PREFACE IX
liberté. Les nouvelles? On verra combien nous étions, à Nancy, réduits à la portion congrue : le télégraphe et le téléphone ne fonctionnaient que pour l'armée ; les lettres, avant de partir ou de nous être distribuées (je dis « nous » parce (jue je supportais avec sérénité la loi commune), subissaient un long stage dans quelque mystérieux « purgatoire ». Le journaHste n'aurait donc pu parler que de ce qu'il avait luimême vu ou entendu ; mais cela, c'était justement ce dont l'autorité militaire interdisait le plus strictement la reproduction. Ajoutez que les ciseaux de la censure sont l'outil le plus déhcat à manier, et qu'il faudrait qu'un dictateur improvisé fût un homme de génie extraordinaire pour observer la mesure en un tel moment et ne point dépasser les limites raisonnables de l'arbitraire..., si de telles limites peuvent être fixées par la sagesse humaine. J'allais dire que les journalistes de Nancy qui gardèrent le sourire furent des saints; je