‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 20 sur 230 · iiéanfo du 12 févrior · texte numérisé non relu

iiéanfo du 12 févrior

membres se rendent armés aux séances, qui avec un sabre, qui avec un pistolet, la plupart avec une canne à dard. Louvet a déclaré qu'il n'irait plus à la Convention qu'avec une espingole. Merlin de Thionville, qui depuis longtemps déjà était armé de pistolets, a cru bon d'y ajouter un long sabre, pour ressembler en tout à Marat ^ Granet, des Boucbes-du- Rhône, porte à la main un gros bâton dont il ne cesse de menacer ceux qui ne votent pas comme lui ^. Un jour, c'est Bourdon (de l'Oise) qui se jette sur Chambon, lève la main sur lui et le provoque en duel"*. Un autre jour, c'est Chambon et cinq ou six de ses collègues qui se précipitent sur la barre comme des furieux, et, malgré les elforts des huissiers, menacent Robespierre, à qui Chambon montre sa canne à sabre. Tantôt, c'est Rebecqui, l'un des députés de Marseille, qui prend un de ses collègues à la gorge; tantôt, c'est un autre membre du côté droit qui se précipite sur Duquesnoy, tire son sabre et essaie de l'en frapper '.

Témoins de ces excès, beaucoup de députés s'efforcent d'y demeurer étrangers, — bien moins par dignité que par calcul. Ils ne se classent encore ni dans l'un ni dans l'autre parti, ne prennent jamais la parole, ne se risquent jamais à faire même une interruption. Ne

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