‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 115 sur 230 · Lettre de Dufriche-Valazé · texte numérisé non relu

Lettre de Dufriche-Valazé

3. M. de Barante (t. III, p. 33) rapporte inexactement les chiffres de l'appel nominal. Il porte à 132 au lieu de 92 le chiffre de ceux qui votèrent contre le décret. De son côté, M. Louis Blanc (t. VIII, p. 280) porte à tort le chiffre des votants à 367. — Archives 269 w 16 ^Dossier Marat).

Dimanche 14 avril. — Le lendemain de celte séance de 22 heures, les Parisiens ont eu, pour se remettre de leurs émotions, une fête d'un autre genre, la Fête de V Hospitalité.

A la suite de l'entrée des Autrichiens dans Liège, une centaine d'habitants de celte ville se sont réfugiés à Paris. Le conseil général de la Commune leur ayant offert une salle de la maison de ville, la salle de l'Égalité, pour y tenir leurs assemblées et y déposer leurs archives, il s'agissait, dimanche, de procéder à cette installation. Des députalions de tous les corps constitués, parties de la place de la Bastille, sont allées chercher les Liégeois à la porte Saint-Martin, qui leur avait été assignée comme point de réunion. Voici quel était l'ordre du cortège :

Hussards de la liberté; bannière : Guerre aux tyrans! — Gendarmerie à cheval; enseigne : Hospitalité. — Sapeurs; canonniers ; tambours. — Les légions avec leurs drapeaux. — Déclaration des Droits de l'homme. — Sociétés populaires. — Juges et officiers de paix, et commissaires de police. — Le buste de Brutus. — Tribunal révolutionnaire. — Corps judiciaires. — Faisceaux des départements. — Le Département. — Comités révolutionnaires de surveillance des sections. — Musique. — Statue de la liberté. — Corps électoral. — Municipalité de Paris. — Celle du 10 août. — Modèle en miniature de la Bastille, fabriqué avec une pierre provenant de cette forteresse et fournie par le patriote Palloy. — Tribunal de la nation. — Conseil exécutif, — Le livre de la Loi. — Convention. — ^

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Bannière : Les tyrans passeront, les peuples sont éternels. — Tableau des morts et des blessés à la journée du 10 août. Les veuves et les enfants de nos frères mots pour la défense de la liberté. — Cavalerie légère; bannière : République française une et indivisible ^ .

Lorsque le cortège est arrivé à la porte Saint-Martin, où l'attendaient les officiers municipaux liégeois, décorés de leurs écharpes et entourant un chariot qui portait les archives de leur ville, on a tiré une salve d'artillerie. Puis le cortège a repris sa marche; escorté d'une foule immense, il a suivi les boulevards, la rue Saint-Honoré, la rue du Roule et les quais jusqu'à la maison commune. Toutes les fois que cessaient les airs patriotiques, exécutés par de nombreux corps de musique guerrière, on chantait un hymne, composé pour la circonstance sur l'air de la marche des Marseillais., et dont la foule répétait en chœur le refrain ^. Voici le premier couplet de cet hymne, dont l'auteur est le citoyen Dorat-Cubières, secrétaire adjoint de la Commune '' :

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