Le Palriole français. n
ÎIO PARIS EN 1793
par appel nominal, que l'appel nominal sera imprimé et envoyé aux départements avec la lettre de Marat.
Epuisé de fatigue, le président invite le vice-président ou un ex-président à prendre le fauteuil. L'exprésident Lacroix elle vice-président Thuriot déclarent insolemment qu'ils ne peuvent présider à une délibération attentatoire à la liberté. La Convention est obligée d'appeler au fauteuil le secrétaire Garran-Coulon *.
L'appel nominal commence à dix heures du soir. Un grand nombre de membres motivent leur vote. Parmi ceux qui volent contre le décret, les uns voient en Marat le sauveur, le père de la patrie ; les autres demandent pour lui une couronne civique; d'autres, des statues. Chaque vote est, de la part des tribunes, l'objet d'applaudissements prolongés ou de huées interminables, suivant qu'il est favorable ou contraire à VAmi du peuple ^.
Ce n'est qu'à sept heures du matin que l'appel nominal a été terminé. En voici le résultat. Le nombre des votants a été de 360. 220 ont voté pour le décret d'accusation; 92 contre; 7 pour l'ajournement. 41 se sont récusés ou ont déclaré ne pouvoir voter ^. Le décret d'accusation a été prononcé.
La séance avait duré vingt-deux heures.
1. Cet incident n'est mentionné ni dans le Moniteur, ni dans VHistoire parlementaire de Bucliez et Roux. [Patriote français, n» 1341, p. 421.)