‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 6 sur 230 · Ihid · texte numérisé non relu

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4. Le 29 mars 1793, David fit liommagc île son tableau sur la Mort de Lepeletier à la Convention nationale, qui le fit placer dans la salle de ses séances, au-dessus du fauteuil du président. A la suite d'une des nombreuses invasions dont sa salle fut le théâtre, la Convention, craignant que la toile de David ne fût détruite, pria le peintre de la reprendre, et elle était encore la propriété de David, lorsque ce dernier mourut à Bruxelles en 1825. En 1826, la fille unique de Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, M^^ de Mortefontaine, en fit l'acquisition, moyennant la somme de 100,000 francs. Très ardente royaliste, M""^ de Mortefontaine voulait éviter que ce tableau ne fût placé dans un musée et n'immortalisât le vote régicide de son père.

du Manège et s'est rendue en silence à la place des Piques. Les députés, que précédait la gendarmerie nationale, marchaient quatre par quatre. Le président Vergniaud est monté sur le piédestal et a posé sur la tête du mort une couronne de chêne entrelacée d'immortelles.

A ce moment, un roulement de tambours a annoncé le discours d'un officier municipal, le citoyen Jullien. Déclamé d'une voix sonore, ce discours a donné lieu à un incident singulier, qui est venu ajouter encore à l'étrangeté de la scène. On sait que la place des Piques a un écho très retentissant et très clair. Cet écho répétait chacune des paroles de Jullien, si bien que la phrase qui suivait celle qu'il venait de prononcer était couverte par la répétition de la pbrase précédente '.

Après ce discours, et pendant qu'on desceodait le lit mortuaire, mille voix ont entonné un Hymne à la divinité des nations, paroles de Marie-Joseph Chénier, musique de Gossec -.

Au moment où le cortège allait se mettre en marche le patriote Palloy a présenté à la famille de Lepeletier Saint-Fargeau une pierre des cachots de la Bastille sur laquelle était inscrite la lettre du président de la Con-

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