Le Courrier des départements, n" du 31 janvier
rumeur étrange se répand dans le jardin. On annonce que le palais est bloqué par la force armée; on parle de Irain d'artillerie, de canons braqués. La nouvelle était vraie.
Le Comité de sûreté générale et de surveillance de la Convention avait requis le commandant général de la garde nationale de faire investir la Maison dite de la Révolution (c'est l'une des nombreuses dénominations du ci-devant Palais-Royal), par une force suffisante pour assurer l'arrestation de toutes les personnes suspectes ^ Santerre avait accepté cette mission avec enthousiasme. Il avait aussitôt commandé pour cette expédition 3500 hommes d'infanterie et 200 hommes de cavalerie. Des gazons du Louvre, où le général rnousi^eux leur avait donné rendez-vous, ces 3700 hommes s'élancèrent bravement à l'assaut des promeneurs, des femmes et des enfants, qui remplissaient le Jai^din de la Révolution. Des cris de colère et d'effroi s'élevèrent du sein de cette foule affolée de terreur. Fuir était impossible : on avait pléicé de l'artillerie à toutes les issues; quatre pièces de canon avec caissons étaient en réserve dans la seconde cour du palais -.
En quelques minutes tous les promeneurs du jardin furent cernés et toutes les maisons investies. Restaurants, cafés, cabinets littéraires, magasins, appartements, furent envahis et fouillés. On pénétra partout. Une patrouille de cinq hommes entra chez le citoyen
1. Voy. dans les Révolutions de F'nris, t. XV. p. 245. rarrété du Comité de sûreté générale, il est signé : Bernard, Basire. I.egendre. Duhem. Montant. Ruamps, Ingrand, Lasourco. f'habnt.