‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 192 sur 230 · Commune ilc P.'U'is, si^anfo du 30 cl 31 m;ii · texte numérisé non relu

Commune ilc P.'U'is, si^anfo du 30 cl 31 m;ii

2. La section des Snm^-CiUottP.t, ci-devant «lu Jardin des Plantes, tenait son assemblée clans l'église de Saint-Nicolas du Chardonnet.

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au Déparlemenl et aux sections. L'heure est venne, pour les Vergniaud. les Guadet et les Gensonné, de voir leur éloquence expirer, impuissante, aux pieds d'un Dobsent et d'un Varlet, parlant au nom du peuple souverain.

Les liistorieiis de la lîévoUitioa n'ont pas attacliù jusqu'ici aux as<;ombloe'^ df> l'Kvèclio uno impoitancf on rapport avec le rôle considérable qu'elles ont joué dans la préparation du .Tl mai et du 1' juin. M. Thiers. M. Louis Blanc, M. de Barante, M. Mortimer- Ternaux, se sont à peu près bornés à parler de la rrnnlon pufjliq ne qui eut lieu le 20 mai et qui était composée de cinq h six cents personnes. Ils ont simplement reproduit les détails fournis sur cette réunion par les Pièces officielles iasérées à la suite des Mémoires de Meillan. Aucun d'eux, non plus que M. Miclielet, n'a parlé deVAssemfilée centrale de salut public formée à l'Evèché dès le 31 mars; — aucun n'a signalé la distinction k établir entre le Comité central de srilut puhlir, composé des commissaires des sections et séant à l'Evèché, et l'assemblée des délégués des cnmités révolutionnaires, siégeant à la Mairie. Tous ont confondu les réunions publiques du club électoral et les réunions secrètes des commissaires des sections ; tous enfin ont omis d'indiquer l'origine du comité révolutionnaire des Xcuf. Ils ne paraissent môme pas en avoir soupfonné l'existence; et cependant c'est ce comité qui a dirigé le mouvement, suspendu et réintégré la Commune, au matin du .31 mai. suspendu et n'intégré le Directoire et le Conseil général du Département de Paris! Seul, M. Mortimer-Ternaux cite en note une pièce où il est parlé de ce comité des .\euf. mais il n'en fait pas mention dans le texte de son ouvrage. On trouve, dans les Tableaux de la Révolution française, par M. Adolphe Schmidt. de précieux documents sur les diverses assemblées dont l'Evèché lut le théâtre en avril et mai 1793; mais le livre du savant professeur de ITniversité d'Iéna, bien qu'il l'ait écrit en français, se ressent un peu trop de son origine germanique : il n'est pas clair. Un de nos jeunes crudits devrait reprendre ce sujet et lui consacrer une étude spéciale, puisée aux sources, écrite, celle-là, en français — par un Français.

Le 31 mai.

Samedi 1" juin 1793,

A force de faire des révolutions, les Parisiens en sont arrivés à les considérer comme chose toute naturelle ; ils se mettent sur le pas de leur porte pour les voir passer, et, le soir, ils se félicitent, s'embrassent, dansent des rondes et illuminent. Gardez-vous bien de hocher la tête et d'insinuer, même timidement, que de pareilles journées ne sont pas sans offrir quelques dangers et qu'elles pourraient peut-être avoir de fâcheux lendemains. Nos gens n'aiment point les troublefêtes, et ils vous feraient un mauvais parti pour vous prouver que tout est pour le mieux dans la meilleure des républiques possible.

Donc hier, dans la soirée, les maisons étaient brillamment illuminées; une foule immense circulait dans les rues; une promenade aux flambeaux, commencée sur la terrasse des Feuillants, se terminait sur la place du Carrousel, où des groupes de citoyens s'embras-

salent, au pied de l'arbre de la liberté, en chantant l'hymne des Marseillais', On eut dit le soir d'un jour de fête.

Or voici ce qui s'était passé.

Hier matin, avant le jour. Paris a été réveillé par le bruit du tocsin, sonnant à toutes les cloches de la ville-. A cinrf lieures, au bruit du tocsiu est venu se mêler le bruit du tambour. On a battu le rappel dans tous les quartiers". Sortant de leurs maisons, les citoyens, la plupart un fusil à la main, s'abordaient, s'interrogeaient : « Qu'y a-t-il? que faut-il faire? » Dans l'espoir d'avoir des nouvelles, les uns se dirigeaient vers THôtel de Ville'', les autres vers les Tuileries''; d'autres enfin, et c'était le plus grand nombre, allaient se ranger autour des drapeaux de section qui Jlottaient à la porte de chaque capitaine''.

Dans tous les groupes, les bruits les plus alarmants circulent : on dit que le ville de Yalenciennes est prise; on assure que les Vingt-deu\" ont quitté Paris ou

1. Mrinoirnu do M™* Roland, p. 195. — Pn-cis rapide dcn ovi'imrncntJi qui ont nu heu A Paris, dans les journées des 30 et 31 mai, J" et 2 juin 119'.}. par A. .T. (îorsas, dépiili-à la Convonlion natinnalf, lun (les trcnto-qaatic proscrits. — Le yoiireau Paris, par ."^éhastini .Morcior. I II. p. 267 : « ... J on ai tin'" l'aveu do respatriiol Gusmau. Nous Tappolion-- l'orainos. par allusion au tocsin du 31 mai, qu'il avait fait sonnoi- : il m'a dit, plusieurs fois, en échange de qucliiues «•ipiilidonces, que l'insurrection dont il était un des fauteurs avait (té dirigée contre la représentation nationale tout entière. »

2. Souvenirs de Dulaure sur les Journées îles 31 mai et 2 jinn i~.9?, el sur In. proscription des Girondins.

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