‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 9 sur 230 · Les Révolutions de Paris, t. XV, p · texte numérisé non relu

Les Révolutions de Paris, t. XV, p

&. La Société des Amis des Droits de l'Homme, plus connue sous

était couverte de guirlandes de cyprès; un des membres du club a déclamé une harangue, suivie du chant d'un hymne funèbre. Après deux nouvelles haltes au carrefour de la rue de la Liberté et sur la place Saint- Michel, le cortège est enfin arrivé à l'esplanade du Panthéon français. Il était quatre heures du soir. La confusion, à ce moment, était très grande et ce n'est qu'avec beaucoup de peine que l'on a pu introduire le corps de Lepeletier dans le temple, déjà envahi par la multitude, Les différents pouvoirs constitués sont enfin parvenus à se placer. Les musiciens sont montés aux galeries les plus élevées et ont repris le même chant funèbre qui avait signalé le départ.

Les deux frères de Lepeletier étaient debout et tête nue sur le socle oii avait été posé le lit mortuaire.' L'aîné, en costume de garde national, a débité un discours pour lequel la mémoire lui a fait deux ou trois fois défaut, discours rempli d'apostrophes, de serments et d'imprécations : « Tyrans, votre règne est passé!... Ames des deux Gracchus, c'est vous que j'évoque!... Patrie, tu l'emportes, et je vote, comme mon frère, pour la mort des tyrans! » Cela dit avec force gestes déclamatoires, il s'est précipité sur le corps de son frère ; mais, lorsqu'il s'est relevé, les assistants ont remarqué que ce dernier embrassement ne lui avait pas arraché une larme ^ !

le nom de Club des Cordeliers, tenait ses séances clans Tancien réfectoire du couvent des Cordeliers. Cette salle a échappé à la destruction; elle est occupée aujourd"liui par le musée Dupuytreu.

1. Félix Lepeletier Saint-Fargeau, devenu l'ami des pires démagogues, Antonelle, les deux Duplay, Didier, etc., fut poursuivi sous le Directoire comme complice de Bahœuf, et, après la mort de ce

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Un Marseillais a remplacé sur l'eslrade le frère de Lepeletier; il portait un bonnet rouge entouré d'un crêpe. Son accent provençal et l'enrouement de sa voix m'ont empêché de saisir ses paroles.

Un autre volontaire, — celui-là avait un casque et non un bonnet rouge, — a pris le sabre suspendu au lit de parade et l'a agité pendant quelques instants audessus de sa tête '.

A celle pantomime d'un goût douteux a succédé une harangue de Barère. Le président Yergniaud a pris la parole le dernier : a Citoyens, s'est-il écrié, Brutus est immortel pour avoir immolé César : Michel Lepeletier a voté la mort du tyran des Français ; un pareil acte vaut une vie entière! » En tenant ce langage, Yergniaud a volé une seconde fois la mort de Louis XVI ; il a renouvelé, sous les voûtes du Panthéon, la lâcheté qu'il avait commise, dans la nuit du 16 janvier, à la tribune du Manège.

Vergniaud a regagné son fauteuil au milieu d'un silence glacial; on s'est regardé quelque temps et la scène languissait un peu, lorsque le corps des musiciens l'a ranimée : le chœur par lequel s'est terminée la cérémonie n'était pas dépourvu d'une certaine grandeur -.

dernier, il arlopfa un do ses enfants. Momliro do la Cliamlire des Représentants en 1815, il y lit un éloge pompeux de Napoléon qu'il appelait le Sauveur de la patrie, et se prononça violemment contre le retour des Bourbons. Il mourut à Paris, le 3 janvier 1827.

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