‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 91 sur 230 · Beaulieu, t. III. p · texte numérisé non relu

Beaulieu, t. III. p

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soucieux de se compromettre, gens de boune compagnie et peu désireux d'entrer en conflit avec la populace, la plupart des membres du club avaient réfléchi, et leurs réflexions les avaient conduits à abandonner la partie. Lorsque nous nous réunîmes au cloître Saint-Honoi'é, près de huit cents manquaient à l'appel. Nous n'étions plus que quarante. C'était assez pour former une académie; pour former un club, cétait insuIGsant. Nous dûmes nous borner h. nous réunir en petit comité et à tenir des conciliabules jusqu'au 10 août'. — Ainsi finit cette Société qui avait un moment compté dans son sein presque tout ce que Paris renfermait d'hommes éminents dans nos assemblées et nos tribunaux, dans la finance et dans les lettres. Elle tomba, renversée par des polissons sortis du pavé et par des femmes sorties du ruisseau. — El maintenant, mon cher ami, a ajouté Beaulieu, en se tournant vers moi, libre à vous de compter sur l'énergie des honnêtes gens! Pour moi, je croirais plutôt au courage de Robespierre et à la vertu de Petion! »

Un long silence succéda aux paroles de Beaulieu. Chacun de nous était plongé dans de sombres réflexions. Afin de nous en distraire, François de Pange prit dans ses papiers quelques pièces de vers de son ami André de Chénier. Il nous en fit lecture et nous arracha quelques instants aux douleurs, aux angoisses de l'heure présente. Chénier n'est pas seule-

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