CnUonlinn dit l.mirro, t. XI II, p
U)-l PARIS E\ 1793
adresse la lettre suivante aux présidents des Comités des sections.
Gitoyeas, vous voudrez bien convoquer l'assemblée générale de votre section demain 28 mars, avant 9 heures du matin. Si vous avez des barrières dans votre arrondissement, elle procédera à l'instant à la nomination de commissaires civils pour arrêter à ces barrières les hommes sans passeports ou avec des passeports qui seraient suspects, ainsi que les chevaux de luxe.
!<• Vous regarderez comme suspects tous les hommes munis de passeports pour Boulogne-sur- Mer ou pour Calais, ainsi que les porteurs de ceux délivrés dans ces deux endroits; tous porteurs de cartes de civisme délivrées depuis un mois seront regardés comme suspects.
2° Vous ferez effectuer le désarmement, conformément au décret du 26 de ce mois;
3" Vous prendrez note de tous les gens suspects. Vous mettrez eu état d'arrestation tous ceux sur lesquels vous auriez de suffisants motifs de suspicion.
4° Vous formerez le Comité de surveillance, conformément aux décrets des 18 et 21 de ce mois '.
Jeudi 28 mars. — La Convention achève et vote la loi sur les émigrés. Elle décide, sur la proposition de Marat, que celte loi sera envoyée sur-le-champ dans les départements.
Pour être réputé émigré et pour être comme tel condamné à la peine de mort, pas n'est besoin que le fait d'émigration soit prouvé; il suffit que l'accusé ne puisse pas établir qu'il ne tombe pas sous le coup de la loi : la preuve est à sa charge.
1. Bûchez et Roux, Histoire parlementnire de la Rècolatiun française, t. XXV, p. 167.
Il est procédé par la municipalité à l'installation du Tribunal criminel extraordinaire.
Dans la nuit du 27 au 28, le Comité de salut public s'est réuni pour décider les mesures relatives au désarmement des suspects. Le département, le Maire, la municipalité avaient été convoqués. Un grand nombre de membres de la Convention, Marat notamment, se sont rendus à cette séance de nuit et ont pris part à la délibéralion \
Le matin du 28, à la première heure, on a battu le rappel dans toutes les sections; à midi, on le battait encore. Dans plusieurs sections, on a envoyé des fusiliers chercher les citoyens que leurs occupations avaient retenus chez eux. La terreur plane sur la ville; les nouvelles les plus sinistres, les bruits les plus étranges circulent de tous côtés : on dit que nous sommes trahis ! On assure que les députés qui ont volé l'appel au peuple ont déserté leurs postes et que plusieurs d'entre eux ont élé arrêtés aux barrières. On ajoute que la Société des Jacobins doit se porter au Champ de Mars avec les patriotes qui remplissent ses tribunes et un grand nombre d'autres citoyens.
A midi, toutes les sections sont sous les armes. Toutes les barrières, toutes les rues, tous les ponts, tous les passages sont interceptés. Personne ne peut plus circuler, s'il n'a sa carte ou son certificat de civisme. Plusieurs maisons ont élé investies, et jusqu'au soir on n'a cessé de procéder à des arrestations ^.