Le 18 mars
2. « La veiUe, dit Beaulicu, dans son Diurnal, a la date du 22 mars 1793. on avait créé pour rliaque commune de la République, sôus prétexte de surveiller les étrangers, ces funestes coinités dé surueillance qui. depuis, sous le nom de comités révolutionnaires, se métamorphosèrent eu quarante ou cinquante mille cavernes dé voleurs. »
chargés de préparer soq organisation et de faire leur rapport à ce sujet dans le plus bref délai.
Samedi 23 mars. — Sont mis hors la loi tous les Français émigrés qui ont été ou seront pris, faisant partie des rassemblements armés ou non armés, ou ayant fait partie desdits rassemblements, et ceux qui ont été ou seront pris sur les frontières, soit en pays ennemi, soit dans les pays occupés par les troupes de la République, s'ils ont été précédemment dans les armées ennemies ou dans les rassemblements d'émigrés ' .
Le général Marcé, dont les troupes ont été défaites, le 29, par les rebelles de la Vendée, au Pont-Charron, près de Ghautonnay, a été renvoyé devant la cour martiale qui sera formée à la Rochelle, à l'effet de le juger 2.
Dimanche 24 mars. — Le général Miranda, qui commandait l'aile gauche de l'armée à la bataille de
1. Colleclion du Louvre, t. XIII, p. 690. — Cette monstruosité qu'où appelle la ?ni.se hors la loi, et qui envoie un proscrit à l'échafaud, sans jugement, sur la simple constatation de son identité, parut aux Girondins chose toute naturelle et qu'ils votèrent sans hésitation contre les prêtres, les émigrés et les contre-révolutionnaires. Le jour où elle leur fut appliquée, voici comment ils la jugèrent : « Hors ja ^ji / quel atroce décret de mort! Dans quelle nation sauvage et barbare ont-ils puisé l'exemple d'une pareille atrocité? Chez quels peuples policés ont-ils trouvé cette loi de sang? La nature, l'humanité frémissent à de pareilles horreurs; et quand on voit une nation, jadis si douce, si humaine, se plier à des mœurs si féroces, égorger de sang-froid, k cet horrible cri, l'innocent et même ses plus dignes défenseurs, il n'y a plus qu'à se couvrir la tête de son manteau, ou à prévenir les poignards par une mort plus indépendante et plus honorable. » (Mémoires de Bazut. édit. Dauban, p. 93. i
2. Le général de Marcé ne fut cependiit pas jugé à La Rochelle, mais à Paris. Le Tribunal révolutionnaire l'envoya à l'échafaud lé 9 pluviôse an H \28 janvier 179^^.
inO PARIS EN 1703
Nenvinde, est décrété d'arrestation, ainsi que le colonel du 73° régiment de cavalerie '.
Un des secrétaires fait lecture d'une lettre des membres des administrations de Nantes, en date du 19 mars, et où se trouve ce passage : « La ville de Nantes est la seule qui soit intacte : tout le reste du déparlement est au pouvoir des rebelles. Leur nombre est si considérable, que si nous vous disions qu'il y en a quarante mille sur une circonférence de 3 lieues, nous ne dirions pas assez. »
Lundi 25 mnrs. — La Commission de salut public, dont le principe avait été volé dans la séance du '2-2, a été Organisée par un décret rendu le 25.
Elle sera composée de vingt-cinq membres et chargée de préparer et de proposer toutes les mesures nécessaires pour la défense extérieure et intérieure de la République. — Elle appellera à ses séances les ministres composant le conseil exécutif provisoire, au moins deux fois par semaine. — Le conseil exécutif, et chacun des ministres en particulier, seront tenus de lui donner tous les éclaircissements qu'elle demandera et de lui rendre compte, dans la huitaine, de tous leurs arrêtés généraux. Elle rendra compte, tous les huit jours, h la Convention, de l'état de la République. — Elle aura extraordinairement la parole
1. Traduit devant le Triliunal révolutionnaire, le IH mai 1793. Miranda fut acquitté. » On n'en était pas encore, dit M. Wallon, à ce point de condamner un général pour de simples revers. On était d'ailleurs disposé à rejeter sur Dumouriez les fautes de la bataille et de toute la campagne. <> llisloiro du TrihunnI ri'cohit'ionnnivf de Paris, t. I. p. 99.1
PArjs EX 1793 161
toutes les fois qu'il s'agira de l'un de ses Rapports.
Mardi 26 mars. — Il est procédé à la nominalion de la Commission de salut public, qui se trouve composée ainsi qu'il suit : Dubois-Crancé, Petion, Gensonné, Guyton-Morveau, Robespierre l'aîné, Barbaroux, Riihl, Vergniaud, Fabre d'Eglantine, Buzotj- Delmas, Guadet, Condorcet, Bréard, Camus, Prieur de la Marne), Camille Desmoulins, Barère, Quinetle, Cambacérès, Jean Debry, Danton, Sieyès, Lasource, Isnard. La majorité appartient aux membres de la Gironde.
Convertissant en décret un arrêté que la section de la Réunion lui avait demandé de sanctionner pour elle-même, la Convention ordonne à l'unanimité le désarmement des suspects, ci-devant nobles, ci-devant seigneurs, prêtres, et de leurs agents et domestiques.
Mercredi 27 mars. — Après un discours de Danton d'une violence inouïe, et où je relève cette phrase : « Je déclare que quiconque oserait appeler la destruction de la liberté ne périra que de ma main, dussé-je après porter ma tête sur l'échafaud », la Convention « déclare la ferme intention de ne faire ni paix ni trêve aux aristocrates et à tous les ennemis de la Révolution; décrète qu'ils sont mis noRS la lot, que tous les citoyens seront armés au moins de piques, et que le Tribunal extraordinaire sera mis dans ce jour en activité K »
De son côté, le conseil général de la Commune