Séance du 7 janvier
i. Deuxième discours d'Armand-Benoit-Joseph Guffroy, dépuLé du Pas-de-Calais, sur la punition de Louis Capet et sur tes intrigues que l'on oppose à la volonté suprême de la nation qui a condamné le tyran. In-S" de 33 pages. — Ce discours n'ayant pas été prononcé à la tribune, il n'y en a aucune trace dans les journaux dii temps. Les historiens de la Révolution pai'aissont l'avoir complète-
pouvant pas se rendre invisibles, ce qui serait évidemment pour eux l'idéal \ ils changent chaque jour de place, et souvent il leur arrive d'en changer plusieurs fois dans la même séance : ombres errantes que la victoire seule fixera.
A droite du bureau du président, siègent les membres de la Montagne-, les Maratistes et les Robespîerrots. A gauche, dans la partie de la Convention qui a reçu le nom de Marais^, prennent place les Girondistes et Buzot, leur chef •*.
ment ignoré. C'est cependant un document capital et celui peut-être qui renferme le plus de renseignements sur l'intérieur de la Convention à cette époque.
1. « Je pris le dessein de me tenir constamment à l'écart sous l'égide de mon silence et de ma nullité. Je ne pouvais me rendre invisible. » (Mémoires de Durand de Maillane, membre de la Convention nationale, p. 38.)
2. Dans sa séance du 27 décembre 1791, l'Assemblée législative avait décidé d'opérer dans les dispositions intérieures de la salle de ses séances des changements qui eurent pour effet de mettre le côté droit a gauche et réciproquement. Ces changements étaient chose faite dés les premiers jours de 1792, et le Patriote français constatait dans son numéro du 6 janvier, « que les patriotes siégeraient désormais à la droite du ]jrcsident. « L'Ami du Roi, de l'abbé Royou, disait également, dans son numéro du "janvier: « Par le bouleversement opéré dans la salle, le côté droit est devenu le gauclie, et le côté gauche la droite. » Rien ne fut changé à cet état de choses jusqu'à la lin de l'Assemblée législative, ni même à la Convention, tant qu'elle siégea dans la salle du Manège. (Voir notre livre sur la. Légende des Girondins, p. 140 et suiv.)
3. Guffroy, p. 26. — Tous les historiens désignent sous le nom de Marais le centre de la salle et les députés qui ne se rattachaient ni à la Montagne ni à la Gironde. Le discours de Gulfroy montre au contraire que l'on désignait alors sous le nom de Marais le coté droit. les bancs où siégeaient les Brissottins. GutTroy dit encore dans son deuxième discours : « Buzot placé à l'un des postes d'où il dirige les mouvements du coté droit, dit le Marais. » — Dans le procès des Girondins {Bulletin du Tribunal réoolutionnaire, n° 63i, le président dit à Tun des accusés, Antiboul : « N'est-ce pas par suite de cette intimité avec Rebecqui et Barbaroux, que vous avez habité la partie de la Convention connue sous le nom de Marais ? »
4. L'appellation de Girondins, inconnue sous la Législative, com-
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Dans les départements, on considère encore Vergniaud et Brissot comme les chefs du parti de la Gironde. C'est une erreur.
Vergniaud sans doute est l'orateur le plus éloquent de ce parti et de toute l'Assemblée; mais, soit insouciance, soit paresse, il laisse aller les événements et les hommes, et s'inquiète peu de les diriger. Les séances s'ouvrent à dix heures du matin ; il est rare que Vergniaud paraisse avant midi. Souvent il reste plusieurs jours sans venir. Le plaisir passe pour lui avant le devoir et les affaires. Brissot, au contraire, appartient tout entier à la politique; mais si son action est grande dans le journalisme, elle l'est beaucoup moins à la tribune.
Doué d'un caractère énergique et d'un véritable talent de parole, toujours sur la brèche, toujours prêt à l'attaque et à la défense, Buzot a plusieurs des qualités d'un chef de parti. On assure, d'ailleurs, qu'il puise l'ardeur qui l'anime, non seulement dans sa haine contre Robespierre et Marat, mais encore dans son amour pour M'"'' Roland. Quoi qu'il en soit, son collègue Guffroy a eu raison de le désigner comme le général en chef du parti girondiste ^
Le général Buzot et ses lieutenants ont deux quartiers généraux. Ils tiennent souvent conseil dans le haut du côté droit, ordinairement désert. Là se réunissent, dans les grandes circonstances, Buzot, Barbaroux,
menée à paraître au mois de janvier 1793; mais elle est encore très peu usitée au mois de février et n'entrera vraiment dans la langue politique que beaucoup plus tard.