Rapport dr Ditt.ird, Schmhir, t. I, p
milieu des cris et des rires de la foule. Les hommes de garde n'ont rien dit.
Dans le jardin, un coupeur de tètes, l'un des acteurs des massacres de Septembre, nous a fait l'honneur de s'entretenir avec nous quelques instants, et de nous apprendre qu'il avait travaillé à l'Abbaye et à la Force. Il m'a paru, d'après son discours, que ce digne homme ne se mettait de la partie que dans les bonnes fêtes et qu'il espérait avoir bientôt de l'ouvrage'. Quand nous fûmes débarrassés de ce misérable, Dutard ne me cacha pas qu'il croyait, en effet, que nous touchions aune nouvelle crise, et peut-être à de nouveaux massacres. Yoici un propos qu'il a recueilli tout dernièrement et qui aurait été tenu par le fameux Henriot, cormnandant du bataillon de la section des Sans- Culottes. S'adressant de son ton de voix rauque à un ouvrier du port Saint-Bernard : a Bonjour, mon camarade, lui a dit Henriot, nous aurons bientôt besoin de vous autres ; mais cette fois-ci ce n'est pas avec des piques que nous travaillerons les B...gres d'aristocrates, c'est avec des barres de fer. » Apercevant un autre ouvrier assis dans son tombereau : « As-tu de l'ouvrage, mon ami ? — Mais pas mal. — Oh 1 je t'en donnerai de meilleur dans quelques jours; ce n'est pas du bois, mais des cadcivres que tu transporteras dans ta voiture! — Eh ! bien, eh! bien, c'est bon, a répondu le manœuvre ; nous ferons comme nous avons déjà fait le 2 septembre, cela nous fera gagner des sous -. »