‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 10 sur 230 · Les Révolutions de Paris, t. XV, p · texte numérisé non relu

Les Révolutions de Paris, t. XV, p

2. Dans la séance du 20 pluviôse, an III (8 février 179.5), la Convention nationale, sur le rapport d'André Dnmont, rapporta la loi qui avait décerné à I.,epeletier Saint-Fargeau les lionnenrs du Panthéon.

l'ARis j:\ 1793 47

Si j'en juge par les impressions que j'ai recueillies autour de moi, la Convention a manqué le but qu'elle se proposait d'atteindre. Cette exhibition du cadavre, cet étalage des vêtements ensanglantés de la victime, ont inspiré à tous les gens sensés un sentiment d'horreur et de dégoût. Plus d'un se disait, non sans raison : (( En vérité, cette cérémonie-là a plutôt l'air d'un appel au massacre que d'une fête funèbre '. »

L'esprit français, qui n'est pas encore mort, a pris sa revanche de cette abominable parade, mêlée de musique et de sang. Le lendemain, on lisait sur le piédestal du cénotaphe de Lepeletier, place des Piques, l'épitaphe suivante :

Cy-git Michel Lepeletier, Représentant de son métier.

Jadis président à mortier Par la grâce de Louis Seize, Contre lequel il a voté.

Mort en Janvier,

Chez Février, Lan MDCCLXXXXni, Au Jardin de l'Egalité '-.

Quant à la moralité de celte comédie funèbre, c'est la Convention elle-même qui s'est chargée de la tirer.

Marie-Joseph Chénier avait dit, dans son rapport : « Michel Lepeletier, accompagné de ses vertus, entouré de sa famille en pleurs, au milieu de la Convention nationale,... s'avancera vers le Panthéon français, où la reconnaissance nationale a marqué sa place. C'est là

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