‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 131 sur 230 · Ibid · texte numérisé non relu

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Une salve d'arlillerie annont'a l'arrivée du corlège sur la place de la Réunion, autour de laquelle étaient rangés quelques bataillons de la garde nationale. Après le chant d'un hymne mortuaire, suivi d'une seconde salve d'arlillerie, le corps a été déposé dans le tombeau qui lui avait été préparé sur la place même, au pied de l'arbre de la Fraternité, à peu de distance de l'endroit 011, quelques instants auparavant, avait fonctionné la guilIotine.il était alors trois heures, et l'on n'avait pas eu le temps de faire disparaître les traces de l'exécution qui avait eu lieu à midi'. La victime était un pauvre diable de cocher de fiacre, condamné à mort la veille au soir, pour avoir, étant en état complet d'ivresse, ainsi que Favaient reconnu tous les témoins, tenu des propos contre-révolutionnaires.

Une tombe couverte de gazon s'élève maintenant audessus des restes de Lazowski, à deux pas de l'échafaud. Elle sera arrosée chaque jour du sang des aristocrates; chaquejour de nouvelles hécatombes réjouiront l'ombre du héros du 10 août-.

Telle a été la pompe funèbre du patriote Lazowski. Nul doute qu'en célébrant avec un pareil éclat les funérailles d'un homme que la Gironde avait décrété d'accusation, les Jacobins et les membres de la Commune

1. Le Patriote françris, n" 1306. — Mercure franruis. n" du 4 mal 1793.

2. Aprè.s la mort de Marat, on lui éleva, sur cette même jilace de la Réunion, un cénotaphe voûté, sous leriuel furent placés son buste et sa baignoire. Le monument de Lazowski, orné d'une espèce de parterre, se trouvait en avant : le disciple était enterré aux pieds de i'autel du Maître. (Biographie universelle de Michaud, t. LXX, article sur Lu:o\-,\-ilii.

n'aient entendu infliger aux Brissotins un nouvel échec, une humiliation nouvelle. Ils ont voulu apprendre en même temps, non plus seulement aux Brissotins, mais à tous, que le parti révolutionnaire n'a point de sots préjugés, point de fausses et niaises délicatesses, qu'il ne demande à ses adeptes que de le servir, qu'à celui-là qui le sert bien, tout est pardonné, — tout, même le crime !

Je veux purifier ces pages, souillées par le nom de Lazowski, en inscrivant ici le nom du malheureux cocher de place, guillotiné dimanche, pour avoir dit qu'il ne voulait plus servir depuis qu'on avait assassiné son roi : il s'appelait Désiré-Charles Mangot, et n'était âgé que de vingt et un ans^

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