QUAI DBS GRANDS-AUGUSTINS
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If 3. f BIT
Les funérailles de Michel Lepeletier.
Samedi 26 janvier 1793.
Si. les Purisiens aiment les fêles, ils sont servis à souhait par la République. Elle vient de leur donner, dans la même semaine, le spectacle d'un roi montant à l'échafaud et celui d'un représentant du peuple porté au Panthéon.
Dans la séance de l'Assemblée nationale du 24 août i"89, un député donna lecture d'un projet d'adresse au roi, à l'occasion de sa fête, projet ainsi conçu :
« Sii'e, le monarque dont Votre Majesté porte le nom vénéré, dont la religion célèbre aujourd'hui les vertus, était, comme vous, l'ami de sou peuple.
« Comme vous, Sire, il voulait la liberté française. Il la jjrolégea par des lois qui honorent nos annales; mais il ne ])ut en être le restaurateur.
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« Cette gloire, réservée à Votre Majesté, lui donue un droit immortel à la reconnaissance et à la tendre vénération des Français.
« Ainsi seront à jamais réunis les noms de deux rois qui, dans la distance des siècles, se rapprochent sur les actes de justice les plus signalés en faveur de leurs peuples.
« Sire, l'Assemblée nationale a suspendu quelques instants ses travaux pour satisfaire à un devoir qui lui est cher, ou plutôt elle ne s'écarte point de sa mission : parler à son roi de l'amour et de la fidélité des Français, c'est s'occuper d'un intérêt vraiment national, c'est remplir le plus pressant de leurs vœux*. »
L'orateur qui tenait à Louis XVI ce langage ardemment monarchique était Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, député de la noblesse de la ville de Paris-,
Il y a peu de semaines encore, bien que son zèle royaliste n'eût point survécu à la chute de la royauté, il n'admettait pas que l'on put prononcer contre Louis XVI la peine de mort. Il soutint avec force, au comité de Législation, devant plus de vingt personnes, l'opinion de l'appel au peuple, ajoutant que, si cet appel était rejeté, il faudrait voter la réclusion^.
Quelques jours plus tard, ému des menaces dont il était l'objet, il consultait Lanjuinais, et comme celui-ci l'engageait, avec toute l'énergie dont il est capable, à voter la réclusion jusqu'à la paix, et le bannissement