Révolutions de Paris, t. XVI, p
3. Michel, «iievalier de Ciibicres ifrére du marquis de Cubléres, écuyer de Louis XVIi, connu sous le nom de Palmezeaux et plus encore sous celui de Dorat-Cubirres, était né à Roquemaure le 27 septembre 1752. Il mourut à Paris le 23 a>»ùt 1820. Le nombre de ses ouvrages ne s"éléve pas à moins de soi.vante-dix-sept. Sa muse banale a célébré tous les événements et tous les crimes de la Révolution. Il demanda des autels pour Marat et rima le Calendrier républicain. Cl Cubières. dit M™^ Roland dans ses Mémoires, p. 336, fidèle à ce double caractère dinsolence et de bassesse qu'il porte au suprême deeré sur sa répugnante figure, prêche le sans-culottisme comme il chantait les Grâces, fait des vers à Marat comme il en faisait à Iris, est sans-uinaire sans fureur, comme il fut apparemment
PARIS KN 1793 x'13
Du ne patrie infortunée
Braves enfants, accourez tous:
Dignes cVime autre destinée,
Venez habiter parmi nous :
L'hospitalité fraternelle
Vous ouvre et ses bras et son cœur,
Tandis qu'un féroce vainqueur
Vous forge une chaîne éternelle.
Amis, rassurez-vous, les rois n'auront qu'un temps; Bientôt ils paieront cher leurs succès insolents.
Les deux autres couplets sont de la même force ^ , La Fête de IHospitsilité n'a pas été, il faut le reconnaître, la fête de la Poésie.
Lundi 15 avril. — Le procès de Rouxel-Blanchelande. ci-devant maréchal de camp et lieutenant au gouvernement des îles françaises Sous-le-Vent, s'est terminé, après quatre jours de débals, le lundi lo à 7 heures du matin, par la condamnation de l'accusé. Il était prévenu d'avoir favorisé, à Saint-Domingue, le parti contre-révolutionnaire; mais on n'avait pu produire contre lui aucune charge sérieuse, et son innocence avait été pleinement mise en lumière par son défenseur, le citoyen Tronson-Ducoudray, dans une plaidoirie que le Balletin du Tribunal cinminel révolutionnaire lui-même apprécie en ces termes : « Le citoyen Tronson-Ducoudray développe, avec autant de clarté que d'éloquence, la défense de son client; il
amoureux sans tendresse, il se prosterne humblement devant l'Idole du jour, fût-ce Tantale ou Vénus. Qu'importe, pourvu qu'il rampe et qu'il gagne du pain? »
1. Les Révolutions de Paris, t. XVI, p. 164, ont reproduit en entier l'hvmne de Dorat-Cubiéres.
combat successivement chacun des chefs d'accusation. Nous n'entrerons dans aucun développement de celte intéressante plaidoirie, dans la crainte qu'en la morcelant nous n'en altérions les beautés. Il suffira de dire que, pendant 3 heures qu'il a parlé, le peuple immense qui remplissait l'auditoire (quoiqu'il fût 2 heures du matin) l'a écoulé avec admiration dans le plus profond silence ^ »
Rouxel-Blanchelande a été exécuté le même jour sur la place de la Réunion^, à 3 heures du soir. 11 était âgé de cinquante-six ans. Voici comment les Révolutions de Paris rendent comptent de sa mort :
Le public a confirmé par ses applaudissements le jugement du tribunal révolutionnaire contre Blanchelande, guillotiné lundi dernier sur la place de la Réunion, cidevant Carrousel. Le stoïcisme du contre-révolutionnaire n'en imposa point. A la honte de l'espèce humaine, ce n'est pas d'aujourd'hui que le royalisme a eu des apôtres et des martyrs^.
Le tribunal révolutionnaire peut être certain de ne plus chômer. La Convention se charge de lui fournir de la besogne. A l'ouverture de sa séance du 13, elle a renvoyé devant lui le général d'Harville, le général Boucher, le commissaire des guerres Barneville et plusieurs autres officiers subalternes-'.
Il y a deux jours, c'était le tour de Marat. Serait-ce
1. Bulletin du Tribunal criminel révo'utionnaire, n"> 10. Déporté comme l'oyaliste après le 18 fructidor, Tronson-Ducoudraj' est mort à Sinnamâri le 27 mai 1793.