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La Réunion de l'Évêché.
Vendredi 31 mai 1793.
Aujourd'hui, 31 mai, le Comité central cVinsurrection est entré officiellement en scène; il a pris la. direction du mouvement; son autorité est reconnue par les sections, par le club des Jacobins, par le club des Cordeliers, par la Commune elle-même qui vient d'abdiquer en ses mains. Dans quelques heures peutêtre il aura chassé des Tuileries les députés de la Gironde, el ajouté, à la liste déjà longue de nos révolutions, une révolution de plus. Qu'est-ce donc au juste que ce comité? Quelles sont ses origines? Sa composition? Comment est-il arrivé à dicter ses volontés à la Commune de Paris, en attendant qu'il les dicte à la Convention et à la France? Je crois utile de le rechercher. Cette histoire du Comité central sera le pendant de l'histoire de la Société des Feuillants, et, si je ne me trompe, il s'en dégagera la même leçon, les mêmes enseignements.
Le 30 mars dernier, la section des Droits de-
l'Homme, l'une des plus révolutionnaires de Paris \ a invité les quarante-sept autres sections à nommer des commissaires, qui se rendraient le lendemain à l'Evèché (bureau n° 6), pour délibérer sur les moyens de sauver la patrie ^. Le lieu de la réunion était bien choisi. L'Évêché est situé à côté de Notre-Dame, dans la section de la Cité, connue par son exaltation démagog-ique, et dont le principal meneur n'est rien moins que Dobsent, l'ami de Hébert.
Dans l'assemblée tenue le 31 mars ^, quelques-uns des délégués déclarèrent que leurs pouvoirs les autorisaient seulement à prendre connaissance des moyens de salut public qui seraient proposés et à en référer à l'assemblée générale de leur section : scrupules hors de saison, qui n'étaient pas pour arrêter longtemps la majorité des commissaires, lesquels se constituèrent en Assemblée centrale de salut public, correspondant avec les départements sous la sauvegarde du peuple ''.
Dès le 1" avril, VAssemblée centrale envoyait unedéputation au conseil général de la Commune pour-
1. La section des Droits de VHomme, ci-devant scclion du Iloi dr Sicile, tenait son assemblée dans l'église du Petit-Saint-Anloine.
2. Le palais de l'Archevêché n'était plus appelé que l'Evêché,^ depuis que la constitution civile du clergé avait supiirimé tous les sièges archiépiscopaux. Jean-Baptiste-Joseph GOBEL, ci-devant évêque de Lydda, avait été installé, comme évoque de Paris, le 27 mars 1791. 11 fut guillotiné le 24 germinal an II (13 avril 1794), le même jour que Chaumettc, Lucile Desmoulins et la veuve de Hébert.
3. La réunion provoquée par la section des Droits de l'Homme eut lieu à l'Evèché le 31 mars, et non le l^"- avril, comme le dit M. Adolphe Schmidt, au tome I, page 151, de ses Tableaux de la Révolution française.