‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 185 sur 230 · M:nnL'-ii, Jil ^(l inai · texte numérisé non relu

M:nnL'-ii, Jil ^(l inai

tARis KN 1793 ;i''7

été ftiite de saisii' les principaux députés du côté droit ', de les septembrlscr ; puis, le coup fait, d'envoyer des courriers dans les départements, afin d'y répandre le bruit qu'ils avaient émigré. Sept ou huit membres de l'assemblée, et parmi eux deux administrateurs de police, ont parlé dans ce sens. Le commissaire de la section de la Fraternité, qui prenait des notes, a été chassé comme suspect. Le président de la section de 1792 a été également chassé pour avoir dit que la mesure proposée était contraire aux lois, et que, si ces députés étaient coupables, il fallait les traduire devant les tribunaux ^.

Le lundi 20 mai, nouvelle réunion, présidée celle-là par le maire, le honliormne Paclie, qui ouvrit la séance par ces paroles : « Vous êtes assemblés pour donner la liste des hommes suspects. » Un membre s'est alors levé et a dit : « Il avait été question hier d'arrêter quelques-uns des députés à la Convention nationale, de les mettre dans un endroit sûr, de les tuer après et de supposer qu'ils étaient émigrés. Je demande que l'on engage la discussion sur cet objet. » Cette motion ayant été combattue, le maire a répondu à celui qui l'avait faite". « 11 n'est point ici question d'exécuter, ni d'arrêter aucun représentant du peuple; nous sommes réunis pour connaître les hommes suspects de la capitale. Je demande que l'on passe à l'ordre

1. Dans les Pièces officielles, publiées à la suite des Mémoires de Meillun, il est parlé, tantôt de vingt-deux, tantôt de trente-deux ou de trente-trois députés à proscrire.

2. Notes remises à la Commission des Douze. [Mémoires de Meilla.V, pi\ 17fî, 177, 180, 182, 1,83, 184.,i

o"^S l'AUis liN 1703

du jour, n 11 a ensuite proposé que cliacuii indiquât les noms de ceux qu'il considérait comnne suspects; et, profitant de ce qu'on était venu le demander deux fois pour se rendre au Conseil général, il a levé la séance '.

Le 2[, treize commissaires seulement étant présents, la séance n'a pas eu lieu -.

Les agitateurs avaient évidemment commis une lourde faute en dévoilant ainsi imprudemment leurs projets, en mettant le maire en demeure de s'y associer publiquement. Nul doute que papaPache ne soit favorable à la proscription des députés : n'a-t-il pas signé, le 15 avril, la pétition des trente-cinq sections, lue par Housselin et demandant à la Convention de sacrifier vingt-deux de ses membres •*? Sa prudence bien connue ne lui permet pas d'aller plus loin. Laisser discuter devant lui, sous sa présidence, la question de savoir comment on s'y prendrait pour égorger vingt ou trente représentants du peuple ne lui était vraiment pas possible. Aussi s'cst-il arrangé pour quil n'y eût plus à la mairie de réunions des délégués des Comilés révoluiiomiaires. En revanche, depuis le 21 mai, l'Evêché est devenu de plus en plus un centre de conspiration. Les membres les plus enragés des sections n'ont cessé de s'y réunir, et, à leur tète, Desfieux, Yarlet, — ce Varlet, que l'excès de son civisme a fait, il y a peu de jours, expulser des Jacobins ' ; — Dobsent, le prési-

1. Mcnioircs de Meillun; Pièces officielles, pp. 181, l83. 186. a. Ibid., pp. 177, i7s.

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