à craindre aux lieux où sa domination confine, et n’est csloignée et distante du royaume de Naples que de cent milles, comme pour la province d’Olrante et autres. »
(journal D’OLIVIBR D’OBUESSON , T. I, P. 68 ET 69.)
Olivier d’Ormesson parle des intrigues de cour relatives à Cbavigny, et de l’intervention du duc d'Orléans en sa faveur; mais il ne connaît pas les mobiles secrets qui firent agir le prince. J’emprunte, à des mémoires inédits sur la régence d’Anne d’Autriche, des détails qui font connaître l’intérieur de la cour du duc d’Orléans et qui ne se trouvent pas, à ma connaissance, dans les autres mémoires de cette époque ;
' Les Turcs préparaient, ù celle époque, l'expédition qui vint mettre le siège devant Candie.
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«I.p |>rc»idenl l.eCoigneux, t-slanl rwnu comme loa autres, prétendit auMv devoir rentrer dans la charge de chancelier de M. le duc d'Orléans, qu'il avoit rescompensée au défunt président de Verdun, outre qu'il avoit assisté M. le duc d'Orléans, pendant son absence de France, de trois ou quatre cent mille francs qui liiy esloieni dus. Mais l'abhé do La Rivière, de qui la hiveur et le crédit près son maisire alloicnt augmentant, cnit qu'il ne falloit pas laisser rapprocher Le Coigneux de .M. le duc d'Orléans, paire qu'il ii'cn avoit este esloigné que |iar la puissance absolue que Ptiy-Laurens avoit eue sur l'esprit de Monsieur, et non pas par mauvaise volonté ou antre sujet qu'eust M. le duc d'Orléans de se plaindre de Le Coigneux. Il crut qu'il valoil mieux laisser cette charge entre les mains de Chavigny, qui, ayant tousjours mal vcscu avec Monsieur, pourrait dilTicileroent y avoir autant de part que l'autre, outre que Chavigny devant aller comme plénipotentiaire à Munster, oii il seroit vraisemblablement quelques années, il ( l'abbé de La Rivière) pourrait ce pendant si bien alTcnnir son establissement près de Monsieur, que Chavigny, revenant après, ne luy pourvoit nuire, et, de fait, quelqu'un des amis de La Rivière luy disant qu'il avoit tort d'avoir laissé cette charge entre les mains de Chavigny, lequel, estant détaché de colle qu’il avoit auprès du ray, employcroit tout son soin et son industrie à se rendre aussy agréable et complaisant è Monsieur, comme il avoit fait par le passé tout le contraire |K>ur satisfaire au cardinal de Richeheu, il respondit qu'il n'avoit pas pu l'cmpcscher, et que , s'en allant pour trois ou quatre ans, il auroit le loisir de pouvoir faire que cela ne luy préjudiciast point.
a Le Coigneux résista, tant qu'il put, au consentement, qu'cnfin il donna, de prendre rescompensc de cette charge , qui lut limitée à soixante mille escus, quuyqii'il en voulus! avoir soixante-dix mille; mais, soit par un Imn mesnage , ou par fatalité qu'il y avoit que Chavigny ne demeurast point en cette charge, et que cela luy attirast beaucoup de peines , de traverses et de iléplaisirs, coiiiine il se verra en la suite de ces Mémoires, Le Coigneux, se trouvant sans appuv, donna un consentement force é ces soixante mille escus, craignant de tout perdre; mais en mesine temps il fit parler à un des amis de La Rivière, pour luy représenter le préjudice qu'il se faisoit de laisser Chavigny dans cette charge, disant que, moyennant que La Rivière luy voulust aider, et qu'il en pust avoir quatre-vingt mille escus d'ailleurs, il résisterait è Chavigny et ne concluroit point le marché. Sur quoy, Cha-
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Vigny, voyant M. de Vendosme csloigné, M. de Beaufort, dont U appréhendoit quelque insulte et mauvaise rencontre , prisonnier, et ne craignant plus rien de celte maUon, qui se tenoit désobligée de tuy dans toutes les choses qui leur estoient arrivées pendant le gouvernement du cardinal de Richelieu, d'ailleurs considérant que, dans l'arrest de M. de Beaufort, soit pour les avis qu'il avoit donnés de son dessein, soit pour avoir fortilié le cardinal dans la résolution qu'il avoit prise, il croyoit avoir mérité beaucoup près du cardinal Mararin , il ne songea plus à vouloir aller  Munster, |>ensanl de se rendre d'autant plus nécessaire et considérable qu'il s’approcheroit de plus près de M. le duc dOrléans. Mais tous les amis de M. l'abbé de La Rivière firent connoistre au cardinal Mazarin qu'il valoit bien mieux se servir de la Rivière, pour maintenir Monsieur dans les sentimens et volonti-sde la reync et du cardinal, que de Chavigny, parce que le premier, estant tonl nouveau dans les allaires, scroit plus facile h retenir par les grâces qu'il poimcoit recevoir du roy, au lieu qu'il scroit dillicile do s'asscurer de Chavigny, qui estoit un esprit bardy, capable et entreprenant, et qui n'avoit point de bienfaits à rechercher dans l'opulence où il estoit. Ce qu'il fut aisé d'insinuer au cardinal, sans toutesfois que ce choix parust é Chavigny; de sorte que le cardinal, sc servant des uns et des autres, mit tout à profit, et cependant, par la coniiance qu'il iiiontroit avoir en La Rivière , il fortifioit son crédit près son inaistre.
« L'abbé de Li Rivière , pendant que ces choses se passoient , eut avis, par une jiersunne de grande qualité, comme il s'estoit fait une cabale dans la maison de M. le duc d'Orléans, de M. de Rellcgarde, de Coulas, de Cbavigny, qui vouloient porter Madame, laquelle n'a jamais eu d'autres dispositions pour La Rivière, i le ruyiicr auprès de Monsieur. L'abbé de La Rivière connut bien ainsy qu'il falloit auparavant essayer par toutes voyes d'empescher que Cbavigny ne demeurast en cette charge de chancelier. ,\insy donc il embrassa chaudement les olfres faites par Le Coigneux qu'il avoit reçues d'abord froidement, et commença, par l'entremise dcceluyqui luy en avoit fait l'ouverture, de la part de Le Coigneux, i le fortifier dans la pensée de ne sc défaire en aucune façon de .sa charge entre les mains de Cbavigny. A quoy le président Le Coigneux promit de résister, ainsy qu'il lit. Mais , comme l'alTaire traisna trois ou quatre mois, nous la lairrons jusqiies i ce que Chavigny en fut exclu, et .M. de Choisy, de Caen, eut cette
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rharge pour le prix de quatre-vingt mille cscus. Cependant le cardinal, ayant esté averti du dessein que M. de Bellegardc et les autres avoient contre La Rivière, sc conririna dans ce qu’on luy avoit représenté, qu’il falloit s’ayder de lai Rivière pliistost que de le laisser perdre, et de soulTrir que .M. le duc d'Orléans tomliast entre les mains de ces personncs-là. Il connoissoit l'humeur de M. de Bellegarde, qui avoit tousjours esté contraire à ceux qui gouvernuient, et sçavoit bien que Madame ne l’aiinoit point. Ainsy, sans nionslrer de partialité, il donnoit moyen à La Rivière, en favorisant toutes les choses qu'il avoit à traiter avec luy pour son maistre, de se rendre agréable et nécessaire dans les intérests de M. le duc d’Orléans, soit pour de l'argent, ou pour autres choses qu’il avoit à traiter avec luy et qu'il pouvoit désirer de la cour, mais particulièrement pour luy faire avoir un gouvernement.
« S’estant passé asseï de temps pour en pouvoir parler, il avoit esté ques. tion de luy donner le gouvernement de Champagne; mais, comme ce gouvernement est proche de la Flandre et de la Lorraine, on songea h celuy de Languedoc, lequel, quoyque plus beau et plus grand que celuy de Champagne, n'estoit pas si suspect à cause de l’csloignement, outre cpie M. d’Elbeufesloit gouverneur de la Picardie, qui confine avec la Champagne et toutes les autres dospendances de la maison de Lorraine. Le mareschal de Schomberg, gouverneur de Languedoc, fut mandé pour venir à la cour, où estant, il fut surpris de voir le sujet pour lequel on l’avoit fait venir, et eust bien voulu estre resté dans son gouvernement. Il résista longtemps avant que de se vouloir accommoder, mais enfin il se rendit, pour le gouvernement de .McU, Toul et Verdun, et le gouvernement particulier de la ville et citadelle de Metz, avec la lieutenance générale du gouvernement de Languedoc. »