‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 60 sur 83 · II. gi · texte numérisé non relu

II. gi

APPENDICE

a\l. Le Teliier, ^rctairc d’Estal, eut ordre de la rcyne et fut charg(f par Son Lminenoc do donner audit sieur d'Argenson les pouvoirs et ios instruc-

Breté que Tarmée de Sa Majesté ayant Cait sa descente au mont Argentaro, suivant ce qui est projeté par ladite instruction, il sera très utile de con.vïrser les troupes, empescher qu'elles ne se deshandeni el mcMiM d'attirer des soldais de di> ver» endroit» d'Italie, de faire courir le bruit qu'ayant pris pied en ces quarüerslà, l'nrmée panera en d'autroa lieux, où les gens de guerre pourront faire beaucoup plus de butin et d'exécution.

• Que M les Espagnols demandent passage au pape pour envoyer du secours par l'Estat ecclésiastique aux lieux qui seront attaqués, les ministres du roy qui sont à Borne auront à représenter vivement à Sa Sainteté le tort que l'on se ferofl de rompre la neutralité entre les couronne» on leur accordant cette demande , el oSeii sant le roy par une partialité si manifeste. Que si Sa Saintclé en venoil là, M. la prince Tlionias et M. le duc de Brcaé, on son obK'ncc, seroicnl obligés à provuire les résolutions convenaMes pour se garantir du préjudice qui en pourroit arriver aux armes et aux aifaires do Sa Majesté. Et néantmoins l'intenlion de Sa Majesté n'est pas qu'ils aUe4iteiil aucune chose contre les Estât» de Sa Sainteté , mais bien qu'ils concertent avec MM. le.x cardinaux d'Estc et Grimaldy co qui pourra servir a emppscber Sa Sainteté de douner ^>a»»age ny aucune assistance aux ennemis, iuy imprimant une forte apprélicn.'^ion des luaiivaise» suites qui en pourroient arriver à l'Estat ecclésiastique; maU quand bien mesme Sa Sainteté n'y auroit pas d'e»gard. M. le prince Thomas de Savoye et

.M. le duc de Brezé, en son absence, »e contenteront d'en donner advis à Sa Majesté pour attendre ses résoluUom sur ce 4{u'iU auront à faire

■ Dans la lx>nne volonté que M. le duc de Mcxlcne tesmoigne ver» cette c»3Uronne. Sa Majesté se promet que. quand l'armce aura fait sa descente, M. le prince 'rhum as et M. le duc de Brezé, en son absence, pourruienl avoir recours à luy pour diverses choses qui peuvent estre nécessaires à l'armée, surtout pour recouvrer des chevaux, et que facilement il se portera à leur donner assistance, au moins secrètement; mais il est remis à leur prudence d'user de cet advis comme iis le jugeront plus à propos.

• M. te prince Thomas, el M. le duc de Brezé en .son alisence, donnera ordre à l'aUié Bentivoglin de prévenir l'esprit du duc de Florence sur t'assislancc et le sage que l'Espagnol luy pourroit demander dans scs Estais pour aller secourir le» postes qui seront attaques par l'armée de Sa Majesté, cl de luy faire conooislre que , voulant demeurer dans la neutralité, il ne pourroit pas refuser ia mesme chose à Sa Majesté . el qu'ainay il feroit de .«es Estais le théâtre de la guerre.

«Et, en effet, si le duc de Florence donne passage aux troupe» d'Espagne, il faudra que ledit abbé lo luy demande pour la cavalerie que Sa Majesté y enverra , et l'on {lourra se servir de cette voye pour en faire aller de Piémont . le marquis Ville ayant offert de conduire deux nulle chevaux, sans mesme attendre celle concession du pansage, en tel endroit d’Italie que

by Gi

APPENDFCE.

lions qui luÿ osloient néc<^ssaircs, et, ronime son cmploy ttvoil Ii»»on av«r desseins pour lesquels M. le duc de Brezë csloil rommandé de se mettre proinplcment à la mer, ledit sieur d’Argenson fut si pressé de s'aller embarquer avec luy à Toulon, qu'il n’cul le loisir de demeurer à la cour que huit ou neuf jours, si bien qu’il partit de Paris le sixième d’avril, après avoir pris congé de la reync. de Son Éminence, de M. le chancelier et de M. Le Tellicr, et sc rendit à Lyon le dixième du mesme mois. I.c douiièmc, il s'embarqua sur le Rbonc et arriva en Avignon le qualonième au matin, d'où il partit le mesme jour pour se rendre A Toulon parla ville d'Aix, et arriva le sekicme du mesme mois à celle de Toulon. Le dix-seplième jusques au virigt deux furent employés pour achever les embarquemens des troupes, victuailles et autres choses nécessaires pour l'année navale et pour celle de ten*c. A quoy M. le duc de Breié, M. farchevesque d'Aix*, M. de Champigny, intendant de Provence , et MM. Brachet, intendant de l’armée de terre, d’Intreville, inlendunt delà marine, et le chevalier Garnier, apportèrent toutes les diligences possibles, iioiiobstaiit que le temps fust fort mauvais à la mer durant deux ou trois jours.

41 Le vingt-troisième au matin, le coup de partance fut tiré, et sur le soir tout le monde s’embarqua sur les navires, galères et barques de l'armée navale, composée de seize galions, dix galères, huit bnislots, deux flustes et soixante et liiiil barques ou tartanes chargées de vivres et victuailles, et de

raiion, de faire la mesme chose en l'estai auquel se tronvoienl les afiairei à présent, et d’assister l'armée de Sa Majesté en tout ce qui pourra despeudre de luy et de son Estai. Cet BTÎs est bien certain; Sa Majesté estant très bien avertie [du bon vouloir] dudit sieur prince a fait sçavoir ce que dessus par M. le cardinal [Maiartn] à M. le cardinal Grimaldy.

• El U n'est icy fait mention de ces choses qu’en cas que, selon les événe* roeos, ils voient qu’il soit à propos de s'en prévaloir. •

* Michel Mftmrin, frère du ministre, 0‘-

Sa Majesté ordonnera , par un certain chemin qui est dans les montagnes, qui va aboutir à U principauté de Massa. Sa Majesté a désiré aussy leur faire sçavoir que le prince de Massa, ayant esté sondé par le duc de Florence sur ce qu’il feroit cl comme il se conduiroil en cas que l'armée de France tonchast son Estai, a fuit responsc que, ayant en d’autres occasions donné toutes sorle.s de commodités aux armées de France du temps de M. de Longueville (du temps que le roy d'Espagne n'ovoit perdu ny le Portugal, ny la Gitalogne, ny tant de places et pays en divers endroits), il esloit résolu, à plus forte

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partie de l'infanleric et de la cavalerie de l’armée de terre, composée des régimens de ;

«Normandie,

« Navailles ,

« Lyonnois,

« D’IIuxelIcs,

« De Saint Aulnais ,

« De Paluau ,

«De Chouppes;

» Des Galères;

« De dix compagnies du régiment de Provence,

« De la compagnie suisse de Cliauvcstin ,

« De cent cavaliers embarqués avec leurs clievaiix ,

• Du régiment de cavalerie de Créquy, compris cent hommes à pied du mesnie régiment.

• MM. les marquis d'Huselles, de Saint-.Aulnais et de Refuges y estoient mestres de camp; MM. de Tilly, Biron et Nav,villes, mareschaux de bataille; les sieurs de Clcrville et le chevalier d’Aiistrain, ingénieurs; le sieur de Saint-llibire, commandant l'artiileric.

« Les seize galions estoient conunandes , sçavoir : l' Admirai, sur lequel estoit M. le duc de Brezé, par les sieurs du Creuset et Desforgeltcs; le Soleil, par M. de Montigny; la Lane, sur lequel estoit M. le comte Doignon , par M. du Mé; te Saini-Thomas-d' Aquin , par M. de lajscbasserie; l' Admirante, par .M. de Salnave; le Saint-Jacqaes-de-Dankerqae , par M. Cabaret; le Cardinal, par M. de Liniércs; le Grand- Anglais , par M. Paul; la Vierge, par M. de l-a Lande; le Sourdit, par M. Garnier; le Triomphe, par M. du Menillet; le Triton, par .M. de Lusseraye; le Lion Cuuronné , par M. de Gardane; le Saint- Charles, par M. de Friambault (ou Fréquembanit); la Magdelaine, par M. d'/Vlineras, et la Duchesse, parM, de Vieumarclié.

« anesLOTS.

Il Le Saint-Fernand, commandé par le capitaine Jamin ; la Marguerite de- Fanent, par le capitaine Thibault; la Marie, par le capitaine Montenay; la

Digltfeec;

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Levrette, par le capitaine La Borde; la Lionne, par le capitaine La Palue; les Dca.r Aijles, par le capitaine Payault; ÏEsfstrance, par le capitaine Mariaucliau; la A/ee^oe, par le capitaine Sauvaget.

• rLCSTES.

» L’Espi!rance-de- Lûhcek , par le sieur Clcron; le Cancre-d’Or, par le sieur Boyer; U Porlcur-dc-Bois , par le sieur Pascal; le Saint-Jac<ittes-de-Portttgal , sen’ant d'hospital, par le sieur de Cous.

a Et soixante et huit barques et tartanes chargées de vivres, de munitions de guerre, chevaux et esquipages d'artillerie.

<icsLinK.s.

a Les vingt galères estoient commandées, sçavoir : la Capiiane, où M. de Vincheguerre estoit, [>ar M. d'Estoublon , capitaine; la liuillibaade , par luymesme; la Valbclle, par luy-mesmc; la Princesse, par le sieur de La Brossardièro; la Montoalion, par luy-mesmo; la Pilihe, par luy; la Bayardc, par luy; la Manse, par luy; la Maiarine , par M. de Bendol; la Allemagne, par luy-mesmc; la Vins, par luy; la Fortias, par luy; la Boavillc, par le sieur François, lieutenant; la Chatelas, par La Tottr, lieutenant; la Fiesgae, par le sieur Botte, lieutenant; la Montréal, par le chevalier de Montréal, lieutenant; la DacaU, par M. de Vilage, capitaine-lieutenant; ta Fronsac, par M. de Bogue, lieutenant; la Vinchegaerre, par le sieur Martin, lieutenant; la Cardinale, parle sieur de Perussis, lieutenant.

« Nous nous embarquasmes le ait. Le a5, le vent fut contraire, et le 26, sur les deiLx heures après midy, le vent fut bon et fort frais pour la route de Levant, si bien que l’on mit i la voile; mais il fallut mouiller, sur le soir, aux isles d'Hyères pour attendre les barques et les galères, qui couroient fortune de se |>erdrc ou de se séparer de nous.

0 Le ay, i midy, on leva l'ancre de la rade des isles d'Hyères, et toute la nuit on continua la l'ouïe. Le 28, sur les huit à neuf heures du matin, le calme nous prit à la veue des isles de Sainte-Marguerite et d'Antibes, si bien que nous ne peusmes arriver à la rade de Vadi que le 3o sur le midy. Aussytost M. le duc de Brezé fit donner advis à M. le prince Thomas, qui estoit à Rocque-Vignal, comme il avoit mouillé k cette rade, et M. le mar-

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quis Gcnnotin Jusüniani, gentilhomme gdnois', qui nous atteoduit à Vadi’ et qui vint visiter M. le duc de Brcié, prit soin d'envoyer vers Son Altesse, qui estoit audit lieu de la Rocque, et ses troupes à l'Altare.

0 Le premier jour de may, l'abbe Bosquoti arriva aupri-s de M. le duc de Breré, de la [wrt de M. le prince Thomas, qui se rendit A Vadi sur les deux heures après midy du mesme jour, avec les troupes qui se dévoient embarquer, composées de douze mille hommes de pied et de trois ou quatre cens cavaliers démontés, et de soixante chevaux pour sa maison et |)our les oOiciers de ses troupes. Le marquis Ville vint escorter ce prince jusqiics à Vadi avec mille ou douze cens chevaux, et se retira é l’Altare avec cette cavalerie le mesme jour, dont le reste fut employé i embarquer ce que l'on put des troupes dudit sieur prince.

«Le a may, l'on acheva d’embarquer lesdites troupes, et M. le prince Thomas s'embarqua liiy-mesme, vers le soir, sur F Admirai et Rit salué d’une grande salve de coups de canon par tous les vaisseaux et galères de l'armée navale. M. le duc de Brezé alla prendre ce prince è Vadi, sur la rade, et l'accompagna dans son galion, où il le reçut avec toutes les civilités possibles et dettes è sa qualité, luy laissant son grand appartement. Et encore que le jalousie du commandement de la mer ne permette pas de rendre aucune dcITérence à qui que ce soit, M. le due de Brezé prit l’ordre dudit sieur prince, qui le donna, après s'en estre excusé plusieurs fois; ce qui ne fut aussy que par civilité, veu que M. le prince Thomas estoit bien général de l’armée de terre et M. de Brezé lieutenant général sous luy-, mais pour la mer, ledit sieur de Brexé en avoil tout le pouvoir, sans qu'il en eust esté rien oslé audit sieur de Brezé par les |)ouvoirs que le roy avoit donnés à l’un et ù l’autre.

«Le 3 au matin, le vent s'estant trouvé un peu bon, l'on mit à la voile pour continuer la route vers la coste d'Italie, et toute la nuit du mesme jour le calme nous prit, de sorte que les courans nous reportèrent vers Savone.

«Le 4, sur le midy, le vent; tournant avec le soleil, donna moyen d’avancer un peu nostrn route vers Poito-Eino, et toute la nuit il y eut grande

' U y « ^rvois dans le luanuscril; mais * Port de Vay ou Vadi, sur la côte de c'est une erreur évidente. Gènes.

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tourmente, qui fit fort patir nos galères, si bien que le 5 au matin le capitaine des galères tira un coup de canon pour faire signal qu'elles no pouvoient plus tenir à la mer, et, après avoir pris l'ordre de l'admirai, elles se retirèrent è la terre, prenant la route de Porto-Venere, où le vent ne permit pas aux vaisseaux d'aller, et, continuant leur navigation, nous nous Irouvasmes au travers de Livourne, proche de l’isle de la Gorgonne, avec un vent fort frais; et ce mesme jour, M. l'abbé de Bentivoglio fut porté i Livourne par le navire du chevalier Garnier, accompagné des navires appelés h Dunken/uois , commandé par Cabaret, et le Saint-Charles, par Friarabault, dont le dernier prit une fluste chargée de bled, qui venoit des eostes de Naples à Livourne, et amena sa prise h l'admirai.

« Le 6 , sur le soir, pendant que nos vaisseaux continuoient leur navigation entre l'isie de Capraia et la terre ferme d’Italie, tirant vers l'isle d'Elbe, de laquelle nous fusmes assez proches; mais, la nuit survenant, nus vaisseaux •se tinrent sur les bords jusques au 7 du mesme mois, au matin, que l'admirai mouilla l'ancre devant l'isle de la Pianosa, d'où nous pouvions voir en mesme temps les isles d'Elbe et de Giglio devant et h costé de nous, celles de Corse et de Capraia derrière.

« Il fut jugé à propos de s'arrester è la rade de cette isle de la Pianosa pendant le reste de ce jour pour donner loisir à nos barques fort escartées de s'y rassembler, et pour donner aussy du temps aux galères de s'avancer vers nous, M. le duc de Brezé leur ayant envoyé, dès le jour précédent, trois navires commandés par Linières, Gardane et Salnave, vers Porto.Venere, afin de leur servir d'escorte et aux barques qui avoient suivi les galères; mais, de crainte que quelques barques ne se fussent avancées jusques au port de San-btephanu, où le rendez-vous de toute l’armée avoit esté donné, en levant l'ancre de la lade de Vadi, M. le duc de Brezé envoya M. le comte Doignon, vice-admiral , monté sur le navire commandé par le sieur du Mé, avec les deux autres navires commandés par Friambault et Cabaret, avec ordre de mouiller vers San-Stepbano pour asseurer nos barques, s'il y en Irouvoit, è cause de deux galions que nous avions advis estre à Porto-Hercole , ou de SC tenir sur les bords en nous attendant

• Le 8 may, il fut mis en délibération, au matin, si noos attendrions des nouvelles de nos galères et de nos banpies escortées, avant que de lever l'ancre de devant cette isle de la Pianosa; mais il fut jugé plus è propos

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d'appareiller sur le midy, et de nous mettre à la voile |K)ur nous porter à San-Stephano, lèvent s'estant trouvé très-bon pour ccUc route, et comme noua fusmes vers le cap de l'islc d'Elbe, on aperçut nos galères avec quelques vaisseaux, qui paroiasoient entre les isles d'Elbe et de la Pianosa et dans le canal de Piombino. Le reste de ce jour et la nuit suivante furent employés à la navigation, et, le 9 au matin, nous cnirasmes dans la baye entre Tclamone, San-Stephano et la rade d'Orbitcllo, où le comte Doignon avec les trois vaisseaux avoit mouillé. Le mesme comte Doignon apporta A M. le prince Thomas et à M. le duc de Breze un plan de toute cette coste et du fond pour le mouillage des vaisseaux, qui fut fait le plirs proche qu'il se put du fort de San-Stephano, hors la portée du canon, où nos douze galères et le reste de nos barques escortées nous vint joindre sur le soir du mesme jour, qui fut employé à délibérer, i la veuc des lieux, ce qu'il seroit plus utile de faire. La première chose conclue fut l'attaque du fort San-Stephaiio, pour laquelle on fit des préparatifs le soir et toute la nuit suivante. Cependant il fut jugé à propos d'envoyer sommer ccluy qui conirnaiidoit dans Tclamone de se rendre, avec des menaces de le faire pendre, s’il donnoit la peine de faire descendre i terre des hommes et du canon pour le prendre. Le trompette amena un officier avec luy, qui fut envoyé, de la part du gouverneur, pour capituler, offrant de rendre la place, si dans le douzième jour elle n'esloit secourue; ce qui luy fut desnié et obligea de faire avancer le navire commandé par le sieur du Menillet, avec deux autres et trois galères vers Tclamone, le 10 du mesme mois, et de faire tirer plusieurs coups de canon conti'c la forteresse, qui fut rendue le mesme jour, à condition de laisser sortir ceux qui la gardoient, ormes et bagues sauves. Cependant M. le duc de Brezé s’estant chargé de l'attaque du fort de San- .Stephano, durant que M. le prince Thomas faisoit desbarquer nus troupes vers la tour des Salines, qui est A l’embouchure du fleuve Albcgna, que M. de Saint-.\ulnais avoit eu ordre de prendre, dès le 10 au soir, avec le régiment de Navailles et le sien, et qu'il ne pust faire attaquer pour ce soir-U, d’autant que, la mer se grossissant i cotte rade, les conducteurs du desbarquement SC trompèrent et le firent de l'autre costé de la rivière, si bien qu'il se trouva entre nos gens et cette tour des Salines.

• M. le duc de Brezé commanda au comte Doignon de descendre sur te mont Argentaro avec quatre cens hommes des officiers et soldats de la ma-

Digilized b

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rin« pour » approrhcr du fort de San-Slepliano, que le mesme dur fit baltre de six de ses navires cl de quelques galères, [ju«|u’à ce] que ccluy qui y avoit esté envoyé le jour précèdent par Don Carlos de la Galle, gouverneur des places de Toscane pour le roy d’Espagne, afin de commander dans ce fort, ayant este tuè d'un coup do canon, ceux qui estoient dedans perdirent le cœur et se rendirent audit sieur duc de Bie/c sur les huit heures du soir du mesme jour, i discrétion. Les vaisseaux qui battirent ce fort furent f Admirai, h Vice- Admirai, te Coutre-Admiral,leSoardis, leGrtmd~ Anglais et le Saint-Jacqaes-de-Dankergue , M. le duc de Brezé y estant en personne, sur l’ Admirai, pour donner les ordres.

• Le mesme jour, le desbarquement de toutes les troupes s'acheva de faire à la tour des Salines, qui avoit esté prise dès lo matin, ceux qui la tenoient l'ayant abandonnée aussytost qu'ils virent que M. de Saint-Aulnais faisoit passer la rivière, et que l'on desbarquoit des soldats du ensté de cette tour pour s’en emparer. Le prince Thomas s'approcha de la rade et se mit sur la Capilane des galères, d'où, l'apresdisnéc, il descendit è terre , accompagné de Don Gabriel, son fils bastard, du sieur d'.Aubusson, du comte de la Trinité, de l'abbé Boschetti et autres do sa suite, qui logèrent dans cette tour des Salines, où S. .A. prit son logement, et aussytost qu'il y eut quelque nombre de gens desbarqués, S. A. alla rcconnoistre les passages et les avenues vers Orbitello, dont M. le marquis d'iluxclles s'estoit desjè un peu approché avec le régiment de Normandie et quelques autres troupes d'infanterie qu'il avoit fait desbarquer, le troisième fils dudit sieur rrArgenson, nommé le chevalier de Chasircs, .ayant suivi ledit sieur marquis d'iluxclles comme volontaire à celte occasion, d’autant qu'il n'avoit encore aucune charge et qu’il estoil seulement sorti de l’Académie potu" venir i ce voyage.

« Le 1 1 , .M. le marquis de Brezé alla visiter le fort de San-Stepbano, où ledit sieur d'Argenson l'accompagna, et fut trouvé assez bon par ledit sieur duc, qui y laissa le chevalier de Lesebasserie avec des troupes de la marine, en attendant que l’on y cust mis un gouverneur, et letlit sieur duc s’en alla incontinent après â celte tour des Salines, accompagné dudit sieur comte Doignon et dudit sieur d'Argenson, et fit conduire à S. A. les principaux officiers des ennemis qui estoient sortis du fort de San-Stephano pour les voir et recevoir, et les faire conduire où il scroitjugé è propos, et tout le reste de ce jour fut employé à faire les approches d'Orbitellu et é recon-

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