‹ Journal d'un bourgeois de Nancy, Nancy sauvée; préf. de L. MirmanChapitre 11 sur 32 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

d'allégresse magnifique durant lesquelles, à travers les rues désertes et silencieuses, dans la nuit opaque, en auto sans phare, à folle allure, au risque de me rompre les os contre la porte Saint-Nicolas, je filai aux quatre coins de la ville, pour aller porter, dans les ambulances, aux blessés qui, par leur héroïsme, l'avaient rendue possible, cette nouvelle de la « Résurrection de la France »... Pour avoir goûté une première fois cette joie divine, je ne regrette pas d'avoir vécu, et si ma vie morale doit s'éteindre à jamais au milieu de l'ivresse délicieuse de ce souvenir, je ne crains pas la mort.

Préfet de Mearlhe-et-Moselle.

Nancy, mai 191 7.

(*) Puisque je fais allusion ici k ces départs, à ces évacuations, il convient que je rectifie un détail de l'histoire locale. René Mercier, au soir du 22 août, note que, dans le courant de l'après-midi, quelqu'un

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