‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 81 sur 230 · Le Patriote français, n" du 2i mars · texte numérisé non relu

Le Patriote français, n" du 2i mars

2. Hi'itoire parlementaire, otc, t. XXV. p. 171. :î. Collertinn ilu J.ourre. t. XIIT, p. 810.

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Celle mesure avail élé réclamée quelques jours auparavant, à la Société des Jacobins, où le citoyen Dufourny avail fait observer u qu'en Chine on oblige chaque propriétaire à exposer sur le seuil de sa porte un écriteau portant le nom de tous les individus habitant sa maison ».

Lamarque, au nom du Comité de sûreté générale, dénonce les brochures qui, depuis la mort de Louis XVI. sont distribuées à profusion et demandent la mise en liberté de la famille royale, le rétablissement de la monarchie et le rappel des prêtres. Il dit que, « lundi dernier (25 mars;, il a été saisi chez le libraire Webert ' jusqu'à trente ouvrages au moins de cette nature, tous sous des tilres distincts, mais ayant le même but, et dont les exemplaires étaient en très grand nombre ». 11 rappelle à la Convention qu'elle a désarmé les citoyens suspects, et il ajoute : « Il n'est pas d'armes aussi dangereuses que les perfides écrits que votre Comité vous dénonce. Hàtez-vous donc de. les briser dans les mains de vos ennemis, et effrayez par une loi sévère ceux qui désormais auraient la criminelle audace d'en composer ou d'en distribuer de nouvelles. »

Après avoir entendu Lamarque, la Convention a voté un décret qui édicté !a peine de mort contre « quiconque sera convaincu d'avoir composé ou imprimé des écrits qui proposent le rétablissement de la royaulé en France ou la dissolution de la Convention nationale ».

1. Le libraire Webert a élé guillotiné le l'' iirairial an II i2J mai 1791). La boulique de VVcbcrt était au Palais-Royal, n" 203.

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Les hommes qui viennent de voter ce décret n'ont cessé de dire, avec Robespierre, que a le droit de manifester ses opinions, soit par la. voie de l'impression, soit de toute autre manière, est une conséquence si évidente de la liberté de l'homme, que la nécessité de l'énoncer suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme ' » ; — ou, avec Gondorcet, que « tout homme est libre de manifester sa pensée et ses opinions »; que « la liberté de la. presse et tout autre moyen de publier ses pensées ne peut être interdite, suspendue ni limitée - ». Girondins et Montagnards, que sont-ils autre chose, les uns comme les autres, que des comédiens de liberté, que de lâches et sanglants histrions?

Samedi 30 mars. — La Convention mande à sa barre le général Dumouriez. Quatre de ses membres, Camus, (JuineLle, Lamarque et Bancal, sont chargés, conjointement avec Beurnonville, ministre de la guerre, de se rendre à l'armée du Nord, avec pouvoir de suspendre et faire arrêter tous généraux, officiers, militaires, quels qu'ils soient, fonctionnaires publics et autres citoyens qui leur paraîtront suspects.

Dimaiiche 31 mars. — Une députalion du Conseil général de la Commune présente à la Convention une

1. Déclaration dos droits de l'homme et du citoyen, présentée par Robespierre à la société des Jacobins, article 4. — Journal du Club des Jacobins, n" 399.

2. Déclaration des droits naturels, civils et politiques des Jiommcs, présentée par Condorcet à la Convention nationale, le 16 février 1793. au nom du Comité de Constitution. Ce comité était composé de neuf membres, appartenant presque tous à la Gironde et dont voici les noms : Brissot, Vergniaud, Petion, Condorcet, Gensonné, Thomas Paine, Sieyés, Barère et Danton.

PAHIS EN 1793 16T

pétition dont Chaumette donne lecture et qui demande la mise en accusation de Dumouriez et la punition de ce nouveau Brennus. La Convention ordonne l'impression de cette Adresse et son envoi aux armées ^

En même temps qu'elle condamne Dumouriez, la Convention proscrit Mérope : c'est la petite pièce après la grande. Elle charge le maire de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la représentation du chef-d'œuvre de Voltaire. « On ne peut, a dit le député Génissieux-, laisser jouer une pièce dans laquelle on voit une reine en deuil pleurer son mari et désirer ardemment le retour de deux frères absents^.»

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