‹ Journal d'un bourgeois de Gisors; relation historique concernant les événements accomplis à Paris et dans les environs et notamment dans et entre les villes de Rouen, Amiens, Beauvais, Pontoise, 1588-1617. Publié pour la premiere fois, et en entier, d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationaleChapitre 13 sur 31 · XVIII NOTICE SUR LE MANUSCRIT · texte numérisé non relu

XVIII NOTICE SUR LE MANUSCRIT

Ligue à Gisors et dans le Vexin Normand, en même temps que par des faits généraux il intéresse Paris , Pontoise , le Vexin Français, le Beauvoisis, la Normandie et la Picardie.

^ ous allons rechercher à présent par quelles mains a passé notre manuscrit avant de parvenir jusqu'à nous.

Le volume a dû, après la mort de son auteur, devenir la propriété d'un sieur Bérée qui a inscrit, propriâ manu, son nom sur le titre et se qualifie : « président en l'eslection de Gisors » ; son écriture est toute différente de celle du manuscrit, et d'une date évidemment postérieure.

Nous attribuons à ce Bérée les notes qui se trouvent, soit en marge, soit au bas des feuillets ; par le mot notes, nous n'entendons pas les manchettes ; celles-ci sont en général de la même écriture que celle du manuscrit ; mais l'encre en est moins noire, et ces annotations marginales semblent avoir été ajoutées ultérieurement par l'écrivain du texte. Nous avons toutefois remarqué que les manchettes de quelques feuillets (114-117) sont d'une écriture plus maigre que celle des autres.

Le même Bérée a, de plus, souligné un très-grand nombre de mots et de phrases, et cela sans aucune raison particulière ; nous avons cru pouvoir supprimer ces soulignements par trop répétés ; nous en avons cependant maintenu quelques-uns, et ajouté un certain nombre d'autres, certains passages méritant d'être signalés à l'attention du lecteur.

Il est fort possible que l'auteur de la relation ait été un membre de cette famille Bérée, qui semble avoir eu du goût pour l'étude de l'histoire et pour les livres en général ; toutefois, ce n'est absolument là qu'une supposition.

Un autre Bérée, le fils ou le petit- fils du précédent,

hérita du volume et ajouta, toujours sur le titre, son nom à celui de son parent : « D. Bérée de Coiirpont. ijio. »

A cette époque, le relieur avait déjà dû revêtir le volume de la couverture qui existe aujourd'hui ; dans cette opération, assez mal exécutée, les marges furent rognées, et plusieurs notes de récriture de M. Bérée, i" en nom, furent atteintes et coupées. Nous avons, bien entendu, reproduit ces notes et indiqué les lacunes causées par cette mutilation.

Enfin, le même intelligent relieur ne trouva rien de mieux que d'inscrire au dos du livre, et en écorchant l'orthographe, ce titre fantaisiste : « Baricad de Paris. »

Bérée de Courpont était avocat au Grand-Conseil, et bailli de Dangu, Vesly et Gizancourt ; en 17 14, il écrivit une Histoire des seigneurs et château de Dangu.

Ce travail historique est conservé dans les Archives d'Evreux (mss. — Série E. n" ig8) ; comme notre manuscrit, il n'a jamais été publié; M. Aug. Le Prévost l'a cité dans ses : « Mémoires et Notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure. »

Bérée de Courpont ne s'est occupé que de Dangu seulement ; son manuscrit n'a que cinquante-cinq pages, dont la moitié est consacrée à des généalogies et à des pièces justificatives. Les notes de l'auteur remontent à 11 64 et s^arrêtent à la fin du xvii" siècle ; c'est en ces termes qu'il commence : « Monseigneur, ayant eu autrefois l'honneur d'entretenir feu Monseigneur le Maréchal, duc de Luxembourg.... »

La fin est une généalogie dont les derniers mots ont été coupés par le relieur ; la dédicace est datée du 29 juin 17 14. Or, quinze jours auparavant, la baronnie de Dangu avait été vendue par Charles - François de Montmorency à Louis-Guillaume Jubert, marquis de Bouville, intendant d'Orléans. Ce serait donc ce dernier qui serait : « Monseigneur ? »

Les seigneurs de Dangu avaient déjà reçu la dédicace

Page 1