VIII PREFACE
thèse que j'en pourrais faire paraîtrait incolore et froide auprès de ces notes, prises par René Mercier sur le vif, et qui ont tout le mouvement de l'instantané, toute la couleur du plein air, jetées chaque soir sur le papier, après une rude journée de labeur, écrites sans apprêt, mais par un maître de la plume, notes alertes, pressées, brillantes, brûlantes...
L'auteur a conservé durant ces épreuves une bonne humeur robuste; il y eut d'autant plus de mérite qu'il est journaliste, et que, si toutes les maisons de France ont été troublées par la guerre, je doute qu'aucune l'ait été plus profondément que celle d'un grand journal de l'Est : ce n'était rien — ou presque — que la compagnie de rédacteurs et de typographes fût désorganisée, ce n'était rien que le papier et l'encre n'arrivassent plus; un journaliste de race se tire de toutes les difficultés, à condition cependant qu'il dispose de deux choses : les nouvelles et la