Moniteur du 4 avril
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desseins, à les recouvrir d'an voile auquel personne, assurément, ne se pouvait tromper. Depuis longtemps, les électeurs illégalement nommés au 10 août se rassemblaient à l'Evèché, et leur réunion portait le titre de Club électoral^. Tous appartenaient à l'opinion démagogique, et plusieurs des commissaires de seclions, qui formaient le Comité central, avaient été pris parmi eux. Rien ne fut donc plus facile aux membres de ce Comité que de continuer à se réunir à TÉvèché, sous couleur de prendre part aux assemblées du Club électoral. Les premiers jours du mois de mai nous les montrent préparant une nouvelle journée révotionnaire.
Le 12 mai, ils tiennent, au nombre de quatre-vingts, une séance dans laquelle ils étudient les moyens de purger la Convention-. Ils décident qu'il y a lieu de procéder au désarmement et à Varrestation de toutes les personnes suspectes, et de confier l'exécution de cette mesure aux comités révolutionnaires des quaranle-buit sections. Le soin de faire accepter par la Commune la résolution qui vient d'être adoptée, est laissé aux administrateurs de police, qui sont tous des Maratistes fougueux, et dont quelques-uns assistaient, sans nul doute, à la réunion de l'Évèché. Dès le 13 mai, en effet. l'Administration de police rend compte de la situation de Paris au Conseil général de la
1. Discours de Lanjiiinais à la Convention dans la scancc du 30 mai 1793. (Moniteur du l*"' juin.*
2. Rapport de Terrasson à (larat. du 13 mai 1793. — Rapport di- Diitard.du U mai. ..\.dol|ihe Schmiilt, t. I. p. 217 et 225.' — .^ôaïuide la {'onvcntion du IS mai, discours de Barère. iMunit'^nr iln 20 mai 1793.1
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Commune et termine son rapport par cette phrase : « Nous pensons qu'une mesure indispensable, c'est le désarmement et Vurrcstcition de tous les gens suspects qui abondent à Paris, et qui, naguère, ont lailli y allumer la guerre civile '. » Le Conseil se range à leur avis ; il arrête que « le désarmement et l'arrestation des gens suspects sont dévolus au maire et à l'Administration de police, et que le mode en sera discuté dans le secret ».
Sans perdre de temps, l'Administration de police, par une lettre en date du 14., signé Léchenard et Soulès -, invite les Comités révolutionnaires des sections à former une assemblée à la mairie, à l'clfet de prendre des mesures de police dans l'intérêt du salut public, et spécialement de dresser une liste des suspects.
A partir de ce moment, il y a donc eu deux foyers d'agitation parfaitement distincts : le Comité central de salut public, composé des commissaires des sections et se réunissant à l'Evêché; l'assemblée des délégués des comités révolutionnaires, se réunissant à la mairie.
Ces délégués délibérèrent d'abord a dans le secret », suivant la recommandation qui leur en était faite. Il transpira cependant quelque chose de leurs deux premières réunions, et Barère, dans la séance de la
1, Clironiqnc de l'iiris, mai 1793.
'À. Soûles donna sa démis.siou il'aduiinistrateuf de police le 20 mai, « parce qu'il ne voulait pas tremper dans un complot c{ui se tramait poui" éyorgcr une partie des citoyens de Paris. ■■ [l'irços ofiii-icUi-s, ix la suMedi^ MrritoirCfi 'Ir Mcillnn, p. 189.»
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Convcnliou du 18, s"est l'ait h la liibunc réclio des bi'uils qui couraient à ce sujet. Après avoir parlé des assemblées qui se tenaient dans une des salles de l'Évèché, il ajouta : « Un autre l'ail, sur lequel je demande que le ministre des alfaires étrangères et celui de rintéricur soient entendus, c'est que quelques tiommes se rassemblaient dans un certain lieu {la inaiiie où ils traitaient des meilleurs moyens d'enlever à la Con^ontion vin,i;t-deux lèles; et pour réussir, on devait se servir de femmes. Une pétition aurait été présentée à la Convention pour la prier de retourner dans l'ancienne salle, et en passant au milieu du peuple, qu'on calomnie, on devait délivrer la France de ces vingtdeux citoyens'. »
La troisième réunion du Coniiic ccnlral des cumi- Lès révolaiioiuiaires a eu lieu le dimanche Id mai, le lendemain du discours de Uarère et de la création de la Commission des Douze; comme les deux premières, elle s'est tenue à la Mairie. Etaient présents des députés de trente-cinq à trente-sept sections, et des administrateurs de police, entre autres Marino et Micbel. C'est un administrateur de police qui présidait, et quand un membre voulait sortir, il en était empêché. Les questions à l'ordre du jour avaient trait à trois objets : 1" aux hommes suspects qu'il fallait arrêter ; 2" aux députés de la Convention qu'il fallait proscrire; 3" à l'aristocratie des sections, contre laquelle il importait de prendre des mesures révolutionnaires. La motion a