PREFACE XIX
lui apporte cette information : « Une vingtaine de camions stationnent sur la place Stanislas, prêts à évacuer les archives de la préfecture et de la mairie. » Y avait-il des camions place Stanislas, le 22 août 1914? je l'ignore. En si grand nombre? c'est bien peu probable. S'ils étaient là, je ne sais à quel transport militaire ils étaient destinés. Ce qui est certain, c'est qu'ils n'attendaient point les archives de la préfecture et de la mairie. Celles de la mairie ? il ne fut jamais question de les évacuer. Celles de la préfecture ? c'est ici que j'apporte une précision qui intéressera peut-être les collectionneurs des petits faits de l'histoire. L'ordre du Gouvernement était, en effet, d'évacuer sur la place forte voisine de Toul les archives les plus précieuses de la préfecture. Or les archives d'une préfecture se composent d'une énorme quantité de paperasses dont, par respect de l'Administration, je ne me permettrai pas de dire qu'une seule soit négligeable, mais au milieu desquelles il serait fort difficile de discerner quelque chose de précieux. Il eût fallu de longues semaines pour faire un tri ; j'y renonçai. INIe tournant alors d'un autre côté, et par acquit de conscience, je demandai à notre érudit archiviste départemental s'il se trouvait, dans le dépôt dont il a la garde, quelque « trésor ». « J'eri ai trois — me dit-il avec émotion — et d'un prix inestimable : trois chartes carolingiennes, l'une de Louis d'Outre-Mer, l'autre de Charles le Simple, la troisième, la plus ancienne, de Charlemagne et même de la première partie de son règne, datée de 777, documents originaux. Monsieur le Préfet, et